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Petite clinique de livre

Bienvenue dans notre petite clinique de livres !

Vous avez un problème ?

Nous sommes votre solution.

Ou plutôt… Nous AVONS votre solution.

Un livre !

Cette petite série d’articles vous donnera, nous l’espérons, une impression de clinique ! Nous voudrions donc, par le biais des quelques conseils que nous vous donnerons au fil de nos publications, que vous vous sentiez entre bonnes mains et que vous trouviez une échappatoire possible grâce aux conseils littéraires que vous trouverez ici !

Llouis qui tombe tout seul, Matthieu Simard

Un livre à lire si vous vous sentez… seul, abandonné, incompris, isolé.

Ce livre est très, très drôle. C’est l’histoire d’un jeune homme, Llouis (oui, oui, avec deux L) qui gagne à la loterie ! Un gros montant ! Assez pour lui permettre de ne plus travailler… Mais Llouis n’a jamais été à l’aise en société. Son réflexe ? S’isoler ! Il décide alors de passer un an cloîtré dans son appartement. Seul. Avec, en guise de compagnon, sa télévision et les quelques objets lui appartenant et traînant ici et là dans son chez lui. Mais, les jours passent et deviennent des années… Quatre années et demie, plus précisément !

Malgré cette longue période d’isolement, tout allait bien et Llouis ne voyait aucun problème à son mode de vie… Jusqu’au moment où il perd sa télécommande et qu’il doit sortir s’en procurer une autre !

Les gens ont peur d’être seuls sans être uniques. Ils veulent être les seuls, mais pas seuls tout court. Ils veulent être les seuls à avoir ci, les seuls à faire ça, les seuls à avoir l’air de ça. Mais ils ne veulent pas être seuls, parce que s’ils étaient seuls, à qui ils montreraient à quel point ils sont uniques ?

 Llouis qui tombe tout seul, c’est l’histoire de sa chute à partir de ce moment fatidique où il devra aller à l’extérieur ; c’est l’histoire de sa (re)découverte du monde extérieur et de la vie en général. Et cette histoire, elle est racontée dans un langage si pur, si enfantin qu’on se croirait presque dans la tête d’un enfant qui apprend à découvrir son monde.

Fanfan, Alexandre Jardin

Un livre à lire si vous vous sentez amoureux, passionné, effrayé par l’amour, indécis.

Ne pas se permettre de vivre l’amour qui naît entre deux êtres pour ne pas tuer cet amour à grands coups de quotidien, voilà la ligne directrice de ce livre.

Ce roman nous raconte l’histoire d’Alexandre Crusoé et de Fanfan, de leur rencontre, de leur coup de foudre ! Lui, un charmeur, manipulateur prêt à tout pour tout vivre et… déjà fiancé !! Elle, jeune femme passionnée, féminine, une vraie petite boule d’énergie et de passion. L’histoire qui les unit est l’histoire d’amour qu’ils vivent, mais qu’ils ne peuvent pas se permettre de vivre.

Ce matin-là, je tombai amoureux de ses défauts. Elle était menteuse, mais ne mentait que pour embellir la réalité. Elle avait l’insolence qui fait rire. À la fois culottée, orgueilleuse et férocement jalouse de ceux qui réussissaient plus vite qu’elle, Fanfan échappait à tout ridicule en ne dissimulant aucun de ses travers. Voleuse, elle ne dérobait de l’argent ou du matériel que pour pratiquer son art. Fanfan était de ces êtres qui ne pèchent que gaiement et dont les mauvais penchants ont une grâce particulière. Libre par nature, elle osait être elle-même avec désinvolture.

Fanfan, c’est l’histoire d’Alexandre Crusoé, un homme qui trouvera une manière hors du commun de s’en sortir. Premièrement : épouser une femme qu’il n’aime pas passionnément, mais qui est issue d’une bonne famille et qui serait susceptible de lui garantir un certain avenir routinier et… rassurant, donc. Deuxièmement : se lancer dans une quête d’amour perpétuel en faisant la cour à une jeune femme qu’il aime d’amour et qui le rend fou sans toutefois ne jamais passer à l’acte.

