Auteur : Martine Latendresse Charron

Autopsie d'une femme plate, Marie-Renée Lavoie, Éditions yxz, Littérature québécoise, le fil rouge, lefilrougelit, adultère, peine d'amour, rupture, changement de vie, amitié, histoire d'une rupture amoureuse, divorce,

Combattre la solitude par l’humour ; autopsie d’une femme pas si plate que ça

Prémisse simple ici : une femme se fait quitter par son mari parce qu’il en aime une autre. Classique, prévisible (elle est plus jeune), et, disons-le, un peu facile comme élément déclencheur. Une chance, cela est raconté par Marie-Renée Lavoie, ce qui en fait un roman divertissant et loin d’être si banal, au fond. Diane, le personnage principal, se considère plate, beige et se tape sur la tête un peu suite au départ de son mari. Elle doit apprendre à vivre seule. Ses enfants ont quitté la maison familiale, son mari aussi, elle s’y retrouve donc éprise de souvenirs douloureux d’enfance et de vies heureuses. Diane tentera d’aller mieux en rêvassant à son collègue ou en s’offrant des bottes en cuir très dispendieuses. Tous les moyens sont bons pour survivre à cette épreuve et aux effets collatéraux de cette rupture. Et l’alcool aide toujours un peu. Autopsie d’une femme plate, m’a longuement intéressée. Depuis que j’ai appris qu’il y aura un nouveau titre de Marie-Renée Lavoie, j’avais bien hâte de m’y plonger, car j’avais adoré …

Moi aussi j'aime les hommes, Simon Boulerice, Alain Labonté, Éditions stanké, le fil rouge, lefilrougelit, les livres qui font du bien, littérature québécoise, littqc, homosexualité, identité sexuel, correspondance, LGBTQ

Moi aussi j’aime les hommes : un échange touchant et nécessaire

Alain Labonté et Simon Boulerice ont correspondu pendant plusieurs mois et cela a donné naissance à ce livre publié chez les Éditions Stanké, Moi aussi j’aime les hommes. Ce qui a motivé cette discussion épistolaire c’est lorsqu’Alain Labonté a vu aux informations qu’un jeune homme a été tué à cause de son orientation sexuelle. Il décide alors d’écrire à son ami Simon Boulerice pour lui faire part de sa douleur et de son incompréhension. S’ensuit une magnifique correspondance à laquelle on se sent privilégié d’avoir accès. C’est au fil de leurs voyages et de leurs réflexions propres à chacun que les deux hommes prennent le temps et le crayon pour s’écrire un peu. Leurs échanges sont généreux, intimes et ils nous touchent directement au cœur, car on y parle de thèmes des plus sincères et universels : l’affirmation de soi, la création, la vie familiale et amoureuse. Dès la première seconde où je me suis plongée dans ce bouquin, je me suis laissée prendre par cette discussion, je me faisais spectatrice d’un moment important ; celui …

Elena Ferrante, L'amie prodigieuse, Le nouveau nom, Gallimard, le fil rouge, lefilrougelit, Lila et Elena, littérature italienne, Naples, amitié, série,

Elena & Lila, quel plaisir de vous retrouver…

Je ne suis pas une très grande lectrice de séries, mais celle-ci fait exception. L’amie prodigieuse dont j’avais parlé avec beaucoup d’émotion juste ici m’a conquise. Et je dois avouer que le deuxième tome, Le nouveau nom, m’a aussi obnubilée. J’avais tellement hâte – et beaucoup d’attentes – face à ces retrouvailles. C’est en juillet dernier que je me suis laissée captiver et fasciner par cette histoire d’amitié avec le premier tome de la série. Je voulais retrouver cet amour et cette tendresse que je portais envers ces deux filles, Lila & Elena. J’avais tellement pensé à elles au fil des mois. Cette série a le don de nous faire vivre, vieillir, évoluer avec ses personnages et d’ainsi avoir l’impression qu’ils nous habitent un peu. C’est exactement cela ; j’étais accompagnée de Lila & Elena. Durant mon voyage à Naples bien sûr, mais à Montréal aussi. C’est une lecture qui m’avait beaucoup marquée, alors j’étais fort heureuse et nerveuse de retourner à Naples avec elles. Elena & Lila, vous ne m’avez pas déçue. Vos vies …

