Aurélie, ma vieille amie
Aurélie, ma vieille amie. On s’est rencontrées il y a longtemps déjà, au tournant d’une page. Tu habitais avec ma sœur et elle refusait de te partager, pour une fois qu’elle trouvait une lecture à sa pointure. Pourtant, déjà, je voyais bien comme tu la rendais heureuse, comme tu la faisais rire, lui donnait envie de lire, aussi (chose rare pour la soeurette). J’ai donc décidé d’aller à ta rencontre. Moi aussi, je voulais partager ces fous rires silencieux, ces sourires charmés au fil de tes pages. Aurélie, je t’ai tout de suite aimée. Ma sœur et moi, nous lisions tes aventures en simultanée, je me jetais sur ton histoire lorsqu’elle déposait le livre dans un moment de répit. Nous nous querellions tes livres, mais ils ne m’appartenaient pas. Je n’avais jamais le dernier mot. Ma sœur, lectrice moins avide que moi, refusait donc que je termine ton histoire avant elle, ou que je la dépasse de ne serait-ce que d’une seule page dans ma lecture. Je mentais donc, bien sûr, prétendant m’arrêter au même …










