All posts tagged: Littérature jeunesse

Harry Potter et le féminisme

Je suis sans contestation une grande fan d’Harry Potter. Je les ai relus (vraiment) plus que nécessaire au fil des années et les connais presque par cœur. Récemment, à la recherche de nouvelles pages à me mettre sous la dent, je me suis mise à dévorer les études critiques qui ont été faites sur Harry Potter, faisant de la populaire saga un objet d’analyse littéraire s’ouvrant sur d’autres domaines. Résultat? Harry Potter, la série jeunesse mondialement connue, se retrouve au cœur d’une réflexion complexe qui dépasse l’œuvre en tant que telle. On assiste donc, en quelque sorte, à une ouverture des appareils critiques à des objets « populaires » et nous savons, en tant que littéraires, comment c’est un débat qui a encore lieu dans les milieux universitaires. Il m’a été permis de voir avec grande surprise qu’un très grand nombre de lectures d’Harry Potter ont été produites. Après les analyses littéraires formelles ou les réflexions sur l’imaginaire, le champ d’études s’ouvre à d’autres disciplines : on retrouve des lectures sociales et politiques (Pierre Bruno), des lectures psychologiques et psychanalytiques …

Les prix littéraires qui réchauffent la gorge

Il n’aura fallu que cinq minutes avant que mon problème d’acheteuse compulsive et ma passion pour la littérature jeunesse ne s’allient lorsque j’ai aperçu que les plus récents nominés au prix littéraire des libraires jeunesse venaient de paraitre. Un gros cinq minutes pour que je me mette à fantasmer sur les deux romans que l’on annonçait dans la catégorie 12-17 ans. Cinq minutes avant que je passe une commande en ligne et que je me retrouve plus pauvre, oui, mais avec l’assurance que du grand allait me parvenir par la poste dans le bientôt. Les lauréats de cette année se séparent en deux catégories bien distinctes.  Une oeuvre d’Amélie Dumoulin, FémFé, a été choisie pour représenter la catégorie québécoise, tandis que, du côté des écrits internationaux, on retrouve Le soleil est pour toi, de Jandy Nelson. Deux romans très différents qui parlent d’adolescence, de découvertes et de grandes tristesses. Deux romans qui ont su me toucher à leur manière respective. FémFé, c’est l’histoire d’une rencontre qui embellit l’existence, d’un amour puissant, mais également empli de …

K : Un t’es-pas-tout-seul, format papier

À l’adolescence, je passais mon temps à lire, à errer dans les bibliothèques en quête de la nouvelle lecture qui changerait ma vie. Des frissons, des gorges nouées, des mains qui shakent. Des mots qui me transperceraient mieux qu’un regard. L’amour des mots, je l’ai cultivé très tôt. Peut-être que je me sentais tellement différente pis hors de tout que l’endroit où je me retrouvais le mieux, c’était avec les livres, dans les allées de bouquins vieux et plus intéressants que ces quelques jeunes qui les parcouraient. J’associe l’adolescence avec un tel moment de doutes et de craintes, de revirements et de sursauts, que j’admire peu d’auteurs comme les auteurs jeunesse. J’admire ceux qui prennent la plume pour dire aux ados qui se sentent tous mêlés-fuckés-pas-pareils-pas-beaux que ça va être correct. Qu’on est peut-être mêlé, mais qu’on n’est pas tout seul. C’est ça qu’on veut, au fond. On veut pas ressembler à la masse, ni plaire à tout le monde, on veut savoir qu’on est pas tout seul à vivre dans le tourbillon. Sophie Bienvenu …

Les héroïnes littéraires qui nous inspirent

Quand je lis un livre, j’aime être transportée dans un univers qui me fascine. Un univers qui refuse de me laisser décrocher tant que je n’ai pas terminé la dernière ligne de la page finale. C’est uniquement possible si l’auteur a créé un personnage tout à fait attachant, mais plein de surprises. Un personnage qui te donne le goût de te lever et de faire une différence dans ta vie et auprès des autres qui t’entourent. Sans plus tarder, voici quelques-unes des héroïnes qui nous inspirent le plus : Hermione Granger Comment aurait été notre enfance sans le charme de Mlle Granger? On doit avouer qu’à ses débuts, Hermione nous fatiguait un peu avec sa manie de tout connaître et son attitude d’être mieux que les autres. Par contre, au fil des romans, on a appris à aimer Hermione et même à vouloir être comme elle. On peut dire qu’avec cette jeune sorcière brillante, on a compris qu’être studieuse et travaillante n’est pas un défaut, mais une habileté dont on doit être fière. Puis, son désir de …

Les bouquins de ma vie

J’ai grandi entourée de livres. J’en avais toujours un dans les mains, je les enchaînais un après l’autre. La lecture me permettait de m’évader, d’apprendre, de découvrir. C’est encore le cas aujourd’hui, d’ailleurs. Avec les années, certains m’ont marquée plus que d’autres. Et ces livres-là, je les ai gardés. Maintenant, j’ai une bibliothèque bien garnie qui témoigne bien de ma vie de lectrice assidue depuis 1996. Chaque tranche d’âge a son bouquin préféré. 0-3 ans: Je t’aimerai toujours, Robert Munsch « Je t’aimerai toujours, la nuit comme le jour, et tant que je vivrai, tu seras mon bébé. » Ma mère me racontait l’histoire très touchante de Robert Munsch le soir avant que je m’endorme, mais j’ai véritablement compris son sens en vieillissant. Elle raconte les étapes par lesquelles un jeune garçon a dû passer pour devenir un adulte. Sa mère s’est occupé de lui tout au long de son enfance mais, plus le temps avance, plus les rôles s’inversent: c’est l’homme qui finit par prendre soin de sa maman, puisqu’elle aussi a vieilli. 3-6 ans: Simon, Gilles …

