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Le fil rouge recherche des collaborateurs !

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Les livres te passionnent? Tu aimes écrire? Tu maîtrises bien la langue française? Tu as le goût d’écrire des critiques et des réflexions littéraires? Voici ta chance! Nous sommes à la recherche de collaborateurs et collaboratrices qui ont le goût d’écrire au minimum deux articles par mois.

Chez le fil rouge, nous te proposons une plateforme qui partage les goûts, les choix et l’opinion de 12 collaboratrices. Chacune laissant place à leur propre plume et choisissant de parler de sujets qui les touchent. Puisque nous sommes un blogue qui se veut être majoritairement littéraire, nous cherchons des gens qui ont le goût de partager leur amour pour les mots et pour la littérature. Que tu sois fan de roman graphique, de littérature érotique ou de poésie, nous sommes ouvertes à toutes les idées et les propositions.

Si vous êtes intéressés, écrivez-nous un courriel à lefilrouge3@gmail.com en joignant à ton courriel :

1- Une critique littéraire

2- Une courte description de toi

3- 3 ou plus, idées de prochains articles

4- Tes 5 livres préférés!

Au plaisir de parler livres avec nous (et de vous inviter dans notre groupe secret trop chouette de collabos!)

Veuillez prendre note que nous acceptons les candidatures jusqu’au 25 janvier et que nous allons envoyer un courriel le 26 janvier en après-midi à tous les intéressé-es.

La nostalgie de la maison d’enfance

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Dans les premiers articles publiés sur le blogue, je vous parlais du livre Ce n’est pas une façon de dire adieu, écrit par Stéfani Meunier. J’avais vraiment eu un coup de coeur pour cette auteure et pour sa façon de créer des ambiances par l’écriture. Dans ce roman, elle racontait une histoire de trio amoureux sur fond de musique des Beatles et de New York sous la pluie. C’est honnêtement un des romans qui m’aura le plus marquée en ce qui concerne l’ambiance du livre. Lorsque j’y repense, je sens l’odeur de la pluie, du thé et la musique des Beatles. Voilà, ce qui m’avait tant charmée de cette auteure québécoise, son pouvoir de créer chez les lecteurs, le sentiment d’évasion par la lecture.L-1608-1

C’est ce qui m’a donné envie en 2013 (Je sais ça a pris du temps avant que je le lise!) de lire son plus récent roman On ne rentre jamais à la maison, publié aux éditions Boréal. J’en ai profité durant le temps des fêtes cette année pour m’installer confortablement et le lire. Je n’ai pas été déçue. Stéfani Meunier a encore cette écriture atmosphérique qui m’avait tant plu. L’histoire est celle de Pierre-Paul qui doit quitter la maison de son enfance sur la rue Lorne, à Montréal. Cette maison qui représente tant de réconfort et d’amour lui manquera toujours un peu et ce, même à l’âge adulte. D’autant plus que c’est dans cette maison qu’il a vu pour la dernière fois son amie Charlie à l’âge de 12 ans.

Ensemble, ils étaient un duo inséparable. Et cette perte viendra influencer le reste de sa vie, d’enfant comme d’adulte. Entre les cauchemars de Pierre-Paul une fois adulte et la narration de la petite soeur de Charlie, Clara, qui viendra au monde dans une famille qui n’attend que le retour de Charlie, on perçoit la poésie et la terreur de la maison d’enfance.

Personnellement, j’ai vécu dans le même appartement les 17 premières années de ma vie et il existe une réelle nostalgie quand j’y pense. J’essaie de me remémorer la façon dont les meubles étaient placés. Je force ma mémoire à se souvenir des imperfections du plafond de ma chambre. Je veux me souvenir des moindres détails pour ne pas oublier ces souvenirs d’enfance. Je l’ai déjà dit, je suis ultra nostalgique et émotive dans la vie, alors lorsque j’ai appris que le roman traiterait d’enfance et principalement d’une maison d’enfance, j’ai voulu m’y plonger particulièrement pour ça: se remémorer la maison de notre enfance.

