All posts filed under: Littérature québécoise

bibliothérapie, le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, livres, les livres qui font du bien, littérature québécoise, suzanne jacob, boréal, feu le soleil, prose, lecture poétique, recueil de nouvelles québécoises

Feu le soleil et ses petites histoires

Un colis est arrivé dans la boîte aux lettres de mon appartement par une journée d’hiver comme les autres. J’ai ouvert ledit colis, et un livre à la couverture splendide m’a tout simplement charmée. Tout de suite, j’ai voulu savoir ce que ce recueil de nouvelles avait à me dire. Un recueil tout en beauté Feu le soleil, par Suzanne Jacob, est un recueil de neuf nouvelles, dont la dernière donne son nom au livre. Les histoires sont découpées en deux parties, chacune débutant par une citation poétique telle que celle-ci : « Personne n’aurait pu imaginer cette scène, parce qu’elle avait eu lieu. » D. M. Thomas Le titre du livre est en soi très esthétique, et il en est de même pour la manière dont les petites histoires nous sont contées par l’autrice. Petites, ces histoires, parce qu’elles ne font jamais plus d’une dizaine de pages. Ainsi, Suzanne Jacob possède un vocabulaire très varié qu’elle maîtrise tout au long des nouvelles. Aussi, j’ai trouvé sa manière de construire des ambiances fascinante. « La …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Le goût du bonheur, Gabrielle, Adelaïde, Florent, Marie Laberge, Boréal, crise économique, Deuxième Guerre mondiale, droits des femmes, littérature québécoise

Le goût du XXe siècle avec Marie Laberge

J’ai décidé de terminer l’année avec une lecture-cadeau. Une série que j’étais certaine d’apprécier, car je l’avais déjà lue. Une écriture qui se lit facilement, mais une histoire qui n’est pas nécessairement facile, avec des thèmes délicats et des moments crève-cœur. Je me suis donc replongée dans l’œuvre de Marie Laberge, avec la série Le goût du bonheur, comprenant les tomes Gabrielle, Adelaïde et Florent.  La trilogie Si je pouvais décrire cette série entière en un seul mot, j’y irais d’abord avec «évolution». Elle montre l’évolution des croyances, des mœurs et de la vie en général au Québec, entre les années 1930 et 1967. Ce sont des années très chargées, qui ont profondément changé le Québec. L’accent est notamment mis sur la lutte des femmes pour obtenir une place plus importante dans la société et dans les mondes économique, politique et social. Les deux premiers tomes se concentrent beaucoup sur cette idée, avec des personnages principaux féminins très forts, soit Gabrielle, puis sa fille, Adelaïde. Un deuxième terme pour décrire cette série serait «comparaison». Les trois tomes comparent plusieurs groupes …

Le fil rouge; Le fil rouge lit; Les livres qui font du bien; Livres; Lecture; Littérature; Littérature québécoise; Bibliothérapie; Maman veut partir; Jonathan Bécotte; Lémeac; Maternité; Enfance; Deuil

Maman veut partir : hommage aux souvenirs d’enfance

Ode à la candeur de l’enfance, Maman veut partir est une œuvre qui témoigne du lien fort qui unit un enfant à sa mère. Ce roman, qui prend la forme d’une succession de courts poèmes, offre un très bel hommage aux mères. L’auteur Jonathan Bécotte y raconte le quotidien de son enfance, ponctué de moments d’heureuse légèreté qu’il partage avec sa mère. À l’instar de son premier roman Souffler dans la cassette, on retrouve dans Maman veut partir une magnifique écriture qui laisse transparaître la grande sensibilité de l’auteur. L’innocence de l’enfance L’auteur réussit avec brio à nous faire ressentir l’étendue de l’amour et de l’admiration d’un enfant envers sa mère. Dans les petits moments, qui pour l’adulte semblent routiniers et anodins, il se dévoile une incroyable magie qui ébahit l’enfant. L’auteur montre l’adorable naïveté d’un petit garçon émerveillé devant sa mère, avec en prime de petites touches d’humour qui nous font sourire. L’écriture de Jonathan Bécotte est tout simplement remarquable. Imagée, poétique et délicate, sa plume nous raconte l’enfance d’une manière simple et accessible, …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, livres, bibliothérapie, littérature, récit de voyage, Histoires à dormir debout, Jonathan B. Roy, Voyages, aventures, Vélo-Québec, Vélo, Québec

18 000 km sur deux roues et dans 27 pays : Le récit du voyage de Jonathan B. Roy dans ses Histoires à dormir dehors

