Derniers Articles

Chroniques d’une anxieuse : la rentrée

Toute petite, chaque année c’était inévitable, la veille de la première journée d’école, je saignais du nez. Ma mère me renversait la tête par en arrière, me plaçait un mouchoir sous les narines et je fixais le plafond durant de longues minutes.

La rentrée était synonyme, pour moi, d’une belle et merveilleuse semaine d’insomnie où je cauchemardais, tournoyais dans mon lit terrorisée à l’idée de voir de nouveaux visages, d’avoir de nouveaux professeurs, de nouvelles matières à apprendre et de nouveaux examens à faire…

Souvent, je me réveillais en sursaut, la tête qui m’élançait, après avoir cru que mon cadran n’avait pas sonné et que j’étais en retard pour mon premier cours. Mais il me restait, bien évidemment, trois heures à dormir que je gaspillais, bien entendu, à fixer encore une fois mon plafond (ah ce fameux plafond!).

En vieillissant, mon cas ne s’est pas vraiment amélioré ou, en tout cas, la seule différence était que je ne saignais plus du nez, mais que de très jolies plaques rouges couvraient, de façon très esthétique, mon cou en montant jusqu’à mes oreilles! Il m’aurait fallu une douche de fond de teint pour être capable de les camoufler.

Malheureusement, pour moi, tous ces tourments se sont ravivés cette année lorsque j’étais assise dans un cours universitaire de littérature. Le professeur a eu cette brillante idée de nous demander de nous présenter chacun notre tour.

Dites-moi simplement votre nom, le programme dans lequel vous étudiez et un livre qui vous a marqué.

Ok. Mon nom, ça, je le connaissais. Mon programme aussi. Mais je devais trouver un livre. Et, même si j’en avais lu des tonnes et des tonnes, un énorme trou de mémoire m’empêchait de réfléchir. Mon cerveau avait arrêté de fonctionner ou plutôt, il se concentrait, avec un dévouement exceptionnel, à faire trembler mes doigts et battre mon cœur comme si je courais un marathon.

Les autres étudiants commençaient à se présenter. Un à un. Chacun leur tour. Et ce qu’ils disaient n’étaient qu’un vague bourdonnement à mes oreilles. L’angoisse me tordait l’estomac. Je n’avais pas encore trouvé de livre à nommer, mon tour arrivait bientôt et mon visage devenait écarlate.

Lorsque ma voisine de bureau se mit à se présenter, ma gorge se noua. Pendant un instant, j’ai réellement pensé qu’aucun son ne serait capable de sortir de ma bouche. Que ma voix avait subitement oublié le chemin jusqu’à mes lèvres.

Bref, j’étais certaine d’être devenue muette.

Lorsque tous les petits yeux, y compris ceux du professeur, se sont rivés sur moi, j’ai tenté d’ouvrir la bouche et, miraculeusement, quelques sons discrets s’y sont échappés.

Je m’appelle Alexandra, j’étudie en Littérature comparée et cinéma et j’adore Le petit prince de Saint-Exupéry.

J’ai essayé, ensuite, de faire mon plus beau sourire qui, de toute évidence, avait plutôt l’allure d’une grimace étrange tremblotante puisque le professeur me regardait avec inquiétude.

Je n’étais pourtant pas en danger de mort. Ni face à un ours. Ni atteinte d’une grave maladie. Mais j’ai angoissé comme si j’étais présidente des États-Unis et que je devais faire le plus important des discours.

Et, une fois le cours terminé, j’ai tout oublié… comme tous les autres élèves de la classe qui se fichaient pas mal de ma voix qui tremblait, de mon nom et de mon livre préféré!

Tout pour tuer Shakespeare

Je marchais, tout doucement, à travers les allées plus que bondées du Comiccon de Montréal, vendredi dernier, quand une magnifique voix tonitruante est venue attirer mon attention.

Elle m’invitait à m’approcher.

Ce que j’ai fait.

Cette voix, c’était celle de Conor McCreery, l’un des auteurs de la bande dessinée Kill Shakespeare. Il essayait, comme un vrai professionnel habitué à la vente, de me vendre son produit.

Quand je me suis approchée, je me suis sentie prise au piège, comme quand quelqu’un étant reconnu pour beaucoup trop parler, te regarde et t’a dans sa mire ; qu’il s’approche et qu’il commence une conversation avec toi. Une conversation qui, tu le sais, ne se finira pas de sitôt.

Bref, même si je me sentais comme tel, j’y suis quand même allée. Pas nécessairement par plaisir, je l’avoue, mais plus parce que je me sentais obligée. J’avais déjà eu ce petit « eye contact » qui t’empêche de faire comme si tu n’avais rien vu, rien entendu.

Trop tard.

Il avait commencé son speech de vente et nous avait, ma coloc et moi, dans sa mire.

Donc, je l’ai écouté.

À ma grande surprise, ça ne ressemblait finalement en rien à un speech de vente ordinaire. Ni le produit, ni le vendeur ne m’ont semblé ordinaires. Ils étaient tous deux hors du commun.

L’idée des créateurs et des artistes de cette bande dessinée, comme j’ai pu le comprendre en écoutant doucement les idées sortir de la tête de ce cher « vendeur », c’est d’écrire une histoire qui est différente de tout ce que tu auras vu. Une histoire qui met en scène des héros pas tout à fait comme les autres. En effet, ils n’ont pas de pouvoirs particuliers, mais se trouvent à être des personnages issus des pièces de théâtre de William Shakespeare !