L’histoire de Pierre-Paul, à mi-chemin entre celle d’un deuil insupportable avec l’amour de sa vie, la petite Charlie, et entre un éternel besoin de retourner dans cette maison, porteuse de la mystérieuse disparition de Charlie, réussit à rendre cette nostalgie que j’accorde aux maisons qui habitent nos enfances.

Dans un style simple et jamais noir, Stéfani Meunier raconte avec justesse la réaction des parents de Charlie qui ont perdu leur jeune fille et encore davantage, la naissance de Clara. Quelques chapitres sont consacrés à cette dernière qui raconte à quel point le fantôme de sa soeur a mené sa vie et son identité, à quel point elle a tenté de toutes les manières de remplacer et de redevenir celle que ses parents attendaient tellement.

Je terminerai en vous laissant sur des petites citations du roman et en vous invitant à le lire emmitouflé dans une confortable couverte et avec une bonne tasse de thé chaud.

Bonne lecture !

« Les souvenirs qui me bercent, les peines qui m’ont broyé le cœur, les désirs qui m’ont porté, existent-ils, peut-on les voir, les mettre dans une boîte, les toucher du bout du doigt ? Et si on ne peut pas, est-ce que ça veut dire qu’ils n’existent pas ? Aujourd’hui je ne sais plus. »

« On l’admirait de loin comme on regarde une fleur carnivore. Sans toucher, sans venir trop près.»

« Chaque printemps, ce désir de réel. Comme à quinze ans. Le corps qui se réveille. Toucher les choses, humer à pleines narines l’herbe et les feuilles qui poussent le temps d’un clin d’œil, marcher dans les rues la nuit, vouloir faire des choses plutôt que de les imaginer. Chaque printemps, combattre le désir de troquer mon métier de scénariste contre celui de bûcheron ou de sculpteur. Chaque printemps, perdre le goût de dormir. »

Rechercher la poésie dans le quotidien

10329041_10204406476575970_7910556620179583733_nLa vie habitable: Poésie en tant que combustible et désobéissances nécessaires, tel est le nom donné au document 6 publié par l’équipe de nouveau projet et écrit par Véronique Côté. Prenant la forme d’un essai, cet oeuvre partage son temps entre récits, réflexions et entrevues, tous sous le large thème de la poésie. Poésie au sens large, poésie qui dépasse les mots et la littérature. Lire la Suite

« The One I Love » ou quand l’autre est idéalisé

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The One I Love est clairement un des meilleurs films que j’ai vus dans les dernières années. Complètement anticonformiste, le film nous entraîne dans une histoire d’amour ordinaire qui prend des airs totalement extraordinaires.

Dès le début, on fait face à un couple marié depuis plusieurs années qui vit des difficultés suite à une infidélité et qui va consulter un thérapeute. La scène jouée et rejouée des centaines de fois au cinéma, au fond. Ce thérapeute leur conseillera d’aller passer un week-end dans une magnifique villa dans le Sud de la Californie, car tous ses clients en reviennent complètement transformés et retrouvent la flamme des débuts. Ce qu’ils feront. On peut croire au cliché, mais c’est totalement autre chose.

The One I Love flirte avec la comédie romantique, le drame et le film de science-fiction. C’est rare que je regarde un film avec autant de fascination. Le propos du film est commun, mais c’est la manière dont les choses sont amenées qui fascine. Le couple, Sophie et Ethan, joué par Elisabeth Moss (Peggy Olson dans Mad Men pour les fans!) et Mark Duplass vivra au cours de ce week-end de nombreuses expériences anormales qui viendront susciter des questionnements face à leur relation amoureuse. Je vous laisse regarder la bande-annonce pour comprendre le mystère qui plane au-dessus de ce week-end.

