Auteur : Martine Latendresse Charron

Je suis féministe : un collectif nécessaire

Le blogue Je suis féministe fait partie de mes favoris depuis plusieurs années. C’est grâce à leurs articles que j’ai réfléchi à des tonnes de sujets, que j’ai remis en question mes croyances et que je suis fière de me dire féministe aujourd’hui. Mes cours de philosophie au cégep et de littérature m’ont aussi donné envie de lire davantage sur le sujet, mais c’est par le blogue Je suis féministe que j’ai trouvé ma place sur le web. Or, en 2008, lorsque le blogue a été créé, c’était ça leur désir, prendre la place qui leur revenait, aux jeunes féministes qui ne se sentaient pas impliquées dans les médias québécois : Nous sommes des jeunes féministes dans la vingtaine et la trentaine. Nous sommes absentes des médias. On ne parle du féminisme qu’en montrant des femmes de l’âge de nos mères qui ont accompli de grandes choses et livré de grands combats. Mais nos combats à nous, qui en parle? On y parle aussi en introduction de la grande noirceur du féminisme québécois, ces deux …

Un duo des plus merveilleux ; Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Il y a de ces lectures qui marquent l’imaginaire et qui restent en nous longtemps, Jane, le renard et moi en fait partie. Il a eu longtemps une place de choix dans ma maison, sur ma cimaise où je prenais souvent le temps de m’immerger dans l’atmosphère si tendre de cette bande dessinée, la lire était tel une médiation pour moi, j’en ressortais ressourcée, chavirée et toujours entièrement comblée. Rares sont les bijoux littéraires qui me font cet effet, des années passées, mais Jane le renard et moi, c’est mon chouchou. (Et celui de bien d’autres gens, bien heureusement, les livres tels que celui-là méritent d’être partagés, lus, et relus.) Alors, vous devinerez que j’avais le coeur serré d’apprendre que le merveilleux duo d’Isabelle Arsenault et Fanny Britt retravaillait ensemble de nouveau. J’étais heureuse, mais inquiète aussi. Et si je restais sur ma faim, et si Jane, le renard et moi, n’était pas égalable ? Des soucis de lectrice un peu intense me direz-vous, mais c’était un réel conflit dans mon coeur. Lorsque j’ai reçu …

La liste des petites choses qui font du bien

L’illustratrice et conceptrice graphique Ana Roy, que vous avez sans doute connue grâce à son énigmatique illustration Namaste Caliss, a lancé il y a quelques temps son premier livre, Les petites choses; un livre qui fait sourire et qui fait du bien. Ces petites choses… Dans ce livre fluo, Ana Roy nous fait la compilation de ces petites choses qui lui font du bien et la font sourire. On s’y reconnait très souvent et on sourit en tournant les pages de voir des situations qu’on a tous vécues et qui sont vraiment « les petites choses » qui constituent l’essence même d’une vie. Des phrases qu’on lit partout (mais qui ne sont pas moins vraies) telles que la célèbre “Enjoy the little things in life because one day you’ll look back and realize they were the big things” le proclament. La beauté des petits bonheurs et des petits instants résulte dans cette capacité à admirer le beau et le tout simple. Le genre de livre qui rassure, qui console, qui fait sourire surtout. Un baume de couleur, de simplicité …

Une ode rosée à ses racines

Dans ce petit livre d’un vieux rose réconfortant, on plonge avec douceur et avidité. Marianne Ferrer, l’illustratrice du livre, y raconte comment son enfance, sa famille, a forgé son identité et ses racines. C’est une petite ode à ce qu’on est, d’où on vient, ce qui nous influence et ce qui nous permet d’être tout simplement soi. Ce livre accordéon s’ouvre et prend toute la place, le temps qu’on s’y immerge complètement. La tête entièrement dans l’histoire de Racines, dans ses magnifiques illustrations et la douceur de ses mots, j’admirais le travail et la motivation derrière chaque page. J’ai beaucoup aimé cette lecture, courte, certes, mais pas moins marquante. Il faut des ouvrages minimalistes comme celui-là, qui par l’intimité et la délicatesse de l’objet comme des mots, nous ébranlent et nous font du bien, vraiment. Une histoire d’amour qui traverse les montagnes, un grand-père passionné et l’héritage d’une mère… Marianne Ferrer tisse une fresque tendre et intimiste dans un superbe livre-objet qui retrace les moments marquants de son histoire familiale. Elle transcende le temps et …

Les superbes : quand le succès et l’ambition dérangent

Léa Clermont-Dion et Marie-Hélène Poitras signent un ouvrage des plus pertinent en cet automne frisquet, Les superbes, une enquête sur le succès et les femmes. Écrit sous deux formes, soit des entrevues avec des superbes et aussi, sous forme de correspondance entre les deux auteures, ce bouquin vient démontrer toute l’injustice dont les femmes ambitieuses qui réussissent sont victimes. J’ai été choquée et consternée, mais malheureusement pas surprise, de lire les témoignages de femmes au sujet des commentaires et comportements sexistes qu’elles ont subis, tout simplement, car elles étaient des femmes. Les dommages collatéraux que peuvent faire ces injustices sont trop nombreux et profondément graves. Les deux auteures, Marie-Hélène Poitras et Léa Clermont-Dion, ont le courage de s’indigner devant des situations sexistes qu’elles ont toutes deux vécues : Marie-Hélène Poitras lorsqu’elle a publié le roman à succès Griffintown, et Léa Clermont-Dion à la suite de la diffusion de son documentaire Beauté fatale. Les commentaires et les insultes qu’ont reçus ces superbes sont tout simplement inacceptables et démontrent toute l’importance d’un livre comme celui-ci. Le tweet violent …