Brillant!

Quoi de plus alléchant que d’entrer dans le monde, revisité, de certains personnages de cet illustre auteur ? Des personnages tels que : Hamlet, Roméo, Juliette, Macbeth, Othello et compagnie. Il paraît que, même si tu ne connais pas sur le bout de tes doigts l’œuvre de Shakespeare, tu trouveras quand même ton bonheur à la lecture de Kill Shakespeare. Quoi de plus tentant qu’une toute nouvelle intrigue les mettant en scène, ces fameux personnages ?

C’est donc une découverte bien spéciale que je partage avec toi! Je n’ai pas encore lu cette chère BD, mais ça ne saurait tarder!

J’attends de tes nouvelles, si tu décides de la lire ! Attends-toi à recevoir de mes nouvelles d’ici peu !

Pour en savoir plus, tu peux aller voir ici.

4 BD québécoises à découvrir

Je me suis découvert une nouvelle passion pour la Bande dessinée et les romans graphiques en 2014.  J’apprécie de plus en plus intégrer les bandes dessinées et les romans graphiques dans mes lectures et j’ai réalisé combien il y a de talent dans ce domaine ! C’est ce qui fait en sorte que, chaque fois que je rentre dans une librairie, j’ai envie de m’acheter tant de BD.

Voici donc 4 de mes lectures préférés québécoises !

1- Apnée, Zviane

J’ai reçu cette BD à Noël, il y a quelques années, quand j’habitais avec mon amie Sophie. Je me souviens de ma première lecture, où j’avais été complètement sous le choc parce que le personnage principal s’appelait aussi Sophie et je pensais vraiment que mon amie me passait un message. Ne vous inquiétez pas… elle l’avait acheté par coup de cœur, simplement (c’est vrai, les dessins sont tellement beaux !). Elle ne savait même pas l’histoire. Ouf, mon coeur d’amie était rassuré.

C’est l’histoire de Sophie, une jeune fille qui est en dépression. C’est tout en nuance, franchement sincère. Jamais moralisateur et toujours inspirant. C’est le réapprentissage d’être soi, d’être mieux, d’être là, avec les autres, et surtout avec soi-même.

Je vous invite à aller sur le site des Éditions Powpow où vous pouvez lire les premières pages.

« C’est le récit de l’absence du regard des autres. Ce n’est pas vraiment une histoire, c’est plutôt une sensation, cette sensation d’apnée qui envahit l’individu, lorsque prisonnier de lui-même, l’eau est trop trouble autour de lui pour qu’il s’aperçoive que l’oxygène est tout juste au-dessus de sa tête. »

Description trouvée sur le site des Éditions Powpow

2- Jane, le renard et moi, Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Cette bande dessinée, qui a remporté de nombreux prix donc le prestigieux Prix littéraire du gouverneur général, a été un réel baume dans le monde de l’Édition du Québec. C’est un peu la publication parfaite.

Le produit, le livre, est tellement beau. L’orangé, le gris, le noir et le blanc, ces couleurs mêlées au trait d’Isabelle Arsenault, wow ! La délicatesse tout comme la justesse du dessin réussissent à merveille à faire vivre l’univers imaginaire de la charmante Jane.

Effectivement, la bande dessinée raconte l’histoire d’Hélène, une jeune fille qui vit de l’intimidation à son école. Cela a des répercussions sur sa vie privée et sur son estime d’elle-même. Elle se trouve laide, grosse et tellement ennuyante.

Heureusement, la lecture la sauve ! Le roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre, qu’elle est en train de lire lui permet de s’évader de son quotidien morose et déprimant. C’est à travers le personnage de Jane et de la rencontre marquante avec un renard que la jeune Hélène réussira à traverser les difficultés liées à l’intimidation et à l’adolescence.

3- Paul en appartement, Michel Rabagliati

Rendu un classique québécois, la série Paul ne cesse de nous émouvoir par la justesse et la simplicité de ses oeuvres. J’aime la série au complet, car elle est toujours drôle, vraie et sensible. Michel Rabagliati réussit, avec ses dessins comme avec son texte, à représenter le quotidien !

Paul en appartement est une de mes bandes dessinées préférées parce que j’adore le moment où Paul nous raconte ses études en graphisme, sa rencontre avec Lucie et les débuts amoureux du couple tout comme leur vie en appartement !

La série Paul a aussi le mérite d’être accessible à tous les lecteurs : enfants, adolescents et adultes. Les propos de l’oeuvre sont toujours intemporels et universels.

Avis aux admirateurs : une adaptation cinématographique de Paul à Québec se prépare. Ce sera François Létourneau qui jouera le rôle de Paul, avouez que la ressemblance est frappante ! J’ai déjà hâte !

4- Le Noël de Marguerite, India Desjardins et Pascal Blanchet

J’ai acheté cette BD l’année dernière, lors de mon passage au Salon du livre. Je me souviens qu’il y avait tellement de gens qui attendaient au kiosque des Éditions de La Pastèque pour rencontrer India Desjardins (La vedette des adolescentes avec sa série Aurélie Laflamme !) et le dessinateur Pascal Blanchet.

