All posts tagged: littérature

Autour des livres : Rencontre avec Alexandra, collaboratrice chez Le fil rouge

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Mon premier souvenir me ramène à Tintin. Avant même que je ne sache lire, je parcourais les vieilles bandes dessinées de mon grand frère et j’inventais des dialogues entre les personnages. Plus tard, mon premier coup de cœur a été Les Aventures du Petit Nicolas de Goscinny. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je lisais tout le temps donc je n’avais pas un rituel en soi. Je n’aimais pas regarder la télé. La lecture était mon refuge. J’avais l’impression d’apprendre plus qu’à l’école. J’avais soif constamment de lecture. Je lisais tout ce que je trouvais même des romans destinés plutôt aux adultes, appartenant à mes parents (j’ai connu quelques chocs un peu trop jeune!). Les livres n’étaient jamais assez volumineux pour moi. Beaucoup de livres ont laissé leur empreinte en moi, en me faisant comprendre une réalité autre que la mienne. Mais je pense que le roman que j’ai le plus adoré …

Les prix littéraires qui réchauffent la gorge

Il n’aura fallu que cinq minutes avant que mon problème d’acheteuse compulsive et ma passion pour la littérature jeunesse ne s’allient lorsque j’ai aperçu que les plus récents nominés au prix littéraire des libraires jeunesse venaient de paraitre. Un gros cinq minutes pour que je me mette à fantasmer sur les deux romans que l’on annonçait dans la catégorie 12-17 ans. Cinq minutes avant que je passe une commande en ligne et que je me retrouve plus pauvre, oui, mais avec l’assurance que du grand allait me parvenir par la poste dans le bientôt. Les lauréats de cette année se séparent en deux catégories bien distinctes.  Une oeuvre d’Amélie Dumoulin, FémFé, a été choisie pour représenter la catégorie québécoise, tandis que, du côté des écrits internationaux, on retrouve Le soleil est pour toi, de Jandy Nelson. Deux romans très différents qui parlent d’adolescence, de découvertes et de grandes tristesses. Deux romans qui ont su me toucher à leur manière respective. FémFé, c’est l’histoire d’une rencontre qui embellit l’existence, d’un amour puissant, mais également empli de …

« Subway book review » : voir les lecteurs un métro à la fois

Il y a quelque temps, une bonne amie à moi du cégep, Charlotte, a partagé sur la page Facebook du Fil rouge un lien, Subway book review et je pense que ça vaut la peine que je le partage avec vous aussi. Généreuse de même! Les phénomènes tels que Humans of New York, ou plus près de nous Portraits de Montréal, parcourent les grandes villes du monde pour permettre aux gens de découvrir des facettes rarement démontrées dans les médias. Avec ces projets, plusieurs préjugés sont anéantis, les marginaux ont enfin une voix, mais surtout, ce sont des plateformes profondément et merveilleusement humaines. Ça fait plaisir de scroller Facebook et de lire un petit témoignage souvent tragique, d’autres fois touchant ou bien drôle et de se souvenir que l’être humain est beau, fort et si émouvant. Les grandes villes surpeuplées apportent un individualisme criant. On marche les uns aux cotés des autres sans jamais se soucier des émotions, du passé, voire même des besoins des autres et je trouve que cette façon d’aborder un étranger …

Une ville en feu

« Dans une maison aux vitres condamnées, dépouillée de tout espèce de confort, il est facile de retourner sa colère contre l’extérieur, d’attaquer cette ville au cœur de laquelle il se trouve, avec sa saleté, sa pollution, son oppression, seulement New York est bien la seule chose qui ne l’a jamais laissé tomber. » New York. La métropole qui fait rêver le monde entier. Le multiculturalisme. La créativité. L’effervescence. L’urbanité à son excellence. J’ai une fascination pour la vie urbaine et l’histoire des grandes villes. Pour moi, une métropole reste un être en soi et un personnage clef des romans. Alors, quand j’ai vu dans la librairie un tout nouveau livre appelé City on Fire, New York 1977 : le roman d’une ville en feu, je n’ai pas hésité à l’acheter, malgré le prix, malgré la taille du roman qui rendrait complexe les déplacements en métro (965 pages!) et malgré le peu que je connaissais de l’histoire. Un livre mettant ma thématique chérie en avant devait forcément être bon. Et puis, lire un bouquin aussi gros m’enthousiasmait …

Lèche-Vitrines et la douceur de nos dix-huit ans

Beaucoup connaissent Sarah-Maude Beauchesne pour son blogue Les fourchettes. Son écriture franche et sensible m’a toujours beaucoup plu. Voilà que l’an dernier, elle faisait paraitre son premier roman jeunesse Cœur de slush. On y retrouvait les aventures d’une jeune fille qui vit les premiers émois de la fin de son adolescence. En février, c’est le tome 2, Lèche-vitrines, qui a paru. Et on l’attendait, la suite des aventures de Billie Lou. Après que Pierre ait touché son cœur pis le reste, on voulait savoir ce qui était arrivé à l’adolescente. Billie a dix-huit ans. Sa vie change, parce que la fin du secondaire est arrivée, que sa mère est revenue d’un grand voyage, mais surtout parce qu’elle a donné son cœur à quelqu’un qui l’a un peu magané. À dix-huit ans, après avoir fait l’amour pour la première fois, Billie se demande où elle s’en va. Elle se demande si le cœur peut vraiment suivre tous ces grands chambardements. Dans la grande ville qu’est Montréal, elle peut essayer d’oublier les grands yeux bleus de Pierre, elle …

