All posts filed under: Réflexions littéraires

Le lâcher-prise littéraire ou #slowreading

Culte de la performance et pression sociale, notre monde va de plus en plus vite et nous sommes saturés d’informations et de nouvelles provenant de partout, à tout moment. Pas étonnant que des mouvements comme le slow food, le slow travel et plus près de chez nous, le slow toute (#slowtoute sur Instagram), nous ramènent à l’ordre et nous rappellent qu’il est possible, et surtout important, de ralentir la cadence pour mieux apprécier et vivre le quotidien. La littérature ne fait pas exception à cette tendance du «vivre doucement» et du lâcher-prise, le slow reading est un mouvement qui pousse ses adeptes à contempler et à apprécier davantage l’expérience de la lecture. Pour certains, le slow reading ce n’est pas seulement prendre le temps de lire, mais bien un exercice de concentration et une façon de s’immerger dans une lecture pour mieux en être critique. Pour d’autres, il s’agit d’une forme de méditation et de contemplation. Dans les deux cas, c’est prendre le temps de savourer la lecture, mot par mot, phrase par phrase. Comprendre …

L’importance d’un journal intime constant

Le journal intime est un passage obligé, un rituel auquel se prêtent les jeunes filles angoissées par ce qui les entoure, mais aussi par l’idée de devenir des femmes et de devoir affronter ce qui les attend. Le journal intime est aussi, dix ans plus tard, la source d’une analyse sans merci de notre jeune moi. Et c’est alors que l’angoisse de ne pas avoir changé, la honte d’avoir écrit des choses niaiseuses et les fous rires de nos premiers kicks viennent prendre le dessus. On oublie souvent qu’écrire, peu importe la façon, est un procédé créatif. Le je me moi, même avec sa banalité, peut nous permettre dans nos moments les plus inventifs de redécouvrir une partie de soi et de l’exploiter pour en faire quelque chose de beau et de sincère (voir la chronique de Marjorie ici).  C’est d’ailleurs le procédé utilisé par Lena Dunham pour son tout dernier livre, Is it evil not to be sure? Petit livret bonbon de 50 pages publié ce printemps, Lena nous revient avec des extraits de son …

L’ambiguïté de Nelly

Lire Nelly Arcan, ça fait mal. Je ne peux fermer l’une de ses œuvres sans ressentir une crampe douloureuse au niveau de l’endroit qui produit pourtant si souvent des papillons frémissants. C’est que l’auteure pointe tout le monde du doigt. Elle frappe dans la mêlée, et ce sans épargner qui que ce soit. Elle atteint le père. Elle blesse profondément la mère. Elle traîne le masculin dans la boue. Or, c’est le féminin qu’elle tue. La question de la femme traverse l’œuvre d’Arcan. La lecture de son travail d’écriture implique une exploration de fond en comble du sexe mystérieux. C’est un voyage initiatique sur les terres inconnues du doute, de l’ambiguïté et de la dualité. Dans sa quête de réponse, la recherche d’un idéal physique est centrale et c’est la raison pour laquelle le regard occupe une place si importante dans la création de l’écrivaine. D’ailleurs, les ouvrages de l’auteure se prêtent tout naturellement à l’étude de la psychanalyse. Or, je souhaite me tenir le plus loin possible de mon domaine de prédilection dans le …

Écrire l’indicible : Je suis une femme adultère

Je suis une femme adultère. J’ai commis un geste qu’on qualifie d’affreux, d’ignoble, d’égoïste. J’ai été jugée, sur le banc des accusées d’infidélité. Encore heureuse qu’on soit en 2016 et que je n’aie pas été brûlée. Certes, je l’ai été autrement. Par les non-dits, par les « delete friend » sur Facebook, par la peur de mettre les pieds dans certains endroits. J’ai eu si mal, j’ai eu tellement de peine que j’ai quand même eu l’impression de brûler, à petit feu. J’ai été exténuée, à bout de souffle de repasser tout ça dans ma tête, à me culpabiliser, très fort, à me justifier. J’ai voulu partir bien loin, rejoindre les femmes infidèles d’autres temps. On dit que la société actuelle valorise les relations ouvertes, les fréquentations, le polyamour, name it. C’est faux. On juge les personnes qui font des erreurs. On juge les femmes qui font des faux pas, qui ne restent pas dans la case qui leur est assignée. J’étais dans une bonne relation, stable, en cohabitation, pis toute. Mais j’étais mal. Je ne voulais …

Plaisirs littéraires de vacances

Comme Gabrielle le détaillait si bien dans son article, l’été s’avère une saison à l’ambiance légère où la lecture trouve tout à fait sa place… et encore plus lorsque des vacances se profilent à l’horizon! J’aimerais donc joindre ma voix à la sienne en dressant une liste des plaisirs de lecture de vacances! 1.Prendre le temps de lire, tout court Bon, techniquement, si vous êtes fanatique de lecture, vous devriez déjà lire aussi souvent que vous le pouvez; que vous y arriviez ou non, les vacances sont le moment idéal pour vous adonner à votre activité préférée! 2.Se lancer dans cette grosse brique à laquelle on n’osait pas s’attaquer Parce que parfois, à travers nos vies bien (trop) remplies, on peut avoir tendance à préférer des lectures courtes et rapides plutôt que d’immenses sagas! Avec les vacances, le moment est tout indiqué pour se lancer dans une grande aventure qui vous fera voyager… même si vous n’avez pas le budget pour prendre le prochain vol vers une destination paradisiaque! 3.Relire (encore une fois) cette série …

