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Dans la solitude de Paul

J’attends la sortie des nouveaux tomes de la bande dessinée Paul comme j’attendais jadis celle des livres de Harry Potter, c’est-à-dire en usant d’énormément de patience et avec beaucoup, beaucoup d’enthousiasme! Au fil des années, Michel Rabagliati, l’auteur de la série, est devenu une des figures de proue de la bande dessinée québécoise et, de fait, un de mes auteurs préférés. Quatre ans après Paul dans le Nord, dans lequel son personnage était un jeune adulte, il nous offre enfin Paul à la maison. Dans ce nouvel opus, notre personnage préféré a 51 ans et il a un peu changé. Il est barbu, a pris du ventre et a l’air fatigué; bref, on sent qu’il n’est pas au meilleur de sa forme. Il faut dire qu’il vit seul depuis qu’il s’est séparé, que sa fille unique lui annonce qu’elle part vivre en Angleterre et que sa mère vieillit drôlement vite. Sa maison dans Ahuntsic est vide et il a du mal à s’y faire. D’autant plus que la vieillesse se fait tranquillement sentir : des …

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L’essai de Léa Stréliski sur notre vie effrénée

Y a-t-il un sujet plus actuel que celui de la vitesse? De la performance et de notre travail toujours plus acharné? Dans le livre La vie n’est pas une course, Léa Stréliski, humoriste et mère de famille, souhaite remettre en question les valeurs d’ultraperformance et de vitesse de la société. Comme elle le dit mot à mot, elle « aimerait savoir pourquoi tout le monde court ». C’est décidément un sujet qui m’intéresse, et c’est la raison pour laquelle je souhaitais lire ce livre à tout prix. Je suis une fille qui court (au propre comme au figuré, je dois le préciser). Je m’améliore, mais je cours quand même pas mal, dans ma vie. Malheureusement, je n’ai pas du tout été satisfaite de ma lecture. En fait, je vais vous le dire, j’ai été vraiment déçue. Car, si Léa Stréliski aborde certains enjeux cruciaux de notre société d’aujourd’hui, elle tombe malheureusement dans les idées reçues et les discours figés, en plus de ne pas vraiment offrir d’idées nouvelles sur la question – ce qui est …

La douleur du verre d’eau : une tempête dans un océan

Avant la tempête:  Je dois faire un mea culpa : je n’ai jamais été une grande fan de poésie. Peut-être que je n’avais simplement pas trouvé celle qui me parlait ou qui provoquait une émotion assez forte en moi pour me la faire savourer comme on déguste un bon vin. J’avais une appréhension envers ce genre jusqu’à ce que je découvre la poésie moderne québécoise. De la poésie qui me parle vraiment. C’est sa beauté, je trouve, car elle peut être appréciée par plein de gens différents selon ce qu’ils en comprennent. La première fois que la poésie a eu un sens pour moi est lors de ma lecture de Shenley, d’Alexandre Dostie. C’est avec ce recueil que j’ai renoué avec les non-vers, mais c’est avec La douleur du verre d’eau de Jean-Christophe Réhel que j’ai vraiment ressenti une émotion.  Pendant la tempête:  Le poète transpose un mal qui affecte plusieurs d’entre nous : l’anxiété. En souffrant moi-même, j’ai été transpercée par ses mots. Des mots qui racontaient ce que, souvent, je ne suis pas …

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De la lecture pour le temps des Fêtes

Cet automne, lors de l’anniversaire d’une de mes amies, qui est aussi une grande lectrice, je lui ai offert un livre en cadeau. Pas très original ni surprenant, si c’est une grande lectrice, me direz-vous. Eh bien oui! Mon amie était vraiment surprise car, comme elle lit beaucoup, son entourage évite habituellement de lui offrir un livre en cadeau, au cas où elle l’aurait déjà acheté ou lu. Elle était franchement ravie! Alors, je me suis dit qu’à l’approche du temps des Fêtes, je ferais un tour d’horizon auprès des autres fileuses pour avoir leur avis sur le sujet, et aussi pour vous proposer quelques idées ou quelques recommandations de livres à offrir autour de vous. Est-ce que même les grandes lectrices aiment recevoir des livres en cadeau? Chez les fileuses, c’est unanime, la réponse est « OUI!!! ». Vicky nous dit :  « Pour ma part, j’ai toujours aimé recevoir de la lecture en cadeau sous quelque forme que ce soit. Enfant, on m’offrait souvent un abonnement (ou plusieurs haha) à une revue. Je …

Partir sans destination

Partir sans destination, ou voyager dans le confort de son salon

Il y a parfois de ces livres qu’on a l’impression de ne pas choisir, un peu comme si c’était eux qui nous choisissaient. J’accompagnais une amie dans une librairie, quand le livre de Guillaume Duranceau-Thibert m’a comme… interpellée! Partir sans destination. Depuis que je suis toute petite et que j’ai vu le film Yes Man, et par la suite, depuis que j’ai commencé à voyager seule ou avec des amis, j’ai le rêve un peu fou de faire mes valises à l’improviste, de débarquer à l’aéroport et de prendre le billet d’avion le moins cher, comme ça, sans destination précise. J’ai donc acheté le livre sans me poser plus de question, sans savoir de quoi il s’agissait. Juste parce qu’il y avait comme une force divine qui m’encourageait à le faire. Voyager dans le confort de son salon Le livre de Guillaume est composé de courtes tranches de voyage, récoltées au fil de ses périples et entrecoupées de petits moments plus philosophiques sur la vie, le voyage en tant que tel et… les toilettes (je …