«Quel besoin est assez puissant pour pousser un jeune homme à quitter son emploi, sa famille et ses amis, à mettre ses possessions en boîte et à partir pédaler de par le monde?» Ces premières lignes du livre Histoires à dormir dehors sont suffisantes pour me mettre l’eau à la bouche. Je dois dire que j’adore lire des récits de voyage et encore plus ceux dont les séjours racontés s’étalent en longueur et en distance, ou qui incluent une dimension sportive, qui est ici celle du vélo. Et je suis servie : le livre raconte l’incroyable périple de Jonathan B. Roy qui, pendant les années 2016 et 2017, parcourt 18 000 km en vélo et traverse 27 pays. Qui est Jonathan B. Roy? Qu’est-ce qui l’a effectivement poussé à partir? Quels sont les obstacles qu’il a rencontrés, les gens qu’il a croisés, les pays qu’il a visités? Le livre Histoires à dormir dehors est le récit de ses aventures, par lui-même et sur un ton personnel investi d’un très beau regard sur le monde. Personnellement, cette lecture m’a charmée, et il y …

Claude La Charité - Le meilleur dernier roman #Lefilrouge #lefilrougelit #leslivresquifontdubien #linstantmême #littératurequébécoise

Claude La Charité et son meilleur premier roman

Le meilleur dernier roman est le tout premier roman de Claude La Charité. Et heureusement pour nous, ce n’est pas son dernier. Moi qui viens tout juste de terminer un baccalauréat en études littéraires et qui pouvais choisir n’importe quel livre, mon dévolu est finalement tombé sur celui-ci, dans lequel l’action principale se passe dans le département de littérature d’une université. En effet, l’histoire se déroule en grande partie dans les réunions des professeurs de littérature de l’Université du Québec maritime (ne cherchez pas, elle n’existe pas). Ces professeurs, soucieux du nombre décroissant des inscriptions, veulent se démarquer des autres universités pour eux aussi avoir la cote. Pour s’y prendre, ils décideront de créer le prix de littérature Anthume du meilleur dernier roman, aussi appelé le prix Anthanase-David. Cela peut sembler macabre à première vue, mais il en est tout autrement. Je me suis rendu compte, après cette lecture, que le roman de Claude La Charité me rappelait un peu mon ascension de l’Acropole des Draveurs. C’est abstrait, mais je tâcherai de bien m’expliquer. L’ascension Les …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature québécoise, littérature, lecture, livres, livres qui font du bien, Faunes, Éditions Alto, Christine Vadnais, évolution, changements climatiques, faune

Faunes : une lecture à dévorer

Lune verte, brume tenace et pluie diluvienne plantent le décor de Faunes, le premier roman de Christine Vadnais que j’ai dévoré. Le livre nous plonge dans un futur pas si éloigné où les changements climatiques ont forcé la faune, autant animale qu’humaine, à s’adapter, à évoluer. On y suit l’histoire de Laura, une biologiste, qui assiste, aux premières loges, à cette évolution alors qu’elle étudie une nouvelle forme de parasite qui vicie les eaux et met en jeu notre survivance. « Il est dit que le ciel est bleu et que l’eau traversée par sa lumière adopte la même couleur; mais dans ce lieu, l’air embué tient à la fois du vert et du gris, teintes tantôt parfaitement mates, tantôt fluorescentes. La rivière cache sous ses reflets des créatures et une menace inédite, croisement de milliards d’années d’évolution et de bouleversements climatiques récents. » On se laisse glisser dans cette histoire, dans son atmosphère mystérieuse, empreinte de sensualité, qui flirte avec l’horreur. C’est un court roman qui emprunte la forme du recueil de nouvelles : c’est une suite …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, littérature québécoise, Manuel de la vie sauvage, Jean-Philippe Baril Guérard, Les éditions de Ta Mère, Ta Mère, entrepreunariat, entreprise, marché québécois, technologie, réseaux sociaux, trahison, deuil, parler aux morts

