Month: mars 2018

Ce que Alexandra en a pensé : Pour ma petite personne, l’année 2018 a débuté un peu dans un état général de panique extrême. Est-ce que j’avais fait les bons choix? Est-ce que je me dirigeais au bon endroit? J’angoissais – comme toujours – sur comment j’allais réussir à organiser tous les magnifiques projets que je me donnais et si j’étais prête d’affronter toutes ces peurs qui me réveillaient la nuit. J’avais peur. J’ai encore peur. Et il me fallait un livre pour m’aider. Un bouquin pour me remettre les pieds sur terre. Un bouquin qui me dirait « ça va bien aller, crois-moi ». J’ai eu entre les mains Le chemin du beau de Cheryl Strayed à la librairie où je travaille. Tout juste sorti des boîtes pour l’étiquettage, j’ai feuilleté ce livre entièrement composé de citations et de pensées de cette auteure à qui l’on doit Wild, roman autobiographique qui a assurément changé plus d’une vie. Ayant été transportée par le périple à travers les montagnes vertigineuses du Pacific Crest Trail de Strayed, ma curiosité était piquée, mais surtout j’avais ce grand besoin d’un livre inspirant écrit par une femme qui, comme moi, a eu peur et a foncé avec détermination dans la vie. J’ai su que Le chemin du beau était le livre qu’il me fallait. En fait, Strayed nous livre dans ce tout petit bouquin jaune moutarde, d’à peine une centaine de pages, ce genre de citations qu’on garde près de soi, dans un tiroir de notre tête, pour les moments difficiles lorsqu’on a besoin de se remonter l’estime, de se donner un peu de lumière et de continuer à croire en nous, en les autres et en tout le reste. Exactement ce que je cherchais. « Je ne saurai jamais, et vous non plus, à quoi aurait ressemblé la vie que nous n’avons pas choisie. Mais une chose est sûre, cette vie alternative aurait été tout aussi importante et tout aussi belle. C’est un bâteau fantôme à bord duquel nous n’avons pas embarqué. Tout ce que nous pouvons faire, c’est le saluer depuis la rive. » En guise d’introduction, Strayed mentionne qu’elle a toujours collectionné les citations : « drôles ou profondes, simples ou complexes, tristes ou émerveillées, exaltantes ou sévères : chaque fois que j’ai besoin de réconfort ou d’encouragement, d’un peu de recul ou d’un bon coup de pied au derrière (ce qui m’arrive souvent), c’est vers elles que je me tourne ». C’est pour cette raison qu’elle a décidé d’écrire ce livre, un « mini-guide à l’usage de nos âmes » qui nous tiendra compagnie lorsqu’on en aura besoin. Passant de propos féministes, afin que les femmes soient fières d’elles, à des propos plus généraux sur les relations, le respect de soi, la souffrance, les hésitations, les choix, le lâcher prise, la force d’aller de l’avant et l’importance de confronter notre zone de confort, on y trouve une panoplie de phrases-clés susceptibles de nous faire réfléchir pendant de longs moments. « Salut, la peur. Merci d’être là. Tu es la preuve que je fais le bon choix. » « Voyagez à pied. On rate tellement de choses quand on va trop vite. » « Partez parce que vous en avez envie. Parce que vouloir partir est une raison suffisante. » Tous les lecteurs de Wild se souviendront de ces passages où Cheryl Strayed se répétaient en boucle « je n’ai pas peur, je n’ai pas peur » comme un mantra qui allait l’aider à surmonter les moments où, seule dans la nature sauvage avec comme seul abris sa tente de nylon, l’inquiétude et l’anxiété menaçaient sa tête. C’est là toute la beauté des ces citations et de ces phrases qu’on joue en boucle pour transformer nos pensées négatives, se redresser et se mettre sur « le chemin du beau ». Malgré quelques passages qui m’ont paru un peu flous et maladroits, Strayed réussit à livrer un bouquin remplit d’espoir qui fait du bien aux gens un peu perdus, comme moi, et donne une grande bouffée de chaleur à travers ses mots. Je le recommande à ceux qui aiment les quétaineries et les livres de croissance personnelle et qui n’ont pas peur de l’assumer avec fierté. Et vous, quelles sont la ou les citation.s qui vous font du bien?

