Month: mars 2016

Piraterie et « French Kiss »

Cette BD fut un achat coup de cœur lorsque je l’ai vue en librairie. Je m’amusais à tourner les pages et à admirer les dessins. J’aimais beaucoup le style, mais c’est lorsque j’ai vu le mot pirate sur la quatrième de couverture que j’ai décidé de me la procurer. « French Kiss 1986 » est l’histoire d’un père qui raconte à ses deux jeunes enfants comment s’est passé son premier baiser. C’est alors qu’on fait un voyage dans le temps et qu’on se retrouve en 1986. Nous retrouvons Étienne (le père) à l’âge de 11 ans. C’est les vacances d’été et il est fou amoureux de la belle Marie. Sauf, qu’il y a la grande rousse. Tous les deux ne s’aiment pas. En fait, la grande rousse est plus grande qu’Étienne, donc plus impressionnante et sa mère serait une sorcière. Il existe entre ces deux personnages une « guéguerre », mais ils ont un point commun : ils sont tous les deux fans de piraterie! C’est alors qu’une guerre éclate! Tout comme dans le film « La guerre des tuques », l’objectif …

Kaléidoscope : la bonne nouvelle que l’on attendait

De nombreux livres sont lus chaque année par nos enfants. Les bibliothèques scolaires ou municipales ainsi que les librairies regorgent de bouquins qui attendent patiemment la venue d’un petit être à éclairer. Or, comment s’assurer que les livres qui tomberont entre les mains de notre progéniture sauront aborder avec respect les valeurs que l’on souhaite ardemment lui transmettre? Et si les livres qu’ils lisent contenaient trop de clichés, d’idées préconçues, de fausses croyances? Et si les livres que l’on transmettait à nos jeunes en étaient exempts? Et si on leur faisait voir des sociétés sans sexisme, sans stéréotype, sans ces construits sociaux qui viennent miner les jeunes esprits? Et si la littérature pouvait être ainsi? Si la littérature que l’on transmet pouvait être un vecteur de marque dans la construction d’un monde meilleur? Voilà que l’équipe du Centre filles du YMCA a mis sur pied une plateforme incroyable qui vise à faire connaitre à tous ces livres qui véhiculent des messages d’équité. Le but? « Favoriser la représentation non stéréotypée des filles et des garçons et participer …

Naufrage : perdre sa job et le sens de sa vie

J’ai toujours voué un immense respect à la plume de Biz. Les textes de Loco Locass sont riches autant sur le plan politique, littéraire que mythologique. La parution de Naufrage a tout de suite attiré mon attention, j’étais intriguée de voir ce que donnerait son style en roman. Et je vous avertis, le résultat est un véritable coup de poing. Le dernier jour d’un fonctionnaire Tout commence avec l’annonce de la mutation aux archives du personnage principal. Frédérick Limoges, quadragénaire satisfait, perd son poste dans le domaine des statistiques pour être désormais littéralement payer à ne rien faire. D’abord perçu comme une condamnation à être tabletté, ce changement prend des proportions désastreuses qui se répercutent dans toutes les sphères de sa vie. Le sous-sol qu’il a désormais en guise de bureau lui apparaît de prime à bord comme la maison qui rend fou des Douze travaux d’Astérix, un infini labyrinthe bureaucratique, puis comme l’univers d’Alice aux pays des merveilles, de par son incongruité. Son nouveau lieu de travail finit même par lui évoquer The Shining, …

Autour des livres : Rencontre avec Zviane, bédéiste

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Le premier livre qu’on a lu à l’école, c’était Le chat sale. J’étais vraiment, vraiment fière de savoir enfin lire!! 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je n’aimais pas vraiment lire. J’essayais de me forcer, parce que ça avait l’air cool, et parce qu’une de mes amies lisait de gros romans de 200 pages et ça m’impressionnait beaucoup. Mais quand je lisais de gros livres, j’avais juste hâte que ça finisse, je regardais toujours la pagination pour voir où j’étais rendue, c’était comme un petit défi. J’aimais surtout les livres de Disney, genre La soupe aux boutons, parce qu’il y avait beaucoup de dessins de bouffe et tout avait l’air super appétissant!… 3. As-tu une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire? J’écris vraiment beaucoup, et c’est souvent de l’écriture automatique, ça sort comme une diarrhée. J’ai commencé ça ado, en secondaire 4, et je n’ai …

Annie Ernaux, écrire vrai

« Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais » — Annie Ernaux Je ne me souviens pas du comment ni du pourquoi j’ai découvert Annie Ernaux. Suis-je tombée sur elle par hasard? Suite à un article lu ou à la suggestion d’un lecteur ou d’une lectrice? Tout ce que je sais, c’est qu’elle fait partie de ces auteurs qui nous apparaissent soudainement, et dont on ne peut plus se passer. Annie Ernaux, c’est l’écriture des lieux et des événements qui sont porteurs d’émotions et de souvenirs. On peut tous se reconnaître à travers ses écrits intimistes, témoignant de moments réels, précis. Accessible, sorte de journal intime ou d’agenda détaillé, elle nous imprègne de ces phrases marquantes autrement à peine perçues, sinon anodines dans notre propre quotidien. Il y a quelque chose d’extraordinaire à savoir aussi bien décrire les situations, une routine, des objets qui témoignent d’un temps, une odeur qui dénote une époque. Dans tous ces romans, l’auteure ne lésine sur aucun détail ; son avortement, la mort de ses parents, une passion secrète et …