Tout d’abord (et encore une fois), j’ai été charmée par la beauté de l’objet ! Que voulez-vous, les beaux livres, ça m’attire ! Les dessins un peu sous formes géographiques m’ont attirée de par leur perspective. Les pages de la Bande dessinée sont grandes et j’aime le fait que la Bande dessinée n’est pas traditionnelle : il n’y a pas de cases, simplement des pages. Un peu à l’image des contes pour enfants.

Deuxièmement, l’histoire de Marguerite m’a franchement touchée. Il s’agit de l’histoire de Marguerite, une mamie, qui passera Noël tranquillement seule chez elle. Toutefois, le destin lui réserve une petite surprise et sa soirée de Noël sera tout autre qu’imaginée. J’ai beaucoup apprécié le fait que le personnage principal soit une personne âgée, car, avouons-le c’est extrêmement rare ! Sans tomber dans les clichés de la mamie gâteau ou de la solitude, l’oeuvre m’a plu par la simplicité du propos et la beauté des dessins. À lire juste un peu avant Noël !

Voici donc quelques-unes de mes lectures québécoises préférées ! Et vous, quelles Bandes dessinées québécoises vous plaisent-elles ? Je suis gourmande d’en découvrir de nouvelles !

Dans ma bibliothèque

C’est à mon tour de poursuivre cette série d’articles Dans ma bibliothèque avec des livres que j’affectionne particulièrement et qui se trouvent, bien évidemment, dans MA bibliothèque.

Difficile d’en pointer un plus qu’un autre… Surtout avec tous les livres dont nous avons parlé ici. Mais bon, je vais tenter de t’en présenter cinq qui ne figurent pas parmi les livres auxquels j’ai déjà tenté de t’intéresser.

Mon défi : essayer d’être assez brève pour que tu aies envie de lire mon article au complet, mais pas trop brève pour que tu sois curieux et que tu aies envie de lire chacun des livres qui s’y trouvent !

Allons-y !

1. Lolita, Vladirmir Nabokov

Avec ce roman, on entre dans la vie de Humbert Humbert, homme d’une quarantaine d’années qui reconnaît avoir un faible pour les jeunes (très jeunes) filles. Il est le narrateur des quelques centaines de pages qui composent le roman et s’exprime uniquement au « je », ce qui rend l’expérience de lecture encore plus personnelle. Il nous raconte son histoire avec la jeune Dolores, surnommée Lolita, âgée d’à peine 12 ans. Tu découvriras sa fascination pour cette dernière et la passion qui les unit…passion amoureuse et passion sexuelle.

On se doute ici qu’il s’agit d’une passion très malsaine… Je n’en dis pas plus.

Même si ce roman a suscité la critique dès ses débuts, reste qu’il s’agit d’un classique. Je l’ai adoré parce qu’il ne ressemble pas, justement, aux autres classiques. C’est un livre puissant qui raconte une passion forte. Un de ces points forts, d’après moi, réside dans tous les sous-entendus auxquels le lecteur fait face. Le narrateur n’en dit jamais trop et c’est au lecteur que revient le gros travail de tirer ses propres conclusions. Intéressant, parce que ça fait en sorte que la lecture de Lolita ne sera jamais la même pour personne, pas même pour toi, si tu décides de le lire une deuxième fois.

« Je sentis alors la tendresse du monde, la profonde bonté de tout ce qui m’entourait, le lien voluptueux entre moi et tout ce qui existe, et je compris que la joie que je cherchais en toi n’était pas seulement celée en toi, mais flottait partout autour de moi, dans les bruits fugitifs qui s’envolaient dans la rue, dans la jupe remontant bizarrement, dans le grondement métallique et tendre du vent, dans les nuages d’automne débordant de pluie. Je compris que le monde n’était pas du tout une lutte, n’était pas des successions de hasards rapaces, mais une jolie papillotante, une émotion de félicité, un cadeau que nous n’apprécions pas. »

2. L’espèce fabulatrice, Nancy Huston

Ce livre n’est pas un roman. C’est un hymne à la fiction. C’est un essai-hymne !

Je n’en dirai pas beaucoup plus que : vous êtes-vous déjà demandé « Pourquoi j’écris ? » et « À quoi servent toutes les histoires que je connais et que je crée? ». C’est exactement à ce genre de questions que Huston tente de répondre dans son essai.

J’ai aimé ce livre parce qu’il m’a sortie de mon quotidien… Parce qu’il m’a fait me poser des questions sur ce que je lisais et écrivais et sur les raisons pour lesquelles je le faisais. Un livre coup de point !

« Dieu qui nomme les premiers hommes, etc. C’est une fiction. Nous ne sommes pas SA création. Il est la nôtre.

Dieu ne peut pas être, ailleurs que dans nos histoires. Pour être Dieu, il faut parler et pour parler, il faut une langue et pour avoir une langue il faut déjà faire partie de l’histoire humaine.

Dieu et les dieux font partie de cette histoire – même s’ils refusent systématiquement de l’admettre.

Votre nom aussi est une fiction. Il aurait pu être autre. Vous pouvez le changer. Les femmes le changent souvent. En se mariant, elles passent d’une fiction à une autre.

Le baptême, le mariage : actes magiques.

Toute nomination est un acte magique.

