Chroniques d’une anxieuse : rêveries
Je rêve de tranquillité. J’aimerais enfourcher ma bicyclette volante et partir loin de tout, loin des angoisses, des peurs, de l’automne qui commence, des gens trop pressés, des gens qui n’acceptent pas la différence, des enfants qui crient trop fort dans les bibliothèques et des femmes égoïstes qui laissent leur sac à main sur le banc de l’autobus lorsqu’il y a des dizaines de passagers debout. Excusez-moi, est-ce que je pourrais m’asseoir ici? J’ai le droit à un air bête. Elle se tourne vers la fenêtre de l’autobus et regarde à l’extérieur. Et moi, je rage de l’intérieur. Ça ne se finira pas comme ça! Oh que non. Je prends son sac et le lance sur ses jambes. Elle me regarde, ahurie. Je m’assieds et je lui fais, à mon tour, un air bête. En fait, ce n’est pas vrai. J’ai menti. La situation ne s’est pas vraiment déroulée de cette manière. J’ai plutôt continué à rager de l’intérieur et essayé de lui jeter un mauvais sort en répétant dans ma tête les formules magiques …

