All posts tagged: critique

Critique – Nos gloires secrètes de Tonino Benacquista

Dernièrement, j’ai découvert l’auteur Tonino Benacquista et je suis un peu tombée en amour avec le monsieur que je me promets de découvrir davantage dans les prochains mois. En fait, j’écoutais « Malavita », un film un peu léger réalisé par Luc Besson (que j’aime beaucoup beaucoup) et je me suis mise à creuser davantage sur l’histoire du film car j’aime les films de mafia et je me demandais si l’histoire était basée sur des faits réels (genre le parrain, moi j’aime vraiment ça !). J’ai découvert en faisant mes recherches que non seulement « Malavita » en Italie c’est un mot qui signifie Mafia (intéressant !), mais qu’il s’agissait en fait d’une adaptation d’un roman du même nom de Tonino Benacquista. Alors je suis allée en librairie, faire ma curieuse, et je suis tombée sur son dernier livre «Nos gloires secrètes» qui se trouvait dans la section « suggestions de nos libraires » justement, ça tombait drôlement bien! J’aime tout le temps jeter un œil dans cette section parce que je vous aime vraiment les libraires de ce monde (et je ne dis pas ça car certaines …

Conversation sur la dictature du bonheur

Quand Martine et moi avons entendu parler de la sortie imminente de La dictature du bonheur de Marie-Claude Élie-Morin, il était évident que nous allions toutes les deux le lire. Puisqu’on a toutes deux apprécié notre lecture et que nous avons beaucoup à dire sur le sujet, nous avons décidé de construire une réflexion sous forme de discussion autour de l’oeuvre, du bonheur et de la psychopop. “ L’industrie des coachs de vie, du développement personnel et du self-help est plus florissante que jamais. Le bonheur est devenu un impératif, au même titre que la minceur et le succès professionnel. Santé physique, équilibre mental, vie de couple, finances : on met constamment en avant la nécessité d’avoir toujours une attitude volontaire et « positive », parfois au mépris de la réalité. Marie-Claude Élie-Morin l’a réalisé de la manière la plus intime qui soit au décès de son père. Dans ce livre, elle expose avec humour et discernement les vicissitudes d’une manière de penser qui fait que beaucoup de gens en arrivent à se blâmer d’être …

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre d’après sa couverture. Dans la vie de tous les jours, je m’efforce d’appliquer ce principe de non-jugement, surtout en ce qui concerne les gens que je rencontre. Mais, il y a environ deux ans, j’ai littéralement jugé un livre d’après sa couverture… et on ne m’y reprendra plus! À la librairie où je travaillais, on recevait à l’occasion des services de presse, livres qui nous étaient offerts gratuitement (et parfois avant leur sortie officielle) afin de permettre aux libraires de découvrir les nouveautés et de mieux conseiller les clients. Ce jour-là, mon assistant gérant m’avait tendu un livre blanc, simple, avec comme illustration de couverture une peinture montrant une rue de village au style vieillot. Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, roman. J’avais examiné le livre dont l’esthétique ne me plaisait pas, parcouru en diagonale la quatrième de couverture… et je l’avais laissé sur le bureau, disant que je n’en voulais pas. (Je sais, il faut être folle pour refuser un livre gratuit. …

Marc Levy, je t’aime !

Ok, je m’assume haut et fort aujourd’hui, Marc Levy,  je l’aime d’amour! Dans la vie, je vais être honnête avec vous, je suis une fille assez quétaine et un peu romantique sur les bords, je l’avoue. J’aime (vraiment) écouter des films d’amour (dont on connait la fin exactement 4 min après le début avec des «Happy ends»), mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est lire des romans d’amour de temps en temps! Particulièrement ceux de Marc Levy! Et ça tombe bien, parce que c’est ce que Levy fait de mieux.   On va se le dire, Marc réussit parfaitement à venir chercher notre petite corde sensible à tous (toutes, particulièrement!) et nous permet de rêver que l’homme idéal existe et que la relation parfaite aussi. Tous ses romans parlent d’amour, que ce soit dans un couple, entre amis, en famille ou même d’un lieu. À travers ses romans, j’ai voyagé, j’ai ri, j’ai pleuré, mais j’ai surtout rêvé.  Oui, rêvé que ce que Levy nous raconte soit vrai et que la vie c’était comme ça que ça se passait. Que le …

Laissez courir les éléphants – Critique en duo du livre de David Usher

Pour écrire la critique du livre « Let the elephants run » ou « Laissez courir les éléphants » en version française de David Usher, j’ai choisi de faire appel à un précieux collaborateur. Mon complice et amoureux Patrice, qui en plus d’être merveilleux se trouve à être un excellent directeur artistique dans la vie. Comme il s’agit d’un livre sur la créativité et comment l’exploiter au quotidien, je me suis dit que la personne idéale pour en faire la critique avec moi, c’était bien lui. Défi accepté, alors voici ce que nous en avons pensé. Ma première réaction en voyant la couverture du livre; « Intéressant, un livre qui m’invite à repousser les limites de ma créativité et par le fait même travailler sur moi, ça tombe totalement dans mes cordes ça! ». Première réaction de l’homme en voyant la couverture du livre; « Hein? David Usher, le gars de Moist, a écrit un livre sur la créativité, ça l’air cool! ». Ma réaction suivant la première réaction de l’homme; « Hein? C’est qui ça Moist? « . Attention, je connaissais David en tant qu’artiste solo, mais bonjour la découverte de Moist …

