All posts tagged: lefilrouge

La Servante écarlate, Margaret Atwood, le Fil Rouge, le Fil Rouge lit, le Fil Rouge réfléchit, réflexion littéraire, lecture, littérature,

L’intemporalité de La Servante écarlate

Il y a de ces livres qui traversent les années et qui laissent dans leur sillage une trace indélébile. Et malgré le passage du temps, les lecteurs et les lectrices se souviennent précieusement de ces histoires qui les ont fait réfléchir et qui les ont marqués d’une façon souvent très personnelle et subjective. Ces personnes, elles sont de tous âges et de tout temps. Elles ont lu les œuvres en question à une époque différente de leur vie, époque qui, sans le savoir, avait parfois elle-même un impact sur la réception. Je fais partie de ces privilégiés. D’une catégorie bien précise, en fait ; celle qui a lu sur le tard une œuvre dont l’essence est toujours encore autant d’actualité, voire davantage aujourd’hui qu’au moment de l’écriture. Une lecture toute fraîche La Servante écarlate de Margaret Atwood est l’exemple par excellence de ce que je tentais d’expliquer dans les lignes qui précèdent. Je vous passe le résumé du roman que vous pouvez d’ailleurs retrouver dans un autre article sur Le fil rouge, intitulé Un petit …

Le fil rouge, littérature, roman, livres, les livres qui font du bien, bibliothérapie, adolescent.e.s, Nancy Huston, Ultraviolet, journal fictif, éveil intellectuel, Lucy, littérature canadienne, fiction. le fil rouge lit, #lefilrouge

« Ultraviolet » de Nancy Huston: l’incroyable grandeur d’un minuscule roman

Nancy Huston est une auteure que je connais et que j’aime depuis longtemps. Ses nombreux livres, qu’ils soient de la fiction ou des essais, font partie de mes lectures des dernières années et sont un pan de ma bibliothèque personnelle. Ce n’est que dernièrement que j’ai découvert le minuscule roman Ultraviolet qu’elle a publié pour un public adolescent. Je suis tout de suite tombée sous le charme de cette plaquette qui, par l’intermédiaire d’un journal fictif, aborde avec délicatesse et justesse les remises en questions d’une jeune fille au seuil de sa nouvelle adolescence. À la suite de ma lecture, j’affirme sans aucun doute que ce petit roman est en fait un « grand » roman, parce qu’il est fait d’un tissage très réfléchi et méticuleux de thèmes, de personnages et d’une narration qui en font une oeuvre d’une étonnante force – qui est aussi ô combien passionnante. C’est avec plaisir que je vous la fais découvrir dans cet article. Un journal pour pouvoir « dire » Le roman Ultraviolet prend place quelque part en Alberta pendant l’été …

Le fil rouge, le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, bibliothérapie, #bibliothérapie, Les livres qui font du bien, Lecture, Jennifer Tremblay, Théâtre, Festival International de Littérature, FIL, Littérature québécoise, La liste, évènement, soirée littéraire.

Une lecture envoutante de La liste de Jennifer Tremblay au FIL

C’est à la petite salle Claude-Léveillée de la Place des Arts que je me suis retrouvée, pendant le Festival international de littérature, pour la lecture de la pièce La liste de Jennifer Tremblay. Le titre m’était familier pour l’avoir entendu ici et là – l’oeuvre, publiée en 2008, a en effet reçu plusieurs prix et s’est distinguée dès sa sortie -, mais sans plus, et c’est donc principalement la curiosité qui m’a poussé à m’y rendre. Je n’avais aussi jamais assisté à des lectures publiques d’œuvres comme je m’apprêtais à le faire. Je m’installe discrètement dans la salle. Les gens qui m’entourent, je le remarque rapidement, sont pour la plupart des proches de l’autrice. Il y a ses amies et amis, des collègues, le traducteur et la traductrice de son oeuvre en anglais et en espagnol, sa famille, ses fils, son éditeur, des critiques, d’autres auteurs et autrices, etc. Je me sens au sein d’une grande famille dans laquelle tout le monde se connaît. L’atmosphère est chaleureuse et la salle, intime, s’y prête parfaitement. L’oeuvre …

Bandes dessinées, BD, romans, lecture, réflexion littéraire, le fil rouge réfléchit, le fil rouge lit, paralittérature, la vraie lecture?, le fil rouge,

La lecture de bandes dessinées est-elle moins valorisante que la lecture de romans?

