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Mines de rien, le sexisme ordinaire

 Chroniques du sexisme ordinaire, c’était le titre des chroniques de Simone de Beauvoir dans Les temps modernes. Ça pourrait aussi être le titre de ce bouquin publié aux éditions Remue-Ménage, Mines de rien. Écrit par trois enseignantes de littérature, Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin, le livre se veut un ensemble de chroniques plus ou moins longues dénonçant ces petites choses qui font, « mines de rien », creuser ce sexisme ambiant et ces inégalités révoltantes. Féministes, elles osent ouvrir une parcelle de leurs intimités, de femmes, de féministes, d’enseignantes, pour nommer ces choses qu’on ne prend presque plus la peine de dire, tellement elles deviennent ordinaires, banales. Et c’est ce qui est le plus grave et le plus révoltant. Sous forme de petits chapitres, les auteures nous racontent des situations de leurs vies ou des faits sociaux qui viennent nous rappeler le sexisme ambiant, les inégalités de genre et la force du mouvement féminisme. Sans utiliser le discours universitaire habituel, elles sortent des carcans et nous offrent des chroniques teintées d’humour, d’irrévérence, d’honnêteté et de …

« Refus de témoigner : une jeunesse» – Ruth Klüger : récit de la Shoah au féminin

Le corpus des récits concentrationnaires est certes vaste, mais très peu de ces œuvres testimoniales ont été rédigées par des femmes. Ruth Klüger fait partie de ces rescapées. Bien plus qu’un témoignage de l’expérience des camps, dans son «Refus de témoigner : une jeunesse» publié en 1991, l’américaine d’origine autrichienne livre une réflexion sur ce que représentent l’acte commémoratif et le lieu de mémoire de la violence, mais aussi sur la place des femmes, dans l’Histoire comme dans la vie. C’est à travers une contre-posture extrêmement lucide et éminemment féministe que Klüger prend la parole et nous fait basculer à l’intérieur du train, dans un mémoire sans fard qui tend à «percer le rideau de barbelés que le monde de l’après-guerre a baissé sur les camps» (p. 97) C’est la première fois que je lis Ruth Klüger– et certainement pas la dernière. Malheureusement, cette auteure germanophone n’a qu’une seule autre œuvre (également autobiographique) traduite en français: «Perdu en chemin». À quand les traductions du reste de ses textes? Du coup, cette dame m’est devenue, l’espace …

Disney nous a menti

« This is not a women’s issue, this is not an Aboriginal issue. This is a human tragedy, and this is a national disgrace. » – Dawn Harvard, 4 octobre 2013 Il y a des choses dans la vie que j’ai de la difficulté à comprendre ou à accepter. La majorité d’entre elles sont plutôt inoffensives, bien qu’extrêmement énervantes. Les gens qui parlent en classe sans lever la main. Les clients qui ne me répondent pas lorsque je leur dis bonjour. Les documents officiels en Comic Sans MS ou en Papyrus. Mais il existe d’autres sujets, définitivement plus dangereux ou insidieux, qui me font perdre toute foi en l’humanité. L’intimidation. Le racisme, le sexisme, disons l’intolérance. L’anti-intellectualisme. Et le sujet dont je veux vous parler aujourd’hui, c’est-à-dire l’absence d’enquête indépendante sur les meurtres et disparitions de femmes amérindiennes et innues au Canada depuis 1980. Et je pense que cela devrait vous fâcher aussi. Dans son essai Sœurs volées: Enquête sur un féminicide au Canada, Emmanuelle Walter, une journaliste indépendante installée au Canada depuis quelques années, a constaté …

Marchons pour l’égalité

  Le 8 mars se trouve à être la journée internationale des femmes. À chaque année, les mouvements féministes se retrouvent pour déterminer un objectif commun. Cette année, il s’agit de : «Libérez nos corps et nos territoires». Et plus précisément au Québec, nous toucherons un sujet d’actualité : l’austérité. Si vous souhaitez participer à la marche organisée par l’organisme : Femmes de diverses origines je vous donne rendez-vous le 8 MARS à la PLACE NORMAND BETHUNE (métro Guy Concordia) vers les 13H. – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – Pourquoi parler de féminisme en 2015? Parce que le féminisme restera toujours d’actualité, et parce que c’est nécessaire. Oui, nous avons gagné des combats, mais rien n’est coulé dans le béton. L’histoire le dit, nous avons gagné des droits, pour les reperdre et les regagner. Nous avons tout à réapprendre. Puisque tout vient de notre socialisation. On s’entend tous pour dire que la femme et l’homme sont nés égaux? Super! Alors pourquoi dans …