Comme je ne veux pas vous dévoiler ce qui se trouve derrière les portes de cette petite maison d’invités, je vous dirai seulement que ce film vaut vraiment la peine d’être regardé. Les acteurs sont excellents, tout comme les dialogues, le décor et la twist de l’histoire. En plus d’être une réflexion sur le passage du temps au fil d’une relation amoureuse, le film nous fait réfléchir à l’amour, au désir, à la sexualité et à l’idéalisation de l’autre. C’est ce qui se trouve dans la petite maison qui viendra tester la confiance des deux amoureux.

Ce premier film du réalisateur Charlie McDowell s’est rendu jusqu’au célèbre festival Sundance, mais n’a pas tellement été populaire, et ce, autant aux États-Unis qu’au Canada (il a été présenté au Festival Fantasia). Or, il est disponible sur l’iTunes Store au prix de location de 5.99$ et sur Netlflix USA. Et vous devez le voir!

Une semaine dans la vie d’une «Snowbird»

Floride

Je suis une jeune femme chanceuse. Je le suis puisque mes parents vivent six mois par année en Floride, ce qui m’a permis pour une deuxième année consécutive de vivre un Noël sans neige. Certains diront que c’est étrange, mais ça se vit bien! Ma mère est maintenant une femme retraitée et elle vit avec deux maisons mobiles. En Floride, elle se retrouve dans un parc de maisons mobiles de personnes retraitées. Chose que j’ai constatée, c’est qu’une fois à la retraite, ma mère semble encore plus occupée que lorsqu’elle occupait un emploi! Tellement de choses et d’activités à faire ! Ainsi, pendant une semaine je fus un «snowbird», tout comme ma mère. Mais qu’est-ce qu’un ou une «snowbird»? Ce nom fait référence aux oiseaux migrateurs qui partent vers le sud lorsque l’hiver arrive.

Vivre sur un parc de maisons mobiles est, pour moi, comme être dans un camping, du moins dans celui où mes parents habitent. Nous retrouvons des organisateurs qui programment des séances d’exercices, de la zumba, des cours de danse en ligne, de la pétanque. Il y a également les potins, la complicité entre voisins, etc.

Nous y retrouvons des hommes qui «patantent» des choses pour leur maison ou qui vont à la «woodshop» travailler le bois (une seule femme y va). Tandis que les femmes font des bijoux, du tricot, etc. Effectivement, vous me direz que c’est très stéréotypé, mais n’est-ce pas ainsi que nous sommes socialisés? Et puis, ils sont heureux. J’ai eu la chance de côtoyer des hommes et des femmes heureux d’avoir la chance de partir plus de cinq mois dans un endroit où il fait chaud, de pouvoir être avec leurs amis et faire ce qui leur plaît.

Alors qu’est-ce que nous devons faire en Floride lorsque nous sommes une femme dans la vingtaine dans un parc de retraités ?

  • Nous faisons la fête avec des Supers Mamies et Papis qui regorgent de blagues (parfois un peu douteuses) et d’histoires. Puis, c’est bien le meilleur moment pour apprendre de nouvelles danses en ligne!
  • Nous vivons et écoutons les potins du village.
  • Nous tentons de bronzer sur les belles plages, tout en essayant de ne pas trop boire d’eau salée lorsque nous allons à l’eau. C’est également l’un des meilleurs moments pour lire un bon livre. L’un de mes plus beaux souvenirs restera quand nous sommes allés à la place de Coquina et que nous avons eu la chance de voir deux dauphins faire trois sauts hors de l’eau. Un moment magique.
  • Aller à Disney Downtown (Orlando). Ce lieu se retrouve dans le «village» de Disney, ça se trouve à être entre les parcs d’attractions, une grande rue où nous retrouvons pleins de magasins avec des produits de Disney. Ce qui est génial, c’est que c’est gratuit. À savoir que lorsque j’avais sept ans et que je suis allée à Disneyland à Orlando, me retrouver dans cet endroit, revoir le Planet Hollywood, le dragon construit tout en Lego dans le lac, tout ça m’a rendue nostalgique. N’est-ce pas là la magie de Disney ? Je vous souhaite d’avoir la chance d’y aller au moins une fois dans votre vie, près de ce village Disney nous retrouvons d’autres parcs tels que le Parc Universal où nous pouvons retrouver la réplique grandeur nature du château d’Harry Potter !

