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Héritières : le parcours de trois femmes

Héritières de Marie Redonnet est en fait un livre contenant trois des histoires de l’auteure : « Splendid Hôtel », « Rose Mélie Rose » et « Forever Valley ». C’est également un livre qui m’est tombé dans les mains par hasard. Le titre me portait à croire que j’allais faire la rencontre de personnages féminins, et j’en étais très curieuse. De plus, je trouvais très jolie la couverture bleue et jaune. Dans un premier temps : « Splendid Hotel » La propriétaire du Splendid Hotel essaie de garder l’héritage de sa grand-mère en vie alors qu’il est en décrépitude. Ce personnage au nom inconnu a également hérité de ses deux grandes sœurs, dont l’une d’elles est toujours malade et l’autre est désillusionnée par son rêve de devenir une grande actrice de théâtre. La propriétaire essaie par tous les moyens possibles de faire survivre l’hôtel, qui se trouve en plein milieu d’un marais. La première lecture de cette histoire était plutôt difficile. Je me demande encore si c’est parce que je l’ai lue au mauvais moment …

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Le peuple rieur : une lettre d’amour signée Serge Bouchard

La lecture du livre Le peuple rieur, c’est un peu comme s’asseoir autour du feu avec Serge Bouchard. Pendant ces quelques 300 pages, sa grosse voix réconfortante nous berce et nous amène sur les terres innues, le Nitassinan. Au fil du récit, la forêt boréale enveloppe autant celui  qui écoute que celui qui raconte. Et peu à peu, l’intimité des bois fait son effet : Bouchard nous livre ses expériences de vie sur le ton de celui qui se confie à un ami. Bouchard nous raconte l’humour innu Ce livre parle d’une histoire d’amour : celle entre Serge Bouchard et ses amis rieurs de la Côte-Nord. D’ailleurs, il écrit cet ouvrage avec sa compagne, Marie-Christine Lévesque. Leur couple partage cet amour commun, qu’ils traduisent par un livre dédié aux Innus. Avec cet essai à la fois historique, personnel et anthropologique, Bouchard revisite ses souvenirs et souhaite redonner à ce peuple auprès duquel il a tant appris. Et pour ce qui est de redonner, il le fait de différentes façons. Mais la plus significative, selon moi, est de répandre la …

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Un baume léger pour adoucir l’hiver et attendre le printemps

Il neigeait à plein ciel lorsque j’ai ouvert, pour m’y plonger, le dernier livre d’Hubert Reeves : J’ai vu une fleur sauvage, l’herbier de Malicorne, un véritable herbier tout en photos, en délicatesse et en simplicité. Véritable ode à la beauté de la nature sauvage qui ne demande qu’à être reconnue et appréciée, ce livre nous présente une quarantaine de fleurs qui embellissent les campagnes de France et parfois d’ici. C’est accompagnée d’une neige duveteuse et collante, doux rappel que l’hiver allait s’accrocher encore un peu malgré l’approche éminente du printemps, que je me suis laissée raconter la beauté de ces fleurs sauvages. L’homme qui aimait les fleurs sauvages Astrophysicien, vulgarisateur scientifique, environnementaliste, militant : Hubert Reeves est un homme d’envergure. Il m’impressionne par l’étendue de son savoir, de son implication, mais aussi par sa capacité de s’émerveiller. S’émerveiller pour les grandes choses et les petites, pour notre planète avec laquelle il souhaite nous faire reconnecter. C’est justement ce qu’il souhaite faire avec cet herbier composé des fleurs poussant à Malicorne, le village français où il est …

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Quel personnage de roman êtes-vous? Les fileuses témoignent

