Auteur : Karina L. Gazaille

Bienvenue à Saint-Icitte

Nous voilà invité dans un drôle de village. Nous suivons l’arrivée d’une étrangère, une bohémienne, une sorcière, une bergère et ses centaines de moutons. La population de ce curieux village se trouve à être très fermé et rempli de préjugés face à cette femme. Qui est-elle ? Que fait-elle ici, à Saint-Icitte, là où personne n’a jamais quitté le village ? Les villageois feront tout pour qu’elle déguerpisse de sa bute ! Déjà à la première journée ils déplacent leur affiche de «Bienvenue au village de Saint-Icitte» pour qu’elle ne soit plus sur leur territoire. Heureusement, la bergère est une femme positive. C’est justement grâce à elle que nous faisons la connaissance des villageois. À chaque accueil ceux-ci tentent d’être le moins accueillant possible. Cependant, étrangement, ils se sentent à leur aise à sa présence. Est-ce parce qu’elle leur jette un sort ? La bergère réussit à rendre à l’aise les gens et écoute leurs confidences. Ils lui parlent des problèmes qu’ils vivent, que ce soit la soif du voyage, le fait de ne jamais …

Le cœur d’une autre

Ce livre me fut donné par une bonne amie. Malgré mon bonheur de recevoir un roman de Tatiana de Rosnay (auteure dont j’avais entendu beaucoup de bien), j’étais un peu sur mes gardes. En fait, malgré que j’aie plusieurs points communs dans mes goûts littéraires avec mon amie, je la connais comme une grande romantique (chose que je ne suis pas). J’avais donc peur de me retrouver dans une histoire à l’eau de rose. Ce ne fut pas le cas. Évidemment, nous retrouvons une histoire d’amour dans le roman, mais c’est en fait beaucoup plus que ça. Bruce est un homme misogyne, grognon, simpliste, détestable. C’est un homme solitaire qui s’habille avec aucun style, il semble incapable d’aimer ou de prendre du temps pour son fils. Il est imbu de lui-même, «me, myself, and I». Il apprend que son cœur est malade, qu’il doit recevoir un nouveau cœur, sinon il va mourir. Lors de cette étape de sa vie, Bruce change certains de ses comportements. Dans l’attente de ce nouveau cœur il arrête de fumer, …

Orgueil et préjugés et zombies

Ceux et celles qui me connaissent savent très bien que je suis une très grande fan de l’écrivaine anglaise Jane Austen. Vous pouvez le constater dans cet article : Austenienne. J’ai dans ma bibliothèque tous ses romans et je les ai également tous lus. Et ça, c’est sans compter quelques adaptations de ses romans ou encore des livres (biographies) qui la concernent. Jane Austen a une grande importance dans ma vie et cela depuis la fin de mon secondaire. Il y a de cela plusieurs années, l’adaptation d’un des célèbres romans de Jane Austen fit son apparition : Pride and Prejudice and zombies. J’adore le monde fantastique de l’horreur, mais je n’ai jamais été une adepte des zombies, ils sont les seuls monstres que je n’apprécie pas. Cependant, je me devais de lire l’adaptation, parce que si je voulais parler en mal de celle-ci, il fallait l’avoir lue. Je l’ai lue. Et, j’ai quand même apprécié. Je veux dire par là qu’il est clair que ma pauvre Jane Austen s’est retournée dans sa tombe lorsque l’adaptation de …

Piraterie et « French Kiss »

Cette BD fut un achat coup de cœur lorsque je l’ai vue en librairie. Je m’amusais à tourner les pages et à admirer les dessins. J’aimais beaucoup le style, mais c’est lorsque j’ai vu le mot pirate sur la quatrième de couverture que j’ai décidé de me la procurer. « French Kiss 1986 » est l’histoire d’un père qui raconte à ses deux jeunes enfants comment s’est passé son premier baiser. C’est alors qu’on fait un voyage dans le temps et qu’on se retrouve en 1986. Nous retrouvons Étienne (le père) à l’âge de 11 ans. C’est les vacances d’été et il est fou amoureux de la belle Marie. Sauf, qu’il y a la grande rousse. Tous les deux ne s’aiment pas. En fait, la grande rousse est plus grande qu’Étienne, donc plus impressionnante et sa mère serait une sorcière. Il existe entre ces deux personnages une « guéguerre », mais ils ont un point commun : ils sont tous les deux fans de piraterie! C’est alors qu’une guerre éclate! Tout comme dans le film « La guerre des tuques », l’objectif …

Baise-moi

J’ai découvert Virginie Despentes dans un de mes cours à l’université. Je termine présentement un certificat en études féministes et j’ai eu la chance de le terminer avec un cours de littérature. J’ai rapidement constaté que Despentes est tout un personnage ! Dans King Kong theory, elle nous raconte son histoire. Nous faisons ainsi face à son statut de femme violée, de prostituée et de punk. Virginie Despentes semble avoir tout un caractère et elle ne s’en cache pas. Elle discute de sujets actuels, dont la condition des femmes dans la société et particulièrement sur les stéréotypes et les conditionnements genrés que peuvent vivre les femmes (bonjour Butler!). Despentes a également un point de vue très clair sur les féministes qui sont contre (abolition de) la prostitution. Elle est devenue prostituée aux suites de son viol et elle ne culpabilise pas face à celui-ci et elle ne semble pas en colère contre les hommes, mais plutôt contre la société. Cette société qui crée la culture du viol, qui apprend aux hommes à ne pouvoir contrer …