Depuis quelque temps, j’entends un commentaire récurrent qui me titille les oreilles. Il prend la forme suivante : « Je ne lis que des bandes dessinées ces temps-ci, mais ça ne compte pas pour de la lecture. » Ce à quoi je rétorque : « Ah oui? Pourtant, la lecture c’est de la lecture, non? » Je ne comprends pas cette tendance à considérer la lecture de bandes dessinées comme moins valorisante, moins pertinente. Ce genre de propos me donne l’impression que les seules lectures qui valent la peine d’être mentionnées comme telles sont celles issues des grands classiques. Bref, j’entends : « Tu ne lis pas si tu ne lis pas du Proust, du Flaubert ou du Zola. » Évidemment, vous l’avez peut-être déjà compris, je suis totalement en désaccord avec cette façon de penser et je tiens à vous prouver en quoi la lecture de bandes dessinées compte à mes yeux comme de la lecture à part entière. Valoriser la diversité Je ne le dirai jamais assez, s’ouvrir à la diversité est le moyen le plus sûr pour devenir …

écriture, Haiku, Jean-Hugues Malineau, Le fil rouge, lefilrouge, Mayuzumi Madoka, Minami Shinbô, Philippe Costa, poésie, processus créateur, réflexion

Mon défis d’écriture : Un haïku par jour pendant un an

À la fin de l’année 2015, j’ai souhaité me fixer un objectif d’écriture pour l’année suivante. Je ne savais pas encore comment, mais je sentais en moi un besoin urgent de réaliser quelque chose, de créer. Avec trois enfants à la maison, je ne dispose que de brefs moments pour moi, souvent sollicitée, souvent interrompue. Je trouve du temps, mais il est souvent morcelé, comme des petits bouts de papiers que j’ai bien du mal à mettre bout à bout parfois. Je perds souvent le fil de mes pensées… De ce constat est apparue l’idée du haïku. Ces petits instants de vie pris sur le vif, tels des clichés photographiques de nos émotions. Et si je faisais de mes petits bouts de papier une page entière, voire un carnet tout entier? J’avais mon fil (rouge): un haïku par jour pendant 365 jours! De la rigueur et de la constance Le principe était simple. Tous les soirs, avant de me coucher, j’écrirai sur une page de mon carnet un haïku résumant ma journée, ou du moins …

le fil rouge, le fi rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt, Gallimard, littérature étrangère, Colombie, forêt amazonienne, captivité, farc

Six années de captivité racontées

Lorsqu’Ingrid Betancourt a été capturée en 2002, j’étais beaucoup trop jeune pour même me rendre compte que quelque chose de grave venait de se dérouler. Même quand elle a été libérée, en 2008, je ne comprenais pas vraiment les événements. Par contre, du haut de mes neuf ans, je réalisais tout de même que cette femme avait vécu beaucoup de choses et qu’elle avait toute une histoire. Ce n’est que dix ans plus tard que je me suis décidée à comprendre les événements, donc j’ai lu Même le silence a une fin. Le monde des FARC D’abord, cette autobiographie relatant les six ans de captivité de la politicienne franco-colombienne dans la forêt amazonienne explique le climat politique du début des années 2000. À l’époque, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont en conflit avec les autorités en place et kidnappent plusieurs personnalités politiques pour faire pression sur le gouvernement colombien, afin d’obtenir la libération de soldats de leur organisation. La narratrice – donc Ingrid Betancourt – raconte les jours et même les heures qui …

Lefilrouge, Lefilrougeécrit, Donjons et Dragons, Jeu de rôle, écriture, personnages, imagination, créativité, scénario, joueur, histoire

