Réflexions littéraires
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Laissez venir, à moi, les livres !

On attend toujours la belle saison avec l’espoir de réaliser des projets gardés sur la tablette tout l’hiver. Pour être tout à fait honnête, la réalité ne ressemble en rien avec ce que l’on avait imaginé ou si bien planifié. Je parle peut-être pour moi seule, mais l’été 2015 a été une belle surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Mais ça, vous le savez déjà !

En début d’été, j’ai écrit une liste. La liste des titres que j’allais lire dans les deux, trois mois à venir :
Anna Karénine de Léon Tolstoï – Tome I et II
Femmes qui courent avec les loups : histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estés
Libérez votre créativité de Julia Cameron (à relire)
L’art pratique de la créativité de Julia Cameron (à relire)
L’homme rapaillé de Gaston Miron (ça, je l’ai lu à voix haute dans mon bain !)

Mais au lieu de choisir les livres que j’allais lire, ce sont d’autres livres qui m’ont choisie et qui sont venus vers moi :
Nous étions le sel de la mer de Roxane Bouchard
De Rose à Rosa de Michel-Olivier Gasse
La dictature du bonheur de Marie-Claude Élie-Morin
L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle
Éloge du mariage, de l’engagement et autre folies de Christiane Singer
Les yeux de la nation de Jean-François Aubé
La vie habitable de Véronique Côté

Jusqu’à ce que j’écrive la deuxième liste, j’étais persuadée que je n’avais pas pris suffisamment de temps pour lire cet été. Ces sept publications, des petits volumes, oui, mais lourds de sens, sont venus à moi aussi subtilement que la vague qui monte petit à petit jusqu’à atteindre l’ourlet de ma jupe lorsque je marche sur le bord de l’eau, trop occupée à cueillir des petites pierres colorées.

Je me suis offerte Nous étions le sel de la mer à la Saint-Valentin. Un cadeau de moi à moi, avec tout mon amour. Et je ne l’ai ouvert que lorsque j’ai appris que le roman de Roxane Bouchard était choisi comme lecture du mois de juillet sur le blog. Il est arrivé exactement au bon moment dans ma vie ou alors m’a vie s’est arrimée avec lui et ensemble ils ont créé le bon moment.

Il m’a parlé de la mer, me demandant de l’affronter. Il m’a parlé de l’amour, de la solitude, des départs, en me demandant de les apprivoiser. Il m’a parlé des pêcheurs, ces hommes qui s’affairaient chaque jour tout près de mon lieu de travail. J’ai choisi de laisser partir le roman, au lieu de rester accrochée à lui comme un poisson à un crochet. Il est parti voyager.

Qu’il aille parler de la mer ailleurs, dans d’autres cœurs que le mien.

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Michel-Olivier Gasse m’a séduite une fois de plus, lors de son passage à la Vieille Usine pour la présentation de son projet-spectacle Saratoga, en duo avec Chantal Archambault. Puisque je ne voulais pas quitter trop rapidement sa belle énergie, je me suis plongée dans son recueil de nouvelles De Rose à Rosa, narrant sa vie en plein cœur de Montréal. C’est doux, c’est vivant, c’est drôle et c’est rassurant. Par ses mots, par ses anecdotes, il m’a émue et ébranlée quelques fois aussi. Il m’a donné le goût de retomber en amour et d’avoir un petit potager.

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La dictature du bonheur, je devais le lire celui-là, pour que me quitte enfin cette terrible culpabilité face à mon projet d’écriture mis à l’écart cet été. Je ne pouvais pas être sur tous les fronts à la fois. Il a fallu me rendre à l’évidence et faire des choix. La vulnérabilité c’est beau. Accepter sa vulnérabilité, c’est faire preuve de force.

Et puis, moi aussi, même si je souris beaucoup, j’ai le droit de me sentir toute croche et de pleurer pour rien ou pour quelque chose finalement !