Les êtres humains sont des magiciens qui s’ignorent. »

3. Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll

LE classique que je ne pouvais oublier de mettre dans cette petite liste ! Bien sûr qu’il se retrouve dans ma bibliothèque ! Et il sera aussi dans la bibliothèque de mes futurs enfants. Je t’épargne le résumé de l’histoire puisque tout le monde (ou presque) le connaît.

Je te dirai simplement que c’est un livre coup de cœur pour moi. Un livre qui me refait vivre la magie de son univers chaque fois que je le lis. Un livre que j’arrive à lire différemment à chaque expérience qui s’ajoute à ma jeune vie. Un livre que j’ai envie de lire à voix haute, devant un public en délire, impatient de savoir ce qui se passe ensuite. Un livre au sens profond… et magique, tout simplement!

« Mais je n’ai nulle envie d’aller chez les fous », fit remarquer Alice.

« Oh ! vous en sauriez faire autrement, dit le Chat : Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. »

« Comment savez-vous que je suis folle ? » demande Alice

« Il faut croire que vous l’êtes, répondit le Chat ; sinon vous ne seriez pas venue ici. »

4. Le coeur découvert / Le coeur déchiré. Michel Tremblay

Je suis tombée complètement amoureuse de ces deux romans de Tremblay. Cet auteur est incroyable, on le sait tous, mais avec ces deux romans, il m’a fait tomber en bas de ma chaise. Deux livres qui se suivent et qui se lisent comme un charme.

Deux livres qui traitent de l’homosexualité dans un quotidien si facilement imaginable qu’il devient presque difficile de différencier notre réalité de celle des nos deux personnages. Les mots de Tremblay sont magiques : ils te transporteront dans l’histoire de deux hommes, un plus vieux de quelques années que l’autre, qui décident d’être en couple et de s’afficher malgré leur homosexualité, leur différence d’âge et tout ce qui les sépare dans leur vie individuelle. C’est une histoire d’amour, oui, mais aussi une histoire de lutte, de combat contre le monde et contre eux-mêmes. Ces deux romans représentent l’histoire de l’amour et de la rupture, je ne te gâche rien en te le disant. Ce qu’il te reste à découvrir, c’est toute la beauté, la légèreté (pas toujours..) et la pureté qui en remplissent les pages.

« J’aimais assez Mathieu pour laisser cette situation s’étirer, ou plutôt, ma peur d’une explication définitive, d’une rupture due à autre chose que la perte du sentiment était telle que j’aurais laissé les choses s’éterniser si Mathieu, plus jeune que moi de quinze ans, n’avait pas fini par trouver une autre passion, un autre corps à aimer. C’était prévisible, je l’avais vu venir, j’avais su à l’avance ce que je ressentirais ; je l’avais même à ce point senti que j’avais l’impression de le vivre pour la deuxième fois : même sensation de vide, le cœur qui vient d’éclater, l’absence de larmes parce que je suis incapable de pleurer depuis trop longtemps, la prostration qui tue toute envie, surtout celle de survivre… »

5. La vie sexuelle des super-héros, Marco Mancassola

Un des livres les plus surprenant que j’ai lu dernièrement !

Quand j’ai commencé ce roman, je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait me passer sous les yeux. L’univers dans lequel tu seras plongé à ton tour, c’est celui de l’envers du décor de nos super-héros ; un univers pas exactement aussi excitant que leur statut le suggère.

Le roman est divisé en quelques grandes parties traitant séparément des cas de Mister Fantastic, Batman, Mystique, Superman et compagnie et c’est dans chacune de ces parties crues, vraies et un peu tristes par moment que tu seras transporté!

La question que tu dois te poser, avant de le commencer, c’est : suis-je prêt à découvrir la vie de l’homme ou de la femme derrière mes super-héros d’enfance ?

Si la réponse est non, repose ce livre et va en chercher un autre. Alice au pays des merveilles, peut-être ?

« Il estimait que le monde avait besoin de héros légendaires, enveloppés dans les brumes de l’impossible. « Devenir réel, c’est ce qu’il y a de pire pour un super-héros », expliquait-il d’une voix hésitante. »

Dico des filles 2014 : la sexualité stéréotypée

Au début de ma préadolescence, je me souviens avoir reçu mon premier «Dico des filles» (l’année m’échappe, mais je crois que ce fut l’un des premiers au Québec). À cet âge je trouvais ça «cool» d’avoir ce dictionnaire parce que toutes les filles se devaient de l’avoir. Parce qu’il y avait de belles images et que je le trouvais beau à regarder. Je peux même dire que j’ai fait plus que le feuilleter. Mais bon, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il a été une référence pour moi. Mes souvenirs sont vagues, est-ce que je peux dire qu’il m’a aidée ?… Pas vraiment. Le fait est qu’à ce moment, ce sont les références dont j’avais besoin sur la sexualité. Plus tard, j’ai eu le livre «Full sexuel» de Jocelyn Robert. C’est, encore là, à un moment de ma vie où je me posais des questions sur l’orientation sexuelle, l’amour, etc.

