All posts tagged: Littérature jeunesse

Quelques coups de coeur de littérature jeunesse à l’usage des adultes

Quand j’étais jeune, je dévorais les livres. Littéralement, je lisais un livre après l’autre avec une faim dévorante de toujours en avoir plus. Je terminais même mes devoirs le plus vite possible afin de pouvoir aller lire, c’est dire! Et cette envie de lire ne s’est jamais vraiment calmée, c’est elle qui a fait la lectrice passionnée que je suis. Cela dit, avec le recul, je peux dire que j’ai lu une masse assez impressionnante de livres entre mes 6 et 12 ans, livres qui m’ont accompagnée dans mon cheminement personnel, scolaire, et qui font partie intégrante de ce que je suis aujourd’hui. Les romans jeunesses que j’ai lus quand j’étais enfant sont pour moi des petits bijoux d’imagination, des livres touchants, et certains d’entre eux continuent de rester des coups de cœur littéraires malgré mon intérêt pour la littérature générale, québécoise et étrangère. En fouillant dans ma bibliothèque, j’ai sélectionné sept livres coups de cœur de ma propre jeunesse qui m’ont marquée et surtout qui se prêtent bien, en mon sens, à la relecture, même si nous …

Pourquoi Rogue est devenu mon personnage favori

J’ai toujours aimé les méchants. Du plus loin que je me souvienne, Barbe Bleue a été mon premier amour du côté obscur. C’est probablement troublant qu’une jeune fille de six ans soit intriguée à ce point par un protagoniste tueur de femmes, mais je ne pouvais m’empêcher de vouloir le comprendre. Je relisais donc sans cesse cette histoire, qui pourtant, me troublait au plus haut point. C’est que l’inquiétant pique la curiosité et que le manteau de mystère qu’il revête fièrement me charmait tout en animant violemment mon imagination. En vieillissant, je n’ai pas trop changé. Aujourd’hui, j’apprécie toujours les méchants, peut-être même davantage puisque je suis en mesure de mieux les saisir. J’ai eu pitié de Darth Vader et de Drago Malefoy qui se sont avérés des victimes. J’ai adoré détester Dolores Ombrage, Bellatrix Lestrange et le comte Olaf. Parce qu’ils sont pleins de vie, mais pleins de mort à la fois. Fragmentés par milliers, bouillonnant de rage et de haine, ce sont des êtres divisés qui représentent bien la rupture qui subsiste en …

Mes amis les sorciers

Je n’ai pas eu une enfance réjouissante. J’ai perdu ma mère à l’âge de six ans. Mon père se retrouvant seul avec trois enfants dans les bras ne détenait pas toutes les ressources dont il aurait eu besoin. Les solutions qu’on utilise en temps de crise ne sont parfois pas les plus réfléchies. Ensuite, nous sommes passés par l’épisode des remplaçantes. Les unes plus folles que les autres. Bref, la typique histoire de l’horrible belle-mère que vous connaissez tous. J’ai compris assez rapidement que la lecture était ma seule façon de survivre et que, par le fait même, je me rapprochais un peu à chaque fois de ma maman (qui, je l’ai dit dans un article précédent, était et sera toujours la littérature sous mon œil). Je dois avouer qu’avec son départ précipité, les livres avaient également pris leur envol. Heureusement, il y avait l’école. Là-bas, je me sentais bien. En classe, les professeurs avaient remarqué ma passion pour la lecture. En cinquième année, j’ai eu une enseignante incroyable qui transforma sa salle de classe en Poudlard et qui divisa le groupe …

Pis toi, ton adolescence? : La littérature jeunesse pour ados

«Il n’y a pas de feux d’artifice dans son visage presque parfait, il y a seulement un peu de désir et du malaise. C’est un mélange que je n’aime pas, j’aurais voulu voir de l’amour, un petit peu, au moins pour ma bouche, pour nos baisers. De l’amour amusé, genre, au moins. Pour atténuer le malaise, il serre ma tête un peu plus fort entre ses mains et m’embrasse, les paupières fermées. Elles sont scellées si étroitement que je ne peux pas voir ce qu’il sent en lui, dans son coeur ou dans son corps, quand il goûte à ma bouche. Il joue avec mes sentiments sans le savoir.» – Coeur de slush, Sarah-Maude Beauchesne L’adolescence, c’est pas tant fun quand on y repense. Contrairement à la croyance populaire (si croyance populaire il y a), je n’ai pas passé mon adolescence la tête dans les livres (c’est après que ça s’est gâté tout ça), j’étais plutôt toujours dans ma tête. À l’adolescence, tout est vraiment intense et si on est chanceux, ça se calme un peu à …