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J’ai lu L’homme qui voulait être heureux parce qu’il traînait sous le comptoir-caisse de la galerie d’art depuis le début de l’été, comme abandonné à lui-même, incertain, sans domicile. Je l’ai pris, je l’ai ouvert, je l’ai lu jusqu’au bout. Et malgré la simplicité de l’écriture et la similarité entre ce texte et celui d’Elizabeth Gilbert, le fameux Mange, prie, aime (que j’ai beaucoup apprécié, soit dit en passant!), je suis tout de même allée chercher quelques enseignements personnels.

En résumé, nous, humains, nous inventons des histoires que nous finissons par croire à notre propos, tellement que nous diminuons grandement nos chances de nous réaliser. Si seulement nous cherchions à dépasser ces idées, qui sait ce que nous pourrions réussir !
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Sur les dernières notes de ma peine de cœur, on m’a conseillé de lire Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies de Chistiane Singer. Histoire de me détacher, une fois de plus, d’idées préenregistrées sur les relations et l’amour, pour pouvoir à nouveau, m’ouvrir le cœur tout grand.

Vivre et laisser vivre.
Je dois me reconquérir complètement et rayonner pour moi avant d’attendre qu’un autre me fasse me sentir complète. À ce moment-là, je pourrai marcher à côté de lui sans craindre de me perdre à nouveau.

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C’est par curiosité humaine et artistique que j’ai ouvert le recueil de nouvelles Les yeux de la nation de Jean-François Aubé. J’ai à l’intérieur de moi une grande soif que bougent les choses, mais je ne sais pas toujours par où commencer et comment m’y prendre, quels messages faire passer et par quel véhicule le faire. Les yeux de la nation trace un portrait vif et virulent de notre société. Tout y passe, la religion, la politique, l’iniquité sociale, le climat, le couple (ou toutes formes de relations (familialse, amicales et amoureuses)), etc..

Le recueil est basé sur une citation d’Oscar Wilde :
«Il n’y a que deux tragédies dans la vie.
L’une est de ne pas obtenir ce que l’on désire.
L’autre est de l’obtenir enfin.»

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L’été s’achève avec un document précieux et nécessaire, qui deviendra à mes yeux aussi important que l’est déjà Le Petit Prince, La vie habitable. Et comme je le fais avec l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry (j’achète toutes les copies que je trouve à faible prix pour ensuite les offrir aux néophytes), j’ai le goût d’offrir au monde ce tout petit livre d’une beauté grande et jaillissante si on décide justement d’y mettre le nez.

Que la poésie soit avec vous, où que vous soyez et peu importe ce que vous vivez !
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La lecture et la littérature me nourrissent, même si je reste intarissable. Elles me forgent, me construisent, me font grandir. Elles alimentent ma pensée, ma vie, mes relations. Elles emplissent les vides, élargissent l’horizon.

Je n’ai peut-être pas encore lu Anna Karénine, (je n’étais pas prédisposée à accueillir une œuvre qui a autant besoin d’espace, de temps et de lenteur pour être lue et comprise), mais je me porte bien. Et je ne me sens pas du tout coupable.

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Louba-Christina Michel est une passionnée. Elle écrit depuis qu’elle sait comment faire et même avant, dans une sorte d’hiéroglyphes inventés. Et dessine depuis plus longtemps encore, elle a dû naître avec un crayon dans la main. Elle est transportée par tout ce qui touche à la culture et dépense tout son argent pour des livres et des disques (hey oui!). Elle prend beaucoup trop de photos de son quotidien, depuis longtemps. Des centaines de films utilisés attendent d’être développés dans des petites boîtes fleuries. Sa vie tourne autour de ses grandes émotions, de ses bouquins, de l’écriture, de l’art, du café et maintenant de sa chatonne princesse Sofia. Après une dizaine d’années d’errance scolaire et de crises existentielles, entre plusieurs villes du Québec, elle est retournée dans son coin de pays pour reprendre son souffle. Elle travaille présentement à un roman et à une série de tableaux.

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