All posts tagged: féminisme

Découverte musicale – Halestorm

Étant une passionnée des mots, j’ai toujours prêté grande attention aux paroles des chansons que j’écoute, dans la langue de Molière comme celle de Shakespeare. En effet, j’aime que la musique me parle, me raconte des histoires et me permette d’imaginer mes propres scénarios, mes propres vidéos. Si vous êtes comme moi, vous avez peut-être remarqué que le contenu de certaines chansons largement diffusées est pour le moins assez insignifiant, quand il n’est pas carrément pathétique. Dans cette même veine, on retrouve de nombreuses chansons (interprétées, entre autres, par la gent féminine) qui projettent un reflet plutôt malsain des relations amoureuses, sociales et sexuelles des femmes : objectification, volonté à accepter n’importe quoi par amour, isolement dans des relations abusives, etc. Le tout, évidemment, appuyé par des rythmes accrocheurs et des interprètes « glamourisées », qui tiennent la vedette dans des vidéos suggestives se rapprochant davantage de la porno que de la musique (quelques minutes passées sur Youtube devraient être suffisantes pour vous montrer ce que je veux dire!) Bon, qu’on mette une chose au …

Second début : le renouveau féminisme

La dernière petite plaquette de la collection Document publiée par Ateliers 10 s’adresse à quiconque voulant mieux comprendre d’où part le féminisme au Québec et où il s’en va. Dans Second début de Francine Pelletier, on découvre ce que c’est d’être une femme dans le Québec actuel et aussi, passé. À travers son parcours de féministe, avec la revue La vie en rose, Francine Pelletier offre une réflexion nécessaire sur la place du féminisme dans notre société. Elle nous explique les combats vécus lors de l’émergence du mouvement féministe et nous entraîne au fil des vagues, des revendications et des époques qu’a connu le Québec. Elle place d’emblée un portrait de notre société en abordant la fusillade de la Polytechnique, elle ne peut faire autrement. Cet événement, synonyme d’une haine envers les féministes, englobe et enveloppe une aura de pensées et d’événements qui viennent définir le féminisme québécois. Heureusement, Francine Pelletier prend conscience que la relève féministe des femmes de 25 à 35 ans reprend du flambeau et ose se dire féministe, un mot qui a souvent fait peur dans les dernières décennies. …

« We should all be feminists »

Lors de mon récent voyage à San Francisco, je me suis arrêtée dans la fameuse librairie City Light, maison de publication et librairie iconique de la beat generation. Mise à part l’expérience même qu’est le fait de mettre les pieds dans cet endroit, j’ai aussi mis la main sur un petit livre qui avait attiré mon regard de par son titre :  » We should all be feminists« . J’ai été intriguée, j’ai voulu savoir ce que l’auteure avait à dire, quels points elle allait apporter, ça ne pouvait qu’être enrichissant.   Chimananda Ngozi Adichie, l’auteure, est originaire du Nigeria. Dans cet essai, elle mélange expériences personnelles, opinions et faits pour mieux évoquer ce qu’implique le fait d’être féministe dans l’afrique moderne. Avant tout, il faut savoir que ce court essai est une adaptation d’une conférence TEDtalk qu’elle a réalisé en 2013 et dans laquelle vous retrouvez presque l’entièreté du texte contenu dans la version écrite. La majeure partie de mes références en matière de féminisme sont très occidentales. Je sais bien que la réalité du féminisme diffère parfois …

Chronique « Écrire l’indicible »: Les Sangs d’Audrée Wilhelmy, le conte de Barbe Bleue revisité

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. On connaît toutes, du moins presque, le conte de Barbe Bleue. Cette histoire de Charles Perreault est assez lugubre si l’on considère que les contes s’adressaient souvent aux enfants, à cette époque. L’homme, d’une laideur horrible, est voué à l’échec auprès des dames et on sait ce qui est arrivé à celles qui ont osé se lier à lui… Audrée Wilhelmy, dans sa réécriture du conte de Perreault, offre une version toute aussi sinistre. C’est la réédition de son roman Les Sangs (initialement publié chez Leméac en 2013) aux éditions Grasset en mars 2015 qui m’a invitée à lire cette œuvre. Comme il s’agit d’une adaptation, je qualifierais son roman de «Barbe Bleue nouveau genre»; tous les éléments du conte de Perreault sont présents, mais modifiés. Nous retrouvons des femmes, sept femmes, desquelles nous connaîtrons l’histoire à travers leur propre écriture. En …

Mines de rien, le sexisme ordinaire

 Chroniques du sexisme ordinaire, c’était le titre des chroniques de Simone de Beauvoir dans Les temps modernes. Ça pourrait aussi être le titre de ce bouquin publié aux éditions Remue-Ménage, Mines de rien. Écrit par trois enseignantes de littérature, Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin, le livre se veut un ensemble de chroniques plus ou moins longues dénonçant ces petites choses qui font, « mines de rien », creuser ce sexisme ambiant et ces inégalités révoltantes. Féministes, elles osent ouvrir une parcelle de leurs intimités, de femmes, de féministes, d’enseignantes, pour nommer ces choses qu’on ne prend presque plus la peine de dire, tellement elles deviennent ordinaires, banales. Et c’est ce qui est le plus grave et le plus révoltant. Sous forme de petits chapitres, les auteures nous racontent des situations de leurs vies ou des faits sociaux qui viennent nous rappeler le sexisme ambiant, les inégalités de genre et la force du mouvement féminisme. Sans utiliser le discours universitaire habituel, elles sortent des carcans et nous offrent des chroniques teintées d’humour, d’irrévérence, d’honnêteté et de …

