Bibliothérapie
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À la verticale de soi, de Stéphanie Bodet

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Déjà le titre, rien que ça. Comme un appel à se hisser sur des hauteurs qui nous dépassent.

Et puis la couverture, vertigineuse ascension sur une paroi exempte de toute aspérité hormis cette faille, mince et étroite.

Enfin la préface — bien sûr! — de Sylvain Tesson.

TOUT dans ce livre m’appelait, sans compter ces incroyables similitudes avec l’autrice: la littérature, la région grenobloise, la montagne, l’escalade, la quarantaine: l’âge où l’on prend rendez-vous avec soi-même…

Plus qu’un récit d’aventure

Je suis comme ça, j’aime les récits qui me font voyager, m’emmènent hors de ma douce zone de confort. Lors de mon dernier voyage en France, qui fut un retour aux sources pour moi, je suis allée avec bonheur errer dans une de mes librairies préférées à Grenoble. Je ne saurais décrire le sentiment qui m’habite quand je rentre dans la section dédiée aux « Grands » de la région : alpinistes, grimpeurs, explorateurs, skieurs hors pair… C’est comme un second voyage! Je retrouve alors tout ce qui me fait vibrer, et principalement la montagne.

Le récit de Stéphanie Bodet fait partie de ces récits-témoignages que j’affectionne tout particulièrement pour leur authenticité. Il fait partie de ces récits qui montrent la voie, qui donne un sens à tout ce que l’on entreprend par passion dans nos vies.

«En escalade, on parle de style. Le style! La chose la plus importante de la vie. Le style est le principal point commun de la grimpe avec la littérature. Stéphanie Bodet avoue qu’elle est autant éprise d’escalade que de mots. Et c’est une aubaine pour nous qui découvrons dans ces pages la formulation de ce que nous allons obstinément chercher dans la montagne sans jamais être fichu de savoir ce que c’est.»

Ces mots de Sylvain Tesson en préface au récit m’interpellent avec force. Car oui, il y a un lien selon moi, entre les mots que l’on tente de poser sur le papier sans parfois y parvenir et les maux que l’on tente de soigner par d’autres voies. L’escalade, la randonnée, la nage… tous des sports où l’on cherche à se dépasser (pour ne pas dire à se surpasser).

Se retrouver dans le dépassement de soi

On est tous à la recherche de notre paroi, de ce rocher qu’il nous faut gravir pour en atteindre le sommet. Je trouve que cet ouvrage est une merveilleuse métaphore du dépassement et de la connaissance de soi. Et c’est ce qui me plaît! Je suis loin des guides de développement personnel qui pullulent dans les étalages des librairies. Ce que je recherche avant tout, c’est du vrai, du sincère, de la sueur! Pas une formule toute faite sortie d’un cours de coaching lambda.

Le récit de Stéphanie Bodet m’emmène sur des hauteurs que j’aime. Celles de ma région, des massifs montagneux; celles que je voudrais un jour atteindre moi-même.

«Grimper m’a apporté cette confiance. Il existe un lieu où trouver la stabilité et le corps unifié dans le mouvement nous y transporte. Savoir que tout est là, en soi, et que c’est dans sa recherche que l’équilibre advient.»

Il y a effectivement un équilibre à trouver lorsque l’on grimpe. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé d’escalader une paroi : cela demande une certaine forme de souplesse, certes, mais également un gros self-control lorsqu’on se retrouve à plusieurs mètres au-dessus du sol. Ce récit me ramène aux années où je m’agrippais moi-même sur ces roches calcaires, suspendue dans le vide au bout d’une corde de rappel de 10 mètres… Et puis toujours pour aller plus loin, avancer, coûte que coûte, pour atteindre ce sommet.

Ce sommet… Quel bonheur, une fois assise dessus!

Certains d’entre nous ont besoin de grimper. D’autres ont besoin de défis. D’autres encore ont besoin d’écrire sur ces défis.

Et puis il y a ceux qui les lisent, parce qu’ils retrouvent une vibration d’eux-mêmes à travers ces récits.

Je suis de tous ceux-là.

Jouir de la vie

«De quoi sera fait demain? Nul ne le sait! « Jouissez de la vie; il est beaucoup plus tard que vous ne le pensez... » À la veille d’une expédition, ces mots de Claude Lelouch sont à prendre à la lettre.»

Aller au-delà de soi, c’est aussi accepter les dangers. Comment expliquer ce besoin d’aller chatouiller de près la mort, suspendu dans le vide? L’autrice aborde ce point à travers une conversation qu’elle a avec son amie, Sadiya.

«Comment t’expliquer, à toi qui bats ton linge l’hiver dans l’eau glaciale de la rivière, que pour nous, les cures d’inconfort sont une question de survie?»

Nous sommes las de nos vies sans prise de risques, en fin de compte. Nos vies si bien organisées et planifiées manquent de spontanéité et de rudesse. Nos corps, trop bien préservés, rarement mis à rude épreuve, réclament à cor et à cri de s’écorcher sur la roche, de sentir, de s’agripper à d’infimes prises et de vibrer de bonheur arrivés au sommet!

Vibrer pour se sentir vivants. Sentir les battements de notre cœur à travers la poitrine, sentir comme nous sommes fragiles, en fin de compte, et pourtant si forts!

Ce récit me ramène à la verticale de moi, au pied de ce mur immense qui m’empêche d’avancer et qu’il me faut gravir. Ce n’est pas un livre confortable…

S’il faut parler de bibliothérapie, alors oui, cet ouvrage en est un bel exemple, tout comme ceux de Cheryl Strayed, Elizabeth Gilbert ou Sarah Marquis, dont j’ai apprécié l’authenticité et la plume.

Avez-vous lu dernièrement un livre qui vous fasse vibrer de la sorte? Que représente-t-il pour vous?

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