Aujourd’hui, lorsque je lis les passages nommés dans l’article d’Hugo Pilon-Larose dans le journal LaPresse, je me demande en quoi ce livre peut aider les jeunes filles à se retrouver dans leurs questionnements sur la sexualité. Ce livre, loin d’être féministe dans ses valeurs, fait, en quelque sorte, culpabiliser les jeunes filles au sujet de l’avortement… tout en prônant un discours à la «Bonne petite ménagère», un vrai retour dans le passé. Il condamne ainsi l’avortement et a des préjugés envers les homosexuel-le-s. Je serais curieuse de savoir s’il y a un paragraphe sur les féministes et ce qu’ils en disent. Bref, il n’aide aucunement la jeune femme déjà confrontée à une société hypersexualisée. Ce genre de livre accentue les stéréotypes, comme nous pouvons le constater avec les couples homosexuel-le-s.

«En 2011, notamment, on pouvait y lire : «C’est vrai qu’il existe des couples homosexuels stables. Mais souvent, les relations sont éphémères, instables et les homosexuels ont du mal à se projeter dans l’avenir», selon la Gazette des femmes.» Un portrait négatif des relations homosexuelles.

De plus, je n’aime pas le concept de catégoriser les objets ou un comportement à un sexe. Un livre de fille et un autre de gars. Ma question reste : qu’est-ce qu’une fille et qu’est-ce qu’un gars ? Pour moi, le concept est si abstrait et est une conception créée par la société qui dit que la femme doit aimer et agir de telle façon, que l’homme et la femme ont des rôles distincts, liés à leur sexe. Personnellement je ne crois pas au sexe, pas plus que je ne crois au genre. Parce que pour moi, c’est la société qui a créé ce comportement.

Tout cela pour dire que je suis d’accord avec le fait que nous devons retirer ce genre de livres de nos bibliothèques. Que si nous devons parler de sexualité aux enfants, c’est aux parents et à l’école de le faire. Mais ça, c’est un autre sujet étant donné qu’il n’y a plus de cours de sexualité à l’école…

DIY : le tapis qui rêvait d’être un coussin

Une fois, en allant au Ikea, j’ai cru avoir eu une idée de génie. Ce dont je ne me doutais pas, c’est que Martha Stewart (plus probablement quelqu’un de son équipe) avait eu la même idée que moi et l’avait rendu disponible sur les interwebs avant même que je ne sois sortie du dit magasin, mais bon j’ai fait mon deuil d’originalité et j’ai tout de même décidé de vous présenter ce petit DIY qui consiste à transformer un tapis en coussin. C’est simple, ce n’est pas cher, c’est original et c’est beau.

Vous n’avez besoin que de 5 éléments pour réaliser ce coussin :

  • Une paire de ciseaux

  • Une aiguille

  • Du fil style bracelet de l’amitié

  • Un coussin ( 6$ au Ikea)

  • Un (ou plusieurs) tapis (3$ au Ikea)

Étape 1 : plier le tapis en deux et coudre chacun des côtés, vous pouvez y aller grossièrement parce que la couture ne paraitra pas à la fin.

Étape 2 : Tourner le tapis pour que l’extérieur devienne l’intérieur  et mettre le coussin dans la housse. Vous pourriez aussi utiliser de la mousse à coussin pour le remplir de façon plus juste. Par contre, faites attention d’avoir bien cousu tous les côtés pour ne pas laisser sortir la mousse.

Étape 3 : Coudre le dernier côté, là aussi, vous pouvez y aller à la va-vite si vos talents de couture ne sont pas top niveau, car avec la rangée de « froufrou » la couture est beaucoup moins apparente.

Et bien voilà, aussi tôt dit, aussi tôt fait, un nouveau coussin pour votre lit, divan, chaise de lecture..

p.s. puisque, question d’éclairage, je n’ai pas réussi à prendre bien des photos du résultat final, j’essaie de me faire pardonner avec une photo du coussin + un mignon chat .

Mots capturés

Je suis certaine de ne pas être la seule qui, lorsqu’elle lit un livre, souligne constamment quelques passages, en fait ressortir les plus belles phrases, les compile dans un précieux cahier et les utilise une fois de temps en temps quand bon lui semble.

Je suis aussi certaine de ne pas être la seule pour qui une phrase bien construite est un petit bijou littéraire.

Et oui, lorsque, sur Facebook, je tombe sur un article portant un nom comme «  Les 50 proverbes qui font du bien » ou «  Les 100 citations qui ont marqué l’humanité », je saute dessus et j’en lis chacune des phrases avec attention et passion. À tout coup, je tombe amoureuse de quelques-unes de ces phrases.

J’ai donc décidé d’assouvir ici mon « besoin de belles phrases » et de vous en partager quelques-unes. J’ai choisi différents extraits de romans. Je les ai choisis parce qu’ils valent la peine d’être lus, d’être dégustés et d’être cités une fois de temps en temps.

«  Mais on a compris que les choses dépendent de notre volonté, qu’elles existent parce qu’on le veut bien, parce qu’on choisit, à chaque seconde, de ne pas les détruire. Elles existent si peu qu’on peut dire que rien n’existe. »

– Réjean Ducharme (L’Hiver de force)

«  Dans chaque histoire d’amour fou il y a un tournant ; cela peut venir plus ou moins vite mais en général cela vient assez vite ; la plupart des couples ratent le tournant, dérapent, font un tonneau et vont s’écrabouiller contre le mur, les quatre roues en l’air. La raison en est simple : contrairement à ce qu’on avait cru pendant les premières heures, les premiers jours, tout au plus les premiers mois de l’enchantement, l’autre ne vous a pas métamorphosé. Le mur contre lequel on s’écrase après le tournant, c’est le mur de Soi. Soi-même : aussi méchant, mesquin et médiocre qu’auparavant. La guérison magique n’a pas eu lieu. Les plaies sont toujours là, les cauchemars recommencent. Et l’on en veut à l’autre de ce qu’on a pas été refait à neuf ; de ce que l’amour n’ait pas résolu tous les problèmes de l’existence ; de ce que l’on ne se trouve pas en fin de compte au Paradis, mais bel et bien, comme d’habitude, sur Terre. »

