All posts tagged: critique

Avez-vous déjà souhaité être quelqu’un d’autre ?

Qui n’a pas un jour souhaité être quelqu’un d’autre? Je ne parle pas ici d’une grande star Hollywoodienne, un athlète olympique ou le PDG d’une grande boîte… uniquement le souhait d’être soi-même, mais version améliorée? Intriguant, non? Encore une fois, je ne parle d’un soi-même version améliorée avec des supers pouvoirs, mais bien uniquement de celui ou celle que vous avez toujours désiré être mais que vous avez toujours repoussé du revers de la main ou mis au fin fond de votre esprit. C’est exactement ce que propose ma dernière lecture, avec le roman Quelqu’un d’autre de Tonino Benacquista. J’ai toujours adoré cet auteur dont j’avais parlé ici, et encore une fois j’ai dévoré ce roman dans le temps de le dire. On retrouve dans ce roman 2 antihéros à l’aube de leur quarantaine, en pleine crise identitaire, Nicolas et Thierry, qui l’espace d’un match de Tennis suivi d’une bonne cuite d’après-match décideront de changer leur vie à jamais. C’est sous l’effet de l’alcool bien avancé, qu’ils se feront des aveux sur leur vie respective qui …

Apprendre à se retrouver grâce aux bouquins

Sur Le fil rouge, le mot d’ordre et la raison d’être du blogue c’est que nous voulons vous partager des livres qui nous font du bien. Ça tombe bien car c’est de 2 livres qui m’ont fait du bien à leur manière que je vais vous parler aujourd’hui. Avant de commencer, je vais être bien honnête avec vous, dernièrement et encore aujourd’hui ma tête part un peu dans tous les sens et ce depuis quelques semaines. Je suis comme dirait l’autre… en grosse remise en question ! Ça fait peur ça, non ? J’imagine que c’est normal et que l’ensemble des jeunes adultes de ma génération de 25-30 ans comprendront bien cet état d’esprit. Je ne sais plus trop où j’en suis par rapport à mes objectifs personnels, mes aspirations, mes rêves, et j’ajouterais même mes émotions, bref tout y passe et je suis toujours en constante ébullition. C’est pas mêlant, je me sens comme un petit volcan. J’imagine que c’est ce que les psychologues nomme le bilan du quart du siècle, le blues du …

L’art d’écouter son coeur…

Il peut arriver dans la vie quelque chose comme un tournant catastrophique, lorsque le monde tel qu’on le connait cesse d’exister. Un moment qui fait de nous quelqu’un d’autre, en l’espace d’un battement de cœur. Ma dernière lecture parle d’amour, du vrai, celui qui transcende le temps et même tous les sens et vous fera fort certainement verser quelques larmes (je sais, je pleure tout le temps!). Il y a des livres que nous savons que nous allons aimer dès l’instant où l’on y pose les yeux dans une librairie. L’art d’écouter les battements de coeur de Jan-Phillipp Sendker est exactement ce genre de livre et il ne déçoit pas. Une des raisons principales pourquoi ce livre est tombé entre mes mains, pour être bien honnête, c’était surtout, car son histoire se déroule dans un pays dont je rêve depuis de nombreuses années, la Birmanie. Un pays tellement peu connu et mal aimé, mais qui me semble tellement fabuleux quand je regarde les rares images sur celui-ci. Ensuite, car après quelques lignes, j’ai compris que …

Big Bang, de Neil Smith : une entrée fracassante dans mon univers

Traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Big Bang est le tout dernier roman de l’auteur montréalais anglophone Neil Smith. Quand ce livre m’est tombé entre les mains, j’ai tout de suite su que cette lecture allait me plaire. Mon instinct ne m’a pas trahi, puisqu’en une seule journée, je tournais la dernière page de ce délicieux roman. Neil Smith décortique l’esprit humain à travers son œuvre, et s’intéresse aux absurdités qui orchestrent nos esprits. Big Bang est composé de plusieurs récits qui se penchent sur diverses existences, qui parfois se frôlent entre elles ou se fondent simplement dans la masse. L’indifférence, l’empathie, le deuil, le rire et la tendresse sont des émotions qui gravitent autour des récits de Smith, ce qui nous évoque constamment notre propre condition d’éphémère. Ma lecture était rafraîchissante, et je ne peux passer outre l’originalité de la plume de l’auteur : la lucidité livresque et l’humour se rejoignent pour former un style d’une formidable acuité intellectuelle. Big Bang est à la fois une œuvre divertissante et profonde. An est une …

Chercher la foi dans les Hautes Montagnes du Portugal avec Yann

C’est avec une immense joie que je me suis plongée tête première dans le dernier roman de Yann Martel, Les hautes montages du Portugal. Il faut que vous sachiez que présentement, dans mon top 10 de livres préférés, Yann Martel et l’Histoire de Pi sont en première position, alors évidemment que j’allais faire l’achat de son nouveau roman. Tout d’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que l’histoire des hautes montagnes est lente et parsemée de petits détails ici et là, alors ne vous découragez pas trop vite si aux premières pages vous n’êtes pas tout de suite accrochés et que vous vous sentez un peu perdus. Il m’est même arrivé de devoir relire des passages pour bien me souvenir de l’ordre des évènements et mieux comprendre l’histoire, alors soyez sans craintes. Ce roman porte sur le deuil et sur la présence de la religion dans nos vies, mais il porte surtout sur la foi en général, la foi en la vie, la perte de celle-ci et la foi en quelque chose de plus grand. J’ai …

À la fin ils ont dit à tout le monde d’aller se rhabiller : l’errance humaine mise à nu

