All posts filed under: Littérature jeunesse

Les bouquins de ma vie

J’ai grandi entourée de livres. J’en avais toujours un dans les mains, je les enchaînais un après l’autre. La lecture me permettait de m’évader, d’apprendre, de découvrir. C’est encore le cas aujourd’hui, d’ailleurs. Avec les années, certains m’ont marquée plus que d’autres. Et ces livres-là, je les ai gardés. Maintenant, j’ai une bibliothèque bien garnie qui témoigne bien de ma vie de lectrice assidue depuis 1996. Chaque tranche d’âge a son bouquin préféré. 0-3 ans: Je t’aimerai toujours, Robert Munsch « Je t’aimerai toujours, la nuit comme le jour, et tant que je vivrai, tu seras mon bébé. » Ma mère me racontait l’histoire très touchante de Robert Munsch le soir avant que je m’endorme, mais j’ai véritablement compris son sens en vieillissant. Elle raconte les étapes par lesquelles un jeune garçon a dû passer pour devenir un adulte. Sa mère s’est occupé de lui tout au long de son enfance mais, plus le temps avance, plus les rôles s’inversent: c’est l’homme qui finit par prendre soin de sa maman, puisqu’elle aussi a vieilli. 3-6 ans: Simon, Gilles …

Jeunes et ingouvernables: quand l’héroïne guerrière prend d’assaut la littérature jeunesse

L’an dernier, dans un billet intitulé Les Enflammées, je vous ai parlé de la récente récurrence de l’archétype littéraire et filmique de la jeune rebelle, intrépide, rousse et très souvent archère : prenant racine chez Fifi Brindacier, ce type, de plus en plus en vogue aujourd’hui, s’incarnerait ainsi chez Tauriel (The Hobbit), Merida (Brave), Ygritte (Game of Thrones), etc. Comme si sa rousseur symbolisait son « feu intérieur », cet archétype issu de l’imaginaire fantastique proposerait une sorte d’allégorie de la résistance féminine juvénile, ce qui ferait d’elle, en ce sens, un modèle féministe. Dans un autre sens, j’ai émis l’idée selon laquelle la persistance du trope de la relation amoureuse avec un homme consoliderait la compréhension de la figure féminine comme essentiellement sujette et dépendante au rapport hétérosexuel, ce qui problématiserait sa dimension féministe tout en réaffirmant une certaine normativité sexuelle. Prolongeant cette réflexion, il m’apparaît de plus en plus, et c’est peut-être aussi votre cas, qu’au sein de la culture YA (diminution de young-adult fiction, ou littérature pour jeune adulte en français) la …

Ce qui n’a pas d’âge

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. » Victor Hugo En février 2014, quand je suis partie pour l’Irlande dans le but d’y faire un stage dans une petite classe de maternelle, je trainais, dans mes bagages, des livres. Des albums jeunesse qui avaient su m’émerveiller. Des couleurs, des images, des mots que je voulais partager. Cette année-là, j’ai parcouru une dizaine de pays en conservant sur mon dos cet immense bagage qui était presque impossible à transporter. Au fil des jours, je me suis détachée des objets que je considérais superflus. Des vêtements trop chauds, des chandails usés, des cosmétiques que je n’utilisais jamais de toute façon… Mais je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser de mes albums jeunesse. Mes albums sont usés et incroyablement vivants. Ils ont fait rire des enfants sur tous les continents. Mes albums ont transporté des enfants dans des univers nouveaux et remplis de fantaisie. Ces albums, je les découvre au fil des jours avec tous les élèves …