– Nancy Huston (L’empreinte de l’ange)

« Il y avait des matins où je me sentais tellement seule que j’imaginais descendre du troisième étage, choisir quelqu’un dans la rue, n’importe qui, et lui demander : « Voudrais-tu être mon meilleur ami ?» , sur le ton du Petit Prince s’adressant au Renard. »

– Christine Orban (N’oublie pas d’être heureuse)

«  Et je veux vivre comme un fou, comme un défoncé, je veux manger la vie comme de la vache enragée ! Et je veux dévorer du temps comme un avaleur de sable, planté debout, gueule ouverte, sous le trou du grand sablier de l’éternité. »

– Stéphane Bourguignon (L’avaleur de sable)

« Je veux que tu l’évites, que tu chantes de toutes tes forces… Que tu vives un bonheur délirant, ou au moins que tu ne le repousses pas. Je sais que cela va te sembler mielleux, mais l’amour est passion, obsession, quelque chose sans lequel tu ne vis pas, et moi je dis : jette toi à corps perdu, trouve quelqu’un à aimer à la folie et qui t’aimes de la même manière. Comment le trouver ? Bah, oublie ton cerveau et écoute ton œil. Moi je n’entends pas ton coeur. Parce que  la vérité, mon trésor, c’est que vivre n’a pas de sens si cela manque. Faire le voyage et ne pas tomber profondément amoureux ça, c’est comme ne pas vivre. Mais tu dois essayer, parce que si tu n’as pas essayé, tu n’as jamais vécu.

« Et moi, j’espère l’avoir convaincu qu’il l’a déjà trouvé, ce quelqu’un. […] Mais je ne suis pas pressée. ». Je t’entendrai. Et je t’attendrai. Et je t’attendrai encore. Pour te voir, pour t’avoir, pour me sentir à nouveau heureuse. Heureuse comme un ciel au crépuscule. »

– Federico Moccia (J’ai envie de toi)

« La pluie est la matérialisation du temps. Les secondes ne s’égrainent pas, elles s’abattent avec la brusquerie d’une averse. Rien n’est plus inexact que les montres et les calendriers : dix heures défilent en un clin d’œil, il faut une minute pour que dix ans s’évanouissent. »

– Martin Page (Une parfaite journée parfaite)

 » Les hommes fantasment la liberté plus qu’ils ne l’utilisent, ils la gardent précieusement sur une étagère au lieu de l’employer. Là, elle sèche, se racornit et meurt bien avant eux. Car la liberté n’existe que si l’on s’en sert. »

– Éric-Emmanuel Schmitt (Petits crimes conjugaux)

« C’est important de ne pas se perdre en route. La légende dit que Charlie Chaplin et Adolf Hitler se changeaient en lion à la nuit tombante; l’un a concentré son énergie vers la création, l’autre, vers la destruction. Pourtant, dans leur forme animale, il était quasiment impossible de les  discerner l’un de l’autre. »

– Mathias Malzieu (Métamorphose en bord de ciel)

« Si une pensée sans penseur se présente, il se peut que ce soit une « pensée égarée », ou ce pourrait être une pensée portant le nom et l’adresse du propriétaire, ou encore une « pensée sauvage ». La question, si une telle chose se présentait, serait de savoir qu’en faire. »

– Wilfred Bion (Un été sans les hommes, de Siri Hustvedt)

« Je m’arrête sur une question qui m’obsède : pourquoi ne se souvient-on pas de l’enfance? Certes, le cerveau n’est pas encore formé, et il y a tant d’explications physiologiques à ce phénomène. Mais je ne veux pas croire à la gratuité de cette donnée; il y a forcément une raison. L’enfance est souvent le terrain des plaisirs primaires, c’est pour beaucoup le paradis des joies simples et faciles à assouvir. Il y aurait surement un risque à se souvenir de tout cela. Je me dis qu’on ne pourrait jamais devenir adulte si on était parasité par la conscience de ce bonheur-là. On vivrait en permanence avec une nostalgie béate complètement paralysante. »

– David Foenkinos (Les souvenirs)

5 livres qui m’ont donné le goût d’écrire

J’ai toujours su que je voulais écrire, sans trop savoir la forme que ça pourrait prendre, sans trop savoir quoi dire, simplement écrire, car c’est tout (pas littéralement ) ce que je sais faire . C’est ce que je fais quand j’ai besoin de clarification, quand j’ai l’impression que tout tourne, que les murs s’effritent où qu’ils sont trop haut. C’est le médium qui me convient le mieux.

J’ai pour mon dire que chaque personne qui écrit n’est que le résultat des gens qu’il a lus, j’aimerais bien dire que ça vient de moi, mais Dieu sait que bien des gens l’ont dit avant cela.