Jouer comme des enfants

J’ai toujours été une raconteuse d’histoires. Lorsque j’étais enfant, j’occupais le plus clair de mon temps à imaginer des mondes et les personnages extraordinaires les peuplant. Je me souviens même avoir utilisé les jeux vidéo pour en détourner l’objectif initial dans l’unique but de réinventer une vie au protagoniste principal. Avec moi, Link vivait de toutes nouvelles aventures sur son île dans Wind Waker. Le plus intéressant dans tout cela, c’est que j’avais déjà un public à l’époque, incarné par mon petit frère. Aujourd’hui, presque vingt ans plus tard, je me prête encore à ce petit jeu à travers les jeux de rôle.   Comment on écrit une partie de Donjons et Dragons? En fait, c’est assez simple. J’écris une histoire comme j’écrirais un roman. Il y a de courtes descriptions amalgamées à des dialogues. Bien entendu, je dois laisser des trous dans le scénario puisque je ne peux pas prévoir les réponses de mes joueurs. Par conséquent, il m’arrive très souvent de devoir improviser, et ce, même si le texte est écrit depuis plusieurs …

le fil rouge`le fil rouge lit; héliothérapie; Deni Y. Béchard; Alto; Remèdes pour la faim

Club de lecture de la Ville de Québec : Remèdes pour la faim

Depuis l’automne dernier, j’ai la chance d’animer les séances du club de lecture du Fil rouge dans la ville de Québec. Pour notre dernière rencontre de la session d’hiver, notre choix s’est arrêté sur Remèdes pour la faim, un récit autobiographique écrit par Deni Y. Béchard.  Avant chaque rencontre, je suis toujours un peu fébrile de connaître l’appréciation du livre choisi par les participantes bien que je dois dire que les échanges sont toujours captivants, et ce, même quand la lecture du mois ne fait pas l’unanimité. Dans le cas de Remèdes pour la faim, j’étais encore plus préoccupée de l’appréciation du livre, car il s’agit d’une brique de presque 600 pages sans grands rebondissements et la dernière chose que je souhaite est que la lecture devienne une corvée pour les participantes. C’est donc avec ce petit stress en tête que je me suis rendue au lieu de la dernière rencontre. Or, ce stress a vite disparu, car tout le monde a réussi à terminer le livre avant la rencontre et la plupart des participantes ont beaucoup aimé leur lecture. …

l'étrange odeur du safran milan bain quai numéro 5 xyz littérature québécoise roman québécois le fil rouge lit

L’étrange odeur du safran; les mille-et-un détours

Une couverture presqu’entièrement noire, un bouquet de safran qui sèche sur celle-ci et un titre qui intrigue, L’étrange odeur du safran, de Miléna Babin, est sans aucun doute un ouvrage qui capte le regard lorsqu’on l’aperçoit en librairie. Il en va de même lors de sa lecture, alors qu’on se retrouve plongé au cœur d’une histoire qui bifurque, qui tournoie, qui nous amène à rencontrer, à survoler les personnages qui feront vivre le récit. Car les personnages et les histoires sont légions dans l’ouvrage de Babin. Désirant s’enfuir de son oncle et de son frère, Nil, une jeune femme à la moralité douteuse débarque au Bic au volant d’une camionnette miteuse et avec pour compagnon, un renard du nom de Lavande. Elle vient rapidement troubler la vie d’un restaurateur séropositif avec ses façons originales de gérer les choses, mais aussi puisque les membres de sa famille qu’elle tentait de fuir sont maintenant à ses trousses. Jacob, le restaurateur, lui, ne souhaite qu’une chose: voler la totalité de la culture de safran, l’épice la plus couteuse …

BAnQ, Grande Bibliothèque, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Livres, Littérature, Culture, Montréal, LeFilRouge, LeFilRougelit

Renouer avec la bibliothèque

Il y a maintenant près de sept ans que j’habite l’île de Montréal. La principale raison de mon déménagement était de poursuivre mes études à l’université. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point les dernières années ont été particulièrement occupées. D’ailleurs, je vous ai déjà partagé les difficultés que j’éprouvais à lire pour mon divertissement depuis mon entrée aux cycles supérieurs. Dès lors, mes visites à la bibliothèque étaient entièrement consacrées à la recherche d’ouvrages théoriques pour l’avancement de ma rédaction de mémoire. Or, maintenant que le dépôt du monstre a été effectué, j’ai pu recommencer à m’adonner pleinement à la lecture de divertissement. Pour ce faire, je me suis inscrite à la Grande Bibliothèque de Montréal. L’esthétique architecturale J’ai toujours trouvé le bâtiment abritant les milliers de livres d’une grande beauté architecturale. Il dégage toute une prestance avec ses nombreux étages et ses multiples fenêtres. Bien que j’aie davantage l’habitude d’apprécier les architectures anciennes, je trouve que la modernité visuelle de la Grande Bibliothèque colle bien au décor du centre-ville de …