Auteur : Marjorie Rhéaume

ray bradbury - fahreneith 451

Découvrir des classiques : Fahrenheit 451

Fahrenheit 451 fut ma première lecture de 2017. Non, je ne l’avais jamais lu au cégep. Je me rappelle plutôt de The Catcher in the Rye et de Brave New World dans mes cours d’anglais, mais il ne fut jamais question du classique américain de Ray Bradbury. J’en avais entendu parler maintes fois, sans jamais vraiment m’y attarder, ayant toujours un livre plus tentant dans ma p.a.l. J’ai finalement décidé de m’y plonger il y a quelques semaines et j’ai bien apprécié ma lecture. Je comprends que c’est le type de livre qu’on peut faire lire à un groupe de cégépiens et, pourtant, je ne me suis pas sentie prise dans l’un de ces romans que je me forçais parfois à lire lors de cours obligatoire. Je n’ai pas eu la flagrante impression de me retrouver dans un roman de science-fiction comme l’aurait eu quelqu’un l’ayant lu à sa parution en 1953. Sans que notre société ressemble entièrement à celle dépeinte dans le livre, elle lui ressemble certainement plus qu’il y a 70 ans de cela. Je crois …

Productivité et Créativité : The fire starter sessions

*Ce livre n’est malheureusement pas traduit en français. En commençant ma série Productivité et Créativité (1 & 2), je savais que je voulais lire The fire starter sessions. Pourtant, j’ai attendu presque un an avant de m’y mettre. Avoir su que j’allais autant apprécier et être motivée par cette lecture, je l’aurais lu avant. En même temps, je crois que la lecture que j’en ai faite est arrivée à un bon moment, à l’aube de 2017, alors que Le Fil rouge entrera dans sa première année complète en tant qu’entreprise. The fire starter sessions, de Danielle Laporte, est un mélange bien équilibré entre entreprenariat et développement personnel. Ce que l’auteure propose est un guide pour définir le succès selon ses propres valeurs et besoins, le tout envisagé sous une perspective entrepreneuriale. À travers 3 parties et 16 modules, Laporte propose exercices et questionnements qui vous pousseront à vous mettre en action, à repenser votre système de valeurs et à vous déculpabiliser. En gros, l’approche de l’auteure est axée sur les émotions, sur ces sentiments qu’on identifie parfois …

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L’amour, cette imparfaite amitié

D’emblée il faut que j’avoue; je n’ai pas su faire comme Amanda, personnage principal du tout dernier roman de Mylène Bouchard. Je n’ai pas su résister, je n’ai pas eu le temps de désirer, je l’ai consommé, je l’ai consumé même, rapidement. Je n’ai su le déposer que lorsque mes yeux ne voulaient plus que dormir, pour mieux le reprendre le matin suivant. L’imparfaite amitié, c’est une incursion dans la vie d’Amanda, mère, femme volage, femme de culture, amoureuse; à travers une série de lettres, de documents, de bouts de papier mis dans une boite destinée à sa fille. On y découvre sa vie et surtout, ses réflexions et ses questionnements sur le désir et sur l’amour, dans toutes ses pluralités et, par dessus tout, sur la consommation de celui-ci. Amanda s’attache, elle aime souvent, plein de gens. C’est après que sa fille l’ait découverte, au milieu de la nuit, revenant d’une balade avec un amant, qu’elle prendra une décision, celle de résister. Pour s’y tenir, elle fait un pacte: celui de quitter son mari. …

Dans l’oeil du soleil: au coeur des motivations de chacun.

Dans l’oeil du soleil nous transporte au coeur de Kaboul, sous la plume d’une journaliste tentant de comprendre les motifs derrière un attentat qui tua trois de ses connaissances. S’ensuit un récit de filiation dans lequel, en jouant avec des retours en arrière et une multiplicité des voix, Deni Ellis Béchard dresse le portrait de Clay, Justin et Alexandra venus à Kaboul pour différentes raisons et qui n’en repartiront jamais : tous les trois morts dans une explosion de voiture. Qu’est-ce que ces trois personnes, dont les liens semblent être de surface, faisaient dans cette voiture? Où est passé le conducteur, la quatrième personne? Qui sont Clay, Justin et Alexandra? Qu’est-ce qui les a poussés à venir en Afghanistan? Voilà quelques-unes des questions qui poussent le personnage principal, jeune journaliste dont le nom est si peu mentionné, à enquêter. Alors que son but premier est de faire un article, c’est plutôt l’envie de faire un roman qui la pousse à continuer, en se rapprochant petit à petit de ces gens qu’elle a à peine connus. « Mon roman serait différent : …

Ce qui se passe dans la forêt : adolescence et petites violences

Ce qui se passe dans la forêt, en Suède, n’est pas bien différent de ce qui pourrait se passer en forêt ici au Québec. Dans ce roman graphique aux magnifiques images au plomb, on retrouve trois adolescentes suédoises qui explorent les relations avec les garçons, expérimentent avec l’alcool et doivent faire face aux changements qu’apporte l’adolescence. «Aida Karlsson, une jeune suédoise de quatorze ans, vit à proximité d’une petite ville dans la région du Småland. Elle et ses amies, Tess et Marlène, sont en classe de cinquième et se retrouvent confrontées à de nombreux changements dans leurs relations avec les garçons ; nouvelles règles du jeu, nouveaux comportements, attouchements qui dégénèrent en agressions, relations amour/haine et cette frontière parfois ténue entre les simples jeux d’enfants et la violence… Les trois amies réalisent qu’elles vont devoir s’endurcir pour ne pas perdre leur place dans la nouvelle hiérarchie qui s’instaure dans ce monde où les adultes sont presque perçus comme une menace, un monde où elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes.» Sous ces allures de récit …