13 lettres pour vous dire qu’on vous aime

Parfois j’ai l’impression de me répéter sur ce blogue (!) parce que j’ai dit à de nombreuses reprises à quel point j’aimais Simon Boulerice. Tant pis, on dit jamais assez je t’aime, comme me l’a rappelé le roman dont je veux vous parler, je le redis, encore et encore, Simon Boulerice, je t’aime. (J’ai quand même eu la chance de lui dire, en vrai lors de notre dernier événement à Arsenal, n’ayez crainte, avec plus de nuance bien sûr!) Avec ce dernier roman pour adolescents, Le dernier qui sort éteint la lumière, Simon Boulerice nous fait découvrir une famille des plus attachantes. Pour vrai, j’avais presque envie d’être adoptée! Les deux jumeaux, Arnold (pour Schwarzenegger voyons!) et Alia vivent avec leurs deux papas : Papou et Poupa ou plus communément appelés Julien et Édouard. 13 lettres pour vous dire qu’on vous aime Les parents décident pour le 13e anniversaire de leurs jumeaux de leur offrir une lettre par jour, pendant 13 jours, pour leur avouer qui est entre les deux le père biologique des jumeaux, la …

le fil rouge lit, les culottées, culottées 2, bande dessinée, féminisme, pénélope bagieu, bibliothérapie, des femmes qui ne font ce qu'elles veulent

Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : un deuxième tome tout aussi pertinent

Il y a quelques mois déjà, je vous parlais du premier tome de Culottées, une bande dessinée de Pénélope Bagieu qui nous fait découvrir des femmes exceptionnelles, culottées, qui auraient dû, elles aussi, marquer l’histoire. Tout comme notre fileuse Laurence, je suis une admiratrice du travail de Pénélope Bagieu, une bédéiste fascinante qui depuis quelque temps, prend position comme féministe dans son œuvre. Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent  Voilà le sous-titre de cette série et ça résume parfaitement bien le contenu. On y découvre la vie de femmes inspirantes, très souvent à contre-courant de leur époque et fondamentalement culottées, déterminées et inspirantes. Dans ce deuxième tome, on y croise 15 nouvelles femmes, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Ce que j’aime le plus de ces bandes dessinées, c’est le côté féministe de l’œuvre. Pénélope Bagieu veut nous faire découvrir des femmes qui n’ont pas été reconnues, ou du moins, pas beaucoup, pour diverses raisons. Elle prend la parole en dénonçant l’invisibilité des femmes vis-à-vis les hommes et, du fait même, …

Vie devant toi, réfugiés, enfance, guerre, espoir, album québécois, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, parler de guerre avec les enfants, parler des réfugiés avec les enfants, L'enfant qui n'avais jamais vu une fleur, Édition de la bagnole, album jeunesse, Andrée-Anne Gratton, Oussama Mezher,

« Les fleurs, ce sont les poèmes de la nature »

La littérature jeunesse est une façon délicate d’aborder avec les enfants et les adolescents des sujets plus difficiles et complexes. En lisant des histoires abordant des thèmes tels que le racisme, l’homosexualité, le terrorisme et dans ce cas-ci, la vie dans un camp de réfugiés, les enfants apprennent à parler de ces sujets plus sensibles, développent leur sens critique et par le fait même, leur compassion, leur empathie et leur ouverture d’esprit. L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur d’Andrée-Anne Gratton et Oussama Mezher est l’histoire d’une petite fille, Samia, qui comme le titre l’indique, n’a jamais vu une fleur de sa vie. Elle est née et habite avec ses parents dans un camp de réfugiés situé entre deux pays en guerre. Son quotidien n’est pas composé de couleurs, de fleurs, de nature. C’est son voisin Mayi qui lui dira cette phrase d’une telle beauté et poésie pour lui décrire ce que sont les fleurs et c’est aussi à ce moment qu’il décidera que Samia doit voir une fleur, une fois au moins dans sa …

la disparition des corps, Emilie Andrewes, roman québécois, littérature québécoise, le fil rouge, lefilrougelit, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, édition druide, bibliothérapie, roman d'amour, différence d'âge,