Voilà deux conseils littéraires qui, nous l’espérons, vous aideront à vous en sortir !
Si vous connaissez d’autres romans qui pourraient peut-être être salvateurs pour une quelconque personne et que vous avez envie de nous en faire part, écrivez-nous !

Quand les inconnus s’en mêlent

Il était une fois, dans un bar où on sert du jus fort dans des pots Masson, sur une rue qui porte le nom d’une province voisine. Dans ce dit bar où je prenais un simple verre avec des amies, un garçon vient s’asseoir à notre table. Il est un peu imposant de sa présence, sans être dérangeant. Il amuse mes amies, elles rigolent, j’observe. Il me dit que je suis certainement la plate du groupe, ça commence mal.

Ce commentaire, je l’ai déjà entendu. N’empêche qu’il me fait un peu mal à chaque fois. Il dit à une de mes amies que elle, c’est celle qui est le fun et à mon autre amie que elle, elle observe. Des trois, je suis celle qui porte le chapeau de la plate. Il dit que je suis tranquille, que je ne parle pas, que je n’ai pas l’air à l’aise.

Ce sont ces trois critères qui m’ont valu le trophée de la fille pas le fun de la soirée ! On va oublier le fait que le gars m’a aussi fait la morale, une heure durant, sur toutes les raisons pour lesquelles ma relation de couple ne fonctionnerait jamais. C’est drôle parce que j’avais vraiment l’impression que c’était sa tactique, il essayait vraiment fort, il avait l’impression qu’il me sauvait bien du trouble en me disant sa vérité.

 Bref, revenons à ma platitude qui, cette fois, fût le centre de l’attention. Donc, avant de vous parler de là fois où un serveur m’a dit que j’étais certainement la petite tranquille du groupe, je tiens à revenir sur ces trois critères qui m’ont catégorisée comme plate.

Alors oui, c’est vrai, je suis tranquille. Par contre, c’est un concept très général, qui peut être applicable à bien des personnes, dans bien des situations et qui est loin d’être un synonyme de plate dans mon dictionnaire. Mais on parlait pas vraiment la même langue alors, je vais lui accorder un point ce coup-ci.

Je ne parle pas ? Faux. J’essaie de ne pas parler pour rien dire. Vrai. Surtout à une table où viennent de s’immiscer deux inconnus auxquels je n’ai pas vraiment le goût de parler. Non pas parce que je suis tranquille, plate ou antisociale, mais plutôt parce qu’ils ne me font pas bonne impression et qu’ils arrivent comme un cheveu sur la soupe.

Finalement, je n’ai pas l’air à l’aise ? Non. Je ne suis pas à l’aise quand un inconnu s’assoit à à peine deux centimètres de moi, met sa main sur ma cuisse, me regarde dans les yeux et me dit que je suis plate. ( le pire c’est que je n’exagère même pas )

Maintenant, vous pourrez en juger par vous-mêmes, suis-je plate?  Pour vous aider un peu dans votre jugement, laissez-moi vous raconter une autre histoire.

C’était la fois du souper de fête de Martine. On mangeait du mexicain sur un bain et le serveur nous a fait un beau petit commentaire sexiste (qu’il trouvait bien drôle) sur les drinks de filles vs les drinks d’hommes (filles et hommes oui, oui). On s’amuse, on boit notre breuvage de fille rose, on mange et finalement on paie. Rendu à mon tour, le serveur me regarde, rigole et dit ; toi, tu es sans aucun doute la sage du groupe. Il était probablement plein de bonnes intentions avec sa blague, alors je lui ai souri et j’ai dit quelque chose comme : c’est pas parce que quelqu’un porte de la dentelle et des lunettes qu’elle est sage, en rigolant ( un peu jaune ) et pleine de bonnes intentions (quoi que fausses) , moi aussi. Cette fois, son jugement était basé sur mon habillement seulement. Je porte des lunettes parce que j’aime ça être capable de voir les gens avec qui je parle. Je portais une chemise à fleurs avec un col Claudine en dentelle, par-dessus laquelle j’avais mis un gilet de laine noir, c’était bien beau et je me sentais bien dans ce que je portais, point à la ligne . Juger quelqu’un sur son habillement est souvent trompeur , comme plusieurs l’ont surement constaté dans leur vie .