Royal : obsessions d’un petit roi

Le milieu du droit en est bien un que je ne comprendrai jamais, même après avoir vu mon ancienne colocataire passer à travers trois ans de bac. C’est de cette incompréhension pour le milieu que m’est venue l’envie de lire Royal. Je voulais comprendre, un peu, ce que c’était. J’avais entendu des histoires d’alcool, des trucs pas très catholiques, sans plus. En me plongeant dans le second roman de Jean-Philippe Baril Guérard, j’ai tout de suite été absorbée par l’histoire, son ampleur et son absurdité. La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de la …

Littérature et métro : deux initiatives montréalaises

Ah, le métro de Montréal. Catalyseur de discussions, provoquant parfois la colère, mais facilitant le transport, lieu de coups de foudre Métro Flirt et, pour plusieurs, endroit de prédilection pour lire. À force d’y passer une demi-heure le matin et une demi-heure le soir, pourquoi ne pas rentabiliser ce temps pour prendre le temps de lire? C’est justement ce que plusieurs font. Il n’est donc pas si étonnant de voir de plus en plus d’initiatives alliant métro et littérature. Que ce soit dans le métro de New York avec le compte Instagram Subway book review sur lequel Martine a d’ailleurs écrit un article, ou bien les initiatives Books on the subway, et Books on the underground, à laquelle a participé l’actrice Emma Watson, ce ne sont pas les initiatives qui manquent. Et Montréal? Et bien justement. Depuis peu, deux projets font leur place dans les espaces sous-terrains montréalais. La grande bibliothèque souterraine de Montréal La grande bibliothèque souterraine de Montréal, c’est un site web, une page Facebook et un compte Instagram qui prend des clichés, sur le vif, …

Amun, le rassemblement

J’aurais aimé avoir Amun avec moi pour mieux vous en parler, mais je l’ai prêté à mon père. Parce que c’est un peu grâce à lui et à sa sensibilité pour l’autre que j’ai voulu lire ce livre et que j’ai une ouverture envers les peuples autochtones. Une ouverture? Mais pourquoi n’en aurais-je pas? Parce que j’ai été élevée près d’une réserve atikamekw où, dès mon arrivée, on m’a appris à appeler les habitants les Kawish, à les stigmatiser, à les stéréotyper sans prendre le temps d’y comprendre grand-chose. C’est drôle que le fait de vivre près d’une communauté puisse créer non pas un effet de rapprochement, mais plutôt l’effet contraire. Si ce n’était pas de mon père, de son intérêt, de son emploi et du fait qu’il m’ait emmenée au Pow Wow de Wémontachi, l’année de notre déménagement, je n’aurais peut-être pas aujourd’hui cette approche, ce respect et cette certaine compréhension envers les communautés autochtones. Sans, bien sûr, prétendre comprendre leurs réalités, quotidiens ou histoires propres, je remercie mon père pour son ouverture, celle qui m’a portée vers …

Les sorcières de la république : Le délire littéraire de Chloé Delaume

Mon premier contact avec Chloé Delaume se fit dans un cours de littérature et psychanalyse avec son livre Le cri du sablier. Un autofiction propre à l’auteure, au style singulier, à la symbolique forte. L’autofiction, c’est vraiment la niche dans laquelle c’est posée Delaume, ayant même écrit des essais sur le sujet. C’est pourquoi plusieurs furent peut-être surpris à la sortie de son tout dernier roman, Les sorcières de la république. Roman qu’elle appelle son premier, puisque, pour la première fois, elle s’extirpe du soi pour plonger tête première dans la fiction. Avec Les sorcières de la république, Delaume n’a pas fait les choses à moitié. C’est la France entière qu’elle a mise en fiction dans cet ovni littéraire. Pour faire une histoire courte, on y raconte le procès de la Sybille, conseillère des déesses grecques, une cinquantaine d’années après qu’elles aient pris le contrôle de la France. Après une fin du monde qui n’eut jamais lieu (en 2012), les déesses décidèrent de reprendre le pouvoir en créant le parti du cercle, un parti politique …

Des papillons pis du grand cinéma : l’art de retomber en amour

L’an passé, à pareille date, ou presque, je suis tombée sous le charme du roman Des papillons pis de la gravité, d’Alexandra Larochelle. Un an plus tard, je suis retombée en amour avec son second roman, Des papillons pis du grand cinéma. Comme le titre l’insinue, l’un est la suite de l’autre. On y retrouve Frédégonde dans de nouvelles aventures, à la croisée des chemins entre Christophe et Kendrix, entre Lyon et Varsovie. Je savais qu’y en aurait pas de facile, mais je pensais jamais me retrouver à l’aéroport avec pas de billet pour me demander qui choisir entre les deux gars de mes rêves. La stabilité à Lyon ou l’aventure à Varsovie? C’est pas dilemmable, un dilemme de même, fait que ça serait sûrement beaucoup plus sage de choker pis d’aller genre… à Londres. Comme le dit le vieil adage que je viens d’inventer : tous les chemins mènent à l’amour, pis toutes les réponses se trouvent à Londres. T’as-tu envie d’une histoire de voyage à l’eau de rose? Ben, t’en auras pas. Mon …