All posts filed under: Réflexions littéraires

L’inspiration (partie 2): quand elle s’éclipse, quand elle revient

Dans mon dernier article, j’abordais la question de l’inspiration, puisée dans les arts et dans tout ce qui nous entoure. Cependant, et la plupart d’entre vous l’ont sans doute déjà expérimenté, on a parfois toutes les bonnes intentions du monde, toute la motivation requise pour créer… mais il ne se passe absolument rien. Rien, rien, rien. La fameuse page blanche, quoiqu’on fasse. Ceux qui valsent régulièrement avec l’inspiration savent qu’elle est une partenaire volage. Elle semble n’avoir ni Dieu, ni maître et s’amuse parfois à nos dépens. Parce que souvent, on s’assoit avec le crayon à la main, on a le temps de travailler, on est prêt à faire progresser notre projet… et elle se pointe le bout du nez pour repartir aussitôt, si elle n’est pas plutôt restée cachée pour nous bouder en paix, sans que l’on sache pourquoi. Et, encore plus souvent, elle décide de venir nous rendre visite et entreprend de nous titiller l’esprit comme jamais, alors qu’on se trouve au travail, au volant, dans l’impossibilité de profiter de sa soudaine générosité …

Les histoires qui ont plusieurs vies

J’aime l’odeur du roman neuf fraîchement acheté à la librairie. Ça sent un mélange de pages qui viennent d’être imprimées et de mots qu’mes yeux ont hâte de lire. Par contre, avec ma passion pour la littérature, si j’achetais tout en magasin, mon portefeuille me ferait la baboune souvent. Heureusement, il existe une alternative pour combiner «bibliothèque garnie» et «compte bancaire heureux» : les librairies d’occasion. Elles sont si faciles à trouver. Si accessibles. Si abordables. Montréal est remplie de ces petites mines d’or. Détrompez-vous, elles ne sont pas uniquement réservées pour ceux qui ont un budget limité, au contraire. Tout l’monde gagne à y aller. J’adore me promener longtemps entre les longues rangées de livres pas chers. Je trouve qu’on a pas assez le réflexe de visiter ce genre d’endroits. Pourtant, on peut y faire d’excellentes découvertes. Il y en a pour tous les goûts. Évidemment, il faut souvent fouiller. Les librairies d’occasion sont parfaites pour les étudiants à la recherche de romans classiques pour leur cours de littérature. Personnellement, j’y ai trouvé la plupart de mes livres obligatoires. …

L’inspiration (partie 1) : arts et interdépendance

Que vous soyez artiste ou pas, les arts occupent une place importante dans votre vie, parfois même à votre insu. Après tout, chaque jour, vous écoutez de la musique, visionnez des films, lisez des livres, admirez des graffitis ou de superbes photographies! Il semblerait que souvent, on ait tendance à oublier que les arts sont partout et, n’en déplaise à certains, qu’ils sont importants. Et pour les artistes, leur importance est encore plus grande, considérant que les arts occupent une immense partie de leur quotidien, que ce soit sous forme de gagne-pain ou de passe-temps. Mon art à moi, c’est l’écriture. Comme des millions d’autres auteurs, j’ai un besoin constant de me plonger dans mes univers afin de mieux jeter sur papier les récits qui traversent mon imaginaire. En me développant en tant qu’auteure, je réalise que l’inspiration est essentielle pour progresser, qu’elle peut se trouver partout… et plus particulièrement dans l’art, quel qu’il soit. Personnellement, je sais que ma créativité fleurit à travers l’écoute de la musique. Instrumentale, elle peut m’aider à me plonger …

« Ce livre-là n’est pas pour toi! »

