Month: juillet 2016

Ce qu’on a pensé de nos lectures Poésie du défi de juin

Déjà la horde de chair se tait, ce premier recueil de la poète Ariane Audet m’a fouettée en plein cœur. Noir et douleur parcourent le récit pour s’exprimer, se dévoiler d’une violence puissante qui ébranle droit au cœur. C’est le genre de recueil qui crie une parole qui doit être entendue et j’ai frissonné devant quelques petits mots qui, ensemble, deviennent des cris plus forts que le silence. Insufflée d’une vérité douloureuse, ces poèmes m’ont conquise. Ce défi m’a définitivement démontré que la poésie est accessible et franchement saisissante, à parier qu’il en aura beaucoup plus sur ma PAL des prochains mois. La lecture de Marjorie R La poésie est un genre auquel je ne touche pas beaucoup. Je ne savais donc pas trop dans quoi me plonger pour ce mois-ci. Je me suis dit que, pour m’initier au genre, je devais trouver quelque chose qui amalgame prose et poésie. Par l’entremise d’une photo Instagram, il y a un petit moment, j’ai découvert Hélène Monette. Pour juin, j’ai donc décidé de lire de ses recueils : Où …

Elena & Lila : une prodigieuse amitié

J’aime beaucoup les romans qui suivent les personnages sur de nombreuses années, voire des décennies, ça nous permet davantage nous y attacher, comprendre leur complexité et se faire une idée bien claire de ce que l’histoire raconte. Dans L’amie prodigieuse, Elena Ferrante se lance dans une saga où les deux personnages principaux, Lila et Elena seront suivis sur près de cinquante ans. Dans ce premier tome, elle y traitera de leur enfance et de leur adolescence. Tandis que dans le deuxième tome, Le nouveau nom, les jeunes filles deviennent des adultes. Or, L’amie prodigieuse débute au présent, quand le fils de Lila téléphone Elena, qui a plus de soixante ans, pour lui demander si elle sait où est sa mère. Ainsi débute l’entreprise littéraire du roman, Elena tentera de nous décrire le plus fidèlement possible son enfance et son adolescence à Naples, vers la fin des années 50, et ce, en racontant une des plus belles histoires de loyauté, comme de jalousie, sa puissante et chaotique amitié avec Lila. Dans un quartier pauvre et défavorisé, les …

Les romans de Tania Boulet : pour ados et… un peu plus

Tania Boulet est une auteure pour adolescents que j’adore, et cela depuis longtemps. Je me souviens d’avoir acheté Les naufrages d’Isabelle alors que j’étais au primaire (et même pas encore une ado!). Et maintenant que je ne suis plus vraiment une ado, je continue à lire tout ce qu’elle écrit. De ses premiers livres, Les fausses notes ou Une chanson pour Frédéric, à sa série Clara, jusqu’à sa trilogie qui contient Des milliers d’étincelles et Ensemble tome 1 et 2, je reste accrochée, car j’aime la façon dont elle développe ses intrigues et surtout, je trouve qu’elle sait vraiment bien trouver le ton pour s’adresser aux ados. Le dernier venu de Tania Boulet, Une vraie fille, raconte l’histoire de Mia St-Laurent, grande adepte de baseball, qui tentera tout ce qu’elle peut pour intégrer l’équipe élite de la Côte-Nord, au milieu d’une gang de gars. On suit la jeune fille à travers ses émois d’adolescente et surtout, à travers ses aspirations, ses buts, ses craintes. Elle apprendra à savoir qui elle est, et à s’imposer en tant que fille dans cet univers masculin où il …

Le jour où j’ai remis les pieds dans une bibliothèque

L’autre jour, je suis allée à la bibliothèque. Je ne sais plus vraiment quand était la dernière fois que j’y avais mis les pieds, probablement quelque part en 2013, du moins c’est ce que mes frais de retard non payés avaient l’air de dire. C’est étrange non? J’adore lire, j’aime les livres, mais je ne vais pas à la bibliothèque. En fait, c’est que, comme plusieurs, j’aime aussi beaucoup l’objet, j’aime le posséder, le garder, le faire valoir dans ma bibliothèque et il n’y a rien de mal à ça. Par contre, j’en étais à un point où le budget n’était plus très coopérant avec mes envies littéraires. Après en être venue à la conclusion que me lancer le défi de ne pas acheter de livres de l’été n’était pas très réalisable, considérant ce blogue, l’entreprise et le goût de garnir mes étagères, je me suis dit qu’un bon début serait de réduire mes dépenses en allant à la BAnQ. Sans nécessairement ne plus me procurer de livres chez Gallimard (encore plus dur quand tu vois …

