All posts filed under: Réflexions littéraires

Offrir la littérature en cadeau

Je ne voudrais pas paraître prétentieuse, mais je suis une championne lorsque vient le temps d’acheter des cadeaux. J’ai le don de choisir exactement la bonne chose pour la bonne personne. Chaque année, j’essaie d’offrir au moins un livre aux membres de ma famille et à mon entourage afin de promouvoir le pouvoir de la lecture. Le livre est le cadeau idéal. Il est recyclable et échangeable. Il est personnel et intemporel. Or, choisir une œuvre pour quelqu’un d’autre, c’est comme choisir des vêtements pour un autre que soi, on ne sait jamais si cela va faire. C’est la raison pour laquelle je viens à votre rescousse avec des conseils pleins les poches. Je vais tenter de jouer les sauveuses en traçant à grands traits les portraits et les personnalités de certains membres de nos familles en y associant le livre à lui offrir. J’aime le risque. Donc, je me lance.   Pour le jeune frère un peu bohème, au cœur vagabond et à l’âme révolutionnaire, vous offrez: Into the wild, Jon Krakauer 1984, George Orwell …

Portrait d’un être fictif: Le cas de Fanfan

Ma progéniture féminine portera ce nom. L’inspiration ne vient pas de ce fameux personnage de Fanfan La Tulipe. Il s’agit plutôt de la Fanfan d’Alexandre Jardin. J’ai fait sa connaissance dans ma classe de quatrième secondaire. Il y avait cette petite bibliothèque dans laquelle nous devions choisir quatre livres à lire pour l’année en cours. Lire ne m’a jamais posé problème. Je pense que vous commencez à le comprendre. Or, les choix qui nous étaient proposés ne me rejoignaient pas et les romans dits à l’eau de rose pullulaient les quelques étagères qui nous étaient dédiés. J’ai tout de même laissé mes préjugés de côté et j’ai choisi le livre à la couverture la plus kitsch de la bibliothèque. Les choix qui nous paraissent les plus insensés se révèlent être parfois les plus importants. Le personnage principal de ce roman n’est pas Fanfan. Il s’agit plutôt d’Alexandre Crusoé, l’homme qui en tombe amoureux. D’ailleurs, ai-je le droit de parler d’amour? N’est-il pas plus question de passion dans ces 250 pages? Du moins, à mon égard, …

Pourquoi Rogue est devenu mon personnage favori

J’ai toujours aimé les méchants. Du plus loin que je me souvienne, Barbe Bleue a été mon premier amour du côté obscur. C’est probablement troublant qu’une jeune fille de six ans soit intriguée à ce point par un protagoniste tueur de femmes, mais je ne pouvais m’empêcher de vouloir le comprendre. Je relisais donc sans cesse cette histoire, qui pourtant, me troublait au plus haut point. C’est que l’inquiétant pique la curiosité et que le manteau de mystère qu’il revête fièrement me charmait tout en animant violemment mon imagination. En vieillissant, je n’ai pas trop changé. Aujourd’hui, j’apprécie toujours les méchants, peut-être même davantage puisque je suis en mesure de mieux les saisir. J’ai eu pitié de Darth Vader et de Drago Malefoy qui se sont avérés des victimes. J’ai adoré détester Dolores Ombrage, Bellatrix Lestrange et le comte Olaf. Parce qu’ils sont pleins de vie, mais pleins de mort à la fois. Fragmentés par milliers, bouillonnant de rage et de haine, ce sont des êtres divisés qui représentent bien la rupture qui subsiste en …

Laissez venir, à moi, les livres !

On attend toujours la belle saison avec l’espoir de réaliser des projets gardés sur la tablette tout l’hiver. Pour être tout à fait honnête, la réalité ne ressemble en rien avec ce que l’on avait imaginé ou si bien planifié. Je parle peut-être pour moi seule, mais l’été 2015 a été une belle surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Mais ça, vous le savez déjà ! En début d’été, j’ai écrit une liste. La liste des titres que j’allais lire dans les deux, trois mois à venir : –Anna Karénine de Léon Tolstoï – Tome I et II –Femmes qui courent avec les loups : histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estés –Libérez votre créativité de Julia Cameron (à relire) –L’art pratique de la créativité de Julia Cameron (à relire) –L’homme rapaillé de Gaston Miron (ça, je l’ai lu à voix haute dans mon bain !) Mais au lieu de choisir les livres que j’allais lire, ce sont d’autres livres qui m’ont choisie et qui sont venus vers …

Cinq livres à faire lire au secondaire

Comme plusieurs d’entre vous le savez déjà, je suis tout nouvellement diplômée en enseignement du français au secondaire. Bien que je n’aie toujours pas ce fameux brevet entre les mains (la bureaucratie l’oblige), j’ai maintenant, et depuis un certain temps, avouons-le, acquis toutes les compétences pour enseigner le français à des adolescents. Je ne vous apprends rien en évoquant le réel défi que représente transmettre le goût de la lecture à des jeunes en pleine crise de la puberté. D’ailleurs, à l’heure actuelle, la technologie ne joue pas vraiment en notre faveur. Tout se joue dans l’immédiat et plusieurs savent que la littérature est une affaire de lenteur. La patience a bien des vertus et lorsqu’il s’agit de promouvoir l’amour des lettres, je pourrais attendre toute une vie. Encore ne faut-il pas passer outre la passion de l’enseignant lui-même dans ce genre de contexte. Vous pouvez bien présenter le roman de l’heure à vos élèves, si vous ne vous y retrouvez pas vous-même, l’enthousiasme ne gagnera pas la foule. Je dois vous avouer que je …

