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L’odeur du gruau : le réconfort de l’amitié

Mon automne a été parsemé de courtes lectures, pour la plupart, des recueils de poésie, alors que j’étais pratiquement submergée par les lectures et les travaux universitaires. Avec la fin de la session est venue l’envie de me plonger dans un roman, d’accorder du temps à une histoire, à des personnages pour les apprivoiser, les connaître et m’y attacher. Cette envie s’est accompagnée de la découverte de la maison d’édition franco-ontarienne L’Interligne et d’un nouvel auteur, Alexis Rodrigue-Lafleur. C’est le nom de son premier roman, L’odeur du gruau, mais surtout la proposition qui m’a attirée vers ce livre : une bande d’amis dont l’amitié, croquée à trois époques de leur vie, nous est racontée. L’amitié : témoin fidèle du quotidien Des liens qui semblent solidement tissés se resserrent et se dénouent dans ce court livre d’à peine 250 pages. On y rencontre Judith, barista dans un petit café; Béatrice et Frédéric, ses collègues; Carl et Léa, ses colocs, ainsi que Paul, un charmant client, aussi coloc de Frédéric. Les chapitres du livre nous proposent de brèves incursions …

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À la rencontre du territoire, à la rencontre de l’autre

Dans mon imaginaire, je ne sais trop pourquoi, la toundra s’associe à l’hiver, à la neige qui tombe et s’accumule parfois avec langueur, parfois avec violence. C’est un espace vaste, dénudé, riche pour celui qui sait regarder. Elle m’inspire le respect et la majesté. L’idée d’y prendre un thé avec Joséphine Bacon, poétesse et réalisatrice innue, m’interpellait beaucoup. Un thé dans la toundra, Nipishapui nete mushuat a donc été ma porte d’entrée dans une œuvre puissante et bouleversante. Le recueil Un thé dans la toundra a été écrit à la fois en français et en innu-aimun (le montagnais), comme tous ces autres recueils. Il s’ouvre avec un court prologue racontant la première visite de l’autrice dans cette fameuse toundra québécoise. Ces quelques pages nous préparent à plonger dans l’immensité du territoire, dans la grandeur du recueil qui se veut l’éloge de la toundra, de l’horizon infini, du territoire des ancêtres, du retour aux origines. On y parle de la terre, du ciel, de la chasse, de l’exil et du cycle de la vie. Les poèmes …

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Chrysalides : la poésie viscérale du changement

Présenté le 25 octobre dernier, dans le cadre du festival Québec en toutes lettres, le spectacle Chrysalides de Queen KA et son band poétique m’a fait vivre une expérience unique tout à fait surprenante et bouleversante. Plus qu’une mise en lecture des textes de celle qu’on qualifie de reine du slam, Chrysalides est une performance poétique, musicale et théâtrale puissante qui dépasse les mots. Le spectacle C’est sur une scène dépouillée que Queen KA, de son vrai nom Elkahna Talbi, et ses deux musiciens, Blaise Borboën-Léonard et Stéphane Leclerc, prennent place pour livrer certains textes de l’autrice accompagnés tantôt d’une musique électronique, pesante et anxiogène, tantôt plus classique, légère avec ses cordes et son piano. On y parle d’identité, de quête, de nostalgie, d’amour, de quotidien, du poids de l’image et de la performance, de nationalisme, de fuite, d’origine, de couple; tant de thèmes liés de façon souvent évidente, parfois ténue, mais dont le fil conducteur tisse la trame de Chrysalides. L’amalgame des mots et de la musique, la voix riche de l’autrice, sa prestance …

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Un novembre moins gris avec Andrus Kivirähk

