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Emma Watson, le féminisme et la lecture

Our Shared Shelf, c’est le nom qu’a finalement choisi Emma Watson en créant son club de lecture féministe en ce début janvier. Âgée de 25 ans, l’ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes souhaite interpeller activement une plus jeune génération en instaurant diverses initiatives du genre. C’est sur la Twittosphère que l’ancienne interprète d’Hermione Granger a lancé l’idée et invité ses abonné-e-s à trouver le nom de son club de lecture. Après de multiples tweets, elle a arrêté son choix sur la proposition d’une admiratrice : Our Shared Shelf. Pour premier titre, Emma Watson a opté pour le mémoire récemment paru de Gloria Steinem, leader du féminisme des années 60 et 70 aux États-Unis. À la suite de chaque lecture, une discussion sur le bouquin sera lancée et on invitera les auteur-e-s ou des intervenant-e-s pertinent-e-s à échanger avec les lecteurs et lectrices. L’engouement est tel, que la page dédiée au club sur Goodreads comptait déjà plus de 30 000 abonné-e-s après seulement quelques heures ! Cette initiative risque fort bien de prendre de l’ampleur et permettra des discussions et des …

Il faut lire «Sœurs volées »

Comme Martine, je redoutais d’entamer la lecture de l’essai d’Emmanuelle Walter, Sœurs volées. Enquête sur un féminicide au Canada. Un sujet qui nous touche trop, nous, de jeunes femmes qui auraient pu être à la place de Maisy et Shannon. Or, une grande différence nous séparent: Maisy et Shannon sont des femmes autochtones. J’ai pourtant dû m’y plonger, puisque j’organisais, avec des collègues universitaires, une soirée de projection d’un documentaire qui portait sur la disparition et l’assassinat de femmes autochtones canadiennes. Et Emmanuelle a accepté de participer à la discussion qui suivait le visionnement. C’est alors que j’ai découvert un roman. Véritablement, il s’agit d’un essai. Mais Walter mène son enquête avec une si grande sensibilité que ses mots nous traversent, on tourne les pages comme on tournerait ceux d’un roman policier. Avec elle, nous parcourons le Québec, nous découvrons avec elle ces crimes scandaleux perpétrés contre des femmes autochtones. Peut-être est-ce aussi parce qu’on a le sentiment qu’il s’agit d’une fiction… Les chiffres sont irréels, les faits sont trop absurdes pour être raisonnables. Et pourtant. Emmanuelle Walter …

Ton petit look : la Bible pour devenir une adulte (genre) épanouie

La publication du livre de Ton petit look me fait un drôle d’effet parce que je lis le blogue depuis presque quatre ans, alors j’ai la nette impression de connaitre personnellement Josiane et Carolane, je les ai lues et vues être étudiantes, mamans, entrepreneures et maintenant auteures. Un peu comme si elles étaient mes amies (je me sens presque honteuse de l’écrire, mais je sais que je ne suis pas la seule, le talent de TPL est de nous faire sentir dans la gang!) j’étais SI fière lors du lancement. Deux filles inspirantes qui réalisent leur rêve, ça me touche. Lorsque Josiane nous a invitées au lancement, je dois dire que la conversation entre Marjorie et moi sur Facebook était très fangirl. On en revenait pas d’être invitées et surtout de pouvoir être présentes à un moment si important pour elles. On s’est donc rendues au lancement du bouquin avec Alexandra et ce fût honnêtement une très belle soirée. Le décor était magnifique, les filles drôles et accessibles. On a même eu la chance d’avoir …