Malgré ma semaine là-bas et le beau temps je n’ai pas pris une seule couleur, mais le plaisir était au rendez-vous !

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Cherche et trouve

6ae7d38d93547f12f1c244ab1ddae30fLa vie, c’est un peu comme une constante partie de cache-cache avec soi-même. Des fois, on a l’impression de se perdre, l’illusion de s’être trouvé, ainsi de suite, dans un interminable jeu de cherche et trouve. À 22 ans, malgré tout mon orgueil qui aurait le goût de vous dire que je sais qui je suis, c’est loin d’être le cas et le prétendre n’y aide en rien.

Tout ça, c’est loin d’être la fin du monde. Dans la vingtaine, personne ne prétend vraiment avoir une idée fixe sur son avenir et ceux qui pensent le savoir se retrouvent souvent bien vite face au mur . Par contre, ne pas savoir n’est pas une excuse pour ne pas se donner la peine de  chercher, parce qu’il n’y a pas de cherche et trouve si on n’essaie pas de trouver quelque chose, même lorsqu’on ne sait pas trop ce qu’est ce quelque chose. En fait, peut-être que nous avons affaire à un constant jeu d’essais et erreurs. Il faut en essayer des choses pour savoir, pour comprendre, pour se connaître. Il faut en faire des erreurs pour savoir, pour comprendre, pour se connaitre et ça, ce n’est, à mon avis, pas toujours facile à accepter.

Bien oui, c’est un beau mélange entre s’extasier à l’idée d’une infinité de possibilité et angoisser à ne pas savoir par où commencer. Sauf que parfois, j’aimerais déjà savoir, savoir tout de moi et de cette attitude, que vous pourrez attribuer à ma génération, à mon éducation, à mon signe astrologique (oui oui, encore l’astrologie) ou à tout ce que vous voudrez. Malheureusement, savoir est l’antithèse de toute bonne  partie de cherche et trouve.

Ne pas vouloir chercher, car on croit déjà savoir, ou plutôt ne pas faire l’effort d’essayer, car l’orgueil nous dit qu’on devrait déjà savoir, ça ne laisse que place à l’erreur, surtout sans les essais. Ça ne laisse place qu’à une fausse identité semi-construite qui pense qu’elle mérite sa place et qu’elle est complète, une semi-construction qui n’est pas exploitée (un peu comme l’ilot voyageur, tsé). Prétendre savoir qui l’on est, au complet, à 22 ans, ce n’est pas se rendre service, c’est refuser de regarder la réalité, c’est refuser d’accepter le changement. Pourtant, on va se le dire, j’espère vraiment ne pas être, tout au long de ma vie, la personne que je suis présentement. Pas parce que je suis horrible, pas parce que je suis immonde, pas parce que je ne m’aime pas à ce point là, juste parce que je ne sais pas. J’ai une idée, j’ai des listes, je sais certaines choses, mais je suis en constante mouvance et ça serait bien plate d’arrêter tout ça, drette là, juste parce que j’ai la tête dure . Juste parce que j’ai peur, juste parce que c’est dure, juste parce que je ne veux pas regarder la réalité en face, m’avouer mes défauts, m’avouer mes tords .

Bref, je ne ferai pas une Simone De Beauvoir de moi-même en vous disant qu’à travers moi, je vous parle à tous et de tous, mais si vous vous retrouvez un peu dans ces mots, dans ce comportement et que vous trouvez que le chapeau vous fait  et bien peut-être que c’est le temps d’enlever ce chapeau-là, parce que laissez-moi vous dire qu’il est laid, qu’il ne fait bien à personne, qu’il est trop petit et qu’il ne vous complimente vraiment pas .

