Auteur : Raphaëlle B. Adam

Jason Roy, les coccinelles et la passion de raconter

Le 27 septembre dernier, à Sherbrooke, j’ai eu l’occasion d’assister au lancement de L’alliance, le premier roman de Jason Roy, nouvel auteur dans le paysage littéraire québécois. Il faut dire que j’y étais car le Fil rouge avait reçu une invitation bien spéciale, lancée par Jason lui-même, lecteur assidu du blogue! Résidant tout près de l’endroit où avait lieu le lancement,  j’étais bien décidée à couvrir l’événement et à découvrir cette nouvelle plume ainsi que l’auteur qui se cachait derrière. À mon arrivée, je n’ai pas tardé à faire connaissance avec la vedette du jour. Regard pétillant, sourire contagieux, Jason semblait fébrile ; je pouvais tout à fait comprendre pourquoi! Ce n’est pas tous les jours qu’on publie à compte d’auteur son premier roman, une petite brique de 417 pages de surcroît…! Jason semblait réellement heureux de l’accomplissement de son projet, et l’enthousiasme des gens présents lui faisait écho. J’ai eu la chance de m’entretenir avec lui à propos de L’alliance, son roman d’aventures bien singulier. Il faut l’avouer d’entrée de jeu, l’univers de L’alliance …

La joie d’être…humain!

Je l’avoue : je suis une perfectionniste. Bon, okay, je ne le suis pas du tout en ce qui concerne le ménage, la cuisine ou « insérez ici toute tâche qui m’exaspère et me donne envie de crier » ; cependant, en ce qui concerne mes relations avec les autres, mon écriture, mes travaux académiques ou mon travail, j’ai tendance à toujours me mettre la barre haute. Si vous êtes comme moi, lire ici « exigeant envers vous-mêmes », vous avez peut-être tendance à culpabiliser lorsque vous pensez à certaines choses, agissez d’une certaine façon ou brûlez d’envie d’adopter un comportement qui ne cadre pas du tout avec ce que les autres perçoivent de vous. Vous vous sentez peut-être menacé par une personne que vous aimez beaucoup qui tente d’entrer dans votre cercle d’amis ; vous entretenez peut-être de l’agressivité ou du ressentiment à l’égard d’un proche pour qui, en temps normal, vous éprouvez une grande affection ; vous vous considérez peut-être comme une personne pacifique et vous ne comprenez pas pourquoi il vous prend …

Les yeux bandés

En tant que lectrice, littéraire, auteure et ex-libraire, j’aime toujours quand les gens me font part de leurs coups de cœur et de leurs intérêts en matière de lecture. Cela me permet de sortir de ma zone de confort, de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas et de voir si, oui ou non, les livres qui me sont proposés me plaisent autant qu’à ceux qui me les ont recommandés. J’aime d’autant plus recevoir des suggestions lorsque je sais qu’elles me viennent de gens qui sont aussi exigeants que moi (voir mon article précédent…!), signe qu’ils risquent de me conseiller des œuvres plus susceptibles de correspondre à une bonne partie de mes critères personnels! C’est grâce aux bons conseils d’une amie passionnée de lecture que j’ai pu découvrir le roman Les yeux bandés, de l’auteure américaine Siri Hustvedt. Cela faisait plusieurs fois qu’elle m’en parlait, avec l’énergie et l’enthousiasme qui l’animent toujours lorsqu’elle tombe sur un titre qui lui plaît vraiment : difficile pour moi de résister à l’appel! Je ne le regrette pas …

Une lectrice exigeante passe aux aveux

Vous l’aurez compris, comme toutes les collaboratrices de ce blogue, la lecture figure en tête du palmarès de mes activités favorites. Je l’ai déjà mentionné auparavant, mais ce passe-temps en est un duquel je ne pourrai jamais me lasser et dont je n’atteindrai jamais « le fond » : de nouveaux livres paraissent en librairie chaque semaine, sans compter la panoplie de classiques que l’on ne parvient jamais à lire en entier… et c’est absolument merveilleux. Je ne lirai jamais tout, je ne manquerai jamais de lecture… le simple fait d’y penser me rend très heureuse! (Mais ça, c’est moi, hein ; je connais beaucoup de gens qui sont angoissés à l’idée qu’ils n’auront jamais assez d’une vie pour lire tout ce qui les intéresse!) Ceci étant dit, j’ai récemment constaté, en analysant mes intérêts littéraires, un phénomène qui m’a fait sourciller. Vous savez, à l’adolescence, quand notre visage change et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte, mais qu’un beau matin, on ressort une vieille photo datant d’il y a quelques années et on réalise à …

Lizzie Velásquez, ou la détermination d’être heureux

J’aime beaucoup écouter les Ted Talks. Pour ceux qui ne connaissent pas cela, il s’agit de conférences visant à répandre des idées non conventionnelles, des messages inspirants ou des idéologies qui en valent la peine (« ideas worth spreading »), qui peuvent par la suite être visionnées gratuitement sur le site web http://www.ted.com. Je ne me souviens pas exactement comment je suis tombée sur cette conférence-là, mais je vais toujours me rappeler de son message et, surtout, de celle qui l’a énoncé. Elizabeth Ann Velásquez, surnommée Lizzie, est née en mars 1989. Comme moi, elle a 26 ans, une famille qui l’aime et la soutient, des rêves, des objectifs, des aspirations profondes. Mais contrairement à moi, elle est affligée par un syndrome extrêmement rare – seules trois personnes, incluant elle-même, en sont atteintes – qui l’empêche d’accumuler la moindre graisse dans son corps. Pour survivre, elle doit grignoter constamment. Ce syndrome, qui la touche depuis sa naissance, a beaucoup contribué à l’altération de son apparence physique: peau à l’aspect vieillissant, traits très fins, nez pointu, cécité totale …

