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L’effet placébo des astres

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Demain, ce soir à minuit, hier, dépendamment du moment où vous lisez ce texte, on aura changé d’année. Encore une. J’aurais bien voulu que 2013 reste un peu plus longtemps, que 2014 passe son tour, que 2015 arrive en 4e vitesse, mais tout ça, c’est relatif. On se dit souvent que le début de l’année, c’est le moment parfait pour changer, pour débuter de nouvelles bonnes habitudes. Les résolutions, ça se passe le premier, si tu y penses le 2, t’es fait, tu dois attendre un an encore .

Ça a l’air que c’est  la seule fois de l’année où on a le droit de croire qu’on va peut-être réussir à être à temps dans ses travaux, qu’on va aller au gym, qu’on va arrêter de manger des chips à minuit un dimanche soir, puis qu’on va devenir une mademoiselle chose du ménage, de l’organisation. Bref, au Nouvel An, on a souvent l’espoir de se transformer, du jour au lendemain, en superwoman, mais ça c’est une autre histoire. En fait, je ne vous parlerai pas vraiment de résolutions. Pour savoir comment prendre des résolutions intelligentes et comment ne pas passer de héros à zéro dans l’espace d’une semaine au début de janvier, vous pourrez lire l’article de Martine, à ce sujet, dès demain.

Toute cette introduction n’était pas vraiment liée au sujet central  puisque, en fait, je veux vous parler du truc qui vous dit ce qui va se passer durant l’année grâce aux étoiles, aux planètes et à la lune… et tout ce charivari auquel personne ne croit vraiment AKA l’horoscope. Oh oui, j’ose vous parler d’horoscope, cette section du journal 24 heures qu’on regarde secrètement par-dessus l’épaule de notre voisin dans le métro.

Ce n’est pas vraiment une confession, mais j’aime regarder ce que les étoiles ont à dire de mon année. Si la lune est capable d’affecter les marées (et le sommeil) pourquoi les planètes et les étoiles n’auraient pas, d’une certaine façon, une influence sur le cours de nos vies. Ce n’est pas tant que j’y crois, mais c’est plutôt une espèce de petit réconfort à savoir, un peu, de façon minimaliste, ce à quoi son année va ressembler. En même temps, c’est un peu déplaisant de se dire que tout est déjà tracé, non? Bref, je ne tiens pas à me lancer dans un débat sur la véracité de l’horoscope, disons plutôt que je suis affectée, depuis plusieurs années, par l’effet placebo de cette fausse parcelle d’avenir.

Tout ça, ça remonte à loin. Mes parents m’on souvent dit que j’avais vraiment le caractère d’un lion (mon signe astrologique) et à cause de ma mère et de ma grand-mère maternelle, j’ai commencé à lire ce que Stature pis sa gang avait planifié pour ma journée, bien avant le magazine Cool. Il y a deux types de gens qui lisent l’horoscope: ceux qui la lisent le matin et l’oublient quelques minutes après et ceux qui la lisent le soir et trouvent le moyen d’y voir leur journée. Moi, quand je lis l’horoscope de l’année suivante, je fais les deux. Le premier janvier je vais lire multiples sources qui ne disent jamais la même chose et je n’y pense plus. Durant le temps des fêtes suivant, je vais relire ce que l’horoscope m’avait prédit… et je trouve toujours le moyen d’y voir quelques points importants dans mon année; oui, j’ai un peu de temps à perdre.

En relisant ce que les astres avaient prédit à tous les lions de la terre , comme quoi il n’y a que douze façons de vivre son année, je me suis rendue compte que je n’ai pas dû y mettre du mien bien bien, parce que les belles et bonnes choses prévues pour les lions du troisième décan en 2014 (oh oui, c’est encore plus précis comme ça) ne sont pas vraiment arrivées .

Mais bon, l’année a fini par passer et je me retrouve à lire ce qui m’attend en 2015 et ,bien que je doute de l’efficacité de la chose, les étoiles semblent être alignées pour les lions assoiffés d’or, de gloire et d’attention (ce n’est certainement pas moi qui a dit ça). On y parle de remises en question (j’en ai grandement besoin), de croissance (personnelle j’imagine, parce que du haut de mes 22 ans et 5,6 je ne crois plus grandir… quoiqu’avec la lune, on ne sait jamais) et aussi d’entrepreneuriat, de business puis d’affaires que, un an plus tôt, je n’aurais jamais crues, mais qu’ici, à ce moment, à la fin de 2014, avec un blogue et bien des projets, ne semblent plus seulement qu’écrites dans les astres.

Sur ce , allez-y donc la lire, votre horoscope. Je sais bien que vous êtes curieux, au pire… vous en rirez un bon coup et passerez à autres choses.

Bonne année, à demain, en 2015.

Se sauver dans l’été

10846659_10152436784862413_1407255394_nCe joli petit bouquin m’a attirée dès la seconde où je l’ai aperçu : la couleur et le titre me parlaient. Après, j’ai constaté que c’était publié chez les éditions Cheval d’août, qui m’avaient charmée avec le superbe Chercher Sam. (J’en ai parlé ici) Et l’opération séduction a continué : j’ai ouvert le livre et j’ai lu une citation de Woolf. Il n’en fallait pas davantage pour que je l’achète.