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Chroniques d’une anxieuse : le TOC

Pinterest

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Plus le temps avançait, mieux je me sentais et plus j’appréciais mes rencontres avec Monsieur M. Mon psy, à moi. Les mois passaient, défilaient à une vitesse folle, et j’avais cette drôle d’impression qu’il me connaissait mieux que personne, dans mes moindres détails. Un inconnu qui n’était, à présent, plus vraiment un inconnu, qui savait des choses que même mes amis les plus proches ignoraient. Et j’avais hâte de le voir à chaque semaine. Et j’attendais avec plein d’espérance cette petite heure où quelqu’un m’écoutait enfin.

Bref, mon psy était devenu mon meilleur ami.

À un tel point que j’étais rendue à lui raconter les plus banales péripéties de ma rocambolesque vie d’anxieuse. Du genre : lorsque je quittais mon appartement pour aller travailler, faire des courses ou peu importe, je vérifiais à plusieurs reprises si le four était bien éteint, si le frigo était effectivement fermé, si mon fer plat était débranché, mais surtout je m’assurais (une bonne dizaine de fois) que toutes les portes étaient très, très, très bien barrées.

J’étais même descendue en panique totale, une fois, de l’autobus qui me conduisait jusqu’au métro, prenant la chance d’être en retard au travail, pour aller re-re-re-vérifier si ma porte d’entrée était bel et bien verrouillée.

Et, à en voir la vitesse avec laquelle Monsieur M. écrivait tout ce que je lui disais, c’était loin d’être un épisode banal de ma vie. C’était loin d’être normal.

J’étais anormale.

Il a pris son grand air sérieux, a déposé son crayon, m’a regardée droit dans les yeux, comme lorsqu’un médecin annonce à l’un de ses patients qu’il est atteint d’un cancer, et m’a dit tout simplement : « tu as un TOC ». Un quoi? Un TOC. Un trouble obsessionnel compulsif.

Merde.

Le diagnostic était tombé et ça faisait mal. Ma tête avait plus de problèmes que je ne le pensais. Je souffrais de phobie sociale, j’avais un trouble d’anxiété généralisé et, maintenant, Monsieur M. m’apprenait que j’étais une obsessionnelle compulsive.

Lourd silence suivi d’une tonne d’images troublantes défilant dans ma tête. Des images que mon cerveau avait sûrement captées en regardant Canal D. Des gens obsessifs compulsifs qui accumulent tout plein de bébelles inutiles. Des cochonneries, des papiers, des « peut-être que ça va me servir un jour ». Des appartements qui débordent d’affaires amassées année après année (et où personne ne peut se déplacer).

Et, à ce moment là, j’ai eu peur. Je ne voulais pas être comme eux et passer à la télé dans dix ans. Monsieur M. a vu mes yeux apeurés, mes mains se mettre à trembler, mon corps commencer à taper du pied. J’étais anxieuse et obsédée.

Je me suis demandée si un jour j’allais être enfin normale. Si j’étais condamnée à être comme ça toute ma vie. Et j’avais peur, encore. J’avais peur de passer ma vie à avoir peur.

Monsieur M. m’a alors expliqué qu’il fallait que j’apprenne à avoir le contrôle sur moi-même. Que j’apprenne à me parler, à me dire que c’était assez, à ne plus vérifier sans cesse si j’avais bien fermé le four, le fer plat, le frigo, la laveuse, la machine à café, la porte d’entrée, etc. Parce que ça n’allait jamais finir. Et, dans quelques années, je risquais de ne plus vouloir sortir de chez moi. Condamnée à être prisonnière de ma tête, de ma peur. Pour toujours.

Et c’est là qu’il m’a demandé si je savais pourquoi j’agissais comme ça. Non, je ne savais pas. Je ne savais pas pourquoi ma tête avait décidé d’être fuckée. Je ne comprenais pas non plus pourquoi je ressentais le besoin de regarder maintes et maintes fois si j’avais bien éteint le rond de mon four. Même si je voyais qu’il n’était plus rouge. Même si j’avais toujours l’excellente idée de le toucher pour voir s’il était encore chaud. Et, même si mon cerveau enregistrait que tout était correct, ma tête, elle, ne voulait pas le comprendre, le croire.

