Month: août 2015

Musique d’ici: Peter Henry Phillips

Si vous avez manqué ma découverte musicale québécoise du mois de Juillet, c’est par ici. En Août, on écoute Peter Henry Phillips. Originaire de Saint-Adrien, Pierre-Philippe Côté (de son vrai nom) s’est lancé récemment dans un projet anglophone et a sorti son premier EP cet hiver sous le nom de Peter Henry Phillips. Je suis tombée en amour avec sa chanson « Secret » la première fois qu’je l’ai entendue. Depuis, elle joue sans arrêt dans mes oreilles. Elle agit comme un plaster sur le cœur quand il va moins bien. On a juste besoin de fermer ses yeux et de l’écouter pour aller un peu mieux. Sa musique a un son planant, un peu comme celui de William Fitzsimmons ou celui des ballades de City and Colour. Je vous donne un p’tit avant-goût de son travail (attention, vous risquez de devenir accro comme moi). Le mois dernier, il a fait la première partie de Coco Méliès (ça vous dit quelque chose?). C’était sûrement un excellent spectacle! J’aurai la chance de me reprendre. Il revient le 4 octobre prochain, à …

Un été avec Jacques Poulin

J’avais entendu le nom de l’auteur dans un cours de littérature québécoise. Nous étions sur le retour d’une grève, celle de 2012. Dans ce genre de circonstances, le cerveau n’est pas toujours apte à assimiler toutes les informations qui devraient lui parvenir. J’ai tout de même retenu le titre, je l’ai trouvé beau: Les yeux bleus de Mistassini. Il faisait partie du corpus. Il s’avère que Dany Laferrière y était également. Ceux qui me connaissent comprendront. Le choix fut aisé. Quelques années plus tard, je suis retombée sur le nom de Jacques Poulin, mais sous son fameux titre de Volkswagen Blues. J’aime les «road movies». Je les apprécie autant cinématographiquement que sous forme de littérature. Je suis folle de Kerouac. J’envie la nature sauvage des poèmes de Whitman. L’histoire de Alexander Supertramp (Christopher McCandless) m’a percutée de plein fouet. Nous étions au début du mois de juin. J’avais congé tous les jeudis. Mon copain travaillait. Je profitais en avant-midi du gymnase de l’université et l’après-midi, j’allais m’étendre sur le gazon vert d’un parc du centre-ville coincé entre deux blocs. …

Crimes, mystères et Hercules Poirot

Ma jeunesse fut rythmée par la lecture de certains classiques de littérature notamment Heidi (1881) de Johanna Spyri, la série de Sherlock Holmes (1887+) de Sir Arthur Conan Doyle ou bien Little Women (1868) de Louisa May Alcott. Tranquillement, j’apprenais ce que j’aimais et ce que j’aimais moins en terme de lecture. Durant une autre période de ma jeunesse, j’ai beaucoup accroché aux romans fantastiques (probablement comme beaucoup de vous). J’étais obsédée par Harry Potter (1997+) de J.K. Rowling ou bien la série À la croisée des mondes (1995+) de Philip Pullman. En vieillissant, j’ai développé un amour pour la littérature anglaise de toute forme – (même si je dois avouer que je ne lisais pas toujours dans la langue d’origine – shame on me!) – qui me semblait tellement envoûtante. Bien que j’appréciais la littérature d’autres pays ou régions bien sûr (les États-Unis, le Québec, etc.), je gravitais toujours naturellement vers les romans anglais, souvent sans même le savoir. Tout cela pour dire que j’étais prédestinée à devenir fanatique des romans d’Agatha Christie et …

Le plaisir d’être à table & gourmandises

Quand Marjorie et moi, on a vu le livre de Chefs de famille en librairie, on a tout de suite voulu l’avoir et le découvrir. C’est qu’il s’agit réellement d’un des plus beaux livres de cuisine québécois, oui oui, rien de moins. Le stylisme culinaire, la beauté des photographies et le graphisme font de ce livre de recettes un incontournable à laisser traîner pour enjoliver la cuisine ou même la table à café (pour l’inspiration!) Publié chez les Éditions Cardinal, la même maison d’édition que le magnifique Trois fois par jour, je pense qu’il n’est pas faux de dire que cette maison sait nous offrir des livres incroyables comme objets, mais aussi créativement parlant, ultra alléchants. C’est évident qu’à partir de maintenant je vais porter une attention particulière à leurs prochaines publications gourmandes! Chef de famille a été publié il y a quand même quelques mois, en avril, alors désolée pour l’article tardif, mais je ne devais pas passer à côté parce que, comme dit précédemment, c’est un de mes nouveaux chouchous québécois. Écrit par …

Raconter l’insularité: les conteurs des Îles-de-la-Madeleine

J’ai la chance d’avoir un pied à terre aux Îles-de-la-Madeleine; il s’agit de la maison familiale ancestrale que mes parents s’attèlent à rénover depuis le rachat de la demeure en 2005. Il va sans dire que j’y suis allée bon nombre de fois et que je commence à plutôt bien connaître ce petit archipel du Golfe du Saint-Laurent. Toutefois, je suis toujours aussi charmée et inspirée par cet univers insulaire. En étonnante ébullition culturelle pour la modestie de leur superficie, les Îles-de-la-Madeleine renferment plusieurs trésors littéraires imprégnés d’impressions maritimes et de vent salin. C’est pourquoi, suite à mon retour de deux semaines d’exil en ces eaux lointaines, je vous rapporte deux chroniques sous la forme d’un diptyque s’articulant autour de la narration de l’insularité. La chronique de la semaine prochaine sera une plongée dans l’univers de la nouvelle et de la poésie avec le recueil Le sel et le goémon, de Christine Arseneault-Boucher, paru cet été aux Éditions de la Morue Verte. Je vous propose aujourd’hui une incursion chez les conteurs des Îles, à la …