Quand j’étais ado, j’aimais me rendre à la bibliothèque de mon école secondaire pour y emprunter des romans, souvent plusieurs par semaine. Ayant toujours eu un faible pour les littératures de l’imaginaire et plus particulièrement les romans de fantasie (c’est-à-dire les histoires se déroulant dans des univers moyenâgeux remplis de magie, de guerres et de créatures mythologiques), j’aimais bien me gâter un peu et emprunter des livres de la collection « Les Royaumes oubliés », regroupant des récits inspirés d’un univers conçu à l’origine pour le jeu Donjons et Dragons. Malgré ce que vous pensez peut-être, je ne ressentais absolument aucune honte à aller emprunter ce genre de livres, même si être geek n’a pas trop la cote à l’adolescence. Ce qui me mettait hors de moi, c’est que chaque fois que je passais au comptoir de prêts pour faire enregistrer mon emprunt, la bibliothécaire (qui me connaissait bien et savait que j’empruntais des livres de cette collection de façon régulière) ne manquait pas de m’adresser le commentaire suivant: «Ça m’étonne que tu lises ça, c’est des …

Le lecteur et les best-sellers

Best-seller. Cette expression, utilisée abondamment dans le monde littéraire, n’a pas la même signification pour tout le monde. Dans le milieu de l’édition, cela signifie un livre qui a connu un immense succès commercial, qui s’est énormément vendu par rapport aux autres livres du même genre. Dans la tête de bien des gens, un best-seller est un livre qui doit forcément être bon, étant donné la quantité de lecteurs qui l’ont acheté… non? Eh bien, ce n’est pas totalement faux… ni totalement vrai. L’autre jour, au travail, j’ai décidé d’ouvrir l’œil et, en plaçant les livres sur les rayons, je me suis efforcée de repérer ceux sur lesquels figurait la mention « best-seller ». Verdict? Énormément de livres portent cette mention, à un point tel que j’ai renoncé à compter. Le plus fascinant dans tout ça était sans contredit le fait qu’il y avait, dans le lot, de nombreux ouvrages dont je n’avais jamais vraiment entendu parler dans les médias, ni même par bouche à oreille. Bon, je sais, il m’est impossible de connaître tous les livres …

Chloé Delaume et le retournement du sablier

Je regarde ma bibliothèque. J’y vois un nombre imposant d’oeuvres écrites par des femmes écrivaines. Je lève le drap sur leur corps, je dévoile leur transparence, leur présence spectrale. Ces femmes écrivent et se positionnent contre le discours dominant, jouent avec ses codes jusqu’à les dissoudre. Elles ne sont pas passives; elles entrent dans l’action, elles se retournent contre les monstres institutionnels. Elles refont les structures. Elles effondrent les frontières de leur corps tombeau, elles se libèrent à travers une langue réinventée. Car elles savent que la langue est une construction patriarcale, reflet des idéologies dominantes androcentriques. En tant que femme, la langue nous fait violence. Elle est teintée d’euphémismes, des mots gentils qui viennent servir, encore une fois, les intérêts masculins. Mots-évitements, mots-opaques, mots-complices à la violence subite. Parce que le livre de Delaume, Le cri du sablier, est un renversement, une démolition, une reconstruction. Un coup de marteau à l’origine de la structure. Elle gratte, creuse. Elle extrait. Elle pointe, nomme. Elle cesse de faire disparaître les bourreaux derrière leur crime. Elle fait naître une …

L’univers littéraire de la série Gilmore Girls ou comment ajouter 339 livres à sa liste de lecture

Cet automne, je suis tombée dans la série Gilmore Girls. Et quand je dis tombée, je ne parle pas seulement d’une écoute assidue, je parle du fait que j’abrégeais mes activités sociales afin de pouvoir retrouver mes amies virtuelles Lorelai et Rory. J’ai trouvé la série si bien écrite et les personnages si attachants que j’ai tout fait pour retarder l’heure fatidique du dernier épisode… mais c’est tout de même arrivé. Et depuis ce temps-là, il y a comme un p’tit vide en dedans de moi quand je m’aventure sur Netflix. Maintenant que je vous ai décrit mon amour pour cette série, j’en viens à mon propos principal: les Gilmore Girls donnent envie de lire encore et encore. En visionnant les sept saisons à 22 ans, j’ai réalisé que j’étais passée à côté de bien des choses lorsque je l’écoutais à 10 ans, à Vrak.tv. Il se trouve que les références littéraires, cinématographiques et musicales abondent. La première réplique de l’épisode qui ouvre la saison 1 donne d’ailleurs le ton, Lorelai fait une blague à propos …