Je pourrais continuer sur plusieurs autres récits du genre, j’en ai presque autant que Bruno Blanchet à d’anecdotes de voyage, mais je vais vous épargner toutes les autres  fois où je me suis laissé prendre au jeu .

 Comme toute histoire commençant par il était une fois, la fin se doit d’avoir une morale, avoir voici la mienne : j’ai décidé de partager avec vous ces anecdotes, sur ce ton, car je me suis très souvent laissée toucher par ce type de commentaires, je les ai un peu trop souvent pris comme étant vrais et j’ai pris les mots d’un inconnu qui ne me connaissait ni d’Adam, ni d’Ève, de  façon très personnelle.

 Vous pouvez bien me trouver plate, trop tranquille, trop sage, trop calme et en tirer les conclusions que vous voulez, j’ai fait la paix avec ça, avec cette fausse image de moi  que se font certaines personnes! Du moins j’essaie fort…

J’aime les cols Claudine, les chemises boutonnées, je ne crie pas par-dessus tout le monde pour me faire entendre et j’observe plus que je parle, si ce sont les critères par lesquels vous jugez quelqu’un de plate alors allez-y, décernez-moi le prix, je le mettrai à côté de mes  autres trophées !

Crédit photo : pinterest

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5 livres pour s’initier à la pensée féministe

D’emblée, je tiens à le préciser, je ne suis pas une spécialiste de la pensée féministe. Je suis féministe, j’ai beaucoup lu sur le sujet, mais c’est tout. Je n’ai pas de certificat, encore moins de maîtrise en études féministes. Néanmoins, j’ai une passion pour les essais féministes, c’est donc quelques-unes de mes lectures préférées que je veux partager avec vous.

 Il s’agit plus de lectures d’introduction qui permettent de mettre un pied dans la pensée féministe. Comme Marjorie le précisait dans cet article, le mot féministe est devenu à la mode. On confond de plus en plus féministe avec d’autres notions et on perd l’essence même de ce mot. Il suffit de penser au Tumblr I don’t need feminism où on peut lire des femmes dire que le féminisme n’est pas nécessaire, car elles aiment leurs copains! Comme si, être féministe, c’était de ne pas aimer les hommes! Quand je lis ce genre de chose, je dois avouer que je suis peinée de constater le manque d’éducation de tant de filles, en 2014. Ça m’exaspère.

En même temps, je ne sais pas si c’est parce que depuis environ 2-3 ans, j’ai commencé à m’intéresser au féminisme et que je ne le remarquais pas avant, mais il me semble qu’il y a de plus en plus de femmes et d’hommes qui s’affichent publiquement comme féministes et de plus en plus d’articles et de livres écrits sur ce sujet. J’ai l’impression qu’il existe une population très conscientisée aux enjeux féministes, comme il existe une partie très mal informée. On peut se réjouir ou se morfondre… c’est selon!

Voici donc 5 ouvrages à (re)découvrir pour s’initier à la pensée féministe :

1- Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir

LE grand classique de la pensée féministe, ma très chère adorée Simone! Avec le deuxième sexe, De Beauvoir a su ouvrir l’occident aux questions féministes. Elle a permis à tant de femmes de s’émanciper, de comprendre le féminisme et surtout a permis l’action collective chez les femmes. Il s’agit vraiment de LA bible féministe. À lire. Publiés en deux tomes chez Folio, je soulignerais que toute femme devrait lire (au moins) le dernier chapitre La femme indépendante.