Il y a des livres dont les personnages nous touchent plus particulièrement. Que ce soit par leur attitude, leur situation, leurs traits de caractère, leur histoire… Et si ce personnage, c’était nous? Selon notre état d’esprit du moment, notre propre histoire ou notre vécu, nous allons nous attacher à un personnage en particulier. N’avez-vous pas remarqué? De même que certains nous énervent, nous titillent, nous font sortir de nos gonds, je remarque  pour ma part que je suis souvent attirée par un trait de personnage, parce qu’il renvoie une certaine image de moi, quelqu’un qui me ressemble (ou à qui j’aimerais ressembler!). Cette façon de s’identifier me rassure, me conforte ou a contrario me confronte… Des rôles différents Quand je choisis un ouvrage, je me rends compte que j’ai, bien sûr, tendance à me tourner vers une histoire qui me ressemble, me touche ou me pousse à la réflexion. Il en va de même pour les personnages. Durant toutes mes années de lecture, je me suis vue sous les traits de toutes sortes de personnages, …

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Le goût d’aimer

Dans ce roman, au détour de chaque page on s’enfarge, on relit, on ferme les yeux pour méditer sur une phrase, l’usage d’un mot, sa signification. Christian Bobin a réussi à faire de La plus que vive un recueil de citations sur la vie, la mort, l’amour. Et pourtant, ce n’est pas du tout, avouons-le, une mince affaire. Même aujourd’hui je ne peux t’imaginer autrement que réfractaire, échappée, ton cœur fuyant dans la lumière. Je t’ai toujours sue inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t’ai aimée dans ce savoir. L’éloge de l’authenticité Genre de biographie non linéaire sur une femme connue de l’auteur, on n’entre finalement jamais dans le détail. En fait, il s’agit de l’étalement de ce que cette Ghislaine signifiait pour l’auteur. Signifi-ait parce qu’en fait, Ghislaine décède à quarante-quatre ans. Et ce drame, élément déclencheur de l’écriture du roman, devient dans La plus que vive une raison d’évoquer les plus belles choses de la vie. Avec ce livre, on prend conscience de l’importance des moments ordinaires, anodins, puisque ce sont …

Quand lire nous échappe

Quand lire nous échappe : billet d’humeur

S’il y a une chose dont je suis certaine dans la vie (à part de la mort et des impôts), c’est que je suis une lectrice. Je cherche le sens et les motifs. Je plisse les yeux pour découvrir les fils entre les histoires, les vécus et les savoirs. Dans les livres, je me promène le cœur à l’air, et je suis prête à tout. Dans les livres, je suis toute-puissante, toute-vivante. Je suis une lectrice. Cette prise de conscience, je l’ai eue à l’âge de treize ans. Dans le sous-sol de la maison familiale, j’ai serré contre mon cœur la version abrégée du Roman de Sophie Trébuchet de Geneviève Dormann – la version du Reader’s Digest, avec sa reliure en cuirette et son écriture dorée – avec une ferveur quasiment religieuse. « Moi, dans la vie, je vais lire. » Treize ans, c’est l’âge des absolus et des espoirs de vocation. Du désir plus ou moins secret d’être choisie, d’avoir une mission dans la vie. L’acte de lire, je l’ai reconnu comme mien. Les livres m’appellent, tassez-vous. …

Les récits de correspondances : entre indiscrétion et fascination

Quand j’étais adolescente, ma meilleure amie avait un chalet à la campagne, où nous passions nos étés. La maison avait appartenu à son arrière-grand-père. Je me souviens clairement d’une photo de son aïeul, accrochée au mur du salon : il posait devant le chalet, assis sur sa vieille chaise berçante, avec sa moustache et son chapeau, le regard au loin. Son regard était énigmatique : on n’aurait su dire s’il était triste, confiant ou serein, mais sa photo avait toujours fait partie du décor alors on ne se posait pas trop de questions… Jusqu’au jour où, par une journée pluvieuse, la mère de mon amie sortit une vieille valise du grenier. En l’ouvrant, nous découvrîmes un trésor : de vieilles lettres, des journaux intimes, des morceaux de correspondance… Le tout soigneusement conservé, nous révéla-t-on, par la deuxième femme de son grand-père. Nous venions de percer une partie du mystère qui se cachait derrière le regard de l’homme sur la photo. Une phrase parmi toutes celles que nous avons lues ce jour-là me revient en mémoire  : Je suis …