Le chemin du beau : des citations qui font du bien

Les citations font partie prenante de ma vie. Elles sont souvent l’élément déclencheur de certaines réflexions, elles remplissent mes tableaux Pinterest, me font jaunir les pages de mes livres à coups de marqueur et m’inspirent, au quotidien. Les mots des autres peuvent parfois résonner en nous de manière imprévisible, agir comme un baume ou une bombe et nous faire réaliser des choses que nous n’arrivons pas nous-mêmes à mettre en mots. C’est pour cette raison que j’ai été intriguée par le petit recueil de citations de Cheryl Strayed, l’auteure derrière le best-seller Wild. Quand j’ai vu qu’Alexandra l’avait aussi acheté, nous avons décidé d’en faire un article commun, partageant nos deux points de vue sur Le chemin du beau et tout le beau que celui-ci nous a insufflé. Ce que j’en ai pensé :  L’introduction que fait Cheryl Strayed de ses propres citations m’a beaucoup plu. Ça m’a accrochée et j’ai aimé qu’elle prenne quelques instants pour expliquer son processus. Comme moi, elle semble toujours être à la recherche de la citation qui conviendra à son état, …

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Rétrospective 2017 : analyser la représentativité de ses lectures personnelles

C’est connu, les débuts d’années sont propices aux remises en question et à l’évaluation de l’année qui vient de s’écouler. Que ce soit par la participation à un défi littéraire ou par l’adoption de résolutions axées sur les livres, les adeptes de la littérature en profitent pour planifier et rêver leurs lectures de la prochaine année.

Pour ma part, avant de mon plonger dans ma PAL de 2018, j’ai voulu me questionner sur mes soixante lectures de 2017, plus particulièrement sous l’angle de la représentativité des auteurs.trices lu.e.s et des genres littéraires explorés.

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La fille à histoires : s’inventer des mères de papiers

Irène Frain est une auteure bien prolifique que je ne connaissais que très peu, moi qui avais seulement lu Beauvoir in love. Elle publie presque un livre par année depuis 1979, ce qui est ma foi fort impressionnant. Sa page Wikipédia m’a aussi appris qu’on avait la même date de fête, mais je doute que ce soit vraiment nécessaire de vous le mentionner. 😉 J’ai eu la chance de découvrir cette auteure pour la deuxième fois, avec son tout nouveau roman, La fille à histoires, publié en 2017. Dans ce texte, elle aborde la relation qu’elle a eue avec sa mère, et plus précisément la place de l’écriture et de la lecture dans leur famille. Le prénom Ayant été prénommée le même nom que l’amante de son père, Irène a avec sa mère des rapports extrêmement conflictuels et difficiles. De plus, sa famille est très modeste et l’écriture est un sujet fort tabou. Elle est la troisième fille de ses parents. Au fil du temps, elle comprend qu’elle est arrivée après que sa mère ait …

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Six mois d’ermitage… dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson faisait partie de ma pile à lire depuis un bon moment. Les journées de froid glacial que nous avons connues me semblaient un moment propice pour entamer cette lecture et m’ont décidée à me plonger dans ce récit de voyage dans lequel l’auteur relate les six mois qu’il a passés dans une cabane (isba) isolée en Sibérie sur les rives du lac Baïkal. Quelle aventure! Le livre est écrit sous la forme d’un journal dans lequel l’auteur détaille pour chaque journée de quelle manière il a occupé son quotidien. Dans la mesure où aucune route ne mène à la cabane où il a élu domicile, que le village le plus proche se situe à cent vingt kilomètres de distance et que les plus proches voisins se trouvent à cinq heures de marche, Sylvain Tesson mène une vie assez sobre durant ces six mois. Malgré la sobriété de son rythme de vie, le récit s’avère captivant, car il dépeint une réalité aux antipodes de nos vies contemporaines. À l’heure …

