All posts tagged: réflexion littéraire

Les classiques? Oui, mais non

Depuis quelques semaines, je suis un cours sur l’enseignement de la littérature au collégial. Ce séminaire nous invite à réfléchir sur le choix des corpus et sur ce qu’est la littérature marquante pour nous, futurs et futures enseignants et enseignantes au cégep (du moins, on l’espère tous). Cette réflexion n’est pas banale et de multiples questions me trottent dans la tête depuis que je me suis penchée sur le sujet. Je tenais donc à vous faire part de mes impressions dans cet article. Les devis du ministère De prime abord, les devis du ministère demandent aux enseignants du collégial de faire lire des oeuvres qui « ont marqué l’histoire de la littérature d’expression française. » Ce genre d’affirmation suscite de nombreuses interrogations selon moi. D’emblée, marquantes selon qui? Au moment même où vous lisez ces lignes, chacun n’a pas en tête les mêmes titres. D’une part, parce que la lecture a quelque chose de très personnel. Nous ne sommes pas tous touchés par les mêmes auteurs, les mêmes livres, les mêmes courants et les mêmes …

Le passage de 2016 vers 2017

Qu’ont en commun les bande-dessinées Louis parmi les spectres (Fanny Britt – Isabelle Arsenault) et S’enfuir (Guy Delisle), les essais Les superbes (Léan Clermont-Dion – Marie Hélène Poitras) et le Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), le roman Okanagan de Sara Lazzaroni et finalement l’ouvrage scientifique Une brève histoire du temps écrit par Stephen Hawking ? Ce sont les six livres qui m’ont aidé à faire le pont entre 2016 et 2017. Bien qu’il n’y ait de réel changement que dans un chiffre de l’année inscrite sur le calendrier, nous avons pris l’habitude de réfléchir les douze derniers mois juste avant d’entrer dans la prochaine année. Nous résumons nos vies sur plusieurs plans sous forme de bilan et nous dressons la liste de ce que nous aimerions accomplir et améliorer dans le futur proche. C’est en quelque sorte un droit, une possibilité de se recommencer, d’entamer une nouvelle étape sur de meilleures bases. Le passage vers une nouvelle année, c’est toujours un peu étrange, un sentiment qui mélange nostalgie, soulagement et euphorie. On soupire enfin, …

Le lâcher-prise littéraire ou #slowreading

Culte de la performance et pression sociale, notre monde va de plus en plus vite et nous sommes saturés d’informations et de nouvelles provenant de partout, à tout moment. Pas étonnant que des mouvements comme le slow food, le slow travel et plus près de chez nous, le slow toute (#slowtoute sur Instagram), nous ramènent à l’ordre et nous rappellent qu’il est possible, et surtout important, de ralentir la cadence pour mieux apprécier et vivre le quotidien. La littérature ne fait pas exception à cette tendance du «vivre doucement» et du lâcher-prise, le slow reading est un mouvement qui pousse ses adeptes à contempler et à apprécier davantage l’expérience de la lecture. Pour certains, le slow reading ce n’est pas seulement prendre le temps de lire, mais bien un exercice de concentration et une façon de s’immerger dans une lecture pour mieux en être critique. Pour d’autres, il s’agit d’une forme de méditation et de contemplation. Dans les deux cas, c’est prendre le temps de savourer la lecture, mot par mot, phrase par phrase. Comprendre …

L’envers du décor- processus d’écriture, deuxième partie

J’ai toujours fait les choses un peu à ma tête, j’apprends d’une manière moins conventionnelle, je perçois la vie avec ma vision bien personnelle. Okay, tout le monde est différent, comprend et apprend de manière unique. Disons plutôt que je ne suis pas très bonne pour me perdre dans des moules. Alors même si j’ai étudié en littérature quelque temps, même si j’ai toujours écrit et même si j’ai décidé d’aborder le roman, je le fais à ma manière et comme je le sens surtout. Dans toutes circonstances de ma vie, l’émotion passe avant tout. Je suis une femme de feeling et je tends de plus en plus à développer cela dans tous les pans de ma vie. Mon rapport à l’écriture a donc toujours été plutôt intuitif, sans jamais vouloir se fondre dans les modèles ou suivre les «façons de faire». Ça m’a pris des mois pour me détacher de toutes les influences extérieures qui, me semblait-il, me gardaient toujours trop à la surface de ce que je cherchais à atteindre dans mon écriture …

L’envers du décor- processus d’écriture, première partie

Il m’est arrivé, à quelques reprises déjà, d’effleurer le fait que je suis présentement, et ce depuis plusieurs mois, en plein processus d’écriture. J’ai pensé qu’il serait intéressant de vous partager l’envers du décor de l’élaboration d’un roman, à partir de mon expérience personnelle. Voici donc, en deux parties, le récit de mon voyage au cœur même de la littérature. Tenez-vous prêtes et prêts, parce que oui, une fois de plus, je vous parlerai de Julia Cameron et de son indispensable ouvrage Libérez votre créativité. Je ne peux qu’affirmer tous les changements positifs vers une plus grande réalisation de moi qui me sont venus en traversant ces pages et je n’ai pas fini, oh non! Mais bien sûr, avant de m’élancer dans l’aventure Cameron, j’étais déjà habitée par l’envie de réaliser ce rêve, c’est-à-dire l’écriture d’un roman, mais aussi celui de vivre une «vraie vie d’écrivaine». J’ai toujours écrit pour partager et d’une certaine manière pour publier, sans que ce ne soit le centre de mon désir, mais plutôt une suite. L’art et l’écriture existent …

Autour des livres : Rencontre avec Alexandra, collaboratrice chez Le fil rouge

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Mon premier souvenir me ramène à Tintin. Avant même que je ne sache lire, je parcourais les vieilles bandes dessinées de mon grand frère et j’inventais des dialogues entre les personnages. Plus tard, mon premier coup de cœur a été Les Aventures du Petit Nicolas de Goscinny. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je lisais tout le temps donc je n’avais pas un rituel en soi. Je n’aimais pas regarder la télé. La lecture était mon refuge. J’avais l’impression d’apprendre plus qu’à l’école. J’avais soif constamment de lecture. Je lisais tout ce que je trouvais même des romans destinés plutôt aux adultes, appartenant à mes parents (j’ai connu quelques chocs un peu trop jeune!). Les livres n’étaient jamais assez volumineux pour moi. Beaucoup de livres ont laissé leur empreinte en moi, en me faisant comprendre une réalité autre que la mienne. Mais je pense que le roman que j’ai le plus adoré …