Féminisme
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Allez, on va danser au bal des absentes!

De La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette à Mettre la hache de Pattie O’Green, en passant par Autour de ton cou de Chimamanda Ngozi Adichie et Femme, réveille-toi! d’Olympe de Gouges, Amélie Paquet et Julie Boulanger racontent leur amour de l’enseignement de la littérature et leur amour de la littérature tout court dans leur essai Le bal des absentes paru chez La Mèche, ce printemps. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle littérature : la littérature des femmes. Grâce aux voix fortes d’autrices trop peu enseignées par leurs collègues, Paquet et Boulanger essaient de faire réfléchir leurs étudiant.e.s sur de nombreux enjeux : les rapports familiaux, les classes sociales, l’inceste, la place de la femme dans la société québécoise, etc. En commentant ces autrices dans leurs courts chapitres, les deux enseignantes font découvrir des inconnues, dépoussièrent leurs propres histoires de jeunesse et surtout, donnent le goût de courir lire toutes ces femmes férocement vivantes.

Divisé en cinq parties (La littérature et la vie; Mésententes; L’étudiant.e vis-à-vis de l’école; Figures de l’absente; La professeure vis-à-vis de l’école), Le bal des absentes reprend des textes publiés précédemment dans leur blogue qui porte le même nom. Or, les textes gagnent en force à être regroupés ensemble entre deux couvertures (drôlement bien illustrées par ailleurs!). Lus un à la suite de l’autre, les textes dessinent une constellation d’autrices qui se parlent et se font écho à travers les continents et les époques.

D’après elles, «le travail le plus urgent que les professeurs de littérature ont à accomplir au cégep, c’est de faire croire, ne serait-ce que momentanément, à la valeur de la littérature, c’est de montrer que la littérature permet de réfléchir, qu’elle n’est pas un savoir détaché du monde, qu’elle fait ce qu’il y a de plus important : elle aide à vivre» (p. 37).

Un jour, j’aimerais être prof de cégep, pour l’instant j’enseigne déjà le français langue seconde dans une école d’été. Avec les mots de Boulanger, Paquet et les nombreuses autrices citées en tête, je me sens bien outillée pour m’aventurer en terrains moins connus cet été. Pourquoi ne pas prendre un extrait de Les fées ont soif de Denis Boucher pour étudier le futur simple ou un poème de Marie Uguay pour le présent de l’indicatif? Pour montrer que la littérature peut nous aider à comprendre notre langue (ou une nouvelle langue), mais aussi notre monde, pour nous «aider à vivre» comme elles disent si bien.

***

P.S. J’ai eu la chance de rencontrer Julie Boulanger et Amélie Paquet lors de leur lancement à la librairie L’Euguélionne, mais aussi avant, virtuellement, en échangeant avec elles pour notre questionnaire «Autour des livres». Si vous êtes encore curieux.se de les connaître, allez dont lire leurs réponses!

Julie BOULANGER et Amélie PAQUET, Le bal des absentes, Montréal, La Mèche, 2017, 280 pages.

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