Le plaisir de créer

Lorsque je parle de mes projets d’écriture à des curieux, il m’arrive souvent d’entendre ces derniers soupirer et s’écrier: « Ça a l’air tellement l’fun de créer comme ça! C’est pas à moi que ça arriverait, tsé, j’suis pas créatif du tout. » Et pourtant… Bien des gens semblent oublier que la créativité n’est pas l’apanage des artistes professionnels ou des excentriques de ce monde ; souvent, on oublie que les scientifiques, les gestionnaires, les gens d’affaires, les enseignants et même les médecins doivent faire preuve de créativité à un moment ou un autre de leur carrière (quand ce n’est pas carrément sur une base régulière!) Il n’y a pas de loi obligeant une création à être une œuvre d’art concrète. Une décision innovatrice, une nouvelle manière d’effectuer telle ou telle manœuvre, un acte d’improvisation pour se sortir d’un mauvais pas, un geste risqué et audacieux pour sauver une vie… la créativité est partout. En cette période estivale, plusieurs profitent du beau temps (quand il est au rendez-vous…!) pour s’amuser à l’extérieur et faire le plein de …

Découverte musicale – Halestorm

Étant une passionnée des mots, j’ai toujours prêté grande attention aux paroles des chansons que j’écoute, dans la langue de Molière comme celle de Shakespeare. En effet, j’aime que la musique me parle, me raconte des histoires et me permette d’imaginer mes propres scénarios, mes propres vidéos. Si vous êtes comme moi, vous avez peut-être remarqué que le contenu de certaines chansons largement diffusées est pour le moins assez insignifiant, quand il n’est pas carrément pathétique. Dans cette même veine, on retrouve de nombreuses chansons (interprétées, entre autres, par la gent féminine) qui projettent un reflet plutôt malsain des relations amoureuses, sociales et sexuelles des femmes : objectification, volonté à accepter n’importe quoi par amour, isolement dans des relations abusives, etc. Le tout, évidemment, appuyé par des rythmes accrocheurs et des interprètes « glamourisées », qui tiennent la vedette dans des vidéos suggestives se rapprochant davantage de la porno que de la musique (quelques minutes passées sur Youtube devraient être suffisantes pour vous montrer ce que je veux dire!) Bon, qu’on mette une chose au …

Amblystome tome 1 – La Terre agonisante

J’ai déjà mentionné dans un article précédent que je ne jugerais plus un livre d’après sa couverture ; bien que ce soit vrai, je dois avouer que, malgré tout, je ne suis pas insensible au charme que dégage une couverture attrayante… et que cela peut encore me donner le petit coup de pouce nécessaire pour que je veuille en savoir plus sur le contenu d’une œuvre. J’avais remarqué le tome 1 de cette série dès sa parution : l’esthétisme de l’illustration de couverture, peinture entremêlant futurisme et canons de beauté présents dans l’art classique, m’avait beaucoup plu. Le titre Amblystome, inscrit en grosses lettres blanches au milieu de l’image, avait piqué ma curiosité et je m’étais dit que je finirais bien par le lire, ce récit de science-fiction écrit par M.V Fontaine, pseudonyme d’un mystérieux auteur québécois. J’ai fini par le faire… et je ne le regrette pas! La première scène de cette série se déroule en 2053, où un groupe de scientifiques se rend au cœur des Rocheuses afin d’analyser le contenu d’une étrange …

À la recherche de New Babylon

Je n’ai jamais été une fan du western, des cow-boys et des récits se déroulant au Far West ; je suis plutôt du genre fantasy, magiciens et Moyen-Âge. Par contre, je suis une fan de tous les récits présentant une originalité bien à eux, que ce soit au niveau de la structure, de l’écriture ou du contenu. Ce sont ces petits détails qui m’ont attirée vers À la recherche de New Babylon, de Dominique Scali. Pour la petite histoire, l’auteure devait participer à une séance de signatures à la librairie où je travaillais et j’avais envie de me renseigner sur son livre avant de la rencontrer. En examinant ledit bouquin, je tombe sur un résumé évoquant une ville qui n’existe pas, où la seule loi serait l’absence de lois, et où « on aurait constamment le souffle coupé, à cause des paysages, et ultimement parce qu’on y finirait la gorge tranchée ». Génial, je sais. C’est ce que je me suis dit en feuilletant les premières pages, jusqu’à ce que je lise une citation en exergue. « Je …

Cultiver son monde

Je me souviens encore de ce moment, parce que je me le remémore de temps en temps depuis une dizaine d’années. J’étais à la fin de mon secondaire, dans un camp de vacances avec les autres finissants, et mon groupe était assis dans un grand chalet pour passer une soirée tranquille à faire le point sur les cinq années scolaires qui allaient bientôt se terminer. À un certain moment, les enseignants avaient décidé que nous allions tous, à tour de rôle, venir nous asseoir au centre du groupe pour que les autres puissent nous faire part de ce qu’ils avaient aimé de nous et des moments passés en notre compagnie. Lorsque mon tour était arrivé, la plupart de ceux qui s’étaient exprimés avec une certaine profondeur étaient mes ami(e)s les plus proches, alors que les autres se contentaient de quelques mots gentils ; cependant, le témoignage m’ayant le plus marqué venait d’une fille qui ne faisait pas partie de mon cercle d’amis, mais que j’aimais bien malgré tout: « Raph, tu vis dans ton monde, mais …