« On ne naît pas femme : on le devient. »

2- Comprendre le féminisme, Marie-Hélène Bourcier

Dans ce petit guide vert fluo, l’auteure explique de façon SUPER claire et cohérente, l’histoire du féminisme (les vagues, époques, courants, etc.). En y ajoutant de petites bandes dessinées simples et amusantes, elle a vraiment su créer un ouvrage de base de la pensée féministe. C’est en fait celui qu’on m’avait conseillé dans mon cours Introduction à la pensée féministe. D’ailleurs, c’est celui que je conseillerais à quelqu’un qui n’a presque pas de connaissance du féminisme. En plus d’être facile à lire, il est intelligent et amusant.

3- Reflets dans un oeil d’homme, Nancy Huston

Cet essai de l’écrivaine Nancy Huston pose des questions justes au sujet du regard de l’homme sur la femme. L’obsession envers l’image de la femme et envers la pression sociale liée à ces dernières est analysé en fonction de plusieurs points : maternité, pornographique, publicité, etc. Un ouvrage sur la dictature de l’image.

4- Beauté fatale : nouveaux visages d’une aliénation féminine, Mona Chollet

Dans ce livre assez facile à lire, l’auteure soulève des questions importantes en lien avec les standards de beauté, la publicité, au poids, les séries télés, la musique pop, etc. Elle décrypte les manigances d’une société de consommation qui dicte aux femmes comment être, comment s’habiller et comment penser.

La revanche des moches de la québécoise Léa Clermont-Dion est aussi intéressant en lien avec ses questionnements. Elle se questionne sur ce qu’est la beauté et sur la place que doit prendre l’apparence dans notre société. Pour ce faire, elle rencontre des personnalités publiques québécoises avec qui elle discute des différentes facettes de cette aliénation.

Je conseille aussi The beauty myth (1990) de Naomi Wolf. C’est en anglais, mais c’est LE livre à lire en ce qui concerne l’image, l’esthétique, la publicité et les mythes de beauté. Écrit en 90’,  il continue d’être un ouvrage fort étudié et important.

5- Une chambre à soi, Virginia Woolf

Ce très court texte est fondateur de la volonté d’être indépendante. Ainsi, Virginia Woolf écrit un manifeste pour exprimer son besoin d’espace et de temps lié à la création littéraire. Vivant dans une société où les femmes étaient figées dans l’espace privé, Woolf a fait preuve d’anticonformisme en se présentant comme femme indépendante qui demande sa liberté. En plus, d’écrire de façon merveilleusement bien, Virginia Woolf était une femme inspirante et franchement avant-gardiste. Ses romans gagnent aussi à être connus pour leur portée fortement féministe ! (Orlando!)

Entrevue exclusive avec Marie-Sissi Labrèche

Lorsque nous avons mis sur pied notre projet, jamais, au grand jamais, nous ne pensions être en mesure de parler à de grands auteurs dès nos débuts. Pourtant, nous avons essayé… Et c’est avec grande surprise que Marie-Sissi Labrèche a répondu à notre appel !

C’est donc une Marie-Sissi Labrèche incroyablement sympathique et électrisante qui a accepté de donner une entrevue exclusive à l’équipe du Fil Rouge, lundi dernier. Ceux qui la connaissent (et qui nous connaissent) sauront à quel point cela a pu être un honneur pour notre équipe que d’avoir un lien direct avec une auteure d’aussi grand talent.

Ceux qui ne la connaissent pas (encore) manquent quelque chose…Et il est grand temps pour eux de s’y mettre ! Lisez-la ! Et découvrez le talent de cette femme hallucinante !

Marie-Sissi Labrèche est une auteure québécoise née en 1969. Elle a écrit plusieurs romans qui valent plus que la peine d’être découverts, d’être lus et d’être relus.  Son écriture est crue, vraie et pleine d’émotions. Lire un de ces romans, c’est aussi se libérer complètement de certaines émotions et de certaines rages dont on n’aurait pas su se départir autrement. Ses mots ont su sauver bien des gens ! Ses romans nous transportent dans un univers complètement sauté où nous-mêmes, nous avons peut-être déjà été plongés et surtout duquel nous ne savions pas comment nous en sortir.

Voici donc, sans plus tarder, un compte-rendu de cette fameuse entrevue !

