All posts tagged: Bande dessinée

Du livre au film : Ghost World

Comme vous le savez probablement tous, la semaine passée avait lieu le Salon du livre de Montréal. Mes attentes étaient très hautes et elles ont été comblées, j’ai même déniché la bande dessinée Ghost World que je voulais depuis un moment, en fait depuis que j’avais visionné le film de Terry Zwigoff avec Thora Birch et Scarlett Johansson. C’est donc l’histoire de deux meilleures amies qui viennent tout juste de finir l’école secondaire. Elles sont très différentes des autres jeunes de leur âge et c’est ce qui nous charme dès les premiers instants de lecture. Il y a Enid, une fille un peu rebelle, très ironique qui sacre beaucoup, proche de ses émotions et au look marginal. Et il y a sa meilleure amie, Rebecca qui est physiquement complètement différente de son amie, mais elles partagent relativement les mêmes goûts. Elle est un peu plus sérieuse, mais n’hésite pas à embarquer dans les idées farfelues de son amie, comme poursuivre un couple fataliste ou faire des heures d’autobus pour manger dans un diner aux allures …

Un duo des plus merveilleux ; Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Il y a de ces lectures qui marquent l’imaginaire et qui restent en nous longtemps, Jane, le renard et moi en fait partie. Il a eu longtemps une place de choix dans ma maison, sur ma cimaise où je prenais souvent le temps de m’immerger dans l’atmosphère si tendre de cette bande dessinée, la lire était tel une médiation pour moi, j’en ressortais ressourcée, chavirée et toujours entièrement comblée. Rares sont les bijoux littéraires qui me font cet effet, des années passées, mais Jane le renard et moi, c’est mon chouchou. (Et celui de bien d’autres gens, bien heureusement, les livres tels que celui-là méritent d’être partagés, lus, et relus.) Alors, vous devinerez que j’avais le coeur serré d’apprendre que le merveilleux duo d’Isabelle Arsenault et Fanny Britt retravaillait ensemble de nouveau. J’étais heureuse, mais inquiète aussi. Et si je restais sur ma faim, et si Jane, le renard et moi, n’était pas égalable ? Des soucis de lectrice un peu intense me direz-vous, mais c’était un réel conflit dans mon coeur. Lorsque j’ai reçu …

Histoire d’O : Un roman graphique érotique qui ne laisse pas indifférent.

Si vous suivez quelques-uns de mes billets, vous savez sans doute que j’aime beaucoup la bande dessinée et les arts graphiques. J’apprécie beaucoup le rapport entre l’image et le lecteur. Je trouve que de cette façon, l’identification est parfois plus accessible. Bien que la majorité des BD que je consomme possèdent un ton humoristique, certaines d’entre elles se veulent beaucoup plus matures. C’est le cas d’Histoire d’O, le roman graphique – et pornographique – de Guido Crepax, publié en 1975 (!) aux éditions Delcourt. Histoire d’O est en fait une adaptation du très célèbre roman érotique du même titre, écrit par l’auteure Pauline Réage, qui narre le récit d’une femme appelée O : elle est complètement soumise aux sentiments qu’elle entretient envers René et Sir Stephen, ses amants. Elle se donne corps et âme – mais surtout corps – à ses relations amoureuses/sexuelles. O est emmenée par René à un château situé à Roissy (en France), où elle apprendra de son plein gré à être une soumise parfaitement docile, une complète esclave sexuelle. Il est évident …

Une bande dessinée peu conventionnelle : Body World

J’ai découvert très récemment que j’aimais bien la bande dessinée. Pas que je n’avais quelconques préjugés sur le genre, simplement qu’il y avait trop de livres auxquels m’attarder. Mon copain est très fan et m’a fait découvrir le bédéiste québécois Samuel Cantin, que j’ai a-d-o-r-é-! Je suis ensuite tombée dans les œuvres de Zviane, et j’ai tout de suite été charmée. J’ai donc pris un cours de bande dessinée à l’automne 2015 et j’ai fait de bien belles découvertes. Dont Body World, du bédéiste américain Dash Shaw. L’artiste possède un style tout à fait survolté qui colle parfaitement à sa diégèse. Body World, c’est l’histoire de Paulie Panther, professeur de botanique expert en psychotropes. Ce personnage est suicidaire, déjanté et vit avec un trouble de personnalité limite. Déjà, uniquement avec le personnage, nous avons affaire à quelque chose de particulièrement original. Paulie est l’auteur derrière L’Encyclopédie des hallucinogènes américains et il ne cesse de parcourir le sol états-unien à la recherche de nouvelles plantes aux effets délirants. Ses recherches l’ont fait atterrir à Boney Borough, …

