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Le bestiaire des fruits et le rire de la lectrice

Je me souviens vous avoir dit un jour que je n’étais pas le genre de lectrice qui s’exclame de rire en lisant, je suis plus du genre petit sourire. Mais Bestiaire des fruits m’a fait rire à haute voix! Zviane raconte, dans ce roman graphique, la meilleure chose qui lui est arrivée sur le plan gustatif: déménager à Saint-Laurent en 2001. Pourquoi ? Parce que dans son supermarché, il y avait des tonnes de fruits exotiques et qu’elle s’est donnée le mandat, en bonne samouraï des fruits, de les goûter, les déguster, les découvrir et les noter. Et oui, Zviane note chacun des fruits auxquels elle goûte selon différents critères: le goût, l’aspect, la propreté et la commodité. Un beau total sur 40 qui viendra nommer le meilleur fruit exotique ! C’est absurde, mais ô combien drôle. Il suffit de la voir goûter à La nègle avec son amie Iris ou de la voir essayer d’ouvrir une noix de coco pour rire, simplement . On en apprend des choses tout de même dans ce livre. …

Le célibat, ou «vivre sur une île déserte»

Durant mon adolescence, j’ai lu les huit livres de la série Le journal d’Aurélie Laflamme plus d’fois qu’le nombre de doigts que j’ai sur ma main gauche. J’connaissais plein d’passages par cœur (surtout dans le premier tome, que j’avais étudié de A à Z parce que j’voulais FULL être choisie pour jouer Aurélie au cinéma, sachant quand même que j’allais pas être prise en raison de ma taille de nain d’jardin et de mon manque de talent en acting). Dans l’fond, le seul point commun qu’j’avais avec Aurélie Laflamme, ç’tait que j’étais un peu extraterrestre à mes heures. Des fois beaucoup, même. J’pense que c’est pour ça qu’j’ai aimé lire les huit romans à ç’point-là. J’arrivais vraiment à m’identifier à Aurélie (mais pas physiquement, vous aurez compris). India est bonne pour créer des personnages comme ça. Des personnages comme moi. Comme vous. Comme un peu tout l’monde. Mon bout préféré d’la série (après le french de Nicolas, quoique… Tommy…), ç’tait celui des post-it. J’avais même fait l’coup à ma mère, qui l’avait pas trouvé si …

Mes Comics: Batman – Earth One

Compulsive. Je pense que je suis obsédée au sujet de Batman ces temps-ci. Grâce à cette obsession, j’ai découvert l’univers de Earth One. Il s’agit de nouveaux récits redéfinissant l’origine de nos personnages préférés de DC. Pour l’instant, nous avons Superman, Batman, et Teen Titans avec une bande dessinée fort anticipée de Grant Morrison sur Wonder Woman (qui a l’air EXTRAORDINAIRE). Je vais certaiment lire tous les numéros, toutefois, dans l’immédiat, je n’ai lu que le premier tome de Batman: Earth One et c’était rien de moins que fantastique. Dans Batman: Earth One, la mythologie de Batman est redéfinie, et ce, avec brio. Geoff Johns est le directeur de la créativité chez DC (oui, c’est son poste officiel), il est le génie derrière une multitude de bandes dessinées et a travaillé en étroite collaboration sur différents projets pour la télévision, notamment Smallville, Arrow et The Flash. Il est également l’auteur responsable de l’histoire géniale qu’est Batman: Earth One. En plus de Geoff Johns, vous avez droit aux illustrations sublimes de Gary Frank, un artiste britannique …

« Les Ignorants »: coup de coeur d’une initiation croisée

Mon colocataire, originaire de la région d’Anjou en France, m’a un jour parlé de sa rencontre mémorable avec un vigneron du coin, Richard Leroy, dans une soirée de famille où le vin coulait à flots. Il me l’a décrit comme étant un homme particulièrement ouvert et très curieux de l’avis de chaque dégustateur de vin, peu importe son bagage oenologique. Il se fout des classements, des prix et des conventions du métier mais porte une attention égale aux commentaires du débutant comme à ceux d’un grand connaisseur, car pour lui, l’amour du vin n’a pas de hiérarchie et chaque palais est à prendre en compte. Amoureux de la nature et des choses bien faites, méticuleux et très exigeant, Richard prône bien plus la qualité que la quantité. L’amour, la patience, la richesse de la terre, l’influence du vent et du soleil sont pour lui les éléments fondateurs dans le processus de production de son vin. Confiant envers Dame Nature, il refuse tout engrais, levures, produits phytosanitaires et réduit la quantité de souffre à 20mg par litre …

