All posts tagged: lecture

Douze chansons pour Évelyne

Je hurle non seulement pour elle mais pour toutes les filles que j’ai connues et perdues, toutes les âmes instables que j’ai voulu mêler à la mienne. Je hurle, car je ne sais pas comment exister sans elles. Avant d’écrire pour le Fil rouge, je ne lisais pas beaucoup de livres d’auteurs québécois. Ayant complété mes études en Lettres en France, je n’ai pas eu la chance de découvrir la littérature d’ici pendant mes études et je ne savais pas par où commencer. Mais le Fil rouge m’a permis de découvrir de jeunes auteurs québécois qui dépeignent une réalité beaucoup plus proche de la mienne que celle des livres que j’avais l’habitude de choisir. Je suis une grande adepte du dépaysement à travers les livres, comme je l’ai souvent expliqué dans d’autres chroniques, mais je connais aussi un grand plaisir à lire un roman qui semble me parler directement et mettre en mots des instants, des contextes ou des lieux qui sont les miens. J’ai d’abord acheté Douze chansons pour Évelyne de Frederic Gary Comeau …

Plaisirs littéraires de vacances

Comme Gabrielle le détaillait si bien dans son article, l’été s’avère une saison à l’ambiance légère où la lecture trouve tout à fait sa place… et encore plus lorsque des vacances se profilent à l’horizon! J’aimerais donc joindre ma voix à la sienne en dressant une liste des plaisirs de lecture de vacances! 1.Prendre le temps de lire, tout court Bon, techniquement, si vous êtes fanatique de lecture, vous devriez déjà lire aussi souvent que vous le pouvez; que vous y arriviez ou non, les vacances sont le moment idéal pour vous adonner à votre activité préférée! 2.Se lancer dans cette grosse brique à laquelle on n’osait pas s’attaquer Parce que parfois, à travers nos vies bien (trop) remplies, on peut avoir tendance à préférer des lectures courtes et rapides plutôt que d’immenses sagas! Avec les vacances, le moment est tout indiqué pour se lancer dans une grande aventure qui vous fera voyager… même si vous n’avez pas le budget pour prendre le prochain vol vers une destination paradisiaque! 3.Relire (encore une fois) cette série …

Pourquoi j’ai pleuré en lisant Je suis là

Mon avion décolle pour Calgary. Je bénéficie d’un luxe extraordinaire : deux sièges à moi seule. J’étends sans gêne mes affaires, m’étale confortablement. Quatre heures de lecture en perspective. Avant de monter, j’ai glissé un tout petit livre dans mon bagage à mains. Un roman dont la couverture remarquable me rappelait un rêve récurrent. Le dernier Christine Eddie, Je suis là (2016), paru chez Alto (merci Tania!). Québécoise d’origine française, Eddie est l’auteure des romans acclamés Carnet de Douglas (Alto, 2007) ainsi que Parapluies (2011). Davantage qu’une fiction, Je suis là est un livre comme un témoignage de cette vie qui tient bon, de cette lueur qui perturbe malgré l’apparente noirceur. Celle qui est là, entre ces pages, est bien réelle. Angèle. Sa vie de nomade tumultueuse s’arrête brusquement peu de temps après la naissance de ses jumelles, lorsqu’elle est victime d’un tir groupé. Sous la violence de l’assaut, les connexions entre le cerveau et le corps de la jeune mère s’interrompent, peut-être définitivement. Enfermée à l’intérieur, seuls ses yeux peuvent désormais parler. Porté par la …

Gabriel García Márquez et les effluves caribéennes

Il y a des romans qui vous font voyager gratuitement dans des contrées éloignées et dans des univers singuliers, qui vous font rêver à un ailleurs fabuleux et qui vous déstabilisent en douceur de votre quotidien en vous amenant là où vous n’aviez jamais pensé aller sans bouger de votre salon. Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez vous transporte loin de la réalité québécoise, mais met en scène un monde si humain, intemporel et universel qu’il donne l’impression finalement que tout se passe juste la porte à côté. Le roman relate l’histoire de la famille Buendia sur six générations, dans un village isolé d’Amérique du Sud, Macondo. La famille Buendia, qu’un gitan a condamnée à cent ans de solitude, est emportée dans un tourbillon de révolutions, de guerre civile, de violence, de richesse, de naissances, de pertes et d’histoires d’amour tragiques. Tout au long du roman, tous les personnages sont prédestinés à souffrir de la même solitude; ils finissent pratiquement tous seuls, tristes, mais vidés par une existence trop intense. « Il mourut de …

L’éloge de la lecture et de la construction de soi

01Vous le savez, je crois infiniment au pouvoir des livres, de la lecture et des effets que cela peut avoir sur le développement humain. Je prends donc plaisir à lire des essais de spécialistes qui ont la même vision que moi. Dans Éloge de la lecture, construction de soi, Michèle Petit aborde plusieurs thèmes liés à la lecture. Quoique je n’aie pas tout aimé de ce texte, je pense quand même qu’il y a quelques perles qui méritent d’être soulignées. Michèle Petit est une anthropologue qui s’intéresse beaucoup à la lecture dans la construction de soi, mais aussi dans des lieux communs tels que la bibliothèque. Elle utilise la sociologie comme la psychanalyse pour parler des effets de la lecture et surtout pour démontrer par tous les moyens que les effets de la lecture sont nombreux autant chez les individus que dans une collectivité. Elle aborde la lecture comme une réelle façon de se construire de façon intime. Elle considère que la lecture est une voie d’accès directe à ce territoire de l’intime et ainsi, …