Autour d’elle : ces instants qui forgent la vie

Les admirateurs de Sophie Bienvenu ont été conquis cet automne, car l’auteure publiait un roman, Autour d’elle, chez Cheval d’août, mais aussi son premier recueil de poésie chez les Éditions Poètes de brousse sous le titre Ceci n’est pas de l’amour. D’emblée, je dois le mentionner, je suis une adoratrice de Sophie Bienvenu, c’est une de mes auteures contemporaines préférées. Son premier roman, Au pire on se mariera, m’avait fouettée de plein fouet et m’avait sidérée. Rares avaient été les premiers romans qui m’avaient autant frappée et émue. J’en avais même parlé ici. Son deuxième roman m’a fait le même effet, dans Chercher Sam Sophie Bienvenu réussissait à démontrer toute l’humanité de son oeuvre, et surtout, elle avait un talent fou pour donner des voix si singulières à ses personnages. Elle maitrise l’art du dialogue à merveille, en lisant ses romans, je me surprends à entendre ses personnages dans ma tête, tellement les dialogues sont empreints d’authenticité et de réalisme. J’avais parlé de Chercher Sam juste ici, aussi. Alors lorsque j’apprenais que Sophie Bienvenu préparait un nouveau …

L’écho de leurs voix : combattre le silence

J’étais très contente quand Remue-Ménage nous offrait de lire L’écho de leurs voix, car j’avais été très heureuse de me plonger dans un roman qui traitait de l’histoire d’Haïti et de la dictature et de la chute de Duvalier. L’hiver dernier, j’avais lu Femmes au temps des carnassiers de Marie-Célie Agnant qui m’a beaucoup informée et conscientisée. J’adore le fait que la fiction nous permette de mieux comprendre un peuple, un pays et son histoire. Encore un merveilleux pouvoir des livres! Dans ce dernier roman de Jan J. Dominique, on y suit des membres d’une famille haïtienne qui vit à Montréal. La jeune Claire, étudiante du cégep qui se cherche beaucoup, est un peu le personnage central qui relie tous les autres personnages qui parcourent l’oeuvre. Cette jeune fille reçoit un carnet en cadeau et c’est ainsi qu’elle se met à écrire et à se confier par le biais de l’écriture. Elle tombe aussi très amoureuse, de Hans, un homme très près de sa grand-mère qui lui fera vivre ses premiers grands émois amoureux. Elle …

La pureté du coeur

Je ne fais pas partie de ces milliers de personnes qui ont lu L’orangeraie et qui ont adoré. C’est pas que je n’ai pas aimé, je n’ai tout simplement pas eu la chance de m’y plonger. Toutefois, je me suis fait un plaisir en lisant le tout dernier roman de l’auteur, L’impureté. J’ai lu du Larry Tremblay au cégep, je me souviens de The dragonfly of Chicoutimi et surtout d’en avoir eu un peu peur par son bilinguisme et par la manie de mon enseignante de nous faire lire à voir haute en classe (#élèvediscrète) J’ai tellement entendu de bien de Larry Tremblay dans les dernières années que j’ai eu envie de lui donner une deuxième chance. Dans L’impureté, on y questionne beaucoup la notion de vérité, de bien et de mal. Rien de nouveau, me direz-vous. Toutefois, il y a dans l’écriture de Larry, dans la construction de ses personnages, un vrai travail de mise en abîme qui fait en sorte que j’ai bien de la difficulté à écrire ces lignes. L’impureté, c’est l’histoire d’Antoine, …

100 ans d’Anne Hébert : une vie de création

Les éditions Fides ont sorti, pour rendre hommage au 100e anniversaire d’Anne Hébert, un album souvenir qui nous permet de retracer le parcours spectaculaire de cette grande auteure québécoise. Cet Album Anne Hébert créé par Bernard Chassé et Nathalie Watteyne revient sur toute la vie de l’écrivaine. Son enfance, ses débuts, son succès international et les derniers instants de sa vie. Ce que j’ai le plus aimé de cet album est l’équilibre entre la vie privée et la vie publique qui a été respecté. Le bouquin contient beaucoup de lettres d’Anne à son frère Pierre, de qui elle était extrêmement proche, elle y raconte ses angoisses d’écrivaine, son besoin d’intimité et toute l’inspiration qu’elle trouve dans la vie quotidienne. Les correspondances qu’elle entretient autant avec son frère, ses amis que ses parents sont porteuses d’une vérité et d’une authenticité envers la femme et non l’écrivaine de renommée internationale. J’ai aimé voir Anne Hébert d’un autre œil dans cet album. Non seulement, il est évident qu’elle était animée d’un besoin d’écrire plus grand que tout, on …

Nos suggestions de classiques de la littérature québécoise #jelisunlivrequébécoisparmois

Qu’est-ce qu’un classique? Les définitions varient et surtout restent subjectives! De mon côté, je vais lire Les fous de Bassan d’Anne Hébert en ce mois des classiques. J’ai eu la chance de me replonger dans l’oeuvre de Hébert avec le livre Album Anne Hébert qui a été publié chez Fides (un article sortira prochainement à ce sujet!) et ça m’a donné plus qu’envie que de lire cette oeuvre marquante de la littérature québécoise. Roxanne m’a aussi confié vouloir lire Putain de Nelly Arcan! Dites-nous dans les commentaires quels sont les classiques québécois selon vous! Marion va (re)lire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy Quoi de mieux qu’un mois où le froid commence à se pointer pour s’installer et lire un classique de notre littérature, se plonger dans notre culture et notre patrimoine québécois? Pour ma part, je vais relire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, cette histoire réaliste et poignante d’une jeune fille à Montréal dans les années 40. Au coeur de Saint-Henri, c’est Florentine Lacasse et sa famille que l’on suit, plongés dans la misère, alors que …