All posts tagged: Annie Ernaux

Didier Eribon, REtour à REims, Annie Ernaux, Elena Ferrante, Classes sociales, sociologie, littérature, bibliothérapie

Suggestions de lecture afin de réfléchir sur les classes sociales

C’est en terminant ma lecture de Retour à Reims de Didier Eribon que j’ai réalisé qu’il y avait un point commun entre mes dernières lectures : la narratrice ou bien l’auteur ou l’autrice étaient tous des personnes issues d’un milieu défavorisé ayant réussi à se sortir de ce milieu grâce à l’éducation. Bien qu’ils s’agissaient de livres de genres différents, je réalisais que la vie avait bien fait les choses, car la lecture de ces livres au cours d’une même période m’a permis d’approfondir mes réflexions quant aux inégalités et aux conditions sociales qui rendent très difficile d’aspirer à plus lorsque l’on naît dans un milieu modeste. Comme quoi la séquence dans laquelle on lit des livres peut avoir une influence sur ce que l’on retient d’une lecture. Voici donc trois lectures qui, à leur manière, abordent les sociétés de classes : Retour à Reims de Didier Eribon  Retour à Reims est un essai biographique dans lequel l’auteur, un intellectuel né au sein d’une famille de la classe ouvrière, revient sur son milieu d’origine. Plusieurs années après avoir coupé les …

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Club de lecture : L’événement et La femme gelée

Dimanche, le 20 novembre. Pour la seconde fois ce week-end, on se retrouve au Café Les oubliettes, après un arrêt au Salon du livre de Montréal. C’est la faim dans les talons qu’on arrive, en avance, au café, pour casser la croûte en attendant les participantes. Pour cette troisième session, nous avions deux livres à l’étude, deux romans d’Annie Ernaux ; La femme gelée et L’événement. C’était, pour certaines, un premier contact avec l’auteure. Alors, avez-vous aimé? Qu’en avez-vous pensé?  C’est assez unanime, Ernaux a plu à toutes. Nous avions suggéré de commencer les lectures avec l’ouvrage qui fut publié en premier, soit La femme gelée, et ensuite lire L’événement, pour ainsi comparer l’évolution dans l’écriture de l’auteure, mais… Peut-on comparer les deux œuvres?  Comparer deux œuvres d’une auteure, nous ne sommes pas les premières à le faire. Pourtant, ce n’est pas véritablement ce qui nous intéresse, finalement. Nous en venons à la conclusion que, outre les questions de forme, les deux livres ne se comparent pas. « Non, il y a trop de différences dans les émotions ressenties »,  dit …

Ce qu’on a lu comme roman graphique / bande dessinée pendant le mois de mai #Jelisunlivrequébécoisparmois

Quel plaisir en ce mois de mai de lire et de faire de nouvelles découvertes en ce qui à trait aux BD / romans graphiques. Le monde de la BD a tellement changé, du moins dans ma perception d’enfant à adulte. Lorsque j’étais enfant, la BD se résumait seulement à Astérix et Obélix, Pierre Tombal, Boule et Bill, etc. Des classiques que j’aime relire, mais je ne sais pas si c’est parce qu’aujourd’hui nous avons une plus grande variété de choix ou tout simplement parce que j’étais ignorante à l’époque. Reste qu’aujourd’hui, d’la BD, j’en mange ! Ma lecture : Suite à la vidéo de la booktubeuse MH La Lectrice, je me suis laissée tenter par Vil et Misérable de Samuel Cantin. Ce fut un véritable coup de coeur (tellement que je me suis procurée Phobies des moments seuls par la suite) ! L’histoire est déjà intéressante parce que ça se déroule dans une librairie de livres usagés, dans un concessionnaire de voitures dont le patron est persuadé que l’avenir est dans les livres ! Le libraire …

Mémoire de fille : réécrire le passé

Annie Ernaux, je l’aime d’amour. Lorsque j’ai appris qu’elle lançait un nouveau roman cette année, je voulais bien entendu le lire, mais je tenais aussi à le conserver pour le parfait moment. J’avais hâte, mais surtout je voulais en profiter. C’est donc pas plus tard qu’en juillet que j’ai décidé de me lancer dans Mémoire de fille. Dans ce texte, elle tente de raconter l’été ’58 où elle a travaillé dans une colonie de vacances, l’été de sa première relation sexuelle et la façon dont la jeune fille en elle a vécu cet épisode qui est devenu un moment des plus marquants dans sa vie. Ce que j’aime le plus de l’oeuvre d’Ernaux, c’est l’universalité dans les thèmes les plus intimes. Elle réussit à parler de choses qui arrivent tous les jours comme l’amour, l’avortement, le premier rapport sexuel, mais avec tellement de justesse qu’elle en fait presque une représentation sociologique d’une société marquée dans le temps. Dans Mémoire de fille, on est avant la révolution de mai ’68 et on y découvre toute la …

Annie Ernaux, écrire vrai

« Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais » — Annie Ernaux Je ne me souviens pas du comment ni du pourquoi j’ai découvert Annie Ernaux. Suis-je tombée sur elle par hasard? Suite à un article lu ou à la suggestion d’un lecteur ou d’une lectrice? Tout ce que je sais, c’est qu’elle fait partie de ces auteurs qui nous apparaissent soudainement, et dont on ne peut plus se passer. Annie Ernaux, c’est l’écriture des lieux et des événements qui sont porteurs d’émotions et de souvenirs. On peut tous se reconnaître à travers ses écrits intimistes, témoignant de moments réels, précis. Accessible, sorte de journal intime ou d’agenda détaillé, elle nous imprègne de ces phrases marquantes autrement à peine perçues, sinon anodines dans notre propre quotidien. Il y a quelque chose d’extraordinaire à savoir aussi bien décrire les situations, une routine, des objets qui témoignent d’un temps, une odeur qui dénote une époque. Dans tous ces romans, l’auteure ne lésine sur aucun détail ; son avortement, la mort de ses parents, une passion secrète et …

L’autofiction au féminin en quatre titres

La nécessité de dire, d’écrire sur soi, sur l’expérience, le ressenti, la douleur, le bien-être, pour comprendre, essayer du moins. L’autofiction. Un genre qu’on associe au contemporain, car on y mélange réel et fiction. On parle de soi pour parler de l’autre. Et on s’inspire de l’autre pour parler de soi. Différent de la biographie et même de l’autobiographie, l’autofiction se crée une niche bien personnelle et féminine en littérature. Quoi que pas exclusive aux auteures, on remarque une attirance pour cette littérature qui s’inspire de soi, de l’intériorité pour raconter des histoires. J’avoue que je suis une grande lectrice de ces oeuvres autobiographiques. Je trouve qu’elles ont à leur façon une véritable essence et un réalisme envoûtant. J’ai l’impression en lisant une oeuvre d’autofiction d’entrer quelques instants dans la vie réelle, rêvée ou inconsciente d’un auteur et d’avoir accès à des parcelles de véracité. Voici donc mon top 4 de mes autofictions préférées. Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan Ce roman raconte l’histoire d’une femme qui vient de perdre sa mère d’un suicide. Elle tente donc …