L’influence de la technologie et l’acte de lecture

Après être tombée sur cette vidéo, que je vous conseille vivement d’écouter, je me suis mise à réfléchir sur l’influence qu’ont les technologies sur la lecture, sur le temps pris pour lire, sur la concentration. Avouons qu’il nous est tous arrivé de lire avec notre cellulaire à coté de nous, simplement pour délaisser le papier pour l’écran quelques minutes plus tard. C’est comme un réflexe, un mauvais réflexe, certes. En fait, à bien y penser, c’est plus qu’un réflexe, c’est presque devenu un automatisme. Je crois qu’il est indéniable que les technologies ont une influence sur l’acte de lecture, principalement sur la concentration nécessaire pour lire. Nous sommes tellement habitué à ouvrir 10 pages en même temps sur le web, à lire en billet les articles de blogues (peut-être que c’est ce que vous faites présentement) que s’arrêter pour lire, prendre vraiment le temps de ne faire qu’une chose à la fois, devient presque difficile. Durant les dernières années, je ne peux nier que ma capacité de concentration a baissé à mesure que mes heures …

Ode à l’évasion littéraire

Les livres ont des pouvoirs: nous faire rêver, nous faire du bien, nous faire voyager. Ils sont notre meilleur allié quand la solitude est trop présente, ils nous aident à mieux nous comprendre. Nul n’a besoin de se payer un billet d’avion pour visiter de lointaines contrées, suffit d’un bon livre, et hop! vous êtes là où vous le souhaitez! Envie de rêver, de vous trouver n’importe où (sauf ici), pourquoi ne pas plonger votre nez dans un roman, une bio, voire une encyclopédie? Ma grand-mère disait: «lis et tu ne seras jamais seule» elle avait raison. Remède ultime pour les temps gris, et le besoin pressant de sortir de sa tête, à chacun son bouquin, comme un élixir, une potion qui fait du bien. Nombreux ont été les après-midi des vacances estivales de mon enfance à rêvasser près de la piscine, les yeux rivés sur les pages du dernier livre à dévorer. Trop de congés passés à la bibliothèque du quartier, promenant mes doigts sur les ouvrages empilés. Comment expliquer cet amour de la lecture, …

L’insoutenable légèreté de l’être

« Son drame n’était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté. Ce qui s’était abattu sur elle, ce n’était pas un fardeau, mais l’insoutenable légèreté de l’être. » L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera n’est pas un roman léger. Je ne conseillerais pas de le lire à la plage par exemple. C’est un livre qui se savoure et qui demande de prendre son temps. Il faut se concentrer car chaque phrase est lourde de vérité et plonge dans une réflexion mélancolique. Je l’ai découvert à l’adolescence dans la bibliothèque de mes parents et j’en avais été bouleversée. C’était mon premier roman mature; un vrai roman d’adulte dans lequel je ne comprenais pas encore tous les passages. Mais je percevais qu’il existe une diversité des points de vue chez les gens à un âge où on pense toujours qu’on a plus raison que les autres. J’ai vu qu’un mot simple comme Amour peut avoir tellement de définitions différentes dans l’imaginaire d’une personne et il faut essayer de se mettre à la place de l’autre pour parvenir …

À la fin ils ont dit à tout le monde d’aller se rhabiller : l’errance humaine mise à nu

Encore les mouches. Il est seize heures sept. Je me couche, je ferme les yeux, je tourne dans le lit, je pense à des légumes frais, j’emmêle mes pieds dans les draps puis je pense à quelque chose que j’oublie, je tourne de l’autre côté, je déprends mes pieds, je tourne encore, je remonte les couvertures, je m’assois. Il est encore seize heures sept. J’appelle mon superhéros, qui ne répond pas. Au fil de mes lectures, je me suis rapidement aperçu que deux éléments m’interpellaient beaucoup dans la stylistique d’une œuvre littéraire : les récits d’errance et ceux qui sont découpés en plusieurs fragments. J’aime qu’une histoire m’emporte, même si elle ne possède pas d’intrigue particulière. Je cherche surtout une expérience, et c’est ce que j’ai retrouvé dans le tout premier roman de Laurence Leduc-Primeau. Paru chez les éditions de Ta Mère, cette œuvre au très long titre est divisée en des dizaines et des dizaines de fragments : des longs, des courts, des brefs, des poignants, des tristes, des beaux. À la fin ils ont dit …

Confessions littéraires ou le plaisir de lire

La #snoblitt, vous connaissez? Ce principe de lire, non pas par pur plaisir, mais simplement pour signifier qu’on a lu le dernier livre d’un auteur indie un peu hipster, les bouquins discrets des librairies indépendantes, ou encore, qu’on a tourné les pages des classiques et des grosses briques épeurantes. La #snoblitt, ce livre qu’on flashe dans le métro, ou assis sur un banc de parc, pour que tout le monde constate que «Eh! Je suis une vraie de vraie, moi». Il est passé où, l’amour de la lecture, le vrai? Le plaisir de lire, point? Il n’y a pas si longtemps, j’ai lu un roman. J’hésite à en parler. En fait, je suis un peu gênée. Je suis entourée de gens qui se vantent de lire du Proust à longueur de journée. J’ai envie de me libérer de cette pression littéraire, de lire ce que j’ai envie, de me réapproprier mes goûts diversifiés et surtout, de ne plus jamais être timide de lire un livre dans le bus ou au café du coin. Sauf que, …