Year: 2015

Autour des livres : Rencontre avec Florence, collaboratrice chez Le fil rouge

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Les virées à la bibliothèque municipale avec mes parents lorsque j’avais 6-7 ans. Je feuilletais les livres en m’accrochant au pantalon de mon père pour ne pas me perdre. Je me souviens de la frousse que j’ai eue en m’apercevant que je tenais la poche arrière du jean de quelqu’un d’autre ! 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Quand j’avais onze ans, mon frère a mis le premier tome du Seigneur des anneaux entre mes mains. Et j’en ai redemandé. Je lisais chaque soir avant de me coucher et souvent en cachette lorsqu’il était rendu tard. Je m’endormais parfois aux petites heures de la nuit, trop absorbée. Maintenant, je lis constamment. J’ai parfois l’impression de ne faire que ça ou presque. Il y a des périodes où je peux être en train de lire cinq livres à la fois : un pour le métro, deux qui sont des lectures universitaires, un pour …

Paul dans le Nord : moto, hormones et jeux olympiques

Il y a déjà quelques semaines, je vous parlais de mon amour pour la série Paul. Je ne vous explique pas le bonheur quand j’ai tenu le colis contenant la nouvelle BD Paul dans le nord et ce, avant sa sortie en librairie, j’étais folle de joie! Paul dans le Nord nous amène dans l’adolescence de ce dernier, à l’aube des jeux olympiques de Montréal. Pour les habitués de Paul, vous serez surpris! Mais agréablement, bien entendu. Le personnage de Paul est tellement aimé, considéré comme le bon gars, que c’est étonnant et rassurant de reconnaître que Paul, il n’est pas parfait. Le récit est basé sur les premières expériences de Paul : le première fois qu’il fera du stop, qu’il fumera, qu’il tombera amoureux, qu’il vivra une peine d’amour et j’en passe. Les hormones de Paul sont dans le tapis, il parle des filles constamment avec ses amis et ça nous laisse percevoir que Paul était comme tous les adolescents au fond, plein de maladresses. Il change d’école secondaire et est complexé par ses boutons, ses cheveux, son …

Peut-être jamais

Lorsque j’ai appris que grâce au Fil rouge j’aurais la chance de lire le roman Peut-être jamais de Maxime Collins, je n’ai pas hésité une seconde ! J’aime découvrir de nouveaux auteur-e-s. De plus, j’avais déjà vu quelques publicités du roman qui m’avaient intriguée. Avant de commencer ma lecture, j’ai fait quelques recherches sur l’auteur. Maxime Collins a fait des études littéraires, a publié quelques nouvelles et romans (dont Peut-être jamais est son sixième). Il est surtout le blogueur du «Pile ou Face». Peut-être jamais se trouve à être un roman moderne. Nous faisons la rencontre de Gab, un bisexuel qui se découvre homosexuel. Il aime se retrouver dans les bras de Sarah, avec qui il sera en couple pendant quelques années. Ainsi qu’être dans les bras du beau Sébastien. Ce qui m’a un peu dérangée dans ce début de roman, c’est que l’auteur semble minimiser la bisexualité. C’est comme s’il ne croit pas en cette identité sexuelle. Je dois vous avouer qu’au départ j’étais peut-être emballée par l’idée de trouver enfin une histoire concernant …

Bouquins et caféine au Café Parvis

Voici la deuxième édition de notre série Bouquin et caféïne où on a joint deux de nos grandes passions : les livres et le café. Lors de la première édition, nous sommes allées visiter le Café Sfouf sur la rue Ontario; pour lire notre article, cliquez ici. Cette fois-ci, nous nous sommes rendues au Café Parvis situé sur la rue Mayor. Ce n’était pas la première fois qu’on se rendait à cet endroit, nous avons déjà eu la chance d’y souper un dimanche soir avec certaines collaboratrices : Caroline, Louba, Alexandra, Karina, Fanie, Valérie Valois et Roxanne! Marjorie et moi avions beaucoup aimé l’endroit et l’ambiance, donc nous avons eu envie d’y retourner en duo pour y parler de tout et de rien. On voulait aussi réfléchir à quel bouquin il pourrait être intéressant de lire à cet endroit. Un peu comme au Café Sfouf, le café Parvis a un beau mur turquoise qui nous plait beaucoup! Celui-ci est un peu plus délavé et vintage que celui du Sfouf, qui est plutôt ombré! Dans les …

Le secret le mieux gardé d’Asie du Sud-Est

Il existe des passions que l’on peut s’expliquer et d’autres que non. Dans mon cas, le Myanmar fait partie de la deuxième catégorie, il a toujours exercé une étrange fascination sur moi. Pays situé entre l’Inde et la Thaïlande, j’en avais entendu parlé la première fois à cause des violentes répressions politiques qui y avaient lieu. Mais au fil de mes curiosités, il était devenu nécessaire que j’y aille. Derrière tout ce qu’on disait, je soupçonnais quelque chose de beau. Et je ne m’étais pas trompée. Avant d’y mettre les pieds, le Myanmar (ancienne Birmanie) était pour moi l’altérité absolue, l’Orient fantasmé avec tout son lot de clichés. Mais ce serait vous mentir que de dire que j’y ai été dépaysée. La propension des gens à vouloir établir un lien avec moi a fini par constituer un point d’ancrage bien plus que solide. Partir n’a pourtant pas été un coup de tête, j’ai longtemps jonglé avec la question. Était-ce éthique d’aller faire du tourisme dans un pays où le régime en place était tristement connu …

Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil : Critique commune de la lecture d’octobre

Ce que j’en ai pensé : Ce livre, à mi-chemin entre le récit autobiographique et l’oeuvre d’art, nous livre le fil de la vie de Sylvie Laliberté, de l’enfance à l’age adulte où elle doit prendre soin de son père vieillissant pris dans le mouroir. Elle est une enfant solitaire, marginale qui grandit dans une famille des plus classiques. Elle se réfugie dans les livres, dans les personnages et tente d’oublier la réalité de sa vie. Elle prend l’autobus très jeune pour se rendre à la bibliothèque et je ne peux faire autrement que d’y voir Matilda de Roald Hahl. En devenant une adulte, elle s’est créée une vie bien à elle, avec son amoureux, ses lectures, sa maison et toutes ces petites choses qui la rendent heureuse. Je n’avais pas prévu d’être heureuse. Alors si ça arrive des fois, c’est déjà beaucoup J »ai trouvé ma lecture savoureuse à plusieurs moments, spécialement à la page 132 À chaque jour suffit sa peine. Mais il arrive qu’un jour ne suffise pas à ma peine. Alors je …

Autour des livres : Rencontre avec Catherine Rochefort, étudiante en littérature, #CathLit

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posé par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisation et au niveau de ses préférences littéraires. Pour cette édition, nous vous présentons Catherine Rochefort, une passionnée de littérature qu’on a découverte sur Instagram avec le mot-clé #CathLit où elle rassemble toutes ses lectures. Nous avons remarqué beaucoup de similitudes avec nos propres lectures et c’est ainsi qu’on s’est mutuellement mises à se « suivre ». Catherine effectue un retour aux études en …

La trahison des corps de Stéphanie Deslauriers, une ode à la vie

La trahison des corps, c’est le récit écrit au JE de Camille, qui prend la décision, suite à des virulents traitements de chimiothérapie, de se laisser mourir, de ne pas se battre contre sa maladie, ou du moins de ne pas se battre pour si peu de promesses, soit quelques mois de plus. Son destin est scellé, son corps l’a trahie, le verdict est fatal, il ne lui reste que quelques mois à vivre. Camille reprendra le contrôle sur son existence et par le biais de l’écriture, nous racontera les grandes lignes de sa vie qui l’ont menée à dire adieu à la vie de manière si calme, si déterminée et surtout si sereine. Paradoxalement, c’est aussi le récit d’une femme dans la quarantaine qui s’émancipe enfin et qui meurt en entière connivence avec elle-même. Le roman débute lorsque Camille explique sa vie quotidienne, son travail comme enseignante en art plastique, sa vie monotone avec sa fille adorée et son chum un peu plate. D’emblée, elle semble bien, en apparence surtout, mais plus l’histoire avance, plus …

« Soleil » de David Bouchet, nouvelle lecture de novembre du défi littéraire

Ce mois-ci, peu de gens ont voté dans le groupe Facebook du défi littéraire au sondage pour définir la nouvelle lecture du mois d’octobre. Toutefois, c’est toujours vous qui choisissez et ce, même si ce n’est que 5 personnes (haha). On va mettre ça sur la faute de l’Halloween, vous étiez sans doute trop occupés à cuisiner des potages à la citrouille, à trouver le costume de l’année ou à offrir des bonbons aux enfants, on vous pardonne ! Le bouquin de Simon Bouchet semble fort intéressant et quoi de plus génial que de découvrir un auteur qui nous propose sa première oeuvre! Voici donc notre lecture de novembre, Soleil de David Bouchet. Sans tomber dans les clichés, je dirais qu’un peu de soleil dans ce mois sombre et, disons-le déprimant, nous fera le plus grand bien à tous, du moins, je l’espère! Bonne lecture et on se retrouve sur le groupe Facebook, Je lis un livre québécois par mois pour en discuter! Voici une description de l’oeuvre disponible sur le site des éditions La peuplade …

Redonner ses lettres de noblesse au français québécois

Avec un titre comme La Langue rapaillée – Combattre l’insécurité linguistique des Québécois, Anne-Marie Beaudoin-Bégin avait toutes les chances d’attirer mon attention (en cette journée où je m’étais promise d’entrer dans la librairie, acheter le dernier de Moutier et repartir aussitôt)! Et le contenu n’avait rien pour me décevoir. La préface de Samuel Archibald donne l’eau à la bouche et dès que j’ai commencé la lecture de cet essai, je me suis sentie interpellée. Tout au long de ma lecture, je comprenais et analysais des situations qui ont lieu dans ma vie quotidienne et j’ai même quelques fois été émue. C’est que, voyez-vous, je suis une grande amoureuse de la langue française. Et j’adore l’accent québécois que je voudrais bien qu’on accorde toujours au pluriel : les accents québécois, tous riches et différents, tous fiers représentants de leur région. Je ne vous ferai pas de résumé exhaustif car le livre est assez court, 114 pages. Beaudoin-Bégin se permet de détruire les fausses croyances qu’ont les québécois quant à leur langue, leur français «moins bon» que …