Nous avons entendu dire que c’était à l’âge de 17 ans, à la lecture de La grosse femme d’à côté est enceinte de Michel Tremblay, que tu as su que tu voulais écrire et que tu étais faite pour écrire. Est-ce vrai ? 

Oui, oui, oui! J’ai grandi dans un milieu où la culture n’était pas très présente ! Au secondaire, par hasard, une de mes amies m’a conseillé ce roman de Michel Tremblay et j’ai commencé à le lire… J’ai tout de suite su que j’allais devenir écrivaine ! Tremblay écrivait dans une langue qui venait me chercher, dans la langue dans laquelle je vivais. Dans une langue accessible, que je connaissais, et ça, j’aimais ça !

As-tu un rituel d’écriture particulier ? Y a-t-il quelque chose que tu dois absolument faire ou ne pas faire quand tu écris ?

Non, rien du tout ! Je ne suis pas superstitieuse ! Le seul truc, c’est que j’écris beaucoup mieux quand je suis enragée ! J’écris bien, j’écris mieux, quand je suis fâchée, c’est plus facile pour moi !

Quand tu es enragée, donc, c’est plus facile d’écrire ! Mais es-tu quand même capable d’écrire n’importe où et n’importe quand ou bien ça te prend des conditions spéciales pour être capable de te laisser aller dans ton écriture ?

Plus jeune, j’étais capable d’écrire n’importe où et n’importe quand. Maintenant, je trouve ça un peu plus difficile ! Je dois m’isoler un peu plus… J’ai besoin de plus de silence, de plus de concentration.

Parmi l’ensemble de tes œuvres, quel est ton livre chouchou? Celui que tu préfères? Ou celui dont tu es la plus fière ? Et pourquoi ?

Borderline (2000), c’est le livre qui  m’a fait naître. C’est certain que j’ai un attachement particulier pour lui ! Mais je te dirais que, celui dont je suis la plus fière, c’est : La lune dans un HML (2006). Parce que c’est celui que j’ai le mieux écrit selon moi, avec mon style à moi.

Si la lecture d’un seul livre était obligatoire au Québec, et que ce livre ne pouvait pas être un des tiens, quel serait ce livre ?

(Après un moment de réflexion) Le dictionnaire ! Pour savoir de quoi on parle ! Pour avoir plus de crédibilité quand on parle. Quand j’étais plus jeune, je faisais beaucoup de fautes ! Je n’étais pas bonne en français ! J’avais toujours des bonnes notes pour mon style, mais des fautes… J’en faisais beaucoup ! Je ne savais pas écrire parce que je n’avais pas appris à écrire. Je pense que c’est important de savoir écrire !

Quel est ton mot préféré de la langue française?

C’est une bonne question ! (Après un temps de réflexion) Je dirais que c’est le mot rêve ! Oui, rêve ! Parce que, sans ça, y’a rien ! Et que ça tient tout, le rêve !

On dit souvent que tu écris de l’autofiction. Est-ce que c’est quelque chose qui te restreint, aujourd’hui, d’avoir été mise dans cette boîte « d’autofiction » ? Es-tu tannée qu’on associe ton écriture à cela ?

On m’a enfermée là-dedans depuis le début. Mais ça ne me dérange pas tant que ça. On se sert tous de nous pour écrire ! Moi, j’écris. Et les gens me lisent. Avez-vous aimé ? Avez-vous détesté ? C’est à eux de juger !

Tu sors un nouveau roman dans quelques semaines ! Ce roman, comme on a pu le savoir, semble loin de l’autofiction et du « très réel » auquel tu as habitué ton lectorat, il semble même aller du côté de la science-fiction ! Qu’est-ce qui t’a poussée à aller dans cette branche ?

Oui, c’est vrai, mon prochain roman n’est pas du tout comme les autres ! Je mélange deux époques : 2035 et maintenant ! C’est un roman très drôle et beaucoup moins « trash » que mes autres romans. J’ai eu le « flash » de l’écrire quand j’étais enceinte de mon garçon ! Dans mon roman, c’est comme si j’écrivais sur mon garçon ; c’est comme si je racontais l’histoire de l’homme qu’il allait devenir, sans espérer qu’il suive vraiment le chemin de mon personnage ! Vous verrez pourquoi… (rires) ! C’est un roman très drôle, c’est le roman qui m’a fait le moins de mal à écrire ! J’ai eu envie d’essayer autre chose… Je l’ai fait lire à l’interne, par des gens que je connaissais, et ils l’ont bien aimé ! Ça fait du bien à entendre !