Ma meilleure amie d’enfance, Martine

Durant mon enfance, j’ai eu deux meilleurs amis. Le premier se nommait Bob. Il était le fils de la meilleure amie de ma mère. Il venait chez moi toutes les fins de semaine ou on allait le visiter. On jouait aux Pokémon ou à la Nintendo. Bob et moi allions faire des folies dehors ou nous restions chez lui pour regarder Petit-Pied le Dinosaure. Quand je ne passais pas du temps avec Bob, il n’y avait qu’une autre personne qui avait toute mon attention, il s’agissait de Martine. Je la retrouvais le soir avant de m’endormir. On partait à l’aventure du monde avec l’aide de Patapouf, son compagnon à quatre pattes. Nous avions découvert tellement de choses ensemble que je n’ai pas pu avec Bob. J’ai appris à ne pas avoir peur de poser des questions, d’avoir un regard critique sur le monde et à rêver. J’ai saisi que j’ai le droit de faire des erreurs et de ne pas abandonner face à l’adversité. Martine répétait souvent « ne perds pas courage », car on apprend vite …

L’éloge de la lecture et de la construction de soi

01Vous le savez, je crois infiniment au pouvoir des livres, de la lecture et des effets que cela peut avoir sur le développement humain. Je prends donc plaisir à lire des essais de spécialistes qui ont la même vision que moi. Dans Éloge de la lecture, construction de soi, Michèle Petit aborde plusieurs thèmes liés à la lecture. Quoique je n’aie pas tout aimé de ce texte, je pense quand même qu’il y a quelques perles qui méritent d’être soulignées. Michèle Petit est une anthropologue qui s’intéresse beaucoup à la lecture dans la construction de soi, mais aussi dans des lieux communs tels que la bibliothèque. Elle utilise la sociologie comme la psychanalyse pour parler des effets de la lecture et surtout pour démontrer par tous les moyens que les effets de la lecture sont nombreux autant chez les individus que dans une collectivité. Elle aborde la lecture comme une réelle façon de se construire de façon intime. Elle considère que la lecture est une voie d’accès directe à ce territoire de l’intime et ainsi, …

ROOM : l’aventure de Super Jack

Room est l’histoire de Jack et de sa maman. Jack a toujours vécu dans la chambre (« the room »). Tout ce qu’il a connu et ce qu’il connaît s’y trouve. Il a Monsieur lit, Madame commode, Monsieur tapis, etc., et tous les dimanches il a droit au « cadeau du dimanche » offert par le « Grand méchant Nick ». Jack tient sa force de ses cheveux, c’est pourquoi il garde ses cheveux longs, parce que tout comme les héros de ses livres, il sera le héros de sa propre histoire. Sa maman est parfois « ailleurs », ce qui lui permet alors de regarder plus longtemps la télévision où il retrouve ses ami-e-s, dont Dora l’exploratrice. À présent que Jack a 5 ans, sa mère lui dit qu’il faut être courageux. Qu’il est maintenant temps de sortir de la chambre. Mais Jack ne comprend pas, pourquoi s’en aller alors que l’extérieur n’existe pas? Ensemble, ils essaient divers plans d’évasion et Jack réussit! Il est le grand héros et « Grand méchant Nick » se retrouve en prison. « Grand méchant Nick » se retrouve en …

Voyage au pays des elfes (ou Passion Islande)

Aller au-devant de l’inconnu, accepter d’être vulnérable, s’ouvrir et s’offrir au changement, à l’émerveillement.  Techniquement, je pourrais dire au monde entier que j’aime voyager. Que j’angoisse à l’idée de choisir les bons items à amener avec moi dans mon sac, que je n’arrive jamais à choisir le bon livre pour m’accompagner, que je déteste prendre l’avion et que je pleure chaque fois que je mets les pieds au sol. Mais la réalité est, combien de fois me suis-je vraiment permis de partir? Combien de fois aurais-je fait abstraction de l’insécurité pour me lancer dans le vide? Il y a mille sortes de voyageurs. Ceux qui planifient leur voyage un an à l’avance, ceux qui posent les pieds en sol inconnu avec aucun itinéraire et ceux qui s’enferment dans un hôtel ***** pour avoir la sainte paix. J’ai la conviction qu’aucun voyageur n’a la réponse absolue. Aucune manière n’est meilleure que l’autre, elles se valent toutes et permettent à chacun d’entre nous de se détendre, de s’émerveiller de se sentir complètement éveillé. Pour ma part, je me …