All posts filed under: Réflexions littéraires

Le passage de 2016 vers 2017

Qu’ont en commun les bande-dessinées Louis parmi les spectres (Fanny Britt – Isabelle Arsenault) et S’enfuir (Guy Delisle), les essais Les superbes (Léan Clermont-Dion – Marie Hélène Poitras) et le Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), le roman Okanagan de Sara Lazzaroni et finalement l’ouvrage scientifique Une brève histoire du temps écrit par Stephen Hawking ? Ce sont les six livres qui m’ont aidé à faire le pont entre 2016 et 2017. Bien qu’il n’y ait de réel changement que dans un chiffre de l’année inscrite sur le calendrier, nous avons pris l’habitude de réfléchir les douze derniers mois juste avant d’entrer dans la prochaine année. Nous résumons nos vies sur plusieurs plans sous forme de bilan et nous dressons la liste de ce que nous aimerions accomplir et améliorer dans le futur proche. C’est en quelque sorte un droit, une possibilité de se recommencer, d’entamer une nouvelle étape sur de meilleures bases. Le passage vers une nouvelle année, c’est toujours un peu étrange, un sentiment qui mélange nostalgie, soulagement et euphorie. On soupire enfin, …

Quelques trucs pour lire un peu plus!

C’est difficile de trouver du temps. On agrippe les minutes qui s’envolent plus rapidement qu’une feuille d’automne au mois de novembre. Pour 2017, je me souhaite principalement une chose : arracher à mon horaire hyper trop chargé quelques minutes pour lire. Malgré le fait que je suis une étudiante en littérature, je dois m’avouer que hormis les lectures obligatoires, c’est rare que j’ouvre un livre par simple plaisir, parce que j’ai tellement de choses à faire durant ma journée. Or, y’a beaucoup d’occasions manquées aussi. Et c’est la faute à qui? À moi, juste à moi. À la place de dérouler mon fil d’actualité sur Facebook ad nauseam, je pourrais probablement en profiter pour tourner quelques pages… J’ai donc trouvé quelques petits trucs (sans réinventer la roue, qu’on se le dise) pour que vous, belles personnes, trouviez le temps de lire un petit peu plus. Métro, autobus, déplacements… Celui-là, il est classique, mais c’est le truc qui m’a fait renouer avec la lecture pour le plaisir. Avant, je passais mon temps en métro à écouter ma …

La nostalgie des séries

Lorsque j’avais le plaisir d’être une enfant, j’avais développé un intérêt grandissant pour la lecture de séries. J’adorais le sentiment de pouvoir débuter et terminer un livre sans que l’histoire, elle, ne soit arrivée à terme. Je ne voulais pas voir la fin. Ou du moins, je tenais à prendre mon temps. Vous savez, cette chose que vous avez en quantité phénoménale lorsque vous êtes jeunes. La jeune lectrice que j’étais suivait une règle bien rigoureuse, celle de ne jamais fermer un livre avant de l’avoir terminé. Même si je le détestais, je me devais de le finir. J’aurais dû rencontrer Pennac plus tôt dans mon existence, mais la vie en a voulu autrement. Je respectais la littérature à ce point que je ne voulais pas la froisser. Pas question que je laisse des orphelins derrière, des abandonnés, des délaissés, des oubliés. Bref, j’avais le cœur d’une enfant fragile et amoureuse d’un monde, le plus beau, celui des livres. À l’époque, j’avais passé à travers les divers tomes de Harry Potter, ceux d’Amos d’Aragon et …