Un personnage principal masculin, donc ! Chose qui arrive rarement dans tes romans ! Quelles sont les difficultés qu’on rencontre quand notre personnage principal est un homme ? Qu’est-ce qui est différent que dans l’écriture d’un personnage principal féminin ?

Je ne suis pas très bonne avec les personnages masculins ! J’ai de la misère… Ce que j’ai fait, c’est que je me suis servie de mon garçon ! J’ai fait de la projection. J’ai fait la projection de mon gars, sans être vraiment lui ! Je me suis imaginé « qu’est-ce qui se passerait si… », « qu’est-ce qui arriverait si… ». Et ça m’a aidée ! C’est comme si j’écrivais sur mon gars dans le futur sans que ça soit lui !

Selon une certaine critique, on dit de toi qu’avec ton prochain roman, tu prouves que tu as le don d’aborder des sujets graves avec humour. Selon toi, d’où te vient ce don? Est-ce un mécanisme de défense? 

C’est clairement un mécanisme de défense ! Et c’est un mécanisme de défense formidable ! Je lisais, l’autre jour, un magazine québécois et Jean-François Mercier, l’humoriste, disait quelque chose comme «  dans les grands débats intellectuels, c’est l’humour qui fait le mieux passer un message ». Personnellement, je pense que c’est vrai ! Et c’est ce que j’essaie de faire à ma manière.

Finalement, dans tes futurs romans, y a-t-il des sujets que tu n’as pas encore abordés et que tu aimerais aborder?

(Après un moment de réflexion) J’ai toujours beaucoup de projets en tête et si celui-là ne marche pas, et bien j’en fais un autre… Mais j’aimerais peut-être bien faire quelque chose dans le genre de Twilight ! Mais pas avec des vampires ! Non, mais j’aimerais peut-être essayer le fantastique un jour ! Ce que j’ai aimé de Twilight, c’est que les personnages, jeunes, prennent leur temps ; ils découvrent la vie ; ils ne se « garrochent » pas nécessairement n’importe où ! J’ai envie d’écrire quelque chose de romantique-fantastique un jour ! On verra bien… (rires)

 ***

Marie-Sissi Labrèche sortira à l’automne son roman La vie sur Mars. Voici, pour vous mettre en appétit,  ce qu’on peut en lire sur internet :

Nous sommes en 2035. Neil est un jeune drop-out montréalais, fils de Fédora, qui l’a élevé pratiquement seule, et de Christian, un astronaute français en mission sur Mars depuis longtemps. Neil doit se rendre à Raon-l’Étape, en Lorraine : sa mère y a été retrouvée morte dans la maison ancestrale où le grand-père collectionnait mille antiquités léguées à Christian. Accompagné de sa fidèle Rosaline, harcelé par la trop intense Rita-Adèle, Neil se gave d’anxiolytiques pour affronter l’épreuve, d’autant plus que Fédora, écrivaine connue, a laissé un manuscrit dont les révélations le troublent. Entre ses allées et venues chez le croque-mort, il est étonné de lire son histoire – celle de sa conception, de sa naissance, de sa petite enfance avec ses parents, des visites chez son grand-père en France -, puis il hésite à continuer quand il découvre la vérité sur son astronaute de père. En langage cinématographique, on parlerait d’une comédie dramatique. En littérature, ça s’appelle un bonheur de lecture. Avec ce quatrième roman, Marie-Sissi Labrèche prouve qu’elle a le don d’aborder des sujets graves avec humour ; elle propose une histoire sur la famille, le mensonge et la culpabilité, mais aussi sur les différences culturelles et sociales. Personnages truculents, intrigue fertile en rebondissements, plume vive : La vie sur Mars n’épargne personne… Et c’est loin d’être triste !