Femmes au temps des carnassiers

Femmes au temps des carnassiers raconte l’histoire de plusieurs femmes qui, toutes à leur manière, vivent avec les conséquences quotidiennes du règne de François Duvalier à Haïti des années 1957 à 1971.  Le roman débute dans la cuisine de Mika, une grande journaliste qui est affaiblie d’une peur incontrôlable et sauvage de ce qui se passe dans son pays. Toutefois, elle n’arrête pas d’écrire des articles dénonciateurs. Cette première voix du récit nous entrainera dans les déboires d’une société habitée par la peur. Au fil des pages, on y découvrira des femmes résistantes, fortes et incommensurablement inspirantes.  « Cet ouvrage, simplement pour dire qu’une histoire tue est une histoire tuée » L’écriture de Marie-Celie Agnant est extrêmement noble : elle nomme et raconte les plus terribles émotions et le chaos, toujours de façon sensible et poétique. Le destin des femmes qu’elle présente ne reste scellé dans les tourments de leur quotidien, mais bien dans l’humanité de chacune d’elle. Agnant nous montre par ces portraits de femmes, des courageuses, des femmes remplies d’espoir, et ce, en ne sous-estimant jamais …

La guerre de Malala

Je ne vous le cacherai pas, je suis jalouse et fascinée par la vie de cette jeune femme qui semble avoir tellement plus accompli que moi. C’est lors de ces lectures qu’on peut réaliser que nous vivons dans le gros luxe. Il est certain que la situation au Québec et ses commissions scolaires n’est pas très jolie jolie avec l’austérité et ses coupures. Nous avons cependant la chance de pouvoir envoyer tous et toutes les enfants à l’école (mais avec quel service ! Bon! Je ne me lancerai pas dans ce débat!). Et puis, ce qui est plutôt triste, c’est qu’alors qu’au Québec on se bat pour de meilleurs services pour nos enfants et futures générations, le père de Malala, propriétaire d’une école, envoyait gratuitement des enfants à son école. Parce que l’éducation est ce qui est le plus important ! Dans cette lecture, j’ai fait la rencontre d’une jeune femme qui aime passionnément son père et son école (parce que l’un ne va pas sans l’autre). Malala nous apprend à les aimer autant qu’elle. …

Une féministe chez les marocain-e-s !

Mon intérêt pour cette culture souvent mal jugée ne date pas d’hier. Longtemps, je me suis faite amie avec des personnes d’origine marocaine, algérienne ou autre. J’aime apprendre d’eux, tout comme j’aime leur apprendre ce qui me définit comme québécoise et comme personne. Un des aspects qui me caractérisent le plus est le fait que je suis une féministe. C’est une de mes amies qui m’a fait découvrir cette auteure, Fatima Mernissi. Elle est féministe et marocaine. Cela peut en surprendre plusieurs puisque, étant parfois ignorants, nous pouvons croire que le féminisme ne peut exister dans un pays où toutes les femmes semblent soumises. Je crois qu’il ne faut pas oublier qu’il existe plusieurs formes de féministes et que chacun d’entre nous peut l’adapter à nos valeurs et à notre culture. Il n’a pas UN féminisme, mais DES féminismes. Bref. J’ai donc lu deux œuvres de cette sociologue féministe. En fait, lorsqu’on regarde sa bibliographie, on constate qu’il a un thème récurant, le Harem. Ce mystère toujours présent encore de nos jours dans ce monde …

Le fameux CodeF

Il y a de cela quelques semaines, une nouvelle émission a fait son apparition sur les ondes de Vrak.tv. L’émission s’adresse aux jeunes femmes. Nous faisons la connaissance de diverses femmes connues au Québec. Ces cinq collaboratrices parleront franchement de diverses situations qu’elles vivent et qui feront en sorte que les autres jeunes femmes se reconnaissent. L’idée de base n’est pas mauvaise, mais… Depuis quelques temps, j’ai pu constater que Vrak tente d’approcher une nouvelle clientèle. D’où la naissance de Vrak2 où les émissions sont plus adressées aux adolescent-e-s. Dans tous les cas, les doutes que j’avais face à cette nouvelle émission sont fondés. Même si j’admire le travail de certaines femmes qui se retrouvent dans cette émission (Mariana Mazza, Virginie Fortin et Catherine Ethier). Elles finissent, sans le vouloir par contribuer aux nombreux stéréotypes sur les genres. « Des filles branchées s’attaquent aux lois non écrites de l’univers féminin avec CODE F.! Aucun sujet n’échappera à l’opinion tranchée de Maripier Morin, Virginie Fortin, Mariana Mazza, Marina Bastarache et Catherine Ethier. Relations avec les ex, étiquette sur les réseaux sociaux, secrets de …