Percé, paysage de l’imaginaire

André Breton, écrivain, poète, théoricien, amoureux, féministe, … s’est arrêté à Percé en 1944 et a débuté l’écriture d’Arcane 17. Voilà plusieurs jours déjà que je survole les courants littéraires et artistiques du dadaïsme et du surréalisme, propulsée de liens en liens par la curiosité et l’envie de revenir sur des passages de l’histoire effleurés pendant les études. Le point initial de cet intérêt soudain, Arcane 17, écrit par André Breton. Pourquoi Arcane 17 ? Il y a plusieurs mois déjà, lorsque je suis arrivée à Percé, je marchais sur la 132, entre la pharmacie et chez moi, et j’ai aperçu un petit monument sur la pelouse d’une maison jaune, où il était inscrit : «André Breton (1896-1966) En exil à New York au cours de la deuxième guerre mondiale, le célèbre écrivain français voyage sur les côtes de la Gaspésie à l’été 1944 et séjourne dans cette maison en compagnie d’Élisa. Il trouve en elle et dans la splendeur de Percé, la source d’inspiration de l’une des œuvres majeures de la littérature surréaliste : …

Autour des livres : Rencontre avec Martine, cofondatrice du Fil rouge

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisation et  au niveau de ses préférences littéraires. Je me suis donc prêtée à mon propre jeu ! J’avoue qu’en créant ce questionnaire, je n’avais pas réalisé à quel point certaines questions sont difficiles à répondre. En tant que lectrice qui adore lire sur les processus créatif des artistes, je ne pensais pas que ça demandait tant de réflexion d’y répondre! 1. Quel est …

Hiroshimoi: le beau qui fait mal

Il y a quelques semaines, Véronique Grenier, auteure du nouvel ouvrage Hiroshimoi, tenait une séance de signature en plein coeur du Mile-End. L’endroit n’avait pas été choisi au hasard. En effet, c’est dans la minuscule boutique des créateurs de La Montréalaise Atelier que se tenait l’événement. Un magnifique chandail créé par La Montréalaise y était présenté, prêt-à-porter qui mettait le roman de Grenier à l’honneur.  Je m’y suis donc rendue, bravant le froid. Je suis arrivée devant l’atelier avec les pieds congelés. L’errance que je venais de me taper pour trouver l’endroit m’avait frigorifiée. Le local était tout petit. À l’intérieur, une poignée d’individus aux yeux souriants, certains un verre de vin blanc à la main. Ils se massent autour des vêtements et des livres qui parsèment l’endroit. Je n’entre pas à l’intérieur avant quelques instants. Je sonde. Dos aux grandes fenêtres qui bordent la rue, j’observe le dos de Véronique Grenier, cette femme minuscule dont les écrits touchent et marquent. Quelques personnes font la file devant la table où elle écrit, son livre en …

Une histoire de féminisme, d’égalitarisme et de Pokémons

Avec tout ce qui s’est passé la semaine dernière dans les médias québécois autour du terme féministe, je dois dire que je suis un peu fâchée, un peu comme dans beaucoup, mais il faudrait pas que je m’emballe trop, question de ne pas me faire traiter de féministe frustrée, tsé. Reste que j’ai envie d’ajouter mon petit grain de sel. Pour ce faire, laissez-moi vous raconter une histoire, celle d’une redondante conversation avec un ancien partenaire qui se disait égalitariste, humaniste, mais pas du tout féministe, parce qu’y a-t-il d’égalitaire dans un terme aussi axé sur les femmes que le féminisme? Il n’était pas question pour cette dite personne d’essayer de comprendre que le féminisme est ainsi nommé parce que, historiquement, c’est le sexe féminin qui fut (et est encore, de bien des manières) opprimé, oppressé. S’il est question d’égalité des sexes, on parle d’égalitarisme, il n’y a pas place à discussion. Le fait même de croire que c’est aussi simple semble mettre complètement de côté toute la question d’oppression, toute l’historicité qui se trouve derrière …

Quand les coffrets littéraires rencontrent la bibliothérapie

La semaine dernière, on faisait une annonce officielle : Le fil rouge offrira des coffrets littéraires à abonnement dès ce printemps. Et bien cette semaine, on vous en dévoile encore un peu plus, nos coffrets seront basés sur l’approche de la bibliothérapie. La quoi? La bibliothérapie, c’est le simple fait d’utiliser la lecture et les livres pour se sentir mieux, d’où notre slogan Les livres qui font du bien. Il s’agit d’une discipline et d’une approche relativement méconnues en Amérique du Nord. Chez Le fil rouge, c’est notre essence depuis le tout début. Chaque article a été écrit avec en soi, une approche bibliothérapeutique, parfois légère, d’autres fois plus marquée, mais toujours axée vers l’envie d’utiliser les livres pour se développer. Nos coffrets littéraires seront donc entièrement conçus en ayant en tête cette philosophie. Bien entendu, on ne pense pas sauver les gens, nous n’avons pas la prétention d’être des psychologues, loin de là. Toutefois, nos vécus de lectrices nous laissent percevoir que dans l’acte de lire, il y a un sentiment salvateur et c’est là, …