Portrait d’un être fictif : Le cas de Lyra (Partie 2)

Maintenant que j’ai vingt-quatre ans et toutes mes dents, le personnage de Lyra me paraît à présent si peu sans la présence de Will. Will apparaît dans le deuxième tome de la trilogie. Il fait la rencontre de Lyra dans un autre monde que celui de la jeune fille. Bref, le monde de Will est le nôtre à première vue. Il se développe une complicité extraordinaire entre les deux protagonistes et pourtant, Will n’est pas d’emblée un jeune garçon sympathique et charmant. Il se veut plutôt discret et une de ses spécialités est sa capacité à disparaître parmi la foule. Je me reconnaissais également en lui. En présence de Will, Lyra prenait de la maturité. Elle demeurait la même fille audacieuse et ambitieuse, mais elle devenait plus réfléchie et moins impulsive. D’ailleurs, Will adorait la détermination de Lyra : « Il perçut dans sa voix et il vit sur son visage une détermination qu’il connaissait bien et qu’il aimait plus que tout. » (Le Miroir d’Ambre, p. 344) Tous les deux se complétaient parfaitement. Chez notre …

Portrait d’un être fictif : Le cas de Lyra (Partie 1)

‘I prefer a girl hero.’ ‘I always wished I was an orphan. Most of my favorite characters are. I think their lives are more special.’ -Suzy de Moonrise Kingdom. J’étais un peu comme Suzy Bishop lorsque j’avais son âge. Une enfant perturbée ne sachant pas trop qui elle est et où elle va. En quête constante d’une place où se poser. Or, comme elle, je me connaissais un intérêt particulier pour les livres et les histoires enchantées. Je cherchais des modèles à travers la littérature et c’est bien souvent eux qui me faisaient prendre conscience de ma non-solitude. Entourée de ces personnages fictifs, je me sentais soudainement au bon endroit. Comme elle, je préférais les héroïnes, mais j’avais de la difficulté à les trouver parmi le lot de personnages masculins. Comme elle, plusieurs de mes personnages favoris étaient orphelins et il m’est arrivé à quelques reprises de les envier honteusement. En somme, j’étais une enfant assez discrète et il pouvait s’avérer très ardu de tenter de comprendre ce qui se passait derrière ces grands yeux …

Edgar Allan Poe ou les lectures inoubliables

Il y a de ces auteurs qui nous marquent à différentes étapes de notre vie. Enfant, je me suis éprise de la lecture grâce aux J’aime lire, à la Courte Échelle, au Club des Baby-Sitters et aux Frissons. Préado, je me suis tournée vers Anique Poitras, Judy Blume et bien d’autres. Puis, ado intense et très créative, j’ai découvert l’univers sombre de Poe qui convenait bien à la gamine contrariée que j’étais devenue. Le monde tel que je le connaissais changeait à vive allure, la vulnérabilité et la poésie des Nouvelles histoires extraordinaires m’allaient bien. J’ai dévoré ces nouvelles, un été durant, soir après soir avant de m’endormir et développé une fascination pour le personnage qu’il aspirait à être. Poe et moi, on se comprenait. Il maîtrisait l’art de mélanger le beau au moche, l’ingratitude de mon adolescence l’en remerciait. À ma lecture, je le soupçonnais tourmenté et le cerveau toujours en ébullition, des questions plein la tête, tout le temps. Cet été-là, Poe me donnait la permission de vivre ma tristesse, mes réflexions et …

Ce qui n’a pas d’âge

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. » Victor Hugo En février 2014, quand je suis partie pour l’Irlande dans le but d’y faire un stage dans une petite classe de maternelle, je trainais, dans mes bagages, des livres. Des albums jeunesse qui avaient su m’émerveiller. Des couleurs, des images, des mots que je voulais partager. Cette année-là, j’ai parcouru une dizaine de pays en conservant sur mon dos cet immense bagage qui était presque impossible à transporter. Au fil des jours, je me suis détachée des objets que je considérais superflus. Des vêtements trop chauds, des chandails usés, des cosmétiques que je n’utilisais jamais de toute façon… Mais je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser de mes albums jeunesse. Mes albums sont usés et incroyablement vivants. Ils ont fait rire des enfants sur tous les continents. Mes albums ont transporté des enfants dans des univers nouveaux et remplis de fantaisie. Ces albums, je les découvre au fil des jours avec tous les élèves …

Virginia Woolf et moi

Je ne me souviens pas la première fois où j’ai aperçu ce joli album, probablement lorsque je travaillais en librairie. Je me souviens de m’être installée longuement dans les allées à le toucher, l’admirer et me dire qu’un jour, j’aimerais bien l’avoir chez moi. Les années ont passé et je ne l’ai jamais acheté. Or, une fois, j’ai eu une carte cadeau et j’ai commandé des bouquins en ligne, dont celui-ci. J’ai reçu un courriel plus tard me disant qu’il était discontinué. Malheur. C’est donc avec bonheur et excitation que cette année au Salon du livre de Montréal, j’ai aperçu Virginia Wolf dans le kiosque des Éditions de La pastèque. Écrit par Kyo Maclear, illustré par Isabelle Arsenault et traduit par Fanny Britt (on se souviendra du marquant duo pour Jane, le renard et moi!), cet album de quelques pages est tellement beau que je ne pouvais faire autrement que de l’installer fièrement sur la cimaise de mon salon. Plongée dans le bouquin, je réalisais que c’était, en plus d’être beau (Isabelle Arsenault est tellement …