10841716_10152436785187413_1222297270_nLes filles bleues de l’été raconte une histoire d’amitié fusionnelle entre deux amies, Clara et Chloé. Amies depuis l’enfance, elles tenteront d’échapper au monde le temps d’un été. Chacune reste troublée et brisée par la vraie vie. Clara, complètement esseulée d’un amour perdu et qui lui a enlevé le goût de tout, sauf de lui. Et Chloé, malade de son petit corps frêle incapable d’être bien. Le roman traite de plusieurs sujets lourds, de boulimie, de dépression, de mutilation, mais surtout d’amitié.

Ces amies essaieront de s’évader des tourments de la vie quotidienne en retournant au chalet où elles passaient leur enfance. Elles passeront des journées à sentir l’odeur de la forêt, à s’étendre dans le gazon et à se baigner dans le lac. L’instant d’un été, elles seront bien. Ensemble, elles parviennent à se libérer de leurs fardeaux et de leurs douleurs. Elles resteront marquées d’une liberté ultime, et ce, l’espace d’un été. Toutefois, la souffrance des deux amies est tellement grande et si puissante, que jamais rien ne pourra guérir ce si profond mal être. Sauf peut-être le fait d’être ensemble… Le retour à la vie normale, l’après été, ne sera pas de tout repos.

Toi c’est moi

Cette complicité, voire fusion, entre les filles est troublante. J’oserais même dire malsaine. Elles se complètent et s’unissent parfaitement: le besoin de l’autre étant gigantesque. Leurs traumas et leurs douleurs font d’elles des étrangères, aux yeux des autres. Incapables de sortir de cette torpeur, elles feront face à leur incapacité d’être simplement bien. La seule manière de retrouver cette plénitude sera de retourner au chalet…

L’écriture de Mikella Nicol est si pure, retenue et poétique qu’elle nous emporte avec elle, dans l’odeur de la forêt et dans la tristesse des filles. La narration se chevauche entre Chloé et Clara, parfois à se confondre, mais surtout pour nous rappeler qu’au fond une c’est l’autre. J’ai été agréablement surprise de ma lecture. Comme il s’agit du premier livre de l’auteure, je m’attendais inconsciemment a des maladresses dans l’écriture, mais non. Mikella écrit de manière poétiquement simple et franche. Et j’ai réussi à m’attacher à Chloé et à Clara, ces deux personnages tant brisées en miette. On aurait envie de changer le dénouement du livre et de chercher à les guérir, mais on se laisse vaguer à la musicalité et à la poésie de l’écriture :

« Ces nuits où je multipliais ma force pour qu’il m’aime vraiment, malgré ma peau triste. Il avait pris mes larmes avec la langue pour les glisser dans ma bouche. Entre les draps, on avait pu se dire qu’on serait deux, maintenant. Les jours tous pareils, on les pousserait avec notre peau. Puis il est parti. J’avais raté mon coup, sans même savoir comment. Je lui avais donné mes envies de vivre. Je les avais gueulées à sa face, mais il les avaient effacées avec son silence noir. » (p.96-97)

« Nous avons été celles portées par la colère et la tristesse, et l’impossibilité de dire, le trou à la place du courage, le sommeil sur les urgences.  Nous sommes celles qui écrivent des prières pour les phases de la lune. Peut-être qu’un jour on repensera à nous avec des belles paroles, mais on se rappellera aussi comment la noirceur ne parvenait jamais tout à fait à sortir de sous notre peau, même dans les moments de bonheur. » (P.114)

Écrit sous forme de petits chapitres, le livre se lit doucement et facilement. On reste marqué par cette lecture, non seulement par le propos qui nous touche et nous émeut, mais par la beauté des images suscitées. On a envie d’aller au chalet nous aussi, de se coucher dans l’herbe et d’oublier la pression de la ville et d’être une étrangère, le temps d’un été.

Crédit photos : mon superbe Iphone

En 2015, je lis un livre québécois par mois

photoChez le fil rouge, vous le savez, on veut partager notre amour pour les livres et la lecture. Et on aime bien les défis. C’est donc grâce à l’article de Karina sur les défis littéraires pour 2015 qu’on a eu envie de créer notre propre défi littéraire Le fil rouge !

En fait, nous allons créer le défi En 2015, je lis un livre québécois par mois. 

L’idée est simple, on veut se créer une petite communauté de lecteurs, autant les plus passionnés que les moins habitués, et inciter les participants à lire un livre québécois par mois.

Pour s’y faire, on va créer un événement Facebook, ce sera donc plus facile pour nous et pour vous, de faire connaître notre défi et d’inciter vos amis à LIRE un roman québécois par mois en 2015! C’est aussi une manière pour nous d’encourager le milieu de l’édition littéraire québécoise, les librairies, les auteurs, les illustrateurs et les lecteurs !

Le lien pour l’événement est ICI.

Comment ça fonctionnera ?

