Month: mai 2015

Noé: De la Genèse au grand écran

Par Kimberley Ryan et Valérie Valois Chez le fil rouge, nous sommes encouragées à partager nos idées d’articles, à communiquer, à discuter et à collaborer. Étant toutes les deux passionnées de bandes-dessinées et de romans graphiques, l’idée d’écrire un article sur un de ces livres nous semblait une idée à explorer. Alors, par le froid intense du mois de février, on s’est planifié une rencontre en plein centre-ville de Montréal pour aller bouquiner. Au tout début, notre objectif était de cibler une bande dessinée américaine, un bon vieux ‘comic’ de super héros tel que Batman ou Superman. Nous nous sommes toutefois rendues compte que ce n’était pas trop évident de choisir, tant il y avait de bons titres à notre portée. De plus, nous voulions une oeuvre qui allait nous donner du matériel pour mener une discussion animée et intéressante qui nous permettrait une comparaison livre/production cinématographique. Finalement, notre choix s’est arrêté sur la bande dessinée Noah de Darren Aronofsky, récemment adaptée au grand écran (2014) et dont le sujet est tiré de la Genèse. …

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre d’après sa couverture. Dans la vie de tous les jours, je m’efforce d’appliquer ce principe de non-jugement, surtout en ce qui concerne les gens que je rencontre. Mais, il y a environ deux ans, j’ai littéralement jugé un livre d’après sa couverture… et on ne m’y reprendra plus! À la librairie où je travaillais, on recevait à l’occasion des services de presse, livres qui nous étaient offerts gratuitement (et parfois avant leur sortie officielle) afin de permettre aux libraires de découvrir les nouveautés et de mieux conseiller les clients. Ce jour-là, mon assistant gérant m’avait tendu un livre blanc, simple, avec comme illustration de couverture une peinture montrant une rue de village au style vieillot. Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, roman. J’avais examiné le livre dont l’esthétique ne me plaisait pas, parcouru en diagonale la quatrième de couverture… et je l’avais laissé sur le bureau, disant que je n’en voulais pas. (Je sais, il faut être folle pour refuser un livre gratuit. …

L’homme poème

Critique du roman Des lames de pierre de Maxime Raymond Bock Chercher Sam (Sophie Bienvenu) et Les filles bleues de l’été (Mikella Nicol) m’ont tous deux complètement séduite et percutée. Alors lorsque j’ai vu que Cheval d’août proposait une troisième et nouvelle publication, je ne me suis posée aucune question et j’ai sauté tout droit sur le livre, Roaarrr ! Sublime roman qu’est Des lames de pierre de Maxime Raymond Bock. Si beau dans chacune de ses phrases, dans chacun de ses mots, que j’ai voulu prendre tout mon temps pour lire le texte de 104 pages. J’ai pris des liasses de notes de phrases que je veux lire et relire et de réflexions personnelles qui me sont venues durant la lecture. Dès les premières lignes, je sais que j’ai affaire à une écriture encrée, franche, mature, brillante et magnifique, de la veine de ces grands auteurs que j’ai lus à travers les années et qui ont marqué le Québec. Et cette idée m’est restée jusqu’à ce que je referme le livre et même après. …

Harry Potter à l’école de la philosophie

Après presque deux mois d’absence du blogue (ah! les obligations de la vie!), je reviens en force pour vous parler d’un de mes sujets préférés de tous les temps : l’univers d’Harry Potter. J’entends déjà les moldus se plaindre : « Pas encore! Heille, fille, vas-tu en revenir, de Harry Potter? ». Eh bien, non. Je serai une représentante de Poufsouffle jusqu’à la fin de mon existence! Toutefois, je ne suis pas ici aujourd’hui pour vous parler de la meilleure maison de Poudlard, mais bien pour vous faire découvrir un texte formidable : Harry Potter à l’école de la philosophie de Marianne Chaillan, publié aux éditions Ellipses. Après la lecture de son ouvrage, vous pourrez convaincre les puristes littéraires que les ouvrages de fantasy (de fantastique, de science-fiction ou de tout autre genre considéré par certains comme « moins littéraires ») ne sont pas débiles, et même qu’il y a une certaine profondeur à la série de J.K. Rowling, aussi profonde que l’analogie de la caverne de Platon! (Dans vos dents, les puristes!) L’hypothèse que pose Marianne Chaillan, chargée de cours en …

Musique d’ici : Rosie Valland

Pour ceux qui ont manqué ma découverte musicale du mois d’avril, c’est par ici. En Mai, on écoute Rosie Valland. C’est par le biais d’une amie Facebook que j’ai eu la chance de découvrir cette artiste (merci, amie Facebook aux goûts musicaux pareils aux miens). Auteure-compositrice-interprète de Montréal, Rosie décrit sa musique comme étant de la «pop alternative avec une p’tite touche d’indie». Moi, j’ai ben d’la misère à différencier tous les styles musicaux, alors j’la décris comme étant «vraiment bonne». Elle a lancé son premier EP en avril 2014, deux ans après avoir été finaliste du Festival international de la chanson de Granby, en 2012. Cette année, on a pu voir Rosie Valland pendant les Francouvertes, événement lors duquel elle s’est rendue en demi-finale. On a également pu l’entendre dans la populaire série québécoise Nouvelle Adresse, diffusée à Radio-Canada. En janvier, elle a lancé son single Rebound sur Bandcamp, chanson qui vaut définitivement la peine d’être écoutée. Je suis une fan du timbre de sa voix, un peu rauque et doux à la fois, et de sa plume. Chacun de ses …