375e de Montréal : Verdun, là où tout a commencé…

Dans le cadre du 375e de Montréal, notre collaboratrice Clara a eu la superbe idée de faire une série d’articles hommage à quelques quartiers de Montréal, vous pouvez lire l’article qui explique cette nouvelle série. Je me suis portée volontaire pour parler de Verdun, pourquoi? Parce que bien avant le #verdunluv, j’y étais attachée. J’ai passé les 17 premières années de ma vie sur la deuxième avenue, près de Wellington. Un coin qui était, au milieu des années 90, discutable. Avant les cafés troisième vague, la meilleure librairie (Librairie de Verdun!) et les restaurants innovateurs, Verdun c’était des locaux qui se louaient et se vidaient de saison en saison, c’était une période difficile, c’était la ville prise en exemple pour faire des blagues de pauvreté, c’est aussi la ville que j’ai déguisée en nommant à mes amis banlieusards que je rencontrais à mon camping : Montréal. Je ne suis pourtant plus gênée de dire que j’ai été élevée à Verdun. Je suis Même fière. Mes premiers souvenirs y sont, et aussi mon premier véritable amour, celui des …

Les résolutions littéraires des fileuses pour 2017

Maintenant qu’on connaît les coups de coeur des fileuses, on trouvait aussi intéressant de s’attarder à leurs résolutions littéraires pour l’année à venir. Avec la nouvelle année, il est toujours intéressant de faire le point et de se fixer des objectifs de lecture, non ? Les résolutions d’Ariane. «Terminer mon recueil de nouvelles & lire plus d’essais, surtout environnementaux.» La résolution de Stéphanie. «Me laisser davantage aller à écrire de la poésie.» La résolution de Fanie.  #spoileralert ! «Terminer d’écrire mon prochain roman…» Les résolutions d’Émilie. «Lire plus de romans québécois. M’inscrire à un atelier de création littéraire.» Les résolutions de Camille. «Écrire chaque jour ! Et prendre plus de temps pour moi.» La résolution de Karine. «Apprivoiser les livres audio.» Les résolutions de Martine : « Garder le cap sur mes lectures sur Goodread. Lire plus de livres sur l’entreprenariat. » La résolution d’Anne-Marie:  «Lire plus de femmes.» La résolution de Caroline: «Écrire plus pour mieux me comprendre dans mon cœur et dans ma tête! » Les résolutions de Laurence: «Lire plus d’essais et travailler …

Les coups de coeurs littéraires 2016 des fileuses

Pour terminer l’année littéraire en beauté, nous avons demandé aux fileuses quels avaient été leurs coups de coeur en 2016. Tout genre confondu, peu importe l’année de publication, voici les livres qui ont fait du bien aux fileuses en 2016. Les coups de coeur d’Ariane : Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard. Le Prix de la Chose de Joseph Elfassi. Hare Krishna de François Gilbert. Déjà la horde de chair se tait d’Ariane Audet. Hiroshimoi de Véronique Grenier. Les coups de coeur de Fanie : Le bleu des rives de Marie-Claude Lapalme. Je suis là de Christine Eddie. Villégiature d’Alice Michaud-Lapointe. Ronde de nuit de Laurie Bédard. Vous n’êtes probablement personne de Marie-Jeanne Bérard. Au péril de la mer de Dominique Fortier. Folie passagère de Vanessa Beaulieu. Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard. Prague de Maude Veilleux. Les coups de coeur d’Émilie: Station Eleven d’Emily St. John Mandel. Persepolis de Marjane Satrapi. Milk and Honey de Rupi Kaur. Le coup de coeur de Stéphanie: Phobies des moments seuls de Samuel Cantin. « Premièrement, je ne …

Trouver l’âme sœur: Dany Laferrière

C’est en 2009 que j’ai, sur le tard, découvert Dany Laferrière. J’étais au Salon du livre et en cherchant quoi me procurer, je me suis dit «Bah! Pourquoi pas?» en tombant sur son tout dernier roman, L’énigme du retour, qui connaissait à cette époque un succès énorme. Depuis ce temps, je n’ai pas été déçue, véritable coup de foudre littéraire, j’ai su. Je n’ai pas tout lu de Laferrière et je clame haut et fort qu’il est mon auteur préféré. Je prends simplement mon temps. Parce qu’il est comme le bon vin, avec les années, ses livres n’en sont que plus savoureux. Bien qu’il ait reçu de nombreux prix et décorations, ce n’est pas tant ses exploits littéraires qui impressionnent, mais simplement ses écrits qui, pour moi, surpassent bien des classiques. Lire Laferrière, c’est l’odeur du café, le goût d’une mangue fraîche, les rayons du soleil sur la peau l’été, le droit à l’imaginaire, Montréal, Haïti, sous un tout autre angle. Laferrière c’est la permission d’être libre, d’être soi, sans compromis. C’est lire, puis avoir envie …