La séparation des corps : ruptures, incendies et renouveau

La séparation des corps raconte l’histoire d’amour entre Christina et Marie-Ange. Ces deux femmes vivent une passion dévorante et habitée d’un désir inépuisable d’amour, de tendresse, de durabilité, et ce, malgré tout ce qui les sépare.  Marie-Ange, qui a 42 ans, l’âge exact où sa mère est décédée, est la cuisinière de Marina, la mère de Christina, qui a tout nouvellement 20 ans. Ces années qui les séparent, ces passés qui les rattraperont viendront miner cette passion qui ne pouvait pas éternellement durer. 20 ans les séparent, mais c’est leurs milieux qui les différencient le plus. Fascinée par le feu, par les braises que font les fins de relation, Marie-Ange est un personnage complexe que je n’ai pas réussi à tout à fait cerner. Elle est la mère d’un garçon de 20 ans qui a des besoins spécialisés et qui, selon ses dires, restera toujours un enfant à ses yeux. Son fils âgé du même âge que Christina tombera sous le charme de cette dernière… ce qui viendra causer les premiers déchirements de cette relation …

Tu me places les yeux, Aimée Lévesque, poésie, poésie québécoise, La peuplade poésie, Édition La peuplade, deuil, grand-mère, enfance, nostalgie, tendresse, poème, poésie québécoise, le fil rouge, le fil rouge lit, poésie deuil de la grand-mère, figure maternelle, les livres qui font du bien, le fil rouge lit,

Tu me places les yeux : ces souvenirs d’enfance perlés de tendresse

J’approche le 200e article sur ce blogue, mais encore aucune critique de poésie,  excepté dans le cadre du défi #unlivrequébécoisparmois. Ce n’est pas que je n’apprécie pas ce genre littéraire, au contraire, je pense seulement que je vis un petit sentiment d’infériorité quand il vient le temps d’analyser, d’écrire sur ma lecture, comme si j’étais inadéquate à saisir le sens des mots. J’ai toutefois pris la décision de lire et d’écrire sur Tu me places les yeux, recueil de poème d’Aimée Lévesque, publié chez La peuplade. C’est la description du recueil de poésie qui m’a convaincue. En la lisant, j’avais déjà les larmes aux yeux. La simple évocation des souvenirs d’enfance, de la nostalgie d’une grand-mère, m’a touchée. C’est comme si dans ces mots, j’ai ressenti un désir, un besoin de me plonger dans ce recueil coloré pour moi aussi, à mon tour, revisiter les souvenirs d’enfance reliés à ma grand-mère qui me bercent encore chaque fois que j’y repense. « Après le décès de sa grand-mère, la petite-fille de cinq ans devenue grande revisite la …

Le tout dernier Lori Lansens : un voyage en montagne dont on ne revient jamais

Pour la petite anecdote, le premier roman que j’ai lu en anglais, c’est The girls de Lori Lansens, ce qui explique peut-être mon attachement envers cette auteure canadienne, ou c’est plutôt grâce à l’humanité qui transcende ses œuvres… Probablement plus, en fait! Lorsque j’ai su qu’Alto publiait Les égarés, la version française de The mountain story, je voulais à tout prix le lire. C’est avec bonheur que j’ai retrouvé des personnages touchants et surtout, cette écriture jamais faible, ni tendre, mais toujours tellement précieuse et axée sur les vraies choses ; les rapports humains, les émotions et ce désir plus fort de vivre et dans ce cas-ci, de survivre. Les égarés, c’est l’histoire de Wolf, qui écrit une lettre à son fils Daniel pour lui raconter des choses qu’il n’a jamais osé lui dire. Ces secrets prennent place dans un drame et une expérience hors du commun que Wolf a vécue. Il s’est perdu dans la montagne surplombant Palm Springs accompagné de trois inconnues qui ne le sont pas restées longtemps : Nola, Bridget et …

Évanouies de Megan Miranda : relaxer par le policier

Le week-end dernier, j’avais vraiment envie de lire quelque chose de très relaxant et selon moi, les romans policiers sont les livres parfaits dans ce genre de cas. Rien ne me fait plus décrocher que simplement me plonger dans un thriller psychologique. Étrangement, je n’ai pas lu une tonne de romans policiers, simplement parce que tant d’autres livres me tentent… (Encore un moment où je reprends conscience de tous les livres que j’aimerais avoir la chance de lire, mais que je ne pourrai tout simplement pas, par manque de temps!) J’ai donc décidé de lire Évanouies de Megan Miranda. Ce livre était sur ma table de chevet depuis plusieurs mois, j’avais prévu le lire à Noël… mais je n’avais pas eu la chance. Bref, je me suis plongée dans ce roman policier le temps d’un week-end et j’ai été globalement satisfaite. Le roman raconte l’histoire de Nicolette Farrell qui retourne dans sa petite ville natale, Cooley Ridge. Elle avait quitté cette ville à la suite de la disparition de sa meilleure amie Corinne. Dès qu’elle y remet …