« C’est parce que tu n’as pas confiance en toi, Alex. Tu penses que tes yeux te joueront des tours, mais ce n’est pas le cas. Il faut que tu prennes le risque de te tromper. »

Et c’est à ce moment que je me suis mise à pleurer. Mais pas juste un peu, à grands coups de sanglots, de grosses larmes incontrôlables parce que Monsieur M. venait de toucher un point sensible. Il m’a tendu une boîte de kleenex. Et, entre deux sanglots, je répétais sans cesse : « j’ai jamais su, moi, comment avoir confiance ». Parce que, oui, ça fait mal de ne jamais être certaine de soi, de toujours douter de soi-même, de toujours se remettre en question, de toujours avoir cette foutue impression de ne jamais faire la bonne affaire.

L’impression de toujours faire toute tout croche.

Mais je savais maintenant. Prendre le risque. Pour avoir confiance en moi. Il fallait que je prenne le risque de me tromper, de dire n’importe quoi, de me faire juger, de laisser le rond du four allumé. Risquer de souffrir, d’aimer trop, d’avoir mal, de faire des tonnes d’erreurs, d’avoir mal encore, de se retrousser les manches et de recommencer.

Parce que c’est pire d’avoir peur de se tromper que de se tromper tout court. Parce que la crainte d’avoir mal est plus terrible que la souffrance elle-même.

Parce que c’est à force de ne plus avoir peur qu’on finit par trouver le bonheur.

Les supercheries littéraires

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Les supercheries littéraires, c’est une mini-série d’animation qui met en scène de façon humoristique quelques-unes des plus absurdes supercheries du monde littéraire. J’ai trouvé cette série en me promenant sur tout.tv, en quête de quelque chose de bon à écouter, quand le titre m’a sauté au visage.

Alors, je me suis lancée dans l’écoute de la première et seule saison de 8 épisodes, ne durant chacune que quelques minutes.  Déjà ce n’est pas comme si c’était un gros engagement. Les graphiques sont simples, le style rappelle celui des débuts du cinéma et les récits sont racontés avec humour et intelligence.

Au début, je croyais me retrouver face à des mises en scènes, des petits histoires dont le but était de capter l’attention du téléspectateur. En fait, ce sont des histoires vrais, aussi ridicules peuvent-elles sembler. J’ai même fait des recherches sur google pour en savoir plus sur chacune des supercheries.

C’est super captivant de voir comment des artistes, créateurs, auteurs, ont, d’une façon ou d’une autre, escroqué le milieu littéraire avec des supercheries qui ont fini par tous les dépasser eux-mêmes. De plus, même si vous n’êtes pas du tout familier avec le milieu de la littérature, ce n’est pas grave, c’est une série-web faite pour tous, sans prétention, ni snobisme et avec un visuel à la fois sobre et original qui saura vous captiver autant que les histoires elles-même.

Bon visionnement !

Comment prouver que les critiques ne savent pas lire 

Comment fabriquer le journal intime du plus grand dictateur de l’histoire

Comment créer un écrivain trash

Comment écrire un livre choc sur l’immigration 

Comment rendre célèbre un écrivain qui n’existe pas

Comment créer un gourou auteur de best-sellers

Comment créer un peintre auto-destructeur

Comment éditer un manuscrit qui n’existe pas

Site des éditions Le Quartanier

La déesse des mouches à feu : première lecture du défi littéraire

Voici la première lecture du défi littéraire, En 2015, je lis un livre québécois par mois. il s’agit du roman de l’auteure Geneviève Pettersen: La déesse des mouches à feu.

Site des éditions Le Quartanier

Voici le résumé de l’oeuvre retrouvé sur le site des éditions Le Quartanier :

« La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant. »

Vous avez jusqu’au 10 février pour effectuer votre lecture, après on en discutera sur le groupe Facebook, juste ICI.

Personnellement, j’ai ADORÉ.

Bonne lecture !

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La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen,
Éditions Le Quartanier
ISBN 978-2-89698-159-5