Littérature québécoise
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Six romans pour (re)découvrir Montréal

Montréalaise depuis toujours, je me plais à retrouver ma ville en littérature. Parfois, elle ne sert que de décor dans une oeuvre littéraire, d’autres fois elle est un personnage, mais toujours elle rend compte de ses habitants. La diversité, l’histoire, la richesse, la lourdeur, les paradoxes, les beautés de notre métropole y passent. La littérature québécoise a cette qualité, elle ne fait aucune discrimination. Les régions comme la métropole y sont représentées et ce, dans leur plus grande beauté comme dans leur plus grande dureté.

Voici donc quelques titres où Montréal est représentée. JE SAIS qu’il en existe des centaines d’autres, mais ce sont pour moi, ceux qui représentent le mieux Montréal. Dites-moi dans les commentaires quel livre met le mieux en scène Montréal (ou votre propre ville) selon vous ?

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Côte-des-Neiges 
Côte-des-nègres, Mauricio Segura

Ce roman de Mauricio Segura fait partie de cette littérature migrante du Québec. Entouré de grands nom comme Kim Thuy, Dany Laferrière, Ying Chen et bien d’autres, Mauricio Segura nous offre une nouvelle version de son Montréal. Ce roman qui se passe à Côte-des-Neiges offre une vision multiculturelle d’un Montréal où cohabitent de nombreuses éthnies. Dans le roman, les haïtiens sont en guerre contre les latinos de l’école secondaire. Segura offre une vision réaliste, dure et sans merci, d’un quartier des plus diversifiés culturellement. Sous forme de cliques, les personnages apprennent à cohabiter, à se forger une identité et à vivre cette difficulté de la marginalité. Cette oeuvre, tout de même assez récente, est à mon sens nécessaire à la littérature québécoise. Les classiques tels Bonheur d’occasion et La grosse femme d’à côté est enceinte sont nécessaires, car ils racontent une part de notre histoire montréalaise (et québécoise), j’en parlerai plus tard. Toutefois, avec Côte-des-nègres, on nous ouvre les yeux sur un Montréal nouveau, multiculturel, riche de ses différences et de ses habitants.

Hochelaga-Maisonneuve

Je voudrais qu’on m’efface, Anaïs Barbeau-Lavalette

Ce roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette est extrêmement touchant, sensible et sociologique. Il suit des jeunes d’une classe d’Hochelaga-Maissonneuve en trouble d’apprentissage. Ces enfants ont tous un point en commun: ils vivent dans des familles dysfonctionnelles où pauvreté cotôit addiction et abandon. Ces jeunes sont l’exemple même de la résilience, par cette volonté de vivre et de comprendre la dureté du quotidien. Les mères des jeunes sont mêlées à la prostitution, à la drogue, etc. et deviennent complètement absentes pour leurs enfants. Ce roman coup de poing est difficile, mais offre, à mon avis, un portrait jamais condescendant sur des problématiques sociales. Les trois enfants, Mélissa, Keven et Roxane, suivis dans le roman m’ont donné envie de les prendre dans mes bras longuement. La force de l’imagination et du rêve viendront donner un peu de lumière à ces familles montréalaises. Loin d’être un roman « embellissant » pour Montréal, il est néanmoins tout à fait représentatif des problématiques de la ville. Et la littérature elle sert à cela; nommer le réel, même quand il est douloureux à accepter.

 

Plateau Mont-Royal 

La grosse femme d’à côté est enceinte, Michel Tremblay

Probablement un des romans québécois les plus lus autant au secondaire qu’au cégep, La grosse femme d’à côté est enceinte est devenu un classique de notre littérature. Cette série de roman écrit par Michel Tremblay à été très avant-gardiste en traitant de thèmes tels que l’homosexualité, la dépression, la pauvreté, le féministe et j’en passe. Ces romans écrit en joual ont su amener la littérature québécoise ailleurs en offrant aux lecteurs des visions contemporaines, réelles et accessibles de la vraie vie montréalaise. Loin des romans du terroir auxquels la littérature a souvent été confinée, ces romans se déroulent dans le quartier du Plateau Mont-Royal, avant qu’il devienne celui des artistes et des français (C’est dit!). Ce quartier était plus populaire et permettait aux familles de cohabiter toutes ensemble. Il n’était pas rare de voir une dizaine de membres habiter un quatre et demi et c’est cette vraie réalité de la métropole que Tremblay a désiré montrer. Cette oeuvre restera toujours un grand classique et pour moi, un des romans le plus significatifs en littérature québécoise!