Je ne suis pas une littéraire

Ça m’aura bien prise un baccalauréat en littérature dans ma poche pour m’en rendre compte; je ne suis pas une littéraire. Du moins, pas au sens « universitaire » du terme. J’ai vaguement pensé à faire une maîtrise, très vaguement puisque mes notes ne me le permettaient pas de toute façon. Pas que j’étais une mauvaise étudiante, mais je n’avais pas l’intérêt ni le goût d’aller plus loin. En plus, j’ai lu Twilight quatre fois entre l’âge de 14 et 18 ans. J’ai arrêté de lire Harry Potter au quatrième tome et, en réessayant, je n’ai pas passé à travers le premier tome. J’ai trop de livres de psycho pop et pas assez de « vrais/bons » romans. Je n’ai pas de genre favori, j’essaie encore de découvrir ce qui me plaît vraiment, même après avoir exploré plusieurs genres. Je n’ai pas d’auteur(e) favori non plus. Je commence tout juste à être à l’aise avec l’idée de faire des critiques littéraires et pourtant, j’ai quand même co-fondé ce blogue. Je ne suis donc pas une littéraire, mais selon qui? Est-ce qu’on …

5 façons de classer sa bibliothèque

Il y a quelques semaines, j’ai publié une photo sur Instagram où je montrais le Avant et le Après de mes bibliothèques. J’ai commencé il y a de cela très longtemps, déjà 7 ans, à classer mes livres en ordre alphabétique, simplement parce que j’ai travaillé dans des librairies et que c’était la façon de faire. Mon oeil aguerri me permet de trouver rapidement ce que je cherche dans ma bibliothèque et c’est parfait pour moi, mais je sais qu’il existe beaucoup d’autres méthodes. J’ai donc eu envie dans cet article de vous faire découvrir 5 façons pour ranger, classer ou simplement mettre vos livres! Sur Instagram, j’ai eu droit à beaucoup de réponses telles que : par genre, par couleur, par grandeur, par préférence, et même aléatoirement! Ça prouve que toutes les manière sont bonnes pour classes ses livres! ABC. À la façon des libraires et des bibliothécaires, c’est, je vous l’avoue, la méthode la plus classique ! C’est aussi la mienne simplement par habitude! Je sais pourtant que cela demande quand même de …

La rentrée littéraire 2015: Les choix d’Elizabeth

Voici mes huit suggestions coups de coeur (lire ici : je harcèle mon libraire pour être la première à mettre la main dessus) de cette rentrée littéraire 2015! L’infinie comédie – David Foster Wallace Près de 20 ans après sa publication, et une saga interminable de droits étrangers, il est maintenant possible de se procurer une copie en français d’Infinite Jest, LE roman culte de la fin des années 1990. David Foster Wallace est maintenant une icône de la littérature américaine et c’est grâce à cet ouvrage qu’il s’est fait le plus remarquer. Un roman contemporain mettant en scène la famille Incandenza et leur fils Hal, un adolescent surdoué. À vous de découvrir la vision de l’Amérique de Wallace à travers les quelques 1480 pages de ce roman tant attendu. Éditions de l’Olivier. En librairie depuis le 25 août.   L’année la plus longue – Daniel Grenier Probablement le roman québécois dont on entend le plus parler ces temps-ci, L’Année la plus longue raconte l’histoire d’Albert, un homme énigmatique qui vieillit une fois tous les quatre …

Une lectrice exigeante passe aux aveux

Vous l’aurez compris, comme toutes les collaboratrices de ce blogue, la lecture figure en tête du palmarès de mes activités favorites. Je l’ai déjà mentionné auparavant, mais ce passe-temps en est un duquel je ne pourrai jamais me lasser et dont je n’atteindrai jamais « le fond » : de nouveaux livres paraissent en librairie chaque semaine, sans compter la panoplie de classiques que l’on ne parvient jamais à lire en entier… et c’est absolument merveilleux. Je ne lirai jamais tout, je ne manquerai jamais de lecture… le simple fait d’y penser me rend très heureuse! (Mais ça, c’est moi, hein ; je connais beaucoup de gens qui sont angoissés à l’idée qu’ils n’auront jamais assez d’une vie pour lire tout ce qui les intéresse!) Ceci étant dit, j’ai récemment constaté, en analysant mes intérêts littéraires, un phénomène qui m’a fait sourciller. Vous savez, à l’adolescence, quand notre visage change et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte, mais qu’un beau matin, on ressort une vieille photo datant d’il y a quelques années et on réalise à …