Le jour où j’ai remis les pieds dans une bibliothèque

L’autre jour, je suis allée à la bibliothèque. Je ne sais plus vraiment quand était la dernière fois que j’y avais mis les pieds, probablement quelque part en 2013, du moins c’est ce que mes frais de retard non payés avaient l’air de dire. C’est étrange non? J’adore lire, j’aime les livres, mais je ne vais pas à la bibliothèque. En fait, c’est que, comme plusieurs, j’aime aussi beaucoup l’objet, j’aime le posséder, le garder, le faire valoir dans ma bibliothèque et il n’y a rien de mal à ça. Par contre, j’en étais à un point où le budget n’était plus très coopérant avec mes envies littéraires. Après en être venue à la conclusion que me lancer le défi de ne pas acheter de livres de l’été n’était pas très réalisable, considérant ce blogue, l’entreprise et le goût de garnir mes étagères, je me suis dit qu’un bon début serait de réduire mes dépenses en allant à la BAnQ. Sans nécessairement ne plus me procurer de livres chez Gallimard (encore plus dur quand tu vois …

Voyage au pays des elfes (ou Passion Islande)

Aller au-devant de l’inconnu, accepter d’être vulnérable, s’ouvrir et s’offrir au changement, à l’émerveillement.  Techniquement, je pourrais dire au monde entier que j’aime voyager. Que j’angoisse à l’idée de choisir les bons items à amener avec moi dans mon sac, que je n’arrive jamais à choisir le bon livre pour m’accompagner, que je déteste prendre l’avion et que je pleure chaque fois que je mets les pieds au sol. Mais la réalité est, combien de fois me suis-je vraiment permis de partir? Combien de fois aurais-je fait abstraction de l’insécurité pour me lancer dans le vide? Il y a mille sortes de voyageurs. Ceux qui planifient leur voyage un an à l’avance, ceux qui posent les pieds en sol inconnu avec aucun itinéraire et ceux qui s’enferment dans un hôtel ***** pour avoir la sainte paix. J’ai la conviction qu’aucun voyageur n’a la réponse absolue. Aucune manière n’est meilleure que l’autre, elles se valent toutes et permettent à chacun d’entre nous de se détendre, de s’émerveiller de se sentir complètement éveillé. Pour ma part, je me …

L’été c’est fait pour… lire!

Évidemment, si vous lisez ce blogue, c’est que vous avez un intérêt pour la lecture (du moins, je l’espère, ou sinon vous êtes juste vraiment ami.e avec une collaboratrice!). Je n’ai donc pas à vous convaincre que lire est passionnant. Pourtant, j’ai quand même envie de vous partager mes sentiments vis-à-vis des lectures d’été, qui sont pour moi différentes de n’importe quelles faites pendant le reste de l’année. J’ai bien pensé faire une liste de romans à lire cet été, mais bon, il faut bien changer ses habitudes de temps en temps… Mais non, je vous ai eus! Parce que tout le monde réclame mes listes chaque mois (#not), voici mon avis sur les lectures estivales. Pourquoi l’été est LA meilleure saison pour lire? 1- Le temps  Je sais, plusieurs d’entre nous ont des emplois d’été et n’ont peut-être pas plus de « temps » qu’à d’autres saisons… Pourtant, j’ai tout de même l’impression que nous utilisons le temps libre que nous avons différemment, en été : plutôt que de rester sous les couvertures à dévorer Netflix, ou que de faire un ménage …

Ode à l’évasion littéraire

Les livres ont des pouvoirs: nous faire rêver, nous faire du bien, nous faire voyager. Ils sont notre meilleur allié quand la solitude est trop présente, ils nous aident à mieux nous comprendre. Nul n’a besoin de se payer un billet d’avion pour visiter de lointaines contrées, suffit d’un bon livre, et hop! vous êtes là où vous le souhaitez! Envie de rêver, de vous trouver n’importe où (sauf ici), pourquoi ne pas plonger votre nez dans un roman, une bio, voire une encyclopédie? Ma grand-mère disait: «lis et tu ne seras jamais seule» elle avait raison. Remède ultime pour les temps gris, et le besoin pressant de sortir de sa tête, à chacun son bouquin, comme un élixir, une potion qui fait du bien. Nombreux ont été les après-midi des vacances estivales de mon enfance à rêvasser près de la piscine, les yeux rivés sur les pages du dernier livre à dévorer. Trop de congés passés à la bibliothèque du quartier, promenant mes doigts sur les ouvrages empilés. Comment expliquer cet amour de la lecture, …

Portrait d’un être fictif : Le cas d’Oscar

Vous en avez sans doute entendu parler. Peut-être l’avez-vous même croisé. Je vous le décris. Il est tout petit et il porte une tuque rose pour cacher l’absence de poils sur son crâne. Lui, il dirait qu’il ressemble à un martien. Moi, je dirais qu’il ressemble à l’un des garçons les plus mignons que vous ayez rencontrés dans votre existence. Vous l’avez reconnu? C’est pourtant simple, c’est le petit Oscar d’Oscar et la dame rose d’Éric-Emmanuel Schmitt. Il y a déjà plusieurs fois que je relis cette petite plaquette. C’est qu’à chaque lecture, elle me met un baume sur le cœur. Je classerais ce livre dans les romans qui nous font du bien, et ce, malgré son propos tristounet, c’est-à-dire la maladie du jeune Oscar, la leucémie. Récemment, j’ai vu renaître ce petit personnage dans ma classe de deuxième secondaire. Nous avons donné à lire ce joli roman à nos élèves. Chaque lettre d’Oscar lu en leur présence faisait apparaître de grands sourires sur leur visage ou faisait naître des éclats de rire francs. C’est là …