Novembre : la pluie, la grisaille, les arbres nus qui ont perdu toutes leurs couleurs, l’obscurité de plus en plus envahissante. Voilà l’ambiance de ce mois mal-aimé, dans laquelle nous plonge parfaitement le livre Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk. « Peu avant midi, le soleil se montra un instant. Cela faisait plusieurs semaines que l’on n’avait plus vu un tel prodige : depuis le début d’octobre, le temps était resté gris et pluvieux. L’astre du jour épia une dizaine de minutes entre les nuages, puis le vent se leva, reboucha le mince interstice qui s’était ouvert brièvement, et le soleil disparut. De la neige fondue se mit à tomber. » (p.9) Cet incipit n’est qu’un exemple de ces passages décrivant le climat morose de novembre. Le livre contient 30 chapitres comme les 30 jours du mois. Ainsi chaque chapitre décrit une journée de novembre du matin au soir, en commençant par une description de la météo. Mais malgré la neige fondante, le vent humide et la « bouillie liquide » (slush) qui nous ramènent facilement à notre quotidien …

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Certains aiment les monstres. Moi, ce que j’aime, c’est les découvertes!

Sortir de ma zone de confort littéraire est la ligne directrice que je me suis donnée pour guider le choix des lectures que je partage ici sur Le fil rouge, et je suis rarement déçue des découvertes qui en résultent. Ma plus récente, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres ou My Favorite Thing Is Monster dans sa version originale, a justement été toute une découverte! Je n’ai pas l’habitude des romans graphiques et je n’avais aucune idée dans quoi je me lançais. Les critiques étaient dithyrambiques et le livre a été qualifié de chef-d’œuvre dès sa sortie en 2017. C’était en soi très intrigant, mais ce qui m’a réellement poussée à le lire, c’est l’histoire peu commune de l’autrice Emil Ferris. Réapprendre à dessiner Illustratrice de métier, Emil Ferris s’est retrouvée, après une piqûre de moustique, dans un lit d’hôpital, partiellement paralysée. La forme la plus grave du virus du Nil menaçait de la priver de sa mobilité et de sa motricité. Les médecins redoutaient qu’elle ne puisse marcher et encore moins dessiner de …

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Le rosier de la Pointe : le destin des roses de Pointe St-Charles

Il y a de ces livres qui éveillent des émotions fortes même si l’intrigue n’a rien de particulier en apparence. Justement, ce n’est souvent qu’une façade, une clôture qu’il faut franchir afin de découvrir un univers des plus riches qui suscite une curiosité sans bornes. C’est le cas du roman d’Alice Zorn, Le rosier de la Pointe, traduit en français cet automne. Le titre original, Five Roses, rappelle, à juste titre, l’enseigne géante « Farine Five Roses » qu’on peut apercevoir de loin dans le sud-ouest de Montréal. Cette affiche illuminée bien connue a une importance capitale dans le déroulement des évènements de l’histoire et relie le destin de trois femmes. Le genre de récit qui me parle vraiment, mais vraiment beaucoup. Trois femmes liées les unes aux autres Le rosier de la Pointe raconte trois histoires : celle de Fara, de Rose et de Maddy. Ces femmes habitent toutes les trois Montréal et, au départ, ne se connaissent pas. Mais au fil de l’histoire, différentes situations vont les amener à se rencontrer et à tisser des liens …

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Chroniques d’un cœur vintage: quand la sensibilité se raconte

L’automne est définitivement ma saison préférée, en grande partie grâce à la richesse et à l’effervescence du milieu littéraire et culturel. L’offre est d’une telle abondance; je voudrais tout lire et tout voir! Manque de temps oblige, il faut cependant faire des choix et des compromis qui sont souvent déchirants. Or, cette année, il y avait un spectacle que je ne voulais absolument pas manquer : Chroniques d’un cœur vintage d’Émilie Bibeau, dont j’ai découvert les talents d’autrice au fil de ses présences à l’émission Plus on est de fous, plus on lit. Premier spectacle solo Seule sur scène, Émilie nous donne accès à ses réflexions sur l’amour, l’amitié, la solitude, la curiosité et la sensibilité. Une sensibilité pour ressentir le monde, la capacité d’être émerveillée, enthousiasmée, émotionnée, bref, avoir la sensibilité d’un cœur vintage. Le spectacle est simple; une mise en lecture de textes d’autofiction entrecoupée de monologues où les mots de l’autrice résonnent aux côtés des mots de Dany Laferrière, Colette, Simone de Beauvoir, Cioran et Julian Barnes. Des auteurs qui accompagnent quotidiennement Émilie, …