« Nous étions le sel de la mer » de Roxanne Bouchard : Critique de la lecture de juillet du défi littéraire

La lecture du mois de juillet était Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard, voici ce que trois de nos collaboratrices en ont pensé! Bonne lecture ! Ce que Karina en a pensé : Lorsque j’ai tourné les premières pages de ce roman, je sentais l’air marin. On y trouve dans cette histoire une nostalgie envoutante. Je n’ai malheureusement pas encore eu la chance de mettre les pieds en Gaspésie, mais grâce à ce roman je m’y sentais. J’étais tout comme Catherine, en vacances. Nous retrouvons Catherine, une femme insaisissable. Elle se cherche et elle croit trouver les réponses à ses questions en Gaspésie, où sa mère y habite. Il faut savoir que sa mère l’a mise en garde légale suite à sa naissance. Elle ne la connait pas. Sauf que, malheur pour elle, en plus de découvrir que sa mère est une femme soit trop aimée ou mal aimée, celle-ci est repêchée en mer! Catherine devra trouver réponses à ses questions autrement. Elle se retrouvera entourée de personnages, pour la plupart …

« Toutes celles que j’étais » d’Abla Farhoud, lecture d’août du défi littéraire

Suite au vote sur le groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, il a été voté que nous lirons Toutes celles que j’étais d’Alba Farhoud Bonne lecture, on se retrouve en septembre pour discuter de ce roman! Aablè a six ans lorsqu’elle quitte le Liban avec sa famille pour s’établir au Québec. Le français, la religion catholique, la neige ne lui font pas peur ; elle est farouchement déterminée à ne pas rester en marge. Mais c’est grâce au théâtre qu’elle arrive enfin à prendre racine. Jusqu’à ce que, quatorze ans après leur arrivée, son père décide qu’il est temps de repartir… Dans ce récit par petites touches, l’auteure plonge dans son passé pour aller à la rencontre de celles qu’elle fut. J’avais trouvé ma niche, ma maison, ma terre, mon théâtre. Je venais d’un autre pays, oui, mais quand j’étais sur scène, j’étais de tous les pays. Ou du pays que je choisissais. Née au Liban, Abla Farhoud a été comédienne puis dramaturge avant de se consacrer au roman. …

Une immersion dans l’Ouest Canadien

Mine de rien, Vancouver a changé ma vie. Comment une simple ville canadienne peut m’avoir changée? Mais, n’est-ce pas dans les voyages que nous apprenons à savoir qui nous sommes réellement? Lorsque je suis allée à Vancouver avec le programme Explore, je n’étais qu’une jeune adulte naïve et sans réelle expérience de vie. J’ai donc passé un mois dans cette ville canadienne. L’objectif étant de créer une immersion pour pratiquer mon anglais. Le fait, est que mon seul vrai souvenir est d’avoir fait la rencontre de gens géniaux. Je suis allée dans ce coin du Canada, ma première conquête de l’Ouest, j’étais prête à tout pour vivre toutes les aventures qui m’étais possibles. Au cours de ce programme, nous avions des heures dans notre semaine qui étaient assignées à des cours d’anglais. Par la suite, nous étions libres de faire ce qu’il nous plaisait. Je me retrouvais sur le campus de l’University British Comlumbia (UBC)! C’est une université qui a bonne réputation, qui est riche et qui a une superbe vue sur les montagnes (le rêve!). …

Trois alternatives déco pour les petits budgets

Fin août, je déménage dans mon premier appartement de grown up, pas de colocs, pas de chum, juste moi, mon diplôme, puis l’espoir de faire assez d’argent pour payer mon petit 1 1/2.  En 6 ans, j’ai déménagé 5 fois, j’ai vécu avec un total de 9 personnes et puis là, j’ai juste le goût d’habiter par moi-même, de ne pas devoir attendre après personne pour aller à l’épicerie parce que je ne veux pas y aller seule, de me forcer à sortir de chez moi un peu pour voir les gens, faire l’effort d’apprendre à être par moi-même. Ha puis aussi, il y a le fait que je vais pouvoir décorer comme je veux et j’ai bien hâte. Malgré tout, habiter seule implique aussi qu’il n’y a personne pour payer la moitié du loyer et de l’épicerie. Avec un BACC et bien des projets, ce n’est certainement pas mes parents qui vont payer pour moi, ça fait que le budget est serré et que la décoration tombe un peu loin dans ma liste de priorité. Toutefois, j’ai réussi à …

En finir avec Eddy Bellegueule : La revanche d’Édouard Louis

«Un père renforçait son identité masculine par ses fils, auxquels il se devait de transmettre ses valeurs viriles, et mon père le ferait, il allait faire de moi un dur, c’était sa fierté d’homme qui était en jeu. Il avait décidé de m’appeler Eddy à cause des séries américaines qu’il regardait à la télévision (toujours la télévision). Avec le nom de famille qu’il me transmettait, Bellegueule, et tout le passé dont était chargé ce nom, j’allais donc me nommer Eddy Bellegueule. Un nom de dur.» Eddy Bellegueule, c’était Édouard Louis. Écrivant maintenant son histoire sous pseudonyme, Édouard Louis a vraiment décidé d’en finir avec Eddy Bellegueule, le jeune homme qu’il était dans le passé, un jeune homme oppressé par sa famille et par les gens de son village à cause de ses manières de «pédé». En finir avec Eddy Bellegueule est un roman d’une violence inouie. C’est difficile d’imaginer qu’une famille aussi malsaine et dysfonctionnelle que celle de Louis puisse avoir engendré un jeune homme d’une intelligence si vive et d’une ouverture d’esprit si grande. La …