Month: décembre 2017

Club de lecture : Manikanetish

Samedi le 21 octobre. C’est au café Chez l’Éditeur, annexé aux Éditions Québec Amérique et aux Éditions Cardinal, qu’on se retrouve pour une deuxième rencontre, en ce beau samedi matin d’automne. Notre lecture du mois : Manikanetish de Naomi Fontaine. Une enseignante de français en poste sur une réserve indienne de la Côte-Nord raconte son univers, celui de ses élèves qui cherchent à se prendre en main. Autochtone, elle tentera tout pour les sauver du désespoir, même se lancer en théâtre avec eux. Dans ces voix, regards et paysages se détachent la lutte et l’espoir.   Alors, avez-vous aimé votre lecture? Tous et toutes s’entendent pour dire que oui; que c’était beau, doux et plein de vulnérabilité. Que les moments choisis par l’auteure sont ceux qui sont portés d’une certaine lumière, d’une belle humanité, d’une envie de partage. Par contre, certain.e.s trouvent aussi qu’il manque un peu de profondeur à l’œuvre. Que le roman aurait mérité quelques pages de plus pour être moins en surface. Nous sommes donc vraiment entre deux réactions, devant tout le beau, …

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Le parfum de Janis : Entrevue avec Corinne Larochelle

En juillet, le livre qui s’est retrouvé dans le coffret était Le parfum de Janis, publié en 2015 chez Le Cheval d’août. C’est un roman qui nous a touchées, une courte lecture dans laquelle on se plonge facilement. Un récit qui mélange souvenirs d’enfance, voyage au Portugal et réflexions. La plume de Larochelle est simple, poétique et se prête parfaitement aux divers thèmes de l’œuvre. Voici l’entrevue que nous avons réalisée avec Corinne Larochelle.   Le parfum de Janis a été publié en 2015; quel regard portez-vous maintenant vis-à-vis cette œuvre? Il y a un avant et un après. Le parfum de Janis est une œuvre importante dans mon parcours, une sorte de clé de voûte qui m’a donné une grande liberté et un sentiment d’apaisement. Depuis l’adolescence, je savais que j’aurais maille à partir avec mon histoire familiale et, en particulier, avec la relation mère-fille. J’avais abordé ce thème dans mon recueil de poésie Femme avec caméra où j’interrogeais, entre autres, la relation entre la photographe Diane Arbus et ses filles. Mais c’était de …

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Queues, nom féminin pluriel, définition populaire : membre viril –

Je ne suis pas très poésie. J’essaie vraiment fort, mais j’ai toujours un peu de difficulté à accrocher. Pourtant, dès que j’ai vu Queues, le recueil de Nicholas Giguère publié chez Hamac (maison d’édition que j’adore!), j’ai tout de suite eu envie de le lire. Il y a de ces titres qui vous accrochent, qui vous promettent satisfaction. La poésie contemporaine a cet avantage de me raconter l’humain dans sa bestialité, dans sa sexualité et sa violence refoulée, sans romantisme ni métaphores indécidables. Il s’agit d’une accumulation de textes publiés ça et là par l’auteur, rassemblés en une petite planchette et recousus bout à bout. Il n’y a pas de chapitres, ni de titres, ni même de temps d’arrêt, pour tout dire. Le rythme de lecture varie de rapide à excessivement précipité, il ne tombe jamais dans le lent. Queues se lit d’un bout à l’autre en une seule fois, en un seul souffle qui reste coincé dans la gorge jusqu’à la fin. entre le souper et la vaisselle j’imagine que je devrais me poser …

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L’éloge de ma fragilité

tomber en amour marcher différemment l’odeur accentuée d’un carnet tout neuf y consigner une suite de pulsions inévitables regarder tout et tout le monde pour la première fois cette curiosité primitive du corps qui bat la chamade   Voilà ce qui se passe certaines fois, lorsqu’un livre se présente à nous. Voilà ce qui est arrivé, pour moi, quand j’ai ouvert Éloge de la fragilité, un essai de Pierre Bertrand. Et maintenant, je garde cap sur une vie qui s’ouvre avec une merveilleuse lucidité. Ma fragilité est géante ! Pierre Bertrand est né à Montréal en 1946. Titulaire d’un doctorat en philosophie des universités Paris-I et Paris-VIII, il enseigne depuis trente-cinq ans au collège Édouard-Montpetit, à Longueuil. […] Quelle place occupons-nous au sein du cosmos qui nous compose et que nous participons à composer? Dans cet essai qui est aussi une méditation sur l’écriture, le philosophe observe les failles et les défaillances de l’homme, ses limites, ses faiblesses, ses fragilités; autant de facteurs actifs et nécessaires à l’élan de toute création[…]. L’envie de répondre Dès …

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Brasser le varech : parcours d’une fille estuaire

J’ai toujours entretenu un rapport plutôt froid avec la poésie. Ce n’est simplement ni naturel, ni instinctif pour moi de me diriger vers les vers (!!), je me dirige toujours vers les récits, la prose, les essais. N’empêche que mon désir de découverte est grand et que, cet automne, je me suis donné comme défi personnel de lire quelques recueils, question d’espérer tomber sur quelque chose qui m’allumerait ou bien qui me confirmerait que la poésie, ce n’est tout simplement pas pour moi. Ça fait que, si j’écris cette critique, c’est évidement parce que je suis tombée sur quelque chose qui m’allume. Ce quelque chose, c’est le recueil Brasser le varech de Noémie Pomerleau-Cloutier. Brasser le varech est un recueil intime, contemplatif, fort, bercé et supporté par la nature. Je l’ai lu une fois, puis une seconde fois, à voix haute. Je pense que j’ai trouvé, dans le fait de lire tout haut, une façon de mieux apprivoiser la poésie, d’en comprendre les nuances, les intonations, ce qui se cache dans l’espace entre les mots. En 5 …

Rouvrir des plaies pour mieux les guérir avec Rupi Kaur

Quand j’ai commencé ma lecture du premier recueil de Rupi Kaur, Milk and Honey, j’étais assise à la terrasse d’un restaurant, et derrière mes verres fumés, je pleurais à chaudes larmes. Donc, lorsque je me suis procuré son second opus, The Sun and Her Flowers, c’est dans l’intimité de ma chambre que je l’ai débuté. Le livre de poèmes est divisé en 5 parties : wilting (se flétrir), falling (tomber), rooting (s’enraciner), rising (s’élever) et blooming (fleurir). À travers ces différents chapitres, Rupi Kaur explore les thématiques de l’abus, du viol, de la peine d’amour, de l’immigration, du déracinement, de la famille, de l’amour envers les autres et envers soi, mais surtout, celui de la résilience. J’ai dû prendre mon temps pour lire The Sun and Her Flowers, car certains poèmes venaient rouvrir de vieilles blessures et me faisaient pleurer à en hoqueter. Oui, ce livre devrait être précédé d’une introduction listant tous les « trigger warnings » possibles et inimaginables. Mais attention! Si Rupi Kaur vient tourner le couteau dans la plaie, c’est pour mieux en faire sortir le méchant, désinfecter …