Virginia Woolf et moi

Je ne me souviens pas la première fois où j’ai aperçu ce joli album, probablement lorsque je travaillais en librairie. Je me souviens de m’être installée longuement dans les allées à le toucher, l’admirer et me dire qu’un jour, j’aimerais bien l’avoir chez moi. Les années ont passé et je ne l’ai jamais acheté. Or, une fois, j’ai eu une carte cadeau et j’ai commandé des bouquins en ligne, dont celui-ci. J’ai reçu un courriel plus tard me disant qu’il était discontinué. Malheur. C’est donc avec bonheur et excitation que cette année au Salon du livre de Montréal, j’ai aperçu Virginia Wolf dans le kiosque des Éditions de La pastèque. Écrit par Kyo Maclear, illustré par Isabelle Arsenault et traduit par Fanny Britt (on se souviendra du marquant duo pour Jane, le renard et moi!), cet album de quelques pages est tellement beau que je ne pouvais faire autrement que de l’installer fièrement sur la cimaise de mon salon. Plongée dans le bouquin, je réalisais que c’était, en plus d’être beau (Isabelle Arsenault est tellement …

Quelques coups de coeur de littérature jeunesse à l’usage des adultes

Quand j’étais jeune, je dévorais les livres. Littéralement, je lisais un livre après l’autre avec une faim dévorante de toujours en avoir plus. Je terminais même mes devoirs le plus vite possible afin de pouvoir aller lire, c’est dire! Et cette envie de lire ne s’est jamais vraiment calmée, c’est elle qui a fait la lectrice passionnée que je suis. Cela dit, avec le recul, je peux dire que j’ai lu une masse assez impressionnante de livres entre mes 6 et 12 ans, livres qui m’ont accompagnée dans mon cheminement personnel, scolaire, et qui font partie intégrante de ce que je suis aujourd’hui. Les romans jeunesses que j’ai lus quand j’étais enfant sont pour moi des petits bijoux d’imagination, des livres touchants, et certains d’entre eux continuent de rester des coups de cœur littéraires malgré mon intérêt pour la littérature générale, québécoise et étrangère. En fouillant dans ma bibliothèque, j’ai sélectionné sept livres coups de cœur de ma propre jeunesse qui m’ont marquée et surtout qui se prêtent bien, en mon sens, à la relecture, même si nous …

Jeanne Moreau a le sourire à l’envers

Jeanne Moreau a le sourire à l’envers est le deuxième roman de Simon Boulerice que je lis. Le premier était Javotte, qui avait été une des lectures de notre défi littéraire. Dans les deux cas, j’ai reconnu l’écriture de Boulerice et sa manière qui semble si naturelle de faire parler des jeunes adolescents. La narration, comme les dialogues, dans ces deux bouquins m’ont semblé extrêmement réalistes. Dans Jeanne Moreau a le sourire à l’envers, on fait la rencontre de Léon, un jeune garçon bien ordinaire. Il a un frère, Antoine, et deux parents bien conventionnels. Son drame d’ado est qu’il fait beaucoup de pellicules et que cela le complexe.  Il trouve sa vie un peu ennuyante. Heureusement, il y a Léonie avec qui il échange des lettres. Léonie est belle, drôle et semble avoir une vie des plus extravagantes : sa mère était voleuse de banque en France et son père médecin humanitaire en Afrique, rien de moins. Dans ses missives, elle abuse des points d’exclamation! Léon s’attache beaucoup à ces lettres et devient de plus …

Nos nostalgies littéraires de Noël

Prenez un moment pour penser à ça, le temps des Fêtes de notre enfance, »quand on était jeunes », avec nos beaux suits de neige et nos robes à froufrous, photos argentiques à l’appui. Tsé, l’époque où on prenait soin de laisser des biscuits à Papa Noël et où la magie des Fêtes était boostée à son plein potentiel lorsqu’on mangeait en cachette les cannes suspendues dans le sapin. Une chose est sûre, dans ce temps-là, on a tous passé des heures devant Ciné-Cadeau. Ces lendemains de réveillons peuplés d’Astérix, de Tintin et de Kevin McCallister resteront gravés à jamais dans nos mémoires. Mais vous souvenez-vous des livres que vous lisiez ou qu’on vous lisait durant ces moments de grâce du congé scolaire? Quels sont les contes, les histoires hivernales qui ont marqué vos souvenirs des Fêtes d’autrefois? C’est avec un brin de nostalgie que quelques collabos du Fil rouge vous partagent leurs coups de cœur littéraires…qui sont peut-être aussi les vôtres! Pour Martine Latendresse Charron, il s’agit de L’arbre de joie d’Alain M. Bergeron. Ce petit …