La vie et son lot de awkwardness : la thérapie de Sarah Andersen

J’ai ri, beaucoup, à chaudes larmes. Devant chaque trait naïf, spontané, presque maladroit, mais tellement expressif. Devant chaque épisode d’images porteur d’une lucidité franche. Devant un quotidien, des pensées, des gestes qui semblaient être les miens; j’étais là, d’une case à l’autre, comme si l’illustratrice et cartooniste de 23 ans, Sarah Andersen, avait épié ma vie pour élaborer Adulthood is a myth, bande dessinée exquise. Cette drôle d’impression, je ne suis sûrement pas la seule à l’avoir ressentie. Et c’est là toute la beauté du travail d’Andersen. Ce tout premier livre de cette artiste établie à Brooklyn est un véritable diachylon pour les esprits anxieux qui tentent de se tracer un chemin dans les méandres de la vie adulte. Une thérapie en soi. Parce qu’on s’y voit, on s’y reconnait. On s’identifie à cette jeune étudiante échevelée aux yeux exorbitants, une introvertie féministe à la maladresse facile, au awkward fréquent, qui s’adonne à la procrastination et à la panique, quotidiennement. Son meilleur ami est un lapin. Son chat est une plaie qui s’amuse à la réveiller …

Ce qu’on a pensé de nos lectures Bande dessinée/Roman graphique du défi Je lis un livre québécois par mois

Comme je vous le disais dans l’article des suggestions de lecture du mois, j’aime beaucoup Zviane. Sa bande dessinée Les deuxièmes avait été un réel coup de coeur pour moi. J’avais aussi entendu beaucoup de bien (par Marie-Hélène!) de Ping Pong et je n’ai pas du tout été déçue, même si je trouve très difficile d’en parler par la suite. Comme le dit le quatrième de couverture, Ping pong, ça parle des arts. Bon, mais de beaucoup plus de choses, mais difficilement explicables. Ce sont des réflexions de Zviane, ensuite appuyées par le talent de nombreux bédéistes et ça forme un tout incroyablement unique, singulier et, par le fait même, difficile à définir. Je vous conseille fortement cette bd si vous vous intéressez à la démarche artistique et à tout ce que cela sous-entend. Cette édition complète de Ping pong est aussi vraiment géniale parce que Zviane commente ses propres dessins. PS: Zviane a répondu à notre questionnaire Autour des livres juste ici! Ma deuxième lecture du mois a été Je vois des antennes partout …

Piraterie et « French Kiss »

Cette BD fut un achat coup de cœur lorsque je l’ai vue en librairie. Je m’amusais à tourner les pages et à admirer les dessins. J’aimais beaucoup le style, mais c’est lorsque j’ai vu le mot pirate sur la quatrième de couverture que j’ai décidé de me la procurer. « French Kiss 1986 » est l’histoire d’un père qui raconte à ses deux jeunes enfants comment s’est passé son premier baiser. C’est alors qu’on fait un voyage dans le temps et qu’on se retrouve en 1986. Nous retrouvons Étienne (le père) à l’âge de 11 ans. C’est les vacances d’été et il est fou amoureux de la belle Marie. Sauf, qu’il y a la grande rousse. Tous les deux ne s’aiment pas. En fait, la grande rousse est plus grande qu’Étienne, donc plus impressionnante et sa mère serait une sorcière. Il existe entre ces deux personnages une « guéguerre », mais ils ont un point commun : ils sont tous les deux fans de piraterie! C’est alors qu’une guerre éclate! Tout comme dans le film « La guerre des tuques », l’objectif …

Zviane en trois temps

Bien souvent, nous associons – à tort – la bande dessinée à un public adolescent. Que ce soit en raison des superhéros aux pouvoirs fantastiques, des personnages de jeunes voyous farceurs (Titeuf for the win) ou encore d’animaux anthropomorphisés (Krazy Kat, Garfield, Snoopy et cie), la bande dessinée semble d’emblée destinée à un public précis et, disons-le, assez restreint. Or, l’éclatement des genres, la multiplicité des styles et l’élaboration de récits bien plus matures qu’autrefois viennent contrecarrer cette tendance à catégoriser ce que certains et certaines nomment le 9e art : il n’est plus simplement question de divertissement juvénile. Le Québec grouille d’artistes hyper talentueux et l’univers de la bande dessinée n’est pas en reste de cet essor culturel. Pour vous donner un petit goût de ce qui se retrouve dans nos librairies préférées, je vais vous parler d’une bédéiste que j’adore x 1000000000 : Zviane. Née à Longueuil, elle a un baccalauréat en musique de l’Université de Montréal et se dirigeait sagement vers la maîtrise, mais elle a plutôt préféré se concentrer sur ce qui la …

Archie et sa bande ou comment j’ai commencé à aimer lire!

La fin de semaine dernière, je suis allée vider mon ancienne chambre d’adolescente chez ma mère. Il faut dire qu’elle était restée telle quelle depuis mon départ en 2008, alors disons simplement qu’il était plus que temps que je m’en occupe. Nostalgie était au rendez-vous, je vous le garantie. Je suis retombée sur de vrais petits trésors, des lettres d’amour d’anciens amoureux (on s’écrivait des lettres pas des textos dans ce temps-là, haha je me sens vieille!), des lettres avec de nombreux crayons gels écrites par mes « bests » et des techniques de pliages toutes plus inventives les unes que les autres (non mais comment on faisait ça?), un document sur ma vision de l’an 2000 (hahaha, beaucoup trop futuriste mon affaire!) et finalement ma grosse collection de BD d’Archie et sa bande. Mon histoire d’amour avec la lecture remonte à très loin. D’ailleurs, du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les histoires qu’on me racontait au lit avant de sombrer au pays des rêves, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui je lis …