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Merveilleux et mysticisme : la plume onirique de Carole Martinez

C’est par hasard que j’ai lu Du domaine des Murmures et que j’ai découvert l’écrivaine Carole Martinez. Je choisis normalement scrupuleusement mes lectures en fonction de suggestions trouvées sur des blogues, à la radio, dans le journal, etc. J’ai emprunté Du domaine des Murmures parce que le Moyen-Âge me fascine. Je ne connaissais rien du récit et j’ai été soufflé par ce roman qui se réapproprie le merveilleux pour créer un conte poétique singulier. Par la suite, j’ai lu le Cœur cousu, premier roman de l’auteure, dans lequel j’ai retrouvé ce style, ce rythme, ce souffle et des thématiques semblables malgré deux univers bien distincts. Des personnages féminins marginalisés Du domaine des Murmures raconte l’histoire d’Esclarmonde qui, pour échapper à un mariage imposé, décide de se faire emmurer. Si le geste d’Esclarmonde nous semble tout à fait inusité, ce phénomène existait bel et bien au Moyen-Âge. Certaines femmes décidaient de se reclure pour toujours dans une cellule de quelques mètres contiguë à une église où seule une petite ouverture leur permettait d’avoir un contact avec …

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A-t-on jamais fini de découvrir les histoires de la Deuxième Guerre mondiale? L’espionne de Tanger

Je ne me souviens plus quand exactement, mais il y a eu un moment, quelque part pendant mon Cégep, où je suis venue à la conclusion que j’avais fait le tour de ce qui pouvait être raconté sur la Deuxième Guerre mondiale. J’avais acquis le sentiment que, bien qu’étant loin d’avoir tout lu sur le sujet, j’avais fait le tour des thèmes possibles et que je ne trouverais rien de vraiment nouveau après ça. J’avais tort. J’avais tort et il semble que depuis ce jour, le dieu des livres prend un malin plaisir à me le rappeler en mettant chaque année, parfois plusieurs fois dans l’année, sur mon chemin un livre qui présente un aspect de la Deuxième Guerre mondiale que je n’avais jamais soupçonné. Et chaque fois, je suis bien obligée d’admettre que je n’ai certainement pas fait le tour du sujet. Me voilà donc à vous parler de ma dernière découverte en liste abordant le thème de la Deuxième Guerre mondiale : L’espionne de Tanger, par Maria Dueñas. Ce roman prend un détour inhabituel, …

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Fictions et récits de Compostelle (partie 1) : La fois où… j’ai suivi les flèches jaunes d’Amélie Dubois

Marcher le chemin de Compostelle a été pour moi une expérience marquante. Revenue dans la vie quotidienne, j’ai eu de la difficulté à retrouver dans ce qui m’entourait la sensation qui m’a habitée tout au long de mon pèlerinage. Le fait d’aller à la rencontre d’œuvres littéraires dans lesquelles des auteur.e.s racontent leur expérience du chemin a été un moyen de ressentir à nouveau le bonheur de marcher, dans ma tête, la littérature me permettant de combler le vide laissé par mon retour et de revivre l’expérience à travers elle. Dans cette série d’articles, je présenterai quelques-unes des œuvres qui se passent sur le Chemin de Compostelle. Peut-être vous donneront-elles envie de partir, vous aussi, au sens propre comme au niveau littéraire?   Amélie Dubois. La fois où… j’ai suivi les flèches jaunes Pendant l’été 2017, je marche le « Camino del Norte », un des nombreux chemins de Compostelle situés en Espagne. En 2015, Amélie Dubois publie La fois où… j’ai suivi les flèches jaunes, un roman dans lequel elle raconte l’histoire d’une protagoniste …