All posts tagged: journal

Nos suggestions d’autofiction/biographie pour le mois de janvier du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Pourquoi ai-je choisi l’autofiction ou la biographie comme premier genre? Simplement parce que je crois c’est un des moyens de se rapprocher de l’auteur-e. C’est une lecture très personnelle qui nous permet de faire une introspection sur soi-même (bonjour bibliothérapie!). Souvent, les « histoires » racontées dans ces livres nous touchent encore plus, car nous les savons vraies, permettant alors de se reconnaître plus facilement. Les lectures ou suggestions des fileuses : Je compte lire Borderline de Marie-Sissi Labrèche. Laurence Lacroix : « J’avais bien aimé Le feu de mon père de Michael Delisle. » Marie-Lou Beaudin : « J’ai bien aimé Qui de nous deux de Gilles Archambault, un récit sur les mois entourant le décès de sa conjointe de longue date. Le avant et le après. Touchant et inspirant. » Amélie Panneton : « Ma suggestion, un livre que j’aime d’amour : Journal de Julie Delporte, qui est (comme son nom l’indique) un journal illustré, très doux-amer et très beau. Et j’aimerais beaucoup lire Prague de Maude Veilleux ce mois-ci (à peu près dix-huit mois après tout le …

Le plaisir de lire les journaux intimes des autres

Lire les journaux intimes des autres; quelle idée! C’est un de mes cauchemars que quelqu’un décide de poser ses yeux indiscrets sur mes pensées, observations et séances de chialage bien personnelles. Pourtant, lorsque c’est à mon tour de lire ceux de certaines auteures que j’admire, aucune hésitation, j’y plonge sans retenue. Voici mes deux préférés. Le journal de Marie Uguay, publié en 2005 aux éditions Boréal et rendu disponible par Stéphan Kovacs, celui qui fut le conjoint d’Uguay, est une expérience immersive extraordinaire. Le Journal a été écrit de 1977 à 1981, donc à partir du moment où on a amputé la jambe de la jeune cancéreuse jusqu’à quelques semaines avant sa mort précoce, à l’âge de 26 ans. On entre carrément dans la tête de la jeune poète! L’univers poétique intensément intime de l’auteure, raconté dans sa voix simple, acquiert une nouvelle dimension grâce à ce journal. Composé de plusieurs cahiers, le journal témoigne d’un regard curieux et sans cesse émerveillé sur le monde. J’admire tellement cette fascination pour le merveilleux dans le quotidien …

« Lazare mon amour » : petite incursion dans l’œuvre de Sylvia Plath

Héliotrope a décidé cet hiver de publier une courte plaquette écrite par Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour avec Sylvia Plath. C’est dans ces 75 pages qu’on découvre ou redécouvre une figure marquante de la littérature américaine et féministe, une icône fragile : Sylvia Plath. Il s’agit réellement d’un hommage qu’offre Aubry à Plath dans ce texte. On sent la fascination et la passion qui gagne l’auteure lorsqu’elle parle de Plath, cette femme qu’elle tente de comprendre encore et encore : Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléons. Je fais défiler ses masques, je bats les cartes de son tarot : le rameau de peur et le Roi des abeilles, l’amante éblouie et la mère-épouse prisonnière de l’Amérique des années cinquante, les vierges folles, le vieux démon mélancolique, l’Oiseau de panique. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche …

5 raisons de tenir un journal

J’ai reçu mon premier journal à l’âge de 9 ans. C’était le typique journal intime muni d’un cadenas, avec une tonne de brillants sur la couverture et un arc-en-ciel de crayons gels pour l’accompagner. Depuis ce temps, je n’ai jamais arrêté d’entretenir un journal. Il y eu des années où mon écriture fut très sporadique, mais depuis quelques temps, y écrire à chaque jour fait partie  de ma routine. Même lorsqu’on aime écrire, prendre le temps de mettre ses pensées sur papier, jour après jour, n’est pas un exercice qui est toujours très plaisant, mais je crois vraiment aux bienfaits de l’écriture quotidienne, ne serait-ce que pour démêler un peu ses pensées et faire le vide. Pour me motiver à continuer et peut-être vous inciter à commencer, voici cinq raisons d’écrire quotidiennement. P.S je vous invite aussi à lire cet article sur les pages du matin. Écrire pour faire le point. Faire le point sur sa journée, sur quelque chose qui nous a tracassé. Pour prendre un peu de recul face à une certaine situation. Écrire …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie III –

Je suis en plein cœur d’un dilemme majeur. Comme la plupart des Québécois, ou des gens de passage, j’ai attendu la venue du soleil des semaines durant. Il fallait garder le moral et surtout apprivoiser la brume, la grisaille, la pluie et les gens maussades. Mais plus souvent qu’autrement, on avait le droit à un temps joueur de tour, soleil et averses, avec au bout (parfois) un ou plusieurs arcs-en-ciel. Et août s’est amené, avec lui notre bonne étoile, sa chaleur, les sourires en fusée et enfin on a pu sortir les vêtements de saison. Ce matin, alors que je suis déjà en retard pour l’écriture de ce présent article, je traverse le parking entre la Vieille-Usine et la plage et je descends près des vagues, abandonnant mes chaussures à l’ombre d’une bûche polie (garder ses chaussures sur la plage, pourquoi ?). «Écrire sur le bord de la mer, quelle bonne idée !» Avec la mer, arrivent les dilemmes ! Par exemple, ici à L’Anse-à-Beaufils (Percé), la petite plage semi-rocailleuse est reconnue pour sa forte …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie I

Après un hiver plutôt tranquille et un printemps un tantinet plus dynamique, me voilà projetée dans une toute nouvelle vie (nouveau job & nouveau lieu de vie). Ça roule. Ça file. C’est fou. Mais je me sens vivante. Comme tout renard qui se respecte, j’ai besoin d’apprivoiser et d’être apprivoisée. Me voilà donc perchée sur le Mont Sainte-Anne à Percé, avec vue sur une carte postale sans cadre, illustrant le Rocher-Percé et l’Île-Bonaventure. D’ici la fin de la belle saison (qui tarde à s’installer) je connaîtrai les moindres états d’âme de ces deux imposantes sculptures naturelles. Sous ses allures de ville touristique, de ville boutique, de ville porte-clés du rocher fabriqué en chine, de ville-crustacé, de ville-croisière aux baleines, de ville-fou de Bassan, Percé est une ville artistique. Reste imprégnée à l’asphalte, à l’air, au brouillard, à l’eau, aux sons, l’âme créative de quelques fantômes, dont celui de Suzanne Guité. La grande. Depuis toujours, je visite Percé plusieurs fois par été, avec mon regard de touriste. Photos du rocher à partir du quai, promenade sur …