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Splendeurs et mystères au nord du 52e parallèle

J’ai découvert Ariane Gélinas à tout hasard, en tombant sur son roman Transtaïga sur les tablettes d’une librairie. Je venais tout juste de terminer ce livre lorsque j’ai visité la Côte-Nord pour la première fois. Je me rappelle très bien avoir contemplé la route, les forêts et les tourbières avec un regard différent. Comme si les images du livre se superposaient à la réalité. Quelle sensation étrange et libératrice. Et maintenant que je lis Quelques battements d’ailes avant la nuit, je me remémore à quel point j’ai souhaité tout laisser derrière pour m’établir sur la Côte-Nord, à l’instar de Séverine, le personnage principal de l’histoire. On tombe rapidement en amour avec cette façon dont Ariane Gélinas nous fait découvrir l’arrière-pays québécois. Elle possède un don pour concevoir des ambiances à la fois fantastiques et inquiétantes. Elle dépeint la beauté d’un endroit tout en y insérant une touche obscure, créant parfois un certain malaise. Les lieux sont toujours des éléments importants dans ses histoires. Ils peuvent même prendre vie, être habités d’une volonté, comme c’était le cas dans son …

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Comprendre l’absence

J’ai découvert Erika Soucy avec son premier roman, Les murailles. J’ai adoré ce roman. Il m’a permis de prolonger mon voyage sur la Côte-Nord, mais également de faire une incursion dans l’univers de mon chum qui, à l’époque, travaillait dans un barrage, là-bas, de l’autre bord du fleuve. Ça m’a donné envie de lire les poèmes de l’auteure. C’est pourquoi j’étais heureuse de tomber par hasard sur L’épiphanie dans le front à la bibliothèque.  Le côté humain, très présent dans Les murailles, est plus subtil dans L’épiphanie… Il passe uniquement par les sentiments : l’ennui, la déception, l’incompréhension. Mais surtout, une espèce d’amertume qui teinte chaque page du recueil. L’épiphanie… est divisée en deux parties : « En bas » et « En haut ». « En bas » parle de ce père absent qui part travailler sur les grands chantiers de l’Hydro. Du trou qu’il creuse entre sa famille et lui. Et même de la hâte qu’ils ont de le voir repartir quand il descend les voir. « En haut » nous donne accès aux observations d’Erika lorsqu’elle est allée le …

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La lecture s’invite dans nos rituels de voyage

On dit souvent que les livres sont les meilleurs moyens de s’évader. Il n’est donc pas étonnant de découvrir que les actions de lire et de voyager sont plus intimement liées qu’on pourrait le croire. Ces livres qui guident tes pas… Au commencement, il y a ce lieu mythique qui jaillit d’une histoire, comme une étincelle. Je me mets à rêver de cet endroit, à regarder où ça se trouve sur une carte, à calculer le nombre d’heures que ça prend pour s’y rendre… La première fois, c’était la faute d’Anne, la maison aux pignons verts si j’ai choisi la merveilleuse Île-du-Prince-Édouard comme destination. C’est la faute de Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem, si je prépare cette année une escapade en Nouvelle-Angleterre. Et c’est encore la faute de Dracula si mon voyage de rêve consiste à aller marcher dans le cimetière de Whitby en Angleterre… Compagnons de route Emporter de la lecture dans nos bagages est un incontournable pour tous les amoureux des livres. Cela peut même causer un problème lorsqu’on doit faire un …

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Brasser le varech : parcours d’une fille estuaire

J’ai toujours entretenu un rapport plutôt froid avec la poésie. Ce n’est simplement ni naturel, ni instinctif pour moi de me diriger vers les vers (!!), je me dirige toujours vers les récits, la prose, les essais. N’empêche que mon désir de découverte est grand et que, cet automne, je me suis donné comme défi personnel de lire quelques recueils, question d’espérer tomber sur quelque chose qui m’allumerait ou bien qui me confirmerait que la poésie, ce n’est tout simplement pas pour moi. Ça fait que, si j’écris cette critique, c’est évidement parce que je suis tombée sur quelque chose qui m’allume. Ce quelque chose, c’est le recueil Brasser le varech de Noémie Pomerleau-Cloutier. Brasser le varech est un recueil intime, contemplatif, fort, bercé et supporté par la nature. Je l’ai lu une fois, puis une seconde fois, à voix haute. Je pense que j’ai trouvé, dans le fait de lire tout haut, une façon de mieux apprivoiser la poésie, d’en comprendre les nuances, les intonations, ce qui se cache dans l’espace entre les mots. En 5 …

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Manikanetish : le retour aux sources d’une enseignante dans une école d’Uashat

La rentrée littéraire est pour moi synonyme de multiples tergiversations en librairie afin de décider quels livres parmi les nouveautés je choisirai comme compagnons de lecture pour les prochaines semaines. Il y a par contre des livres comme Manikanetish qui s’imposent d’emblée dès que je les aperçois. Plusieurs raisons expliquent pourquoi le nouveau roman de Naomi Fontaine a attiré mon attention :  Le premier roman de Naomi Fontaine, Kuessipan, m’avait beaucoup plu; J’ai à cœur d’encourager Mémoire d’encrier, une maison d’édition qui ose publier des auteurs aux profils diverses; Une libraire avec laquelle je partage plusieurs affinités côté lectures me l’a recommandé; Le livre dépeint une réalité qui mérite grandement d’être connue selon moi; Bref, si les raisons qui m’ont amenée à me procurer ce livre sont nombreuses, de nombreuses raisons m’incitent également à encourager les lecteurs du blogue à en faire la lecture. Manikanetish, La Petite Marguerite Manikanetish, c’est le nom d’une école située sur la réserve indienne d’Uashat sur la Côte-Nord. Le roman porte ce titre, car il raconte l’année scolaire de Yammie, une …

Les murailles; chemin de croix en cap d’acier

Les murailles, premier roman de la poète Erika Soucy, est le résultat d’un voyage à la romaine, en 2011, dont le but était de comprendre les motifs qui ont poussé les hommes de sa famille, principalement son père, à s’éclipser pour le bois, pour le chantier, pour la vie dans le nord. Le résultat de ses écrits se retrouve dans ce roman aux cours chapitres où cohabitent tournures de phrases poétiques et langage de bois. Son oeuvre est à la fois d’une simplicité désarmante et d’une force tranquille qui s’impose, petit à petit, au fil des pages. Le sens de la famille, l’amour du père, le sentiment d’abandon s’entremêlent dans cette immersion dans un milieu d’hommes plutôt incompris et souvent caricaturé. Dans Les murailles, Érika Soucy ne se joue pas du milieu, elle reporte les faits, les dialogues parlent, les images expliquent et toutes les émotions nous atteignent. Je ne pensais pas être aussi touchée par ce roman, plus j’y repense, plus je le trouve beau. Plus j’y repense, plus je comprends sa nécessité. C’est aussi le roman …