Catherine Voyer-Léger, un corps nommé désir

Je n’avais pas encore refermé Désordre et désirs, la dernière publication papier de l’auteure, chroniqueuse et blogueuse Catherine Voyer-Léger aux éditions Hamac, que j’ai été prise de ce sentiment d’urgence que vous avez sans doute déjà éprouvé à la suite d’une lecture particulièrement brillante : recommander le livre à tour de bras. Pour la plume agile, les métaphores palpitantes, les idées nues, le ton juste, mais aussi pour la personne fascinante et accessible que j’ai su rencontrer entre les lignes, c’est ici, c’est dit, lisez le dernier Voyer-Léger! Reprenant la belle image que l’auteure emploie en ouverture, j’ai eu envie de relayer, de relancer les avions en papier, à savoir ces réflexions ouvertes qu’elle sème aux quatre vents, à qui voudra l’entendre.    Le texte provient de son blogue, cette tribune encore mystérieuse des temps modernes qui donne parfois l’impression de taper dans le vide sans obtenir de réponse, comme le remarque l’auteure. Si le format électronique peut sembler désincarné, pour elle, l’écriture est d’abord physique; elle s’ancre dans le corps, s’y développe, et chaque texte …

Kaléidoscope : la bonne nouvelle que l’on attendait

De nombreux livres sont lus chaque année par nos enfants. Les bibliothèques scolaires ou municipales ainsi que les librairies regorgent de bouquins qui attendent patiemment la venue d’un petit être à éclairer. Or, comment s’assurer que les livres qui tomberont entre les mains de notre progéniture sauront aborder avec respect les valeurs que l’on souhaite ardemment lui transmettre? Et si les livres qu’ils lisent contenaient trop de clichés, d’idées préconçues, de fausses croyances? Et si les livres que l’on transmettait à nos jeunes en étaient exempts? Et si on leur faisait voir des sociétés sans sexisme, sans stéréotype, sans ces construits sociaux qui viennent miner les jeunes esprits? Et si la littérature pouvait être ainsi? Si la littérature que l’on transmet pouvait être un vecteur de marque dans la construction d’un monde meilleur? Voilà que l’équipe du Centre filles du YMCA a mis sur pied une plateforme incroyable qui vise à faire connaitre à tous ces livres qui véhiculent des messages d’équité. Le but? « Favoriser la représentation non stéréotypée des filles et des garçons et participer …

Autour des livres : Rencontre avec Zviane, bédéiste

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Le premier livre qu’on a lu à l’école, c’était Le chat sale. J’étais vraiment, vraiment fière de savoir enfin lire!! 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je n’aimais pas vraiment lire. J’essayais de me forcer, parce que ça avait l’air cool, et parce qu’une de mes amies lisait de gros romans de 200 pages et ça m’impressionnait beaucoup. Mais quand je lisais de gros livres, j’avais juste hâte que ça finisse, je regardais toujours la pagination pour voir où j’étais rendue, c’était comme un petit défi. J’aimais surtout les livres de Disney, genre La soupe aux boutons, parce qu’il y avait beaucoup de dessins de bouffe et tout avait l’air super appétissant!… 3. As-tu une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire? J’écris vraiment beaucoup, et c’est souvent de l’écriture automatique, ça sort comme une diarrhée. J’ai commencé ça ado, en secondaire 4, et je n’ai …

Annie Ernaux, écrire vrai

« Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais » — Annie Ernaux Je ne me souviens pas du comment ni du pourquoi j’ai découvert Annie Ernaux. Suis-je tombée sur elle par hasard? Suite à un article lu ou à la suggestion d’un lecteur ou d’une lectrice? Tout ce que je sais, c’est qu’elle fait partie de ces auteurs qui nous apparaissent soudainement, et dont on ne peut plus se passer. Annie Ernaux, c’est l’écriture des lieux et des événements qui sont porteurs d’émotions et de souvenirs. On peut tous se reconnaître à travers ses écrits intimistes, témoignant de moments réels, précis. Accessible, sorte de journal intime ou d’agenda détaillé, elle nous imprègne de ces phrases marquantes autrement à peine perçues, sinon anodines dans notre propre quotidien. Il y a quelque chose d’extraordinaire à savoir aussi bien décrire les situations, une routine, des objets qui témoignent d’un temps, une odeur qui dénote une époque. Dans tous ces romans, l’auteure ne lésine sur aucun détail ; son avortement, la mort de ses parents, une passion secrète et …

Percé, paysage de l’imaginaire

André Breton, écrivain, poète, théoricien, amoureux, féministe, … s’est arrêté à Percé en 1944 et a débuté l’écriture d’Arcane 17. Voilà plusieurs jours déjà que je survole les courants littéraires et artistiques du dadaïsme et du surréalisme, propulsée de liens en liens par la curiosité et l’envie de revenir sur des passages de l’histoire effleurés pendant les études. Le point initial de cet intérêt soudain, Arcane 17, écrit par André Breton. Pourquoi Arcane 17 ? Il y a plusieurs mois déjà, lorsque je suis arrivée à Percé, je marchais sur la 132, entre la pharmacie et chez moi, et j’ai aperçu un petit monument sur la pelouse d’une maison jaune, où il était inscrit : «André Breton (1896-1966) En exil à New York au cours de la deuxième guerre mondiale, le célèbre écrivain français voyage sur les côtes de la Gaspésie à l’été 1944 et séjourne dans cette maison en compagnie d’Élisa. Il trouve en elle et dans la splendeur de Percé, la source d’inspiration de l’une des œuvres majeures de la littérature surréaliste : …