Elle travaille également sur un documentaire portant sur la maladie mentale qui devrait voir le jour d’ici quelque temps !

L’équipe du Fil Rouge tient à remercier, encore une fois, cette auteure magnifique. Une véritable bombe à retardement de talent qui a explosé quelques fois au cours des dernières années ! Nous vous invitons à vous faire la faveur d’aller vous procurer ses explosions en librairie et de lire ses romans !

  • Borderline (2000)

« Je suis borderline. J’ai un problème de limites. Je ne fais pas de différence entre l’extérieur et l’intérieur. C’est à cause de ma peau qui est à l’envers. C’est à cause de mes nerfs qui sont à fleur de peau. Tout le monde peut voir à l’intérieur de moi, j’ai l’impression. Je suis transparente. D’ailleurs, tellement transparente qu’il faut que je crie pour qu’on me voie. » Borderline est un premier roman qui scrute le monde de l’enfance. Non pas l’enfance bénie, mais celle qui crée des monstres. Et les monstres de l’enfance ne nous quittent pas avec elle »

  • La brèche (2002)

« Je ne suis pas de son monde, un maestro de la poésie et sa ritournelle, un prof de littérature et son étudiante, un homme coincé devant un petit pétard blond, deux univers défigurés par la présence de l’autre, non, je ne suis pas de son univers et il passe son temps à me le rappeler aussi. Oui, je viens d’un univers très différent du tien, me répond-il tout le temps comme pour me signifier que je suis une extraterrestre dans sa vie et qu’être ensemble pour vrai relève de la fiction. Quand il me dit ça, j’aurais envie de m’arracher un œil et de l’avaler, qu’il me laisse donc me raconter une belle histoire, la belle histoire de deux mondes qui s’effondrent ensemble. Plus nos plaies seront profondes, plus on s’infiltrera l’un dans l’autre. »

  • Montréal, la marge au cœur (2004)

  • La lune dans un HLM (2006)

« Léa se réfugiait dans un autre monde pour ne pas que les monstres dans la tête de sa mère sautent dans la sienne.Parce qu’il faut se méfier de la folie, elle vous guette et sans crier gare elle se jette sur vous pour vous projeter des films d’horreur à longueur d’année en dessous de la casquette. Léa doit encore plus se surveiller, car dans sa famille, on est abonnées de mère en fille, mais elle, elle a bien décidé de sauter en bas de son arbre gynécologique pour aller jouer dans le pré où se trouve le bonheur, comme elle dit, et c’est avec sa future carrière de reine de la toile qu’elle se protège. »

  • Psy malgré moi  (2009) (plus jeune)

« Ariane, 13 ans, vient de vivre la pire année de sa vie : sa soeur a été emportée par un cancer du cerveau. La famille, dévastée, quitte la campagne pour s’installer à Montréal. Ariane débarque donc dans une nouvelle poly et l’année démarre sur les chapeaux de roues : la « tough » de l’école la cherche dès le premier jour, la bimbo en chef lui jette des regards assassins et le beau gars semble inaccessible… Pour se faire accepter, Ariane se transforme en mini-Freud en jupon et tente de régler les problèmes que des élèves viennent lui confier. Cela ne manquera pas de lui attirer des ennuis, mais aussi une certaine reconnaissance, de plus en plus encombrante. »

  • Amour et autres violences (2012)

« Elle est maintenant assise sur le sol, toujours offerte, et elle le fixe avec toute sa volonté d’être baisée par lui. Elle respire toujours fort, ses narines s’ouvrent et se ferment comme celles d’un bouc en plein combat sur une montagne de Nubie en Égypte. Elle est à peu près sûre qu’elle est belle comme ça, qu’elle donne envie, elle se dit qu’il va craquer, qu’il va se jeter sur elle et l’écraser de tout son poids, qu’il va l’embrasser de la tête aux pieds, l’avaler avec sa grande bouche, sniffer ses aisselles, entrer ses doigts partout, l’enserrer comme un bébé koala, et qu’ils rouleront dans le lit puis sur le tapis, traverseront la porte, le studio, rouleront dans le parking, dans la rue, ils prendront l’autoroute 10 et ils s’en iront comme ça loin, très loin, lui en elle, lui la roue, elle l’essieu, et ils rouleront jusqu’à ce qu’un pont s’effondre sous leur passage et qu’ils finissent encastrés entre deux dalles de béton en première page des journaux. »

  • La vie sur mars – 2014 (à paraître sous peu !)