Mon plan machiavélique pour changer le monde ou comment faire lire les enfants

On entend souvent que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un enfant pour sa vie future, c’est de lui apprendre à aimer la lecture. C’est, certes, un cliché, mais tout de même une idée pleine de bon sens! Il semblerait – et je n’en suis pas peu fière! – que je sois parvenue avec un certain succès à transmettre mon goût des livres à ma progéniture. Et comme j’ai la conviction que la littérature peut rendre les gens meilleurs, je partage avec vous mes astuces pour que vous puissiez à votre tour faire de vos enfants des lecteurs aussi assidus que Matilda afin qu’ensemble, nous créions une génération de book nerds qui régnera sur le monde de demain! AVERTISSEMENT : Je ne suis ni éducatrice ni pédopsychiatre. Mon expérience parentale personnelle ne constitue pas une méthode approuvée par des spécialistes, et si un jour vos enfants vous reprochent amèrement d’avoir gâché leur enfance, sachez que je me dégage de toute responsabilité! Prenez-les au berceau Tous les gourous vous le diront : le …

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Combats de soi à soi, avec Les guerres intérieures

Le roman de Valérie Tong Cuong commence avec la citation suivante : « Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous y. » – Victor Hugo, Les Contemplations, préface J’ai trouvé bon d’y revenir à la fin du roman, puisqu’il s’agit de la fatalité sous-jacente à la lecture, selon mon impression. Les guerres intérieures est en effet un roman à la fois très personnel et universel, puisque les souffrances nommées sont partagées par chacun.e de nous. Fil narratif troublant Le roman nous fait rencontrer deux personnages, deux adultes fragilisés par la vie pour des raisons parfois connues du lecteur, parfois sous-entendues par l’autrice. D’abord, il y a Pax, un acteur hors circuit depuis un bon moment déjà, qui se retrouve devant l’opportunité de sa vie : se refaire au grand écran. Un appel auquel il répond avec un enthousiasme grisant, qui le plongera aussi dans des tourments impensables. Puis il y a Emi, une femme touchante, intérieurement …

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Grandeur et misère d’un enfant du Red Light

La première fois que j’ai lu un livre de Jean-Simon Desrochers, j’étais au cégep et je participais au Prix littéraire des collégiens. L’un de ses romans était en lice : Le sablier des solitudes, une œuvre trash à treize personnages dont les destins entrent en collision lors d’un carambolage. Je ne connaissais absolument pas l’auteur au moment de commencer ma lecture, mais une fois le livre refermé, j’avais un nouvel auteur préféré. Depuis, je lis presque tout ce qu’il publie, bien qu’à travers son œuvre extrêmement variée – il écrit aussi de la poésie et des essais – c’est surtout ses romans qui m’intéressent. Son dernier, Les limbes, est une brique massive, mais délicieuse qui, sur plus de trois cent pages, relate l’élévation puis l’effondrement d’un personnage singulier, sur fond discordant de tumulte montréalais. Je vous livre ici mes impressions. Une étonnante fresque sociale La première partie du roman se passe pendant l’âge d’or du Red Light, à Montréal. Michel Best, surnommé Ti-Best, naît dans les toilettes d’un bordel, d’une mère prostituée qui meurt en …

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The Dispossessed d’Ursula K. Le Guin, pour réfléchir

La science-fiction, comme la plupart des littératures de l’imaginaire, est souvent considérée comme de la « sous-littérature ». À mon avis, ça tend tranquillement à changer dans la représentation contemporaine, mais il y a encore du travail à faire. Si vous avez encore des préjugés sur la science-fiction, je crois qu’une bonne façon de vous faire l’envisager autrement est de lire une (ou des!) œuvre(s) de l’autrice américaine Ursula K. Le Guin. L’autrice Ursula K. Le Guin est une écrivaine de science-fiction et de fantasy dont le décès en 2018 a mis en évidence sa contribution littéraire. Ayant fait des études en littérature et en ethnologie, en plus d’être fille d’anthropologues, elle s’intéresse entre autres, dans ses écrits, à des thèmes anarchistes, psychologiques et sociologiques. Bien qu’elle se soit défendue de l’avoir fait consciemment, elle a écrit des romans qui proposent une réflexion féministe sur le genre, sur le pouvoir et sur l’organisation des sociétés contemporaines. Bref, son œuvre tombe plutôt bien dans les intérêts de plusieurs lectrices chez Le fil rouge! De plus, le …

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L’amour est un cirque!

« Le cirque arrive sans crier gare. » – Le cirque des rêves, Erin Morgenstern Approchez, mesdames et messieurs! Le spectacle va commencer! L’univers du cirque m’a toujours attirée. Les décors, les costumes : tout y est plus grand que nature! Le cirque nous fait pénétrer dans un monde merveilleux… et laisse un peu de merveilleux entrer dans notre monde! Le spectacle crée l’illusion de la magie et du rêve, mais qu’est-ce qui se cache derrière le rideau? Il semblerait, en tout cas, qu’on y trouve de l’amour! Les histoires où se marient romance et monde de la scène sont surprenamment nombreuses. C’est comme si le spandex et les paillettes avaient la propriété magique de stimuler la fibre romantique! Hum! C’est peut-être le cas, finalement… Mais je crois plutôt que, tout comme les arts circassiens, les sentiments amoureux font appel à notre envie de croire en quelque chose de mystérieux, de fabuleux et de complètement fou! En général, je ne suis pas une grande lectrice de romance, mais la magie de ces trois romans a très …