Year: 2015

Derrière le poisson rouge (partie 2)

Dernièrement, j’ai eu la chance de m’entretenir avec la pétillante Mélissa Verreault, auteure du livre «L’angoisse du poisson rouge», duquel j’ai rédigé une courte critique le mois dernier. Suite à notre rencontre, je peux vous dire une chose: Mélissa a un parcours impressionnant. Mélissa Verreault est née à Montréal, mais a résidé sur la Rive-Sud de Québec tout au long de son enfance. À l’âge de 19 ans, elle est partie étudier à Montréal, où elle a complété sa maîtrise en Création littéraire. Elle s’est ensuite éloignée de ses racines en allant vivre en Italie pendant quelques mois avec son mari, durant lesquels elle a tenu le blogue «Chroniques italiennes», maintenant appelé «Chroniques lévisiennes» depuis qu’elle est revenue habiter là où elle a grandi: à Lévis. L’auteure dit être passionnée par l’écriture depuis longtemps et admet avoir toujours été davantage attirée par le papier et le crayon que par la lecture. Déjà à sept ans, elle écrivait des petits recueils de poèmes pour le plaisir. Ses expériences dans le monde littéraire se sont ensuite multipliées au fil …

Champagne et autres saouleries d’Amélie Nothomb

Amélie Nothomb, auteure belge soi-disant née au Japon vers la fin des années soixante, est un sujet avide de folies bien particulières. Véritable boulimique d’écriture, cette « graphomane » publie un roman par année, sans compter les innombrables qu’elle garde au «réfrigérateur». Connue pour sa passion pour les fruits pourris après une révélation publique, elle voue également un culte au champagne. Après avoir dévoré l’entièreté de son œuvre, je peux confirmer que ce pétillant et dispendieux alcool se glisse véritablement un peu partout à travers son univers littéraire, qui est tout sauf sobre. L’ivresse est ancrée chez Nothomb. Dans sa Biographie de la faim, qui reconstitue la relation tortueuse que l’auteure entretient avec la faim depuis son plus jeune âge, elle raconte son alcoolisme précoce lorsqu’elle séjourne à New York durant sa préadolescence, siphonnant avec sa sœur Juliette les fonds de verre des invités lors des réceptions de ses parents dans cette capitale de la démesure : «Il fallait donc se saouler le plus possible. Où que notre père soit posté par la suite, ce serait forcément …

La fiction et les amitiés éternelles

C’était un après-midi de congé comme un autre. Je devais avoir 14 ou 15 ans et j’étais occupée à je ne sais trop quoi, lorsque le téléphone avait sonné. Au bout du fil, l’une de mes meilleures amies, en pleurs, peinait à prononcer le moindre mot. Inquiète, je l’avais encouragée à me parler, à prendre de grandes inspirations… et elle avait fini par bredouiller quelque chose qui ressemblait à : «Ils sont morts! » Là, je ne vous dis pas à quel point mon estomac avait été chaviré, l’angoisse se répandant d’un seul coup à travers mon corps. Ils étaient morts? Qui? Ses parents? Nos amis? QUI? Je lui avais répété ce seul mot en guise de question, frénétiquement, tendue dans l’attente d’une réponse. Après quelques sanglots bruyants, elle avait gémi : «Nick pis Anne!» L’information s’était frayée un chemin dans ma tête… mais il ne s’était rien passé. Rien. Nick? Anne? C’est qui, ça? Perplexe, soudainement plus confuse qu’angoissée, je lui avais posé la question. Encore un moment de silence entrecoupé de sanglots. Puis, …

Une petite graine de liberté ici et là

«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant.» Simone de Beauvoir Il s’agit ici d’une brève réflexion sur mon passé (mes années scolaires) qui me permet de comprendre mieux le présent et ce qui s’en vient, en tant que personne individuelle appartenant à un tout sociétal et terrestre. Je porte plusieurs masques, celui d’une femme, celui d’une artiste et celui d’une humaine sensible, curieuse et empathique. Je crois que pour ces simples et grandes raisons, j’ai mon mot à dire et à partager en ce qui concerne certains grands sujets qui me tiennent à cœur. Ici, j’ai le goût de vous parler du droit à l’éducation, entre autres. *L’éducation, ça ne concerne pas seulement les femmes, ça vous concerne tous, alors vous devez tous rester vigilants. * Mes parents m’ont répété, à plusieurs reprises, qu’obtenir un diplôme devait être une priorité dans ma vie. Mon père n’en avait pas et …