On vous invite aussi à participer à notre sondage pour gagner les livres « Borderline » et « La brèche » de l’auteure!

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Introduction à la règle de Bechdel

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Bechdel, ce nom vous sonne une cloche ? C’est peut-être bien parce que Martine vous a parlé de Alison Bechdel et de ses bandes dessinées Fun home et C’est toi ma maman, il y a de cela quelques jours. Cette fois-ci, c’est pour une autre raison que j’en parle : le test de Bechdel .

C’est un test à saveur féministe qui a pour but de déterminer la présence et l’importance (de cette présence) des femmes dans les œuvres cinématographiques. Lire la Suite

Vies à vie : un projet photographique qui capture les regards

Vies à vie : un projet photographique qui capture les regards

À l’ère où le selfie est devenu la nouvelle manière de se prendre en photo (partout et tout le temps!) et où l’apparence prend le dessus sur le moment présent, il m’a fait plaisir de découvrir le projet photographique d’un couple pour qui la photo de l’autre permet de figer un moment, une perspective, un instant.

En soi, la beauté de la photographie : capturer un moment.

Il s’agit du projet « Vies à vie ». (Déjà, le titre, wow!)

Au fil de leurs rencontres, de leurs voyages, de leur vie, le couple s’est pris en photo (autant l’un que l’autre), sans jamais dévoiler de visages.

En mettant chacune de leurs photos côte à côte, une perspective immense apparait. Le point de vue de chacun face à une scène permet d’immortaliser le moment, le décor dans lequel le couple se trouvait à cet instant précis.

Romantique comme je suis, je trouve que cette série photographique est magnifique tellement elle permet de figer un instant, juste à eux.

À capturer des regards.

Un gros merci à Deborah de m’avoir permis de faire un article sur son projet et d’utiliser ses photos.

Leur page Facebook

Leur site

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Fun home : un roman graphique à découvrir

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J’ai découvert ce roman graphique dans le cadre de mon cours de bande dessinée lors de la dernière session. Je suis tombée complètement sous le charme ! Et je ne suis pas la seule : la presse, comme les lecteurs ont été presque unanimes, il s’agit d’une oeuvre unique en son genre et remarquable.

L’auteure, Alison Bechdel, à qui on doit aussi la célèbre règle cinématographique de Bechdel (je ne vous en dis pas plus, Marjorie prépare un article à ce sujet pour mardi prochain !) réussit à merveille, dans ce premier roman graphique, à mêler l’autobiographique et la bande dessinée. Lire la Suite

Elles l’ont proposé, nous le ferons

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Comme vous le savez déjà, le Fil Rouge participera à l’événement « On oublie un livre quelque part » qui se déroulera en septembre prochain. L’équipe du Fil Rouge, curieuse de savoir qui se cachait derrière cette magnifique initiative, a décidé de poser quelques questions à ses instigatrices. Lire la Suite

On oublie un livre quelque part

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Chez Le Fil Rouge, on aime beaucoup s’impliquer dans tout ce qui concerne le milieu du livre au Québec. Dernièrement, nous avons participé à la journée « Le 12 août, j’achète un livre québécois. » et nous en avons grandement parlé.

Il est vrai que la grande majorité des acheteurs de livres québécois du 12 août l’ont fait à cause de Monsieur Patrice Cazeault et de Madame Amélie Dubé, ces deux auteurs québécois qui ont décidé de créer cet événement. Puis, ils l’ont fait mûrir au point où des milliers de gens ont décidé d’embarquer avec eux et de poser le geste significatif d’acheter québécois. Lire la Suite