Auteur : Louba-Christina Michel

Un chat parmi les autres

J’ai découvert le slameur David Goudreault du temps où je vivais à Sherbrooke et je découvre aujourd’hui le romancier David Goudreault, avec son premier roman coup de poing La bête à sa mère. Déjà dans le temps, les images fortes et sans censure qu’évoquaient David durant les soirées de littérature me restaient accrochées dans l’esprit des jours durant. J’ai encore en tête quelques scènes de ses slams d’ailleurs. La bête à sa mère, dont l’histoire se situe en plein centre-ville de Sherbrooke, risque de me suivre longtemps. C’est que je suis très visuelle ! Titre évocateur et accrocheur: La bête à sa mère. Poignant résumé en quatrième de couverture : «Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatries et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics.»  J’ai attendu avec impatience de tenir le petit livre gris entre mes mains et je manque de mots (une fois de plus) pour dire ce …

Ma première expérience au Camp littéraire Félix

Je ne sais pas si c’est la vie ou si c’est le hasard, mais j’ai l’impression que je ne vais jamais me rendre à destination, à la limite en peut-être plusieurs morceaux, mais incomplète. D’abord, j’oublie mon fil de portable à la maison (alors que j’ai pris deux jours pour faire mes bagages, liste à l’appui, pour m’assurer de ne rien oublier), puis j’oublie ma veste à Gaspé, où j’ai dormi la veille pour partir tôt le lendemain matin et en chemin, on arrête à la Fromagerie des Basques, un incontournable, et le conducteur oublie la clef de voiture dans la voiture. Ça en devient hilarant. 23 mai journée de l’oubli!  * Ma vertigineuse aventure ne fait que commencer. J’arrive à l’Auberge du Faubourg, située à Saint-Jean-Port-Joli dans la région de Chaudière-Appalaches, une journée avant tout le monde, pour m’assurer d’être là à temps. Ce n’est pas par manque de confiance, mais bien parce que je n’ai pas de voiture et qu’Orléans Express a considérablement diminué ses arrêts. J’ai alors sauté sur la première occasion …

L’homme poème

Critique du roman Des lames de pierre de Maxime Raymond Bock Chercher Sam (Sophie Bienvenu) et Les filles bleues de l’été (Mikella Nicol) m’ont tous deux complètement séduite et percutée. Alors lorsque j’ai vu que Cheval d’août proposait une troisième et nouvelle publication, je ne me suis posée aucune question et j’ai sauté tout droit sur le livre, Roaarrr ! Sublime roman qu’est Des lames de pierre de Maxime Raymond Bock. Si beau dans chacune de ses phrases, dans chacun de ses mots, que j’ai voulu prendre tout mon temps pour lire le texte de 104 pages. J’ai pris des liasses de notes de phrases que je veux lire et relire et de réflexions personnelles qui me sont venues durant la lecture. Dès les premières lignes, je sais que j’ai affaire à une écriture encrée, franche, mature, brillante et magnifique, de la veine de ces grands auteurs que j’ai lus à travers les années et qui ont marqué le Québec. Et cette idée m’est restée jusqu’à ce que je referme le livre et même après. …

Une petite graine de liberté ici et là

«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant.» Simone de Beauvoir Il s’agit ici d’une brève réflexion sur mon passé (mes années scolaires) qui me permet de comprendre mieux le présent et ce qui s’en vient, en tant que personne individuelle appartenant à un tout sociétal et terrestre. Je porte plusieurs masques, celui d’une femme, celui d’une artiste et celui d’une humaine sensible, curieuse et empathique. Je crois que pour ces simples et grandes raisons, j’ai mon mot à dire et à partager en ce qui concerne certains grands sujets qui me tiennent à cœur. Ici, j’ai le goût de vous parler du droit à l’éducation, entre autres. *L’éducation, ça ne concerne pas seulement les femmes, ça vous concerne tous, alors vous devez tous rester vigilants. * Mes parents m’ont répété, à plusieurs reprises, qu’obtenir un diplôme devait être une priorité dans ma vie. Mon père n’en avait pas et …

L’équilibre et le succès, au cœur de mes préoccupations humaines et artistiques

Suite à ma lecture du très intéressant article Équilibrer son agenda : Stop the glorification of busy de ma collègue blogueuse Martine Latendresse Charron, j’ai senti le besoin de partager moi aussi sur ces grandes quêtes: l’équilibre et le succès, tous deux au cœur de mes préoccupations humaines et artistiques. La recherche d’équilibre est le fondement même de ma démarche artistique et du même coup, de ma vie. Je me suis laissée prendre par cette quête en 2011. Cette année-là, je sentais en moi un grand bouillonnement semblable à un feu d’artifice. Cette année-là débutait ma carrière en arts visuels. Lorsque je crée une œuvre plastique, je cherche toujours à accéder à l’équilibre entre les gestes posés et les émotions ressenties et transmises. S’est joint la nécessité d’atteindre l’équilibre entre ma figure d’artiste et ma place dans la société, ou comment rallié mon besoin inassouvi de créer et le quotidien saturé d’obligations. Puis je me suis mise à chercher l’équilibre entre ma vie en ville et ma vie en région, deux mondes, deux parallèles, deux existences. …