Encore les mouches. Il est seize heures sept. Je me couche, je ferme les yeux, je tourne dans le lit, je pense à des légumes frais, j’emmêle mes pieds dans les draps puis je pense à quelque chose que j’oublie, je tourne de l’autre côté, je déprends mes pieds, je tourne encore, je remonte les couvertures, je m’assois. Il est encore seize heures sept. J’appelle mon superhéros, qui ne répond pas. Au fil de mes lectures, je me suis rapidement aperçu que deux éléments m’interpellaient beaucoup dans la stylistique d’une œuvre littéraire : les récits d’errance et ceux qui sont découpés en plusieurs fragments. J’aime qu’une histoire m’emporte, même si elle ne possède pas d’intrigue particulière. Je cherche surtout une expérience, et c’est ce que j’ai retrouvé dans le tout premier roman de Laurence Leduc-Primeau. Paru chez les éditions de Ta Mère, cette œuvre au très long titre est divisée en des dizaines et des dizaines de fragments : des longs, des courts, des brefs, des poignants, des tristes, des beaux. À la fin ils ont dit …

Réflexion : l’industrie littéraire au Québec

La rage et la violence empreignent le roman Ça va aller de l’auteure Catherine Mavrikakis et dégouttent sur notre esprit coupable. Coupable d’être trop clément, d’être trop généreux et indulgent envers nos auteurs.es québécois. L’auteure s’attaque directement à l’institution littéraire de notre Québec ainsi qu’à la mollesse des débats et critiques entourant le milieu du livre. Ses mots crachent son dédain pour l’industrie capitaliste qui n’aurait qu’engendré des auteurs.es-machines ayant pour objectif de satisfaire les besoins cupides des éditeurs, qui, eux-mêmes, profitent de la passivité de leurs lecteurs, qui sont bien plus à la recherche de divertissements passagers que d’élévation intellectuelle. Moi, j’aime la littérature américaine ou étrangère. C’est bien mieux que celle que l’on fait ici en ce moment. On écrit mal ici : on est si complaisants. La critique est épouvantablement besogneuse, sans envergure. (- Ça va aller) Catherine Mavrikakis révèle l’envers du décor de l’institution littéraire au Québec, le tout dans une critique acérée et sans prétention. Depuis quand la littérature est-elle glamour? Plutôt qu’un objet de consommation, ne devrait-elle pas être un …

Le Monstre d’Ingrid

J’ai longtemps cherché l’angle que j’allais prendre pour vous parler du récit autobiographique et première parution de la comédienne et auteure Ingrid Falaise. Parce que lire Le Monstre, ce n’est pas drôle, ce n’est pas joyeux et c’est surtout frustrant d’être aussi impuissant en tant que lecteur face à ce récit épouvantable. Un livre qui nous raconte une véritable histoire puissante sur la violence conjugale, la douleur physique et mentale subie, la manipulation d’un être qui devrait nous protéger et nous aimer, ça ne peut que soulever toutes sortes d’émotions en nous, qu’on soit passé par là ou non. En lisant le livre d’Ingrid, croyez-moi, je suis passée par toute une gamme d’émotions, que ce soit la pitié, la tristesse, la joie, l’espoir, mais la plupart du temps, la colère, j’étais vraiment en colère, je dirais même en maudit contre Ingrid, mais surtout contre « M ». La féministe que je suis a été très souvent mise à l’épreuve lors de cette lecture et malheureusement, pour nous les femmes, des histoires comme celle d’Ingrid, il en existe encore …

Une ville en feu

« Dans une maison aux vitres condamnées, dépouillée de tout espèce de confort, il est facile de retourner sa colère contre l’extérieur, d’attaquer cette ville au cœur de laquelle il se trouve, avec sa saleté, sa pollution, son oppression, seulement New York est bien la seule chose qui ne l’a jamais laissé tomber. » New York. La métropole qui fait rêver le monde entier. Le multiculturalisme. La créativité. L’effervescence. L’urbanité à son excellence. J’ai une fascination pour la vie urbaine et l’histoire des grandes villes. Pour moi, une métropole reste un être en soi et un personnage clef des romans. Alors, quand j’ai vu dans la librairie un tout nouveau livre appelé City on Fire, New York 1977 : le roman d’une ville en feu, je n’ai pas hésité à l’acheter, malgré le prix, malgré la taille du roman qui rendrait complexe les déplacements en métro (965 pages!) et malgré le peu que je connaissais de l’histoire. Un livre mettant ma thématique chérie en avant devait forcément être bon. Et puis, lire un bouquin aussi gros m’enthousiasmait …

Hiroshimoi: le beau qui fait mal

Il y a quelques semaines, Véronique Grenier, auteure du nouvel ouvrage Hiroshimoi, tenait une séance de signature en plein coeur du Mile-End. L’endroit n’avait pas été choisi au hasard. En effet, c’est dans la minuscule boutique des créateurs de La Montréalaise Atelier que se tenait l’événement. Un magnifique chandail créé par La Montréalaise y était présenté, prêt-à-porter qui mettait le roman de Grenier à l’honneur.  Je m’y suis donc rendue, bravant le froid. Je suis arrivée devant l’atelier avec les pieds congelés. L’errance que je venais de me taper pour trouver l’endroit m’avait frigorifiée. Le local était tout petit. À l’intérieur, une poignée d’individus aux yeux souriants, certains un verre de vin blanc à la main. Ils se massent autour des vêtements et des livres qui parsèment l’endroit. Je n’entre pas à l’intérieur avant quelques instants. Je sonde. Dos aux grandes fenêtres qui bordent la rue, j’observe le dos de Véronique Grenier, cette femme minuscule dont les écrits touchent et marquent. Quelques personnes font la file devant la table où elle écrit, son livre en …