Ces romans qui forgent l’adolescence

Se reconnaître en l’autre. Sentir qu’on n’est pas tout seul. Avoir l’impression d’être accompagné, le temps de quelques pages. Voici l’effet que font ces lectures de l’adolescence. Elles sont marquantes, non seulement vis-à-vis notre relation avec la lecture en général, avec nous-mêmes. Les personnages, les auteur-es, les mots, les mondes imaginaires, ils peuvent tous nous aider et nous en apprendre davantage sur ce que c’est de vieillir et de traverser l’adolescence. Voilà pourquoi j’ai voulu vous présenter ces quelques romans qui ont forgé mon adolescence. J’espère que certaines lectures vous feront ressentir un peu de nostalgie face à cette période de bouleversements, d’apprentissages et de questionnements. Je suis aussi curieuse d’en apprendre davantage sur vos romans d’adolescence. Parfois, il ne s’agit pas des livres les mieux écrits ou des plus littéraires, mais de ceux qui ont le plus résonné en vous. Ou qui vous ont le plus marqués… Voici ma petite liste personnelle. Amusez-vous à créer la vôtre dans les commentaires! L’attrape-coeurs, JD Salinger   J’en ai déjà parlé dans un de mes premiers articles …

Matilda et le pouvoir des livres

Matilda est un de mes personnages féminins préférés, un peu comme Fifi Brindacier. Enfant, je me suis beaucoup inspirée d’elle et je voulais tellement être elle ou sa meilleure amie, tsé. Elle était, à mes yeux, une petite fille avec une grande force, beaucoup d’humour et surtout si intelligente! En relisant l’oeuvre de Roald Dahl, un des auteurs les plus importants de la littérature jeunesse, j’ai réalisé que j’aimais encore plus Matilda. Son amour des mots, des livres, de la connaissance me rejoint et me fascine. Ce roman de Roald Dahl est sans aucun doute un hymne à la littérature. Écrit en 1988, il est devenu un réel classique de la littérature jeunesse, car il est lu et relu et édité et réédité. On doit aussi les merveilleux Charlie et la chocolaterie et James et la pêche géante à Roald Dahl, un auteur jeunesse des plus talentueux. Personnellement, ce que j’apprécie réellement de son oeuvre est le fait qu’il n’est jamais moralisateur et qu’il donne de l’importance à l’innocence, à la magie et à la liberté …

Fifi Brindacier, la féministe tressée

Certains diront sans doute que c’est un peu tiré par les cheveux (Tadam!) de proclamer qu’une jeune fille est féministe. Or, ce n’est pas vraiment Fifi Brindacier elle-même qui l’était, mais bien l’espace que ce personnage a pris dans le monde de la littérature jeunesse et l’influence de ce grand classique littéraire. Fifi était féministe sans le savoir et je vous expliquerai pourquoi dans cet article. Écrit par la suédoise Astrid Lindgren en 1945, Fifi Brindacier ou plutôt Pipi Långstrump en suédois, est un roman jeunesse qui a eu ÉNORMÉMENT de succès. Les séries télévisées et les films à son effigie ne se comptent plus. Petit résumé de l’histoire, que vous connaissez sans doute déjà; une jeune fille vit seule depuis que son père, un capitaine, traverse les mers. Elle habite dans sa villa, Drôlederepos, avec son ami le cheval et son singe. Sa vie est synonyme d’événements farfelus et de liberté, surtout! Elle a aussi un coffre rempli de sous dans sa maison et vit au gré de ses envies. Alors pourquoi Fifi Brindacier est-elle …

Hymne à mes amis imaginaires

On dit souvent qu’il y a une place pour tout dans la vie. L’humain a son lieu de prédilection. L’endroit où son âme s’évapore, où son esprit s’élargit. L’humain a sa boîte. Son espace est souvent conquis, mais il partage. Après tout, il y a une place pour tous. La mienne doit se trouver entre un bouquin de Laferrière et un vinyle de Tom Waits. On peut sentir une légère odeur de feu dans l’air. Près de la fenêtre qui laisse s’infiltrer la musique de la pluie et le souffle du vent, il y a Poe et Baudelaire qui discutent vivement de poésie, de mort et de traduction. Dans le bol à fruits, Nothomb fleurit parmi les bananes noircies et les pommes pourries. Une inquiétante étrangeté parfume cette salle. Je m’y sens comme chez moi. Il y a le chat roux qui pose délicatement sa gueule sur la pile de bandes dessinées de La Guerre des Étoiles. Kafka profite du sommeil du félin pour se faufiler à l’aide de ses six petites pattes de cancrelat …

Coeur de premier émoi amoureux

En lisant Coeur de slush, il faut se replonger dans nos premiers émois et dans nos premiers souvenirs de désirs soft-sexu(els) (je vole ce terme à Sarah-Maude Beauchesne!). Il faut vraiment reconnecter avec la petite adolescente en soi pour retrouver ce désir si fort de goûter et d’avoir un corps contre le sien. Un coup qu’on arrive à se replonger dans ces périodes de nos vies, on comprend Billie, une jeune fille de 17 ans qui travaille dans un parc aquatique, qui veut tant connaître l’amour, mais surtout l’amour physique. Elle tombera donc sous le charme de Pierre, le gars au nom laid et con, mais qui est si beau avec ses cuisses de cycliste. Comme je connaissais déjà Sarah-Maude Beauchesne parce que je la lisais depuis quelques années sur Les fourchettes (un blog de nouvelle soft-sexu, comme elle le dit si bien!) et que j’avais acheté son premier recueil de nouvelles Les je-sais-pas-pentoute, j’ai comme été surprise de l’écriture qui est un peu moins langagière, érotique et poétique. Mais je suis certaine que la …