Club de lecture : Moi, Tituba, sorcière…

Dimanche le 21 janvier, café Zoha.  Le café Zoha est un petit café bien chaleureux situé dans Centre-Sud, sur Ontario. Si vous voulez aller au Sfouf mais que vous vous butez à un café plein, dirigez-vous vers le Zoha, à deux pas de là. Nous avions le café à nous pour une bonne partie de la séance, nous en avons donc profité pour prendre place sur le bord de la fenêtre, sur les banquettes, question d’être bien installées pour discuter du magnifique livre qu’est Moi, Tituba, sorcière… de Maryse Condé. Alors, qu’en avez-vous pensé? À l’évidence, toutes les participantes ont apprécié leur lecture de Moi, Tituba, sorcière… Ce fut un bon moment de lecture, une histoire intéressante, intrigante qui nous porta à avoir une multitude de discussions sur le rôle des femmes, la liberté, le racisme, etc. L’une des participantes a d’abord mentionné comment elle avait eu l’impression de se faire raconter une histoire, quelque chose de presque chanté, de mélodieux. Par contre, malgré le talent d’écriture de Maryse Condé, malgré l’aspect musical, rythmé et doux de …

L’inéducation : manifeste pour une éducation renouvelée et populaire

Vous souvenez-vous de cette douce époque où nous allions à la petite école sans nous soucier du monde extérieur? On vous appelait affectueusement par votre prénom et on s’attardait sur votre cas s’il y avait la moindre difficulté. L’école débordait de ressources et si, par malheur, on avait oublié notre boîte à lunch pour manger ce midi, on nous en fournissait une. Il y avait des professeures dévouées, des éducatrices soucieuses et des spécialistes prévenantes. L’école est une institution fondamentale pour l’instruction et l’éducation, et pourtant. Aujourd’hui, il est pressant — ou urgent — de parler du futur de notre système d’éducation. Celui-ci se retrouve dans un étau qui se resserre dans la succession des gouvernements. L’éducation est en train de suffoquer pour diverses raisons : coupes budgétaires, précarité des enseignants, industrialisation de l’éducation. Pour ne nommer que ces causes, car elles sont nombreuses. Depuis cette vague d’austérité, nous avons vu des chaînes humaines pour protéger les écoles primaires. Comment en sommes-nous arrivés là? La professeure en philosophie Joëlle Tremblay démystifie toute cette confusion collective dans …

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À l’époque du choléra, Florentino était malade d’amour

J’ai découvert cet auteur alors que je cherchais désespérément un personnage notable ayant beaucoup apporté à la culture hispanophone, afin de faire une présentation orale pour mon cours d’espagnol. Le nom de Gabriel García Márquez revenait très souvent, mais je ne me souvenais pas avoir déjà entendu parler de lui. J’ai eu assez honte  de moi lorsque j’ai découvert qu’il était le récipiendaire d’un prix Nobel de littérature et que son livre Cent ans de solitude avait été placé parmi les cent meilleurs livres de tous les temps alors que son auteur était encore vivant. Impressionnant, vous dites? Un roman poétique J’ai préféré le roman L’amour aux temps du choléra à celui qui a fait la renommée de l’auteur à cause de la quatrième de couverture. Étant donné que je venais tout juste de terminer ma session au cégep, je voulais un livre qui se lirait facilement, un livre pour relaxer un peu. Bien que j’aie apprécié ma lecture, je ne peux pas dire que ce fut une lecture reposante. Ce n’est pas tellement l’histoire qui est …

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Vieillir donne le vertige

Les regrets. Plus on vieillit, plus on se demande si on a fait les bons choix. On regarde comment on a agi dans les dernières années. On scrute les diverses avenues qu’on aurait pu prendre. On juge le chemin qu’on a fini par emprunter. Il est toujours facile de se laisser emporter par les regrets et de se lamenter sans cesse en soupirant après le passé. Quand j’ai atteint la trentaine, il y a deux ans, je me suis posé beaucoup de questions. J’ai regretté certains choix. J’ai essayé en vain de m’imaginer une autre vie. Que se serait-il passé si j’avais continué ma maîtrise en littérature pour devenir prof? Et si je m’étais accrochée à mon premier petit copain et travaillé pour faire durer notre relation? Et si après mes études en communication, j’avais persévéré et décroché un job en événementiel mal payé au lieu de prendre un job de bureau plus routinier? Est-ce que je serais plus heureuse? Après des mois à me poser ces questions, je me suis enfoncée dans la tristesse …