Second début : le renouveau féminisme

La dernière petite plaquette de la collection Document publiée par Ateliers 10 s’adresse à quiconque voulant mieux comprendre d’où part le féminisme au Québec et où il s’en va. Dans Second début de Francine Pelletier, on découvre ce que c’est d’être une femme dans le Québec actuel et aussi, passé. À travers son parcours de féministe, avec la revue La vie en rose, Francine Pelletier offre une réflexion nécessaire sur la place du féminisme dans notre société. Elle nous explique les combats vécus lors de l’émergence du mouvement féministe et nous entraîne au fil des vagues, des revendications et des époques qu’a connu le Québec. Elle place d’emblée un portrait de notre société en abordant la fusillade de la Polytechnique, elle ne peut faire autrement. Cet événement, synonyme d’une haine envers les féministes, englobe et enveloppe une aura de pensées et d’événements qui viennent définir le féminisme québécois. Heureusement, Francine Pelletier prend conscience que la relève féministe des femmes de 25 à 35 ans reprend du flambeau et ose se dire féministe, un mot qui a souvent fait peur dans les dernières décennies. …

« We should all be feminists »

Lors de mon récent voyage à San Francisco, je me suis arrêtée dans la fameuse librairie City Light, maison de publication et librairie iconique de la beat generation. Mise à part l’expérience même qu’est le fait de mettre les pieds dans cet endroit, j’ai aussi mis la main sur un petit livre qui avait attiré mon regard de par son titre :  » We should all be feminists« . J’ai été intriguée, j’ai voulu savoir ce que l’auteure avait à dire, quels points elle allait apporter, ça ne pouvait qu’être enrichissant.   Chimananda Ngozi Adichie, l’auteure, est originaire du Nigeria. Dans cet essai, elle mélange expériences personnelles, opinions et faits pour mieux évoquer ce qu’implique le fait d’être féministe dans l’afrique moderne. Avant tout, il faut savoir que ce court essai est une adaptation d’une conférence TEDtalk qu’elle a réalisé en 2013 et dans laquelle vous retrouvez presque l’entièreté du texte contenu dans la version écrite. La majeure partie de mes références en matière de féminisme sont très occidentales. Je sais bien que la réalité du féminisme diffère parfois …

«Mettre la hache» : Saisir l’inceste…

  «LE VIOL EST UN INTERMINABLE SILENCE DUQUEL IL NE RESTE QUE DE LA CHAIR QUI CRIE.» Vous avez peut-être vu ce petit livre dernièrement. Il est assez dur à manquer avec sa couverture jaune highlighter et son titre intriguant: «Mettre la hache: Slam western sur l’inceste». Pattie O’Green: retenez ce nom et espérez en entendre parler encore longtemps.  Les Éditions Remue-Ménage m’étonnent de plus en plus avec leurs dernières publications qui s’inscrivent fortement dans le paysage féministe québécois et soulèvent des questions nécessaires sous des témoignages parfois douloureux. Pattie O’Green a été victime d’inceste, tout comme sa soeur, et tente maintenant de panser les blessures et d’exorciser tout ce qui a pu être engendré par ces actes destructeurs. Comment se définir maintenant à l’âge adulte, quand notre corps ne nous a jamais appartenu et avec un choc post-traumatique? La jeune femme l’a d’abord fait sur un blogue (attention un peu à vos yeux!), en empruntant ce pseudonyme de Pattie O’Green, pour ensuite refondre le tout dans ce petit livre grand comme l’univers. Y’a un (genre de) problème …