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie II

Entre réalité et rêve, la vie À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre davantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. 1-D’abord, qui êtes-vous ? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je suis née et j’ai grandi à Gaspé, en Gaspésie. J’ai d’abord fait mon cégep en sciences de la nature, avant de bifurquer et de choisir les lettres à l’université. J’ai ensuite poursuivi à la maîtrise, orientant alors mon parcours vers la création littéraire. Au cours de mes études universitaires, j’ai suivi plusieurs ateliers d’écriture avec des écrivains, et j’ai reçu pour la première fois des retours …

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie I

La fille de Coin-du-banc À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but de mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre d’avantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. «Voici mes réponses, peut-être nébuleuses, à tes questions qui m’ont profondément fait réfléchir sur le coup. J’ai choisi, comme d’habitude, de traiter cela par de l’écriture automatique. Alors c’est ce que ça donne! » 1- D’abord, qui êtes-vous? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je m’appelle Marie-Ève Trudel Vibert et je suis née à Gaspé le 10 septembre 1983. Petite auteure, j’ai grandi à Coin-du-Banc, Corner of the Beach, un village aux portes de Percé bordé par une …

Sublimer une peine de cœur par la création

Sublimation : Transformation des pulsions internes en des sentiments élevés, en de hautes valeurs morales ou esthétiques. (Larousse) On a tous déjà entendu l’idée selon laquelle il faut souffrir pour créer une bonne œuvre. Dans un certain sens, c’est vrai. Un grand nombre de films, d’albums (Apprentie guerrière de Fanny Bloom, Des histoires de fantômes d’Hôtel Morphée, Le couloir des ouragans de Viviane Audet), de recueils de poèmes et de romans (Voyage léger de Mélissa Verrault) traitent, entre autres, du deuil amoureux. Pour la majeure partie de ces artistes, je ne crois pas que le thème du deuil ait été un choix, mais plutôt une sorte de grande pulsion de vie pour contrer la mort d’une partie d’eux. L’Homme est de nature créative et inventive (je ne suis pas seule à le clamer haut et fort) et ce, depuis la nuit des temps humains. C’est dommage de voir autant de gens le nier catégoriquement et fuir comme la peste les opportunités de création. Les artistes, eux, le savent et savent comment utiliser à bon escient ce …

Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? Car moi, j’embarque

Critique du recueil Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ? de Joanie Lemieux  Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? de Joanie Lemieux, est un recueil de nouvelles contemporaines. Dix nouvelles, dix histoires, dix femmes qui se frottent aux mondes invisibles. Je dois en premier lieu vous avouer que l’auteure dont il sera question ici est une grande amie à moi. J’ai choisi de critiquer son premier ouvrage Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ? paru chez Lévesque éditeur le 17 février dernier, pour vous permettre de la découvrir. Mais je n’imaginais pas l’angoisse que ça m’occasionnerait d’émettre un point de vue objectif sur son travail. Lorsque j’ai tenu pour la première fois son livre entre mes mains, ça m’a émue. Au lieu d’un concept, d’une idée ou du souvenir des longues conversations que nous avions eues à ce sujet, j’avais devant moi un objet concret. Je me suis plongée dans son recueil comme dans les mots d’une étrangère. J’ai réussi le défi que je m’étais lancé. J’ai dissocié l’amie de l’auteure …

Julia, Sofia et moi

C’est en 2013 que j’ai entendu parler des pages du matin pour la première fois. Je suivais à ce moment-là une formation intensive en gestion de carrière artistique et c’était un exercice fortement suggéré. À l’époque, je m’étais contrainte à écrire ces trois pages dans un très grand cahier, dès le réveil. J’avais des problèmes de santé (qui se sont dilués avec le temps) et ma vie était bien remplie par l’école, le travail, le déménagement, le chum, la formation et tout et tout. J’ouvrais les yeux et dans la pénombre j’écrivais, les yeux à demi clos, tout ce qui passait par mon esprit. Pour être franche, ça a été une période épuisante de ce côté-là. J’ai donc fait l’exercice comme on me le demandait et puis j’ai tout mis de côté. Le moment était mal choisi. Jusqu’au moment où, en fouinant dans la section librairie de la coop étudiante où je travaillais, je suis tombée sur Libérez votre créativité de Julia Cameron. J’ai pris le petit livre rouge entre mes mains, il m’était familier. …