Parler de Pauline Julien pour parler de nous

  Vendredi dernier, Martine et moi avons eu la chance d’assister à la pièce T’en souviens tu Pauline?, présentée par le théâtre archarnéE, à l’Espace libre. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre puisque mes expériences au théâtre sont plutôt sporadiques et peu fréquentes et ce, même si c’est un médium créatif que j’affectionne particulièrement. Je ne savais pas non plus à quoi m’attendre en apprenant que c’était une performance solo. C’est donc dans cette ambiance d’incertitude, mais également d’appréhension, que nous nous sommes rendues à l’espace libre, rue Fullum. À prime abord, on nous avertis que cette pièce n’est pas un hommage commun à Pauline Julien, ce n’est ni une performance où toutes ses chansons les plus populaires seront mises en scène, ni un conte anecdotique sur la vie de cette femme. Ça tombe quand même bien parce que de Pauline Julien, je ne connais pas grand chose. Ce que j’ai appris d’elle, mis à part l’évident fait qu’elle était chanteuse, est le fait que ce fut de son vivant une femme très …

Chronique « Écrire l’indicible »: Témoignage d’un héritage : Annie Ernaux et moi

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. En relisant L’Événement et Les Armoires vides d’Annie Ernaux, je me suis replongée dans ma propre expérience. Celle d’un avortement, alors qu’âgée de 17 ans je suis tombée enceinte et ai fait le choix d’interrompre cette grossesse. C’est aussi toute la question d’héritage du féminisme qui m’a amenée à me questionner et à remettre en perspective cet événement, pour utiliser les termes d’Ernaux. Elle en parle comme quelque chose de difficile, dans les circonstances qui étaient en place lors de la parution de son livre. Effectivement, l’avortement était alors illégal. Je vois en Ernaux, donc, une tentative de dire l’indicible, de rendre compte, non pas une, mais deux fois (de manière autobiographie d’abord, puis sous l’écriture testimoniale ensuite) de cette réalité obscurcie par les récits, mais aussi tenue à l’écart des discours. Pourtant, je ne me suis pas reconnue dans ces livres. Pour …

Les mille soleils de l’entraide féministe

Khaled Hosseini est né en 1965 à Kaboul en Afghanistan, mais vit maintenant en Californie. Son excellente oeuvre Les cerfs-volants de Kaboul publiée en 2005 lui a valu le Prix des libraires du Québec en 2006 et lui a permis de se faire connaître mondialement. Mille soleils splendides, publié en 2007, est son deuxième roman. Il raconte l’histoire de deux femmes totalement différentes et éloignées qui deviendront une entité d’espoir et d’humanité. Tout d’abord, il y a Mariam qui sera obligée d’épouser un homme de trente ans son ainé et qui vivra pendant des années avec cet homme sans réussir à lui offrir un fils. Cette relation sera empreinte d’injustice, de maltraitance, de manipulation et de violence. Elle sera par la suite confrontée à l’arrivée de Leila, une jeune fille de 14 ans, dans sa propre maison. Le mari des deux femmes fera preuve d’une extrême misogynie envers ces dernières, qui passeront d’une relation conflictuelle à une relation basée sur la compassion et l’envie de s’aider mutuellement. Elles décideront donc ensemble de fuir leur mari et …

« Ce livre-là n’est pas pour toi! »

Quand j’étais ado, j’aimais me rendre à la bibliothèque de mon école secondaire pour y emprunter des romans, souvent plusieurs par semaine. Ayant toujours eu un faible pour les littératures de l’imaginaire et plus particulièrement les romans de fantasie (c’est-à-dire les histoires se déroulant dans des univers moyenâgeux remplis de magie, de guerres et de créatures mythologiques), j’aimais bien me gâter un peu et emprunter des livres de la collection « Les Royaumes oubliés », regroupant des récits inspirés d’un univers conçu à l’origine pour le jeu Donjons et Dragons. Malgré ce que vous pensez peut-être, je ne ressentais absolument aucune honte à aller emprunter ce genre de livres, même si être geek n’a pas trop la cote à l’adolescence. Ce qui me mettait hors de moi, c’est que chaque fois que je passais au comptoir de prêts pour faire enregistrer mon emprunt, la bibliothécaire (qui me connaissait bien et savait que j’empruntais des livres de cette collection de façon régulière) ne manquait pas de m’adresser le commentaire suivant: «Ça m’étonne que tu lises ça, c’est des …

Les monologues du vagin

Eve Ensler a tenu à rencontrer plus de 200 femmes pour parler de la relation qu’elles entretenaient avec leur vagin et ce, partout autour du monde. C’est ainsi qu’elle a  écrit  sa pièce de théâtre Les monologues du vagin en 1996. Cette féministe et auteure américaine a tenté de comprendre et de nommer autant les relations saines comme les malsaines que les femmes entretiennent avec leur propre corps et la violence que subit celui-ci. Dans Les monologues du vagin, elle s’est intéressée à rencontrer des femmes qui ont vécu des inégalités sociales, de la violence physique comme psychologique et des drames terribles. On y parle de tout ce qui concerne le vagin soit l’orgasme, la violence, la première fois, le viol, l’excision, la masturbation, les sex-toys, les règles, l’homosexualité et j’en passe. Très activiste, Eve Ensler accorde une importance à l’aspect de communauté féminine afin de contrer les inégalités dont les femmes sont victimes. La création du V Day en est un exemple. Or, voilà pourquoi on y lit un grand espoir social de changer les choses. Que ce …