On a jeté nos crayons

Aujourd’hui, j’ai écrit à la main sur une vieille feuille blanche qui traînait quelque part sur mon bureau, entre mon ordinateur et mon téléphone, pis j’me suis rendue compte que ça faisait vraiment longtemps qu’j’avais pas fait ça. Trop longtemps. Parce que, avouons-le, c’est rendu rare qu’on sort un stylo d’la poussière et qu’on laisse son encre couler sur un papier. C’est rendu rare, parce qu’on vit dans l’ère d’la fausse-vraie-vie virtuelle. On s’est créé un monde teinté d’émoticônes et de hashtags. Un monde dans lequel on rit avec trois lettres au lieu d’prendre le temps de trouver ça drôle pour vrai. « lol », ça va plus vite. La calligraphie de tout l’monde est rendue pareille parce que, au fond, on n’en a plus vraiment. On l’a tous perdue le jour où on a troqué nos crayons contre le claquement d’nos doigts sur un clavier. En 2015, on écrit tout l’temps. Partout. N’importe quand. N’importe où. Ç’qui pourrait quand même être quelque chose de pas mauvais, si ça nous déconnectait pas du vrai monde. Un cellulaire dans sa poche, un ordinateur à la maison, …

Les communautés littéraires en ligne

À l’ère du numérique, j’ai l’impression que l’époque des clubs de lecture traditionnels où quelques madames se rassemblent pour prendre le thé le samedi après-midi en dégustant le cake au citron est maintenant révolue. (Dommage!) J’ai par contre retrouvé quelque chose qui s’y apparentait l’été dernier en m’intéressant à la communauté littéraire sur Instagram (le cake au citron en moins). À l’aide de mots-clics divers, il est devenu très facile de savoir qui lit le même bouquin que toi, de Beijing au Maryland. On peut alors échanger nos impressions et se suggérer d’autres lectures! C’est sûr que l’aspect humain de la chose y est un peu moins présent, on reste quand même seul avec notre téléphone, mais bon, parler de livres sur Instagram, c’est mieux que de ne pas parler de livres du tout, non? À explorer sur Instagram: #currentlyreading #lecturedumoment . Si vous aimeriez pousser l’expérience un peu plus loin, il existe quelques bookclubs en ligne qui envoient directement le même livre à tout le monde à chaque mois. J’en fais maintenant l’expérience depuis six mois avec mybookhunter. Cette communauté …

Sortir de sa zone de confort (littéraire!)

En tant que libraire, je me trouve régulièrement confrontée à toutes sortes de situations concernant les livres et la littérature, situations qui s’avèrent parfois amusantes, parfois un peu exaspérantes. Mais chaque fois que je me retrouve face à la situation suivante, une partie de moi meurt un peu… (Sur cette introduction plus qu’exagérée, voici une mise en scène du drame en question.) MOI, souriante et dévouée : Bonjour! Est-ce que tout allait bien pour vous? CLIENT, l’air vaguement hésitant : Oui, ben, peut-être que vous pourriez m’aider… MOI, prête à tout : Vous cherchez quelque chose en particulier? CLIENT, décidé à poser sa question : Oui, en fait, j’aimerais un livre pour mes vacances… MOI, en fine détective : Ok! Qu’est-ce que vous lisez, normalement? CLIENT, songeur, puis motivé : Hum… Je lis souvent du Musso, du Levy**… mais j’aimerais faire changement, un peu! Vous savez, aller vers autre chose, essayer du nouveau, là, un autre genre, d’autres auteurs! MOI, heureuse de pouvoir jouer les conseillères : Parfait! Voyez-vous, par exemple, il y aurait… De …