Des papillons pis de la gravité, tout en humour et en légèreté

Je vais commencer par une confession; je n’ai jamais lu la série Au-delà de l’univers de Alexandra Larochelle. En fait, la confession est plus que je n’ai jamais voulu la lire parce que j’étais une enfant jalouse. Jalouse de quelqu’un que je ne connais ni d’Adam, ni d’Ève, simplement parce que tout le monde parlait de sa série de livres qu’elle avait écrite à un si jeune âge et que j’aurais dont voulu être à sa place. Une fois la crise de jalousie juvénile terminé, j’ai sporadiquement continué à me  demander si elle avait écrit autre chose et c’est comme ça que je suis tombée sur son blogue, par presque hasard, il y a un an ou deux. J’y ai découvert une jeune femme avec une plume humoristique, accrocheuse et de son temps. C’est donc un peu pour toutes ces raisons que j’avais plutôt hâte d’avoir Des papillons pis de la gravité  entre les mains. Premièrement, il faut savoir que c’est un roman clairement axé vers un public adolescent, ce que j’essaie de plus en …

« Plus léger que l’air » de Simon Boulerice, ou l’incroyable légèreté de lire

Ce n’est plus un secret: je suis complètement fan de littérature jeunesse, particulièrement lorsque celle-ci s’illumine de belles images. Peut-être parce que je suis moi-même demeurée enfant, c’est un genre qui me parle beaucoup et qui m’impressionne souvent de par la qualité et l’intelligence de ses textes. Certaines créations se démarquent du lot. Le dernier ouvrage jeunesse de Simon Boulerice, Plus léger que l’air, m’a laissée bouche bée, soufflée par un vent nouveau. Simon Boulerice, auteur originaire de la Rive-Sud de Montréal et comédien de formation, est à la fois prolifique et touche-à-tout: romans pour adultes, poésie, pièces de théâtre, théâtre jeune public, bandes dessinées, romans jeunesse et autres curiosités. Doté d’un imaginaire foisonnant et d’un humour surréaliste, son terrain de prédilection est celui de l’enfance, dans lequel il s’évertue à charmer jeunes et moins jeunes. Plus léger que l’air, sa toute dernière création parue en février 2015 aux Éditions Québec Amérique, collection Petit Poucet, illustrée par la talentueuse Agathe Bray-Bourret, est aussi léger et optimiste qu’un ballon gonflé d’hélium, littéralement. L’histoire est celle de …

Pis toi, ton adolescence? : La littérature jeunesse pour ados

«Il n’y a pas de feux d’artifice dans son visage presque parfait, il y a seulement un peu de désir et du malaise. C’est un mélange que je n’aime pas, j’aurais voulu voir de l’amour, un petit peu, au moins pour ma bouche, pour nos baisers. De l’amour amusé, genre, au moins. Pour atténuer le malaise, il serre ma tête un peu plus fort entre ses mains et m’embrasse, les paupières fermées. Elles sont scellées si étroitement que je ne peux pas voir ce qu’il sent en lui, dans son coeur ou dans son corps, quand il goûte à ma bouche. Il joue avec mes sentiments sans le savoir.» – Coeur de slush, Sarah-Maude Beauchesne L’adolescence, c’est pas tant fun quand on y repense. Contrairement à la croyance populaire (si croyance populaire il y a), je n’ai pas passé mon adolescence la tête dans les livres (c’est après que ça s’est gâté tout ça), j’étais plutôt toujours dans ma tête. À l’adolescence, tout est vraiment intense et si on est chanceux, ça se calme un peu à …