Tout commence avec un poisson rouge (partie 1)

Récemment, j’ai eu un coup d’cœur pour le dernier roman de Mélissa Verreault, « L’angoisse du poisson rouge », paru en 2014. J’ai lu beaucoup d’articles et entendu plusieurs critiques positives au sujet de ce livre qui m’ont donné envie de le lire à mon tour ! J’suis une fille curieuse (et légèrement influençable). Bref, j’ai pas été déçue. Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, on apprend à connaître Manue, jeune femme moderne persuadée que sa vie n’est qu’une série de drames et de catastrophes. La deuxième partie raconte l’histoire de Sergio, soldat de la Seconde Guerre mondiale. La troisième (et dernière) est davantage axée sur Fabio, jeune homme italien venu habiter à Montréal. Ce qui m’a le plus impressionnée est le lien qui existe entre ces trois personnages, pourtant chacun si différent l’un de l’autre. Leurs chemins se croisent grâce à Hector, le poisson rouge de Manue. Plus précisément, après sa disparition mystérieuse. Il est le «personnage» le plus important du livre, celui qui les relie tous. Parce que, sans lui, les 446 …

Kafka sur le rivage

C’était il y a deux ans. Je venais de terminer la lecture de La Ballade de l’impossible (dont Martine a parlé ici!) et j’avais été conquise par la plume de Haruki Murakami, la profondeur de ses personnages, la simplicité de ses descriptions, la mélancolie qui traversait son récit. Un de mes collègues libraires, à qui j’avais fait part de mon appréciation du roman, s’était empressé de me mettre entre les mains Kafka sur le rivage, véritable petite brique littéraire. Enthousiaste, il m’avait dit: « Lis ça, tu vas capoter! » (En réalité, il m’avait plutôt servi une des savoureuses expressions absurdes dont lui seul a le secret, mais je sais que c’était précisément ce que ça voulait dire. J’allais capoter.) Il n’avait pas tort. J’ai adoré le roman, j’ai dévoré les 638 pages en quelques heures à peine. Parce que Kafka sur le rivage est, en bon québécois, « quelque chose ». Là, c’est le moment où je me sens un peu bête. Parce qu’il y a longtemps que je veux écrire une critique sur Kafka, que je veux …

Le lecteur et les best-sellers

Best-seller. Cette expression, utilisée abondamment dans le monde littéraire, n’a pas la même signification pour tout le monde. Dans le milieu de l’édition, cela signifie un livre qui a connu un immense succès commercial, qui s’est énormément vendu par rapport aux autres livres du même genre. Dans la tête de bien des gens, un best-seller est un livre qui doit forcément être bon, étant donné la quantité de lecteurs qui l’ont acheté… non? Eh bien, ce n’est pas totalement faux… ni totalement vrai. L’autre jour, au travail, j’ai décidé d’ouvrir l’œil et, en plaçant les livres sur les rayons, je me suis efforcée de repérer ceux sur lesquels figurait la mention « best-seller ». Verdict? Énormément de livres portent cette mention, à un point tel que j’ai renoncé à compter. Le plus fascinant dans tout ça était sans contredit le fait qu’il y avait, dans le lot, de nombreux ouvrages dont je n’avais jamais vraiment entendu parler dans les médias, ni même par bouche à oreille. Bon, je sais, il m’est impossible de connaître tous les livres …

Les modèles de l’amour

 « Grégory Lemay raconte la solitude des villes. Il montre la laideur grimée, mais aussi la beauté sans fard de ses personnages. Il sait s’approcher d’eux, de leurs blessures profondes avec la pudeur que donne parfois la légèreté » – Quatrième de couverture Rarement ai-je trouvé qu’un quatrième de couverture mettait le doigt si aisément sur l’essence d’un roman. Ce roman n’est pas long, 165 pages et pourtant, il m’en a pris que quelques unes avant de m’adapter au rythme de l’écriture, au style de narration et à l’entrecroisement entre les trois récits.  Ces trois récits sont ceux de Geoffroy, Christèle et un Je narré qui se distingue par l’italique. Geoffroy et Christèle sont un couple offrant des performances sexuelles à leurs clients, à domicile. Le Je habite dans le sous-sol de sa mamie, il est alcoolique, il cherche dans les ébats du couple quelque chose de plus qu’une performance et cherche de manière obsessive à trouver celui qui a tué les chats de sa mamie. Chacun des personnages est quelque peu difficile à cerner et …