Manuel de la vie sauvage : Transformer le deuil

Le titre reste vague, son long sous-titre pareillement, mais tout prend son sens une fois dépassé plus de la moitié du nouveau pavé de Jean-Philippe Baril Guérard, chez les Éditions de Ta Mère. Après avoir abordé des mythes locaux aux allures de fables animalières dans Ménageries, fait une satire de la vie huppée de jeunes vedettes dans Sports et divertissements et traité avec froideur du BAC en droit à l’Université de Montréal dans Royal, l’auteur nous plonge cette fois dans les étapes cruciales, voire inévitables, de la création d’une entreprise de technologie. Kévin, le narrateur, raconte son parcours rempli d’embûches en s’adressant au lecteur, comme dans une bonne autobiographie à la Steve Jobs. Faire de son mieux avec l’information disponible C’est l’idée qui traverse le livre, et ça explique aussi pourquoi il peut sembler si difficile d’en parler sans divulguer l’intrigue et les épreuves vécues par les personnages de ce « manuel ». Toutes les pièces, aux dires du narrateur, sont déjà en place depuis longtemps et nous obligent à constater que, même en se …

D’la féerie québécoise

J’avais ces deux livres entre les mains, et je voyais des points communs entre les œuvres de ces deux auteur-trice-s. Je me suis alors permis de les rassembler. « Ton tour, pige dans le lac. Le lac est profond. Des hommes, tous les jours, se noient et coulent. Tu plonges. Dans les lacs. Tu n’as pas peur. Tu es grand et fort. Tu tires sur tout ce qui bouge. La reine crie. Éclate, en pétales. Tu restes calme, concentré. De tes gestes calculés choisis une carte. Le valet, les cartes, font des châteaux. Face à découvert, tu me tiens. Je te tiens. Le premier qui rit. » Zoologies, Laurence Leduc-Primeau (p. 16-17, La Peuplade) Zoologies est le tout premier livre de Laurence Leduc-Primeau avec la maison d’édition La Peuplade. Son premier roman a un nom tout aussi intrigant : À la fin ils ont dit à tout le monde d’aller se rhabiller, aux Éditions de Ta Mère. Zoologies était ma première découverte de l’autrice et, dès les premiers micro-récits à tendance poétique, j’ai été charmée. L’univers féerique …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Un feu me hante, Jean-Marc La Frenière, Lino, Éditions d'art le Sabord, prose, illustrations, amour, mort, temps, vie, littérature québécoise

Le brasier poétique de Jean-Marc La Frenière

Le Salon du livre de Montréal a pour moi toujours été une expérience surréelle. Voir tant de gens réunis pour une industrie qui peine à subsister me remplit toujours de fierté. Cette année, fidèle à mon habitude, je me suis pitchée dans le tas et je me suis laissée guider par ce que j’appelle mon instinct littéraire – instinct qui, disons-le, m’a rarement déçue. Au tournant d’un kiosque, j’ai reconnu au loin l’esthétique de Lino, l’un de mes illustrateurs préférés. En quatrième de couverte, cette phrase : « J’apprends aux pierres le mot aimer. »  J’étais conquise. La haute gastronomie littéraire Un feu me hante de Jean-Marc La Frenière et illustré par nul autre que Lino fait partie de ces recueils qui changent une vie. Il se doit d’être lu lentement et chaque mot doit être dégusté comme on dégusterait chaque bouchée d’un mets gastronomique. Je vous laisse ici un extrait qui saura, je l’espère, vous mettre l’eau à la bouche. « Il y a trop d’hommes avec la tête en majuscule et puis le cœur …

bibliothérapie, Brésil, Éric Dupont, Féminisme, Femmes, La fiancée américaine, La route du lilas, Le fil rouge, Le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, lilas, littérature, littérature québécoise, livres, Marchand de feuilles, Québecc

La route du lilas : ce chemin parfumé de la mémoire

Chaque printemps, lorsque me parvient l’odeur du lilas pendant mes nombreuses marches dans les rues de Montréal, il ne suffit que d’un coup d’œil pour que je repère cette petite touffe mauve et m’élance en sa direction. Rien à faire. J’hume, j’inspire, en faisant gonfler mes poumons de tout l’air possible qu’ils peuvent contenir, et je recommence deux-trois fois si ce n’est pas plus, et ce, même si quelqu’un m’accompagne. Pas de gêne, je me dois de respirer son parfum. Celui-ci me fait replonger dans des souvenirs heureux. Très jeune, n’ayant que quelques mois de vie jusqu’à ce que je puisse être autonome, je me faisais garder par une femme remplie de douceur maternelle. Je ne me rappelle que des moments simples de pur bonheur où, mon frère et moi, nous nous amusions à nous lancer le ballon, à courir dans tous les sens, à jouer à des jeux inventés de toutes pièces, à dessiner et à découper des formes dans les magazines qu’elle achetait régulièrement. Dans les périodes de chaleur, elle nous laissait nous …