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Créatures du hasard: donner la parole aux femmes

Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis captivée par l’Amérique latine depuis des lustres. Ce n’est donc pas surprenant que Lula Carballo, autrice québécoise d’origine uruguayenne, ait piqué ma curiosité lorsque j’ai entendu parler de son premier roman, une oeuvre dédiée à sa grand-mère, où l’autrice retrace le quotidien de son enfance en Uruguay. Ce roman écrit en fragments m’a beaucoup plu. Si les origines de l’autrice nous incitent à croire que l’histoire se déroule en Uruguay, le récit est tellement universel par son authenticité que l’intrigue pourrait tout aussi bien se dérouler au Québec. Les morceaux de l’enfance de Lula se succèdent au fil des cent-cinquante pages du roman, et forment un casse-tête volontairement incomplet, où le.la lecteur.trice doit combler les trous par lui.elle-même. Le non-dit est aussi important ici que l’énoncé. L’histoire d’une famille contaminée par la dépendance au jeu Lula grandit au cœur d’une famille et d’un quartier très pauvres. Les habitants de sa rue brûlent leurs déchets à l’avant de leurs maisons et les coups de feu retentissent …

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Une ficelle qui relie tous les livres

L’autre jour, je lisais Captive de Margaret Atwood et j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de citations d’auteurs en début de chapitres. Celles qui ont davantage attiré mon attention étaient d’Emily Dickinson. Pourquoi? Parce qu’une de mes récentes lectures portait sur sa vie, Les villes de papier de Dominique Fortier (vous pouvez d’ailleurs lire ici mon article au sujet de cette œuvre remarquable). Je me disais : quelle coïncidence! Captive était dans ma bibliothèque depuis plus de six mois mais j’ai choisi par hasard de le lire tout juste après avoir lu un livre sur la poète. La révélation Je me suis rappelé une phrase frappante que m’a déjà dite une amie : tous les livres sont liés entre eux. À cette époque, je lisais très peu et je ne savais jamais quoi choisir comme lecture. Cette amie m’avait répondu qu’elle en avait trop à lire et que chaque livre la menait vers un autre… J’étais restée figée sur place, me demandant si c’était vrai. Puis, j’ai commencé à lire un roman qu’elle m’avait recommandé qui, par …

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Filles missiles; plonger dans ce vide qui n’est pas le mien

D’un point de vue «lecture», mon été a passé comme un véritable coup de vent et j’avais envie, avant la rentrée littéraire et la découverte d’une foule de nouveaux titres, de m’arrêter sur le numéro estival du zine Filles missiles ayant pour thème Gérer le vide. Un thème vaste qui m’a finalement proposé une plongée dans le vide comme un sentiment nourri par le manque, le mal-être, la perte de sens, la dépression et l’anxiété. Une perspective qui s’annonçait pesante et étouffante comme la canicule qui a accompagné ma lecture. Filles missiles, le blogue, le zine et l’univers Créé en 2015 par Marie Darsigny, Sara Hébert et Daphné B., Filles missiles est une plateforme web et papier de diffusion et de promotion d’artistes féminines québécoises en littérature et en arts visuels. Le contenu est féministe, fort, engagé et très contemporain.  Je dois avouer que je connais Filles Missiles depuis peu, mais que je ne suis pas la première collaboratrice a m’y être intéressée; le second magazine papier des Filles Missiles : #pouvoir magique résume bien sa ligne …