 

Saint-Henri

Bonheur d’occasion, Gabrielle Roy

Du côté de ma mère, toute ma famille vient du quartier Saint-Henri, c’est peut-être ce qui explique ma fascination pour Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy. J’ai réellement l’impression que ce roman m’en apprend sur l’histoire de ma famille. Ce quartier a longtemps été associé à un quartier pauvre et Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy a su avec brio et intelligence représenter cette période de notre histoire. En pleine deuxième guerre mondiale, le roman nous offre une fresque de la vie quotidienne des travailleurs des usines et des familles québécoises. Le personnage principal, Florentine Lacasse, est une jeune fille qui rêve d’amour et d’ailleurs. Elle tente d’échapper à son quotidien et de rêver d’une vie meilleure. Vivant dans une famille très nombreuse, Florentine tente de rencontrer l’amour et un homme qui l’amènera loin de son quartier et de sa pauvreté. Le roman nous emmène aussi dans le quotidien de ses parents qui combattent réellement jour après jour pour faire survivre leur famille. Il s’agit d’un roman exceptionnellement riche en histoire, car il représente et raconte, dans une écriture si nettement belle de Gabrielle Roy, l’histoire du quartier Saint-Henri suite à la deuxième guerre mondiale. C’est un incontournable qui peut être difficile à apprécier lors de premières pages (ce fut le cas de mon côté), mais qui gagne tellement à être lu et relu.

Chercher Sam, Sophie Bienvenu

J’en ai parlé ICI de ce roman qui a été un réel coup de coeur pour moi. J’aime énormément Sophie Bienvenu, je trouve qu’elle a une écriture qui ensorcèle, car elle arrive tellement à nous faire apprécier ses personnages, que ce soit dans Chercher Sam ou dans Et au pire on se mariera. 

Dans Chercher Sam, on suit un itinérant qui est à la recherche de sa chienne Sam, disparue. Ce roman offre une parcelle d’un Montréal souvent méconnu en littérature, celui de l’itinérance. Dans une langue parlée et extrêmement touchante, Sophie Bienvenu pose un regard franc, lucide sur le monde de l’itinérance et ce, sans jamais tomber dans le condescant ou le victimisant. Il est nécessaire à mon sens que la littérature montréalaise rende compte de toutes les facettes de sa diversité et ce, même si parfois elle montre les problèmes sociaux qui composent Montréal.

Paul en appartement, Paul Rabagliati

Ah, ce11100977_10152740682097413_454589951_n cher Paul, que je l’aime! Plusieurs des collaboratrices du Fil rouge vous le diront, nous sommes des fans du bédéiste québécois Paul Rabagliati! Or, son album Paul en appartement est un de mes préférés vis-à-vis Montréal. C’est dans cette bande dessinée que Paul quitte le nid familial pour aller vivre à Montréal avec son amoureuse Lucie. C’est ainsi qu’on le voit emménager dans son premier appartement. En plus d’être une oeuvre qui présente le passage vers la vie adulte, il offre une réelle vision de la ville de Montréal. Dans les dessins de Paul, toujours si ludiques et beaux, on reconnaît et découvre Montréal. Je pense d’ailleurs à la planche où on reconnaît le magasin Archambault situé sur la rue Berri. Paul en appartement est un de mes coups de coeur de la BD québécoise et je ne pouvais faire autrement que le présenter dans ce top!

Alors, selon vous quel livre représente le mieux Montréal ou votre propre ville ?

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4 Comments

  1. Je suis en train de lire une série de romans qui racontent comment on a vécu, à Montréal et autour, notamment dans Deux Montagnes, la Rébellion de 1837-1838 : Francine Noël, En 1837, j’avais dix-sept ans, et la série de Anne-Marie Sicotte, composée des deux volumes intitulés Le pays insoumis, et le tout dernier, le t. 1 de Le charivari de la liberté. Ces récits sont très révélateurs de notre évolution subséquente.

    De plus, bien que ce ne soit pas un roman, il faudrait, à mon avis, considérer La Petite Patrie, de Claude Jasmin, parmi les œuvres marquantes qui témoignent de la vie à Montréal.

    Ne faudrait-il pas aussi, ajouter Le Cassé de Jacques Renaud, dans cette liste ? Une suggestion, comme ça…

    Et Yves Beauchemin : Le Matou, Charles le téméraire, … ?

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