Les œuvres qui influencent un auteur ne sont pas nécessairement des copies de ce qu’ils écriront plus tard, ni une compilation des sujets qu’ils veulent aborder, mais plus souvent qu’autrement, ces oeuvres allument une nouvelle étoile dans les yeux de celui qui le lit, un petit feu qui reste assez longtemps pour  qu’on se rappelle de l’étincelle quand vient le temps de mettre ses propres mots sur papier.

Narnia de C.S Lewis

Je n’ai jamais lu les sept tomes au complet, pas plus que j’ai fini ceux de Harry Potter, mais reste que j’ai été longtemps fascinée par  l’histoire de Narnia et  le monde fantastique créé par C. S. Lewis.  J’ai été vraiment impressionnée, du haut de mes 12 ans, quand j’ai appris qu’on pouvait lire la série complète dans deux ordres différents, soit l’ordre d’écriture ou bien l’ordre de publication. Les deux donnent un tout complètement différent. J’ai été aussi très intriguée par tout le sous-texte religieux qui, lorsqu’on en prend conscience, est assez prédominant. Ce n’est pas tant l’histoire qui m’a donné le goût d’écrire, mais c’est plutôt que, pour la première fois, j’ai pris conscience de tout ce qui pouvait se trouver entre les lignes d’un roman : toute la recherche, le travail, l’effort et l’attention mis dans la construction des mots.

Lettres à un jeune poète, Rainer Maria  Rilke

Lettres à un jeune poète, c’est LE  livre que plusieurs, si je ne m’abuse, auraient surement aussi sur leur liste.  Je me rappelle l’avoir longtemps vu traîner dans la bibliothèque de mes parents avant d’y jeter un premier coup d’œil. Je me rappelle aussi l’avoir souvent annoté de post-it pour garder tangiblement les meilleurs conseils de cette correspondance. C’est un amas de citations qui ne peuvent faire autrement que d’inspirer et de pousser à la réflexion et à la création.

« Pour l’instant, vivez les questions. Peut être, un jour lointain, entrerez-vous ainsi, peu à peu, sans l’avoir remarqué, à l’intérieur de la réponse. »

« Pour se conseiller, pour s’aider l’un l’autre, il faut bien des rencontres et des aboutissements. Toute une constellation d’évènements est nécessaire pour une seule réussite. »

« Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l’accusez pas; accusez-vous plutôt, dites- vous que vous n’êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses. Pour celui qui crée, il n’y a pas, en effet, de pauvreté ni de lieu indigent, indifférent. »

La frousse autour du monde –Bruno Blanchet

La frousse autour du monde m’a surtout donné le goût de l’aventure.  Mais outre cela, c’est avec ces chroniques que j’ai réalisé qu’écrire, ce n’était pas seulement écrire un livre, que les belles phrases ne se retrouvent pas seulement coincées entre 450 pages, mais qu’elles pouvaient aussi être concentrées dans une seule.  C’est avec la frousse autour du monde que j’ai réalisé qu’on n’avait pas toujours à tout inventer pour écrire, sans pour autant faire du journalisme. Ça parait si évident maintenant, mais quand le premier tome est sorti, ça l’était beaucoup moins à mes yeux.

Rue Deschambault

C’est une des premières fois que j’ai été en contact avec des nouvelles, autres que celles de Maupassant, qui sont presque un rite de passage au secondaire (la parure, tsé veut dire ) et c’est à ce moment que je me suis dit que je n’avais pas à me décourager de ne jamais être capable d’écrire assez de pages pour faire un roman (saviez-vous qu’au Québec, il faut un minimum de 70 pages pour qu’un manuscrit soit considéré comme un roman). Pour moi, c’est beaucoup moins décourageant de me dire que je peux raconter plusieurs histoires qui font un tout, que de devoir m’acharner à une histoire qui traine de la patte.

Cité de verre

Cité de verre, c’est un peu fermer la boucle et revenir à Narnia. C’est revenir à la découverte du travail incroyable qu’un auteur fait sur son ouvre, à tous les petits détails, à tous les liens, à tout ce qui se trouve entre les lignes de l’histoire et du texte. C’est vraiment un roman qui me fascine et qui me donne le goût de pousser ma réflexion plus loin et de réfléchir à chaque petit détail. Je ne saurais trop comment l’expliquer, ce serait un gâchis que de le faire, mais reste que Cité de verre me donne le goût d’écrire, non pas quelque chose de semblable (loin de là!), mais simplement écrire quelque chose de beau, jouer avec les mots et même se jouer d’eux.

Déclaration d’amour aux livres : des inspirations pour ton décor

Tous les amoureux des livres le diront : on aime les sentir, les toucher, les voir, et surtout, les lire !

 Voilà pourquoi les livres sont une partie intégrante de mon décor ! J’aime utiliser les livres pour décorer mon appartement et pour leur déclarer mon amour tous les jours !

Toutefois, je suis un peu critique concernant les bibliothèques de livres mises en place pour la simple idée que ce soit beau. La beauté d’un décor littéraire, c’est d’aimer les livres et DE LES LIRE! Les décors figés où les livres ne servent qu’à donner un air pseudo-intellectuel m’horrifient. Les livres méritent d’être lus, partagés, touchés, aimés et pas simplement abandonnés sur une tablette, simplement parce qu’ils donnent une touche intello-chic à votre décor.

Petite crise de littéraire passée, voici quelques façons de vous inspirer pour utiliser les livres comme source de déco ! Les photos proviennent toutes de notre bible, Pinterest !