La place du féminisme en Chick Tv : Sex and the city et Girls

Dans mon cours de Culture populaire, la session dernière, j’ai fait un travail qui consistait à comparer le féminisme, la sexualité, l’écriture, la consommation et l’argent dans la série Girls et la série Sex and the city. J’ai eu envie de vous parler un peu de la différence entre le féminisme dans Sex and the city et dans Girls, car je suis persuadée que des fans de ces deux séries de Chick Tv se cachent en vous! Et ce, même si c’est votre petit plaisir coupable… Tout d’abord, il serait absurde de nier la place du féminisme dans ces deux séries. Elles sont, à leur façon, féministes, autant dans les thèmes qu’elles utilisent que dans la construction même des personnages principaux. En commençant du côté de Sex and the city, il est clair que les quatre femmes, Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda, ont quelque chose à apporter au féminisme. On peut penser au fait que Samantha vit sa vie sexuelle sans se soucier des idées préconçues liées aux valeurs traditionnelles. Toutefois, les quatre personnages offrent des visions simplistes des femmes. …

Beauté fatale : être victime des apparences

Si vous vous êtes promenés le moindrement sur le web cette semaine, vous avez entendu parler du documentaire de Léa Clermont-Dion, Beauté fatale, c’est sûr ! Tout le monde en parlait, Facebook, Twitter, blogues, alouette! Je ne ferai pas changement en vous en parlant ici, aussi ! Ha ! Tout d’abord, si vous ne l’avez pas encore vu, il est disponible juste ICI sur le site de Télé-Québec. Brièvement, il s’agit d’un documentaire sur le culte de la beauté, mais surtout sur la quête de Léa Clermont-Dion face à ses propres paradoxes (et à ceux de notre société) face à la beauté et à l’aliénation de celle-ci. Plusieurs ont été déçus lors du visionnement, (falloir voir Twitter s’enflammer!) de constater qu’on voyait beaucoup Léa et son histoire. En effet, la première partie du documentaire est réellement consacrée à Léa et à une discussion avec sa mère au sujet de son anorexie. Ayant été atteinte d’anorexie dans son plus jeune âge, (11 ans !) Léa en reparle avec sa mère pour la première fois et essaie …

4 chaines Youtube à découvrir pour satisfaire la féministe en vous

Il y a quelques semaines, j’ai fait un article sur les chaines Youtube pour les « foodies », j’ai décidé de récidiver cette semaine en vous proposant quatre femmes qui tiennent des chaines Youtube  parlant de féminisme, d’identité et de sexualité. Laci Green et Sex+ Laci Green se décrit elle-même comme une activiste de l’éducation sexuelle. C’est une des premières à avoir fait des vidéos parlant de la sexualité des femmes, dans une perspective féministe, sur Youtube et avec plus d’un million d’abonnés, on ne peut pas vraiment questionner sa pertinence. C’est vraiment un incontournable sur Youtube . Marina et Marinashutup Marina, c’est ma nouvelle découverte. En plus de faire des vlogs sur une multitude de sujets, elle fait, à tous les vendredis, feminist fridays.  Chaque semaine, elle propose un sujet touchant les femmes et donne son opinion, toujours bien construite et réfléchie sur ce même sujet. Lindsay de Sexplanations Sexplanations est une chaine semblable à celle de Laci Green, mais faite par une sexologue. Elle y couvre plusieurs sujets, dont celui du consentement et du spectrum des …

Les vraies affaires : the other F-word

Fille, on va se dire les vraies affaires, le féminisme c’est important. J’entends déjà les gens dire : « Oh, encore le maudit féminisme, m’essemble qu’on se fait casser les oreilles avec ça depuis quelques temps ». Tu sais quoi ? Tant mieux. On a besoin du féminisme. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas normal de sortir de l’autobus à 21h, éteindre son Ipod pour entendre TOUS les moindres bruits suspects aux alentours et vérifier derrière son épaule à chaque 15 secondes de façon frénétique comme si tu étais suivie par Michael Myers (à ne pas confondre avec Mike Myers, celui qui fait Austin Powers. Quoiqu’un gars avec des dents dégueux et un chest velu qui te suit en disant « OUAIS POUPÉE, OUAIS » ça peut faire bien plus peur que le tueur de Halloween). Ce n’est pas normal, non plus, de se faire dire par le service de police de Montréal de ne pas consommer d’alcool et d’ensuite prendre un taxi si l’on est seule parce que cela augmente notre risque de …

All about that what ?

L’autre jour , en écoutant ( en boucle ) la nouvelle chanson de Taylor Swift, je suis tombée sur le nouveau hit pop du moment, qui me restera malencontreusement en tête trop longtemps. Le titre : All about that bass de Meghan trainor (nom) , une jolie blonde avec une voix assez décente qui chante ce qui a été qualifié comme la nouvelle  « body image self acceptante anthem » ( terme que je ne saurais justement pas traduire ). Ce hit a attiré l’attention de bien des femmes pour ces paroles plus que pour le rythme accrocheur qui les soutiennent. En effet, les paroles ont été critiquées par plusieurs, car derrière cet anthem, qui cherche à faire une cassure avec les standards de beauté inatteignables que nous renvoient souvent les médias, on retrouve la même recette, mélangée de manière différente. Pour mieux vous expliquer, voici quelques-uns des passages (en traduction française) de ladite chanson: Ouai c’est plutôt clair, je ne fais pas une taille 2
Mais je peux secouer, secouer ça comme je suis supposée …