On va créer un groupe Facebook où tous les participants pourront s’inscrire pour discuter de leurs lectures, de leur vision de l’oeuvre, de leur cheminement, etc. L’idée est réellement de créer une petite communauté de lecteurs. C’est aussi à cet endroit que seront effectués les votes pour les prochaines lectures mensuelles. On fonctionnera par sondage. Le fil rouge proposera quelques livres par mois, mais ce sera tout de même aux participants de choisir la lecture commune. Les participants pourront donc proposer leur choix dans le sondage. On s’occupera d’animer la discussion sur la lecture, mais on laissera aussi une grande liberté aux participants concernant leurs désirs face au groupe. Bref, le groupe évoluera et le projet aussi, tout dépendant de la dynamique de celui-ci.

Le choix de lecture sera fait avant le 10e jour de chaque mois. Il y aura donc 10 jours pour permettre les votes de la lecture. Ensuite, on laissera les lecteurs lire jusqu’au 10e du mois prochain le livre choisi. Vous pouvez aussi décider de lire le livre québécois de votre choix, l’important est de lire!

Par la suite, un article sera publié sur Le fil rouge en lien avec la lecture du livre mensuel et avec les discussions suscitées sur le groupe Facebook!

Pour le mois de janvier, nous avons déjà décidé de la lecture commune! Inscrivez-vous à l’événement ICI et au groupe Facebook ICI, si vous souhaitez participer. On partagera le titre de l’oeuvre dans les premiers jours du mois de janvier !

D’ici là, invitez tous vos amis à participer à l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois!

« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir »

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Il y a déjà quelques semaines, je suis allée voir The theory of Everything au cinéma, (La théorie de l’univers, en version française). Je dois avouer que même si je ne suis pas une fan de la science et de la physique, j’ai été complètement estomaquée par le film, autant par l’incroyable performance des acteurs que par l’histoire. En bref, La théorie de l’univers raconte l’histoire du célèbre théoricien physicien Stephen Hawking. Le film s’attarde surtout à la relation amoureuse qui unit Hawking à sa femme Jane, alors pour les néophytes comme moi concernant la physique, vous serez tout aussi conquis.

Le scénario est basé sur le livre écrit par Jane Hawking en 1991, Travelling to Infinity: My Life with Stephen où elle raconte sa vie de couple avec le physicien. Or, celui ci étant atteint de dystrophie neuromusculaire, la nature de leur relation a entièrement changé pour laisser place à de l’entraide et de l’aide. C’est ce point d’ancrage qui a su inspirer le scénario et le contenu du film, car même si on suit Stephen Hawking dans ses études, dans ses découvertes, dans ses prix et lors de la publication de ses livres, il reste que l’essence du film est lié à sa relation, incroyablement forte et sincère, avec Jane.

En effet, le film commence lorsque Stephen (joué par Eddie Redmayne qui est juste époustouflant) est à l’Université de Cambridge en 1963 et qu’il commence son doctorat. C’est à ce moment qu’il fera la rencontre de la charmante Jane (jouée par Felicity Jones que j’avais adoré dans Like Crazy). Des le premier regard, ce sera évident, ils sont prêts et veulent être ensemble. Les symptômes liés à la maladie de Stephen commenceront au même moment, ce qui l’amènera à une visite a l’hôpital fort tragique. Les médecins lui annonceront qu’il est atteint de dystrophie neuromusculaire et qu’il ne lui reste que deux ans à vivre. Cette maladie génératrice l’empêchera à court terme de marcher, de parler, etc.

Une des scènes les plus touchantes du film est lorsque Jane prend conscience de la faiblesse de Hawking, mais du même coup, de l’amour qu’elle lui porte, en jouant au croquet! Elle sera entêtée et tiendra a tout prix à l’accompagner dans cette maladie. Voila pourquoi peu de temps après, ils se marieront et auront des enfants. Elle fera tout en son pouvoir pour lui offrir une vie des plus normales qui lui permettra aussi de continuer ses recherches et ses études. Entièrement dévouée à sa famille et à Hawking, Jane mettra toute son énergie et son temps pour conserver cette vie à laquelle elle croit tellement.

Voila le grand propos du film, de manière jamais idéalisée, on rentre dans l’intimité d’un couple qui s’est tant aimé, mais qui a du traverser des épreuves et on réalise l’amour et la dévotion de Jane. Néanmoins, il est devenu de plus en plus fatiguant et épuisant pour Jane de s’occuper de Stephen et de leurs trois enfants. C’est alors que Jonathan viendra aider le couple et qui par le fait même, viendra chambouler le coeur de Jane. Elle résistera pourtant à la tentation et continuera à se concentrer sur sa famille. Le couple aura de plus en plus des allures d’infirmière et de patient, mais le film fait bien comprendre tout de même, l’amour et le respect qui unit Jane et Stephen. Après plus de 30 ans ensemble, ils se sépareront et Stephen continuera ses recherches et ses théories et retombera amoureux. Quant à Jane, elle se mariera avec Jonathan.

Bref, je dois avouer que la performance d’Eddie Redmayne aide beaucoup au film, il réussit avec sensibilité et talent a interpréter