Si comme moi, vous êtes des adorateurs de livre et que vous trouvez qu’ils apportent de la personnalité à un décor, je vous conseille de jeter un coup d’oeil à ce site qui est vraiment de la pornographie de littéraire ! Des tonnes de photos de livres, de bibliothèque, de décors….. Wow !

En terminant, voici un montage où vous trouverez des magnifiques photos de librairies ou de bibliothèques, toutes plus belles les unes que les autres et ce, partout autour du monde !

Besoin d’inspiration ?

 

Je l’avoue, je suis une fille généralement motivée. Quand je dois faire quelque chose ou que j’ai l’envie de faire quelque chose, je n’ai souvent pas besoin de grand chose pour le faire. Je ne dis pas que ce que je fais est nécessairement bon (c’est même souvent plutôt mauvais!), mais l’important, c’est que je le fais. L’important c’est que j’ai trouvé du temps et de l’énergie à consacrer à cette chose. Et ça, c’est une mini victoire qui m’appartient!

Je ne suis par contre pas toujours motivée… Et quand je ne le suis pas, je ne le suis vraiment pas, et il n’y a pas grand chose à faire…

Dernièrement, penser à tout ça m’a fait réaliser la difficulté qu’on peut avoir à se concentrer et surtout à être inspiré. Assez inspiré pour commencer ou terminer quelque chose… Assez inspiré pour créer!

Je me souviens d’ailleurs d’une journée où j’étais chez moi avec ma coloc. Je travaillais sur la rédaction d’un travail quelconque. C’était une de ces journées où, sans trop savoir pourquoi, l’inspiration n’y était pas! Pourtant, le travail me tentait: ça avait l’air le fun à faire… Rien de trop compliqué, un sujet que je connaissais relativement bien et du temps. Oui, j’avais même du temps devant moi !

Mais… n’étant pas plus motivée qu’il ne le faut, j’ai commencé à aller traîner sur Facebook, à lire quelques petits articles ici et là, à sauter d’un vidéo à l’autre sur Youtube (me laissant aller avec leur espèce de « vous aimerez sûrement « , placé stratégiquement à la fin d’une vidéo que je viens juste d’aimer… C’est certain que je vais l’écouter… Aussi bien perdre quelques précieuses heures à écouter ce qu’un ordinateur me dit d’écouter…) Mais bon… je m’emballe. Tout ça pour dire que, cette fameuse journée, j’ai passé le plus clair de mon temps à niaiser et à faire autre chose que ce que j’aurais vraiment dû faire : mon travail!

Puis, ma coloc m’a montré quelque chose… Quelque chose qui a eu le potentiel de provoquer un changement chez moi. Immédiatement. Un changement qui me permit d’être soudainement productive d’un coup. Une vidéo…puissante.

Je me suis alors mise à penser à tout ce qui aurait le pouvoir de m’inspirer et de m’inciter à me remettre au travail. Cette journée-là, j’ai perdu un temps fou alors qu’il existait quelque chose pour me faire retourner au travail plus vite. Je sais bien que nous sommes tous différents et qu’une chose peut facilement bien fonctionner pour quelqu’un et ne faire aucun effet pour un autre. Mais ce que je sais aussi, c’est que ceci a eu un effet très productif sur moi. Et bien que depuis des semaines, je parle de livres qui font du bien, je suis parfaitement consciente du fait qu’il n’y a pas que les livres qui peuvent faire du bien.

Tout dépend de tout.

Si lire un livre peut procurer un bien énorme, cela demande quand même un minimum de temps de lecture… Temps dont nous ne disposons pas tous !

Ce que je vous propose ici, c’est l’écoute que deux vidéos inspirantes. Des vidéos que vous connaissez peut-être déjà bien… ou pas du tout, mais qui ne sont jamais dépassées et qui font souvent du bien à entendre. Le genre de vidéo qui nous permet de nous arrêter quelques minutes, d’écouter…

Bien que ces vidéos puissent avoir une certaine valeur politique et philosophique… je vous invite à simplement les savourer et les prendre comme ils viennent. Je vous invite à comprendre ce que vous voudrez bien en comprendre. À écouter ce qui est dit dans ces deux grands discours et profiter du fait que vous n’êtes en train de faire rien d’autre que ça, à cet instant précis.

Le premier extrait, donc, est le fameux discours prononcé par Charlie Chaplin (jouant le Barbier) à la fin du film « The Dictator » (1938).

Le voici ici traduit en français pour tous ceux et celles qui ne comprennent pas particulièrement bien l’anglais et qui voudraient comprendre toute la force de ce discours :

Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre, mais nous l’avons oublié.

L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous pensons beaucoup trop et nous ne ressentons pas assez. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité. Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu. Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr.

Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes-machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur. Vous n’êtes pas des machines ! Vous n’êtes pas des esclaves !

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur. Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour. Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage, mais pour la liberté. Il est écrit dans l’Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir : le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir : le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir, mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !

Puis, le deuxième extrait vidéo est celui de la lecture du poème de Michèle Lalonde (grande écrivaine, poète et dramaturge québécoise) « Speak White ». Poème écrit en 1968 (pour répondre aux injures lancées par les anglophones aux Canadiens français lorsque ces derniers parlaient français en public) et lu par cette dernière lors de la  Nuit de la Poésie de 1970.