Le phénomène des tiny houses

Depuis quelques mois, j’ai découvert le phénomène des tiny houses et j’ai été curieuse d’en apprendre davantage. Dans une ère où les maisons sont excessivement plus grosses qu’il y a cinquante ans et ce, pour aucune raison, je me questionne chaque fois que je passe devant ces « cabanes » comme on les appelle, combien de gens peuvent habiter dans tant de pièces? Les familles étant souvent de 4, voire 5 personnes, j’arrive difficilement à comprendre la possession d’une maison à 15 pièces. Ces questionnements me mènent encore à des éléments de réponse tels que surconsommation, paraître et possession. On le sait, les possessions matérielles nous ont souvent vendu le rêve d’un bonheur ultime, mais j’en reviens à me demander pourquoi posséder tant de choses et tant d’espaces ? C’est un peu pour toutes ces raisons que je m’intéresse à ce phénomène ainsi que pour des raisons minimalistes, économiques et aussi de design. Derrière une optique de contrer le rêve américain beaucoup trop axé sur un monde de (sur)consommation, le mouvement des Tiny houses (ou des micromaisons en français) gagne de …

« Ce qu’il reste de moi » de Monique Proulx : Nouvelle lecture de mai du défi littéraire

Et voilà, vous avez voté pour la lecture du mois de mai, il s’agira de « Ce qu’il reste de moi » de Monique Proulx, publié aux Éditions Boréal fin avril. Les deux autres choix étaient Gabriel est parti de Julien Roy et Jeanne chez les autres de Marie Larocque. Pour savoir ce que nous avons pensé de la lecture d’avril, cliquez ici. Écrivez-nous dans les commentaires ce que vous en avez pensé! Voici une description de l’oeuvre Qu’ont en commun l’hassid de la rue Durocher se pressant vers la synagogue, l’artiste qui donne une performance dans son atelier du quartier des spectacles et la foule au centre Bell galvanisée par un but des Canadiens ? Ils ont Montréal. Ils ont la ferveur, l’appel au dépassement, la quête de transcendance enfouie dans le sol montréalais. Selon Monique Proulx, un gisement mystique se cache sous les pieds des Montréalais, les contaminant et les embrasant, et c’est là leur plus grande richesse – bien davantage que le gaz de schiste. Vingt ans après son recueil de nouvelles …

L’esprit minimaliste

Si vous suivez un peu le blogue, vous savez probablement que j’ai commencé à m’intéresser plus sérieusement au mode de vie minimaliste. Si vous tombez sur cet article par un heureux (je l’espère) hasard, voici les articles précédents que j’ai écris à ce sujet. 28 jours de minimalisme Bilan d’une première semaine  Bilan d’une seconde semaine  Défi minimalisme, bilan d’un mois inachevé  Malgré ce défi, j’en suis majoritairement encore à la phase informative, soit réunir le plus d’informations possible sur le sujet et les mille et une façons de pratiquer le minimalisme. Parfois, je me dis que c’est un peu ridicule, que je devrais juste me « lancer » et que j’étire le temps en faisant lectures après lectures au lieu de poser des actions plus concrètes face à ce changement. Par contre, «être minimaliste», réduire ses possessions, vivre mieux avec moins, c’est aussi tout un processus qui se passe dans la tête. Au début, naïvement, je me suis dit que j’allais réduire mes collections de livres (et oui!), de maquillage, de linge et que, tout à coup, …

«Blues nègre dans une chambre rose» de Jennifer Tremblay vu par l’équipe du fil rouge

Ce que j’en ai pensé : La lecture du mois d’avril Blues nègre dans une chambre rose de Jennifer Tremblay est sans doute la plus tendre depuis le début du défi du défi littéraire. Loin des clichés des histoires d’amour traditionnelles, nous avons affaire à une passion dévorante, celle de Fanny et de Bobo. J’ai été agréablement charmée par le récit, mais surtout par la plume de Jennifer Tremblay. Elle a su, avec douceur et délicatesse, nommer les émois vécus par Fanny. Les émotions ressenties par cette amoureuse étaient parfaitement justes et senties. Bobo étant un musicien très connu et demandé qui fait le tour du monde et surtout, un homme marié, Fanny n’a droit qu’à des parcelles de cet amour et c’est cela qui devient rapidement un problème. Elle s’accroche à un idéal impossible et se fait du mal en tentant de retrouver cette passion avec Bobo dans les bras d’autres que lui. Or, c’est réellement une passion, comme peu connaîtront, qui envahit le personnage de Fanny. Il faut comprendre sa dépendance, son obsession pour …

La Princesse des glaces

«La Princesse des glaces» se trouve à être l’un de ces nombreux polars suédois. Ma première expérience fut avec la trilogie «Millenium» de Stieg Larsson. Une lecture que j’avais beaucoup appréciée pour ses personnages. J’étais curieuse de retrouver l’univers des romans policier suédois, surtout que ce n’est pas mon genre de lecture préféré. Erica Falck, trente-cinq ans, auteure de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’œuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. À la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets⌈…⌋ Babelio Comment vous décrire ma …