15 ans d’amitié: ma plus grande certitude

Il y a quinze ans presque jour pour jour, j’allais acheter du lait avec ma mère et mon schnauzer Picasso, à mon camping. Arrivées au dépanneur, un garçon demanda à ma mère si mon chien était un mâle, car il avait une femelle et qu’il voulait la faire accoupler. Ma mère lui avait donné notre numéro de terrain et, quelques heures plus tard, une famille, qui sans le savoir allait devenir ma deuxième famille débarquait chez moi. (Pour la petite histoire, l’accouplement n’a jamais fonctionné…) C’est comme ça qu’a commencé une des plus belles histoires de ma vie. Sophie portait un imperméable violet, moi rose. Sa mère m’a invitée à aller jouer au parc et j’ai eu peur dans la voiture parce qu’ils avaient laissé la valise ouverte. On s’est à peine dit un mot, en se balançant. Toutes les deux gênées, toutes les deux pareilles. Je ne sais plus comment on s’est revues, reparlées, rappelées, mais ça n’a jamais arrêté (sauf la fois où j’avais peur de la magie blanche). Depuis quinze ans, tu m’écoutes, …

La fille d’Ulysse et l’idéalisation du voyage

La fille d’Ulysse, de Marie-Pascale Huglo, est un récit de voyage qui n’en est pas un. C’est plus une fuite qu’un voyage, c’est un empressement, un étouffement qui conduit nulle part. Dans ce récit écrit à la première personne, on ne connaît pas le nom du personnage principal, une jeune femme de 17 ans qui vit sur une petite île du sud. Blasée par un milieu isolé elle part, laissant derrière elle sa soeur jumelle. Clandestine, elle est loin d’avoir le choix de sa destination et se retrouve sur ce que Huglo appelle le neuvième continent. À travers le périple de la «fille d’Ulysse», on se retrouve donc sur le neuvième continent, une île formée par l’agglutination de tonnes de déchets. La tentation d’un nouveau départ est forte pour les volontaires sur ce nouveau continent, mais la réalité rattrape bien vite cette jeune voyageuse qui apprend petit à petit que changer d’endroit ne change pas toujours le mal de place. Quand je dis que La fille d’Ulysse est un récit de voyage qui n’en est pas un, c’est bien parce …

Lord of the Rings V.S. Game of Thrones

Bon, je dois d’abord avouer que je suis vendue à Tolkien. Une vraie de vraie fan. Je crois avoir tout lu ce qui était possible de trouver, signé de sa main ou recomposé par son fils Christopher. Contrairement aux engouements contemporains, ce que je préfère n’est pas sa trilogie Lord of the Rings, mais ses Unfinished Tales, aux accents encore plus poétiques et mythiques. À découvrir absolument si vous êtes rêveur de la Terre-du-Milieu. Tout ça pour dire que Tolkien, indétrônable, partait déjà avec une longueur d’avance dans mon cœur. De plus, je suis une passionnée notoire du Moyen-Âge, et ce depuis des lustres. Ado, j’étais celle qui arrivait avec une cape sur le dos à l’école et qui s’était donné pour mission existentielle de mémoriser l’Encyclopédie médiévale de Viollet-le-Duc. Tu connais l’Auberge du Dragon Rouge, le restaurant à thématique médiévale à Montréal? Eh bien, moi, je le connais un peu trop. En 2011, nous avons la série Game of Thrones qui commence à jouer sur HBO. 1+1 = 2. Bien entendu, les gens se …

Un voyage où absolument tout était prévu

Il y a de cela plusieurs mois, j’ai fait la lecture de mon premier Jules Verne, «Le tour du monde en 80 jours», qui fut pour moi un vrai coup de cœur. Ayant eu comme cadeau de Noël des billets pour aller voir la pièce au Théâtre du Nouveau Monde, j’étais impatiente de rencontrer ces célèbres aventuriers, Phileas Fogg, Passepartout et la Princesse Aouda. Ils ont chacun un caractère et une personnalité différente. Il faut déjà savoir qu’ils sont tous d’origine différente et cela semble avoir un impact sur leur personnalité. Fogg étant un anglais, il est gentleman, rationnel et minutieux surtout en ce qui concerne le temps. Tandis que Passepartout, étant français, sera peut-être un peu plus libertin, attachant et maladroit. Tous les deux se feront poursuivre par un policier, Fix (également anglais), suite au cambriolage d’une grande banque anglaise. Fogg est soupçonné. Ensemble, ils feront la rencontre avec différentes cultures, dont celle de la Princesse Aouda. La vision de l’Orient et de l’Occident seront confrontées, ainsi que les valeurs de Fogg. Finalement, au cours …

«Mettre la hache» : Saisir l’inceste…

  «LE VIOL EST UN INTERMINABLE SILENCE DUQUEL IL NE RESTE QUE DE LA CHAIR QUI CRIE.» Vous avez peut-être vu ce petit livre dernièrement. Il est assez dur à manquer avec sa couverture jaune highlighter et son titre intriguant: «Mettre la hache: Slam western sur l’inceste». Pattie O’Green: retenez ce nom et espérez en entendre parler encore longtemps.  Les Éditions Remue-Ménage m’étonnent de plus en plus avec leurs dernières publications qui s’inscrivent fortement dans le paysage féministe québécois et soulèvent des questions nécessaires sous des témoignages parfois douloureux. Pattie O’Green a été victime d’inceste, tout comme sa soeur, et tente maintenant de panser les blessures et d’exorciser tout ce qui a pu être engendré par ces actes destructeurs. Comment se définir maintenant à l’âge adulte, quand notre corps ne nous a jamais appartenu et avec un choc post-traumatique? La jeune femme l’a d’abord fait sur un blogue (attention un peu à vos yeux!), en empruntant ce pseudonyme de Pattie O’Green, pour ensuite refondre le tout dans ce petit livre grand comme l’univers. Y’a un (genre de) problème …