Traduire l’angoisse en images

« This too shall pass. » Dans la vie, j’angoisse. Big time. (Et, par hasard, j’ai trouvé dans la gang du Fil Rouge une bande de filles qui comme moi, « anxiète » souvent. Allô les filles!). Mais ce n’est pas de ça dont j’aimerais vous parler. Catherine Lepage, artiste visuelle originaire de la région de Québec, a publié en 2007 et 2014, les bouquins 12 mois sans intérêt et Fines tranches d’angoisse, tout deux traitant de la dépression et de l’angoisse.   12 mois sans intérêt Ce premier livre, sous titré « Journal d’une dépression » relate une épisode de dépression qu’a vécue l’auteure. La force des romans graphiques réside dans l’agencement parfait des images et des courtes phrases, et ça, Catherine Lepage le maîtrise parfaitement. Les mots font échos aux images et vice-versa. Les images parfois comiques, toujours ludiques, sont en adéquations avec le sujet très sérieux. Tout n’est pas noir et, par chance, Lepage réussit à poser un regard critique très juste sur sa situation, sans se victimiser et sans tomber dans les clichés que l’on entend toujours sur la dépression. J’ai particulièrement aimé les …

Les Misérables sous un oeil nippon

Un manga inspiré des Misérables. Un seul tome d’environ 200 pages. C’est aussi terrible que ce à quoi vous vous attendez. Déjà, l’idée de faire d’une œuvre romanesque de plus de 1500 pages un manga d’un peu plus de 200 est risquée. Deux maisons d’éditions s’y sont essayées, pour le meilleur et pour le pire. (Je vous en parlerai peut-être une autre fois.) Je préfère me concentrer sur cette fantastique adaptation et sa magnifique préface! Oui, oui, la préface. J’ai eu envie de vous la faire lire en entier mais, ayant peur des représailles (notamment des défenseurs (tout à fait légitimes) des droits d’auteurs), je n’en citerai que quelques passages particulièrement éloquents. Du bonbon, vous dis-je! Avant même la préface, la première chose que l’on lit en ouvrant le volume est une liste illustrée des personnages principaux du manga avec une petite description pour chacun d’entre eux. Déjà, ça ne commence pas bien. Est-ce que cela signifie que même les grandes lignes du récit ne sont pas claires? Que moins de dix personnages, c’est trop …

Cette bande dessinée a un je-ne-sais-quoi

Si un jour je suis portée disparue, je vous conseille de commencer à chercher à la bibliothèque du Cégep du Vieux-Montréal. Je serai probablement près d’une fenêtre, en train de lire une bande dessinée. J’ai un petit rituel. J’arrive à la bibliothèque, je regarde le présentoir des bandes dessinées et j’en choisi une. C’est simple. Même en fin de session, je ne peux résister. Je fais ma sélection principalement en me fiant aux dessins. À force d’en lire, j’ai développé mes préférences. L’appel a encore frappé. Cette fois, je lis Sleepwalk and Other Stories d’Adrian Tomine. Le livre comprend 16 petites histoires, originalement publiées dans les tomes 1 à 4 de la série Optic Nerve. Faite de situations insignifiantes aux premiers abords, on y croise des personnages tourmentés et attachants qui rendent toute l’essence à cette bande dessinée. Au premier coup d’œil, rien de plus classique que cette bande dessinée. Typique graphisme américain avec des traits droits et réalistes. Chaque plan est dans sa case. En noir et blanc. Pas de fantaisie. On pourrait dire …

Albert et le nez en théière

Albert Théière vit avec Boulette son gros chat affectueusement gourmand. Ensemble, ils vivent une vie des plus ordinaires jusqu’au jour où Albert apprend qu’il aura besoin de lunettes. C’est avec étonnement qu’il apprend par le fait même qu’il a aussi le nez à l’envers, comme une théière, et qu’il ne pourra pas se procurer de lunettes. C’est ainsi qu’il découvre la source ultime de sa différence. Il se souvient d’événements de son enfance et de sa vie adulte où il a dû faire face au regard des autres. Il comprend aussi que c’est pour cela que lorsqu’il avait le rhume ses cheveux se peignaient si bien (Ça, ça me fait rire…) C’est cette différence faciale qui devient le point d’ancrage de tous ses ennuis, autant avec les filles que dans la vie quotidienne. La préface nous dit : « À toutes les personnes qui ne savent pas trop comment, mais qui voudraient bien…»  Ça me parle. C’est donc l’histoire d’Albert qui décide de préparer un plan: prendre plusieurs jours de congé, faire des provisions alimentaires pour Boulette …