Champagne, volubilité et authenticité : rencontre littéraire avec Amélie Nothomb

J’ai eu la très grande chance, grâce à mon poste de stagiaire à l’Office franco-québécois pour la jeunesse, d’assister à une rencontre littéraire avec Amélie Nothomb animée par Antoine Boussin à l’Alliance française de Paris le 15 novembre dernier. Je connaissais évidemment Amélie Nothomb et avais lu quelques-uns de ses plus grands romans, mais je n’étais pas une fan. Avant la fin de l’heure d’entrevue, je le suis devenue. Le phénomène Amélie Nothomb en est un d’ampleur : ses livres se vendent comme des petits pains chauds aux éditions Albin Michel depuis presque 25 ans. Le succès est renouvelé chaque année depuis 1992, car tous les ans, Nothomb publie un roman qui se hisse au sommet des ventes. Son public est fidèle et s’élargit constamment, car ses livres sont accessibles pour tous les types de lectorat. « Je suis passée de légume belge à écrivaine grande consommatrice de champagne en trois mois. Je me suis dit que ce serait les trois plus beaux mois de ma vie et qu’il fallait que j’en profite avant que le rideau …

Triangle poétique – Pasternak, Tsvétaïeva et Rilke

<<Ils ont oublié que la seule chose qui soit encore en notre pouvoir, c’est de savoir ne pas déformer la voix de la vie qui résonne en nous. >> Pasternak Correspondance à trois s’inscrit dans la liste des livres que j’ai lus pour une première fois il y a quelques années (soit pour l’école ou pour le plaisir, ici c’est dans le cadre d’un cours) pour lesquels j’avais ressenti une grande vague d’émotions et que j’étais curieuse de retrouver (le livre et les émotions). Correspondance à trois signe l’échange épistolaire entre trois grands écrivains du siècle dernier, soit Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak et Marina Tsvétaïeva. Boris Leonidovitch Pasternak, né le 10 février (29 janvier) 1890 à Moscou et mort le 30 mai 1960 à Peredelkino, près de Moscou, est un poète et romancier russe, lauréat du prix Nobel de littérature en 1958. Marina Ivanovna Tsvetaïeva est une poétesse russe née à Moscou le 8 octobre (26 septembre) 1892 et morte à Ielabouga le 31 août 1941. Rainer Maria Rilke, né René Karl Wilhelm Johann …

Des bonbons et des livres pour l’Halloween, ou comment faire circuler la lecture en libre-service

J’ai toujours aimé l’Halloween. Plus jeune, j’adorais plus que tout me déguiser, arriver à l’école et avoir la surprise de découvrir mes ami.e.s sous leur costume toujours original. J’aimais plus encore, le soir venu, faire la tournée des maisons de mon quartier pour récolter des bonbons, puis revenir chez moi et tout classer, puis déguster. Cependant, depuis quelques années, à cause de contraintes comme mon travail ou l’université, ou juste par paresse, je ne célèbre presque pas l’Halloween. Je trouvais ça dommage, et c’est pour cette raison que j’ai décidé, cette année, de m’y remettre et de distribuer des bonbons pour les enfants. Puisque j’habite le 3e étage d’un appartement, j’avais décidé que je m’installerais sur le trottoir devant mon entrée toute la soirée, afin de pouvoir accueillir les nombreux « petits halloweens » qui allaient passer. J’avais invité des amis, et l’on allait tous se déguiser. Puis, j’ai eu une idée. Moi, grande folle de lecture, militant pour le plaisir de lire et agissant bénévolement en alphabétisation durant mes temps libres, j’allais distribuer des livres. Je …