Corps conducteurs, le nouveau roman de Sean Michaels

Sean Michaels a décidé, à sa manière, de nous raconter l’histoire du Docteur Lev Sergueïevitch Termen. Je dis à sa manière, car même si le roman a une grande part de vérité, l’auteur s’est amusé à rendre la vie de son personnage encore plus rocambolesque avec du kung-fu et un meurtre (ces deux situations ne sembleraient pas être véridiques). Mais ce qui semble être la raison première de l’écriture de ce roman est l’histoire d’amour entre Léon (Lev) et sa belle Clara. Cependant, avant de commencer à raconter son histoire, il faut savoir qui est le Docteur Termen. Cet homme est un scientifique, originaire de la Russie. Il est né le 27 août 1896 et est décédé le 3 novembre 1993. Il est surtout reconnu pour être l’homme qui a inventé le premier instrument de musique électronique, le thérémine. Si vous ne savez pas ce qu’est le thérémine, voici un extrait où nous découvrons le grand amour de Léon jouer une chanson qu’il semblait particulièrement apprécier (l’auteur nomme souvent ce titre dans le roman) : Swan …

Retour sur une année complètement québécoise

En janvier 2015, Le Fil rouge s’était lancé un défi : encourager les québécois-e-s à lire des livres venant de la belle province ! Pour cela, nous avons créé l’événement «En 2015, je lis un livre québécois». À chaque mois on présentait un sondage sur le groupe et on vous demandait de voter pour la lecture du mois. Certaines lectures furent de vraies découvertes et d’autres, des déceptions. Voici un compte rendu de ce que Martine a pensé de ses lectures : Je suis extrêmement heureuse d’avoir créé, à l’aide de Karina et de Marjorie, ce défi littéraire parce que je pense humblement que nous avons motivé quelques personnes à lire plus de livres québécois. À ce jour, plus de 480 personnes se sont jointes au groupe Facebook Un livre québécois par mois, quoique bien discrètes, j’espère que chacune a su découvrir et apprécier les lectures proposées. De mon côté, je dois avouer qu’avant ce défi, j’étais étudiante en littérature et que très rarement je me laissais tenter par une œuvre contemporaine, j’avais lu quelques titres bien …

La guerre de Malala

Je ne vous le cacherai pas, je suis jalouse et fascinée par la vie de cette jeune femme qui semble avoir tellement plus accompli que moi. C’est lors de ces lectures qu’on peut réaliser que nous vivons dans le gros luxe. Il est certain que la situation au Québec et ses commissions scolaires n’est pas très jolie jolie avec l’austérité et ses coupures. Nous avons cependant la chance de pouvoir envoyer tous et toutes les enfants à l’école (mais avec quel service ! Bon! Je ne me lancerai pas dans ce débat!). Et puis, ce qui est plutôt triste, c’est qu’alors qu’au Québec on se bat pour de meilleurs services pour nos enfants et futures générations, le père de Malala, propriétaire d’une école, envoyait gratuitement des enfants à son école. Parce que l’éducation est ce qui est le plus important ! Dans cette lecture, j’ai fait la rencontre d’une jeune femme qui aime passionnément son père et son école (parce que l’un ne va pas sans l’autre). Malala nous apprend à les aimer autant qu’elle. …

Peut-être jamais

Lorsque j’ai appris que grâce au Fil rouge j’aurais la chance de lire le roman Peut-être jamais de Maxime Collins, je n’ai pas hésité une seconde ! J’aime découvrir de nouveaux auteur-e-s. De plus, j’avais déjà vu quelques publicités du roman qui m’avaient intriguée. Avant de commencer ma lecture, j’ai fait quelques recherches sur l’auteur. Maxime Collins a fait des études littéraires, a publié quelques nouvelles et romans (dont Peut-être jamais est son sixième). Il est surtout le blogueur du «Pile ou Face». Peut-être jamais se trouve à être un roman moderne. Nous faisons la rencontre de Gab, un bisexuel qui se découvre homosexuel. Il aime se retrouver dans les bras de Sarah, avec qui il sera en couple pendant quelques années. Ainsi qu’être dans les bras du beau Sébastien. Ce qui m’a un peu dérangée dans ce début de roman, c’est que l’auteur semble minimiser la bisexualité. C’est comme s’il ne croit pas en cette identité sexuelle. Je dois vous avouer qu’au départ j’étais peut-être emballée par l’idée de trouver enfin une histoire concernant …

Tout est possible

Je me rappelle lorsque j’étais en secondaire 5 et que je constatais la panique chez tou-te-s mes ami-e-s lorsqu’il était question de se choisir un métier pour plus tard. Les questions comme qu’est-ce que j’aime?, qu’est-ce qui va me plaire toute ma vie? Je me rappelle que la panique était au rendez-vous, comme si changer de programme à cette époque était impossible. De mon côté, j’ai eu beaucoup de chance, parce que la vie a toujours su m’emmener dans des métiers et/ou études que j’ai aimés. Le hasard a toujours fait en sorte que je me retrouve avec les enfants, malgré que j’ai tenté de les fuir. Aujourd’hui, j’adore mon travail, qui m’apporte beaucoup de bonheur. Cependant, ce n’est pas toujours le cas pour tout le monde. Nos choix de vie ou d’études peuvent nous faire beaucoup réfléchir. Surtout lorsque nous sommes dans le milieu artistique. C’est ce qui arrive au personnage de Vetille dans la bande dessinée de Lucile Gomez «Tout est possible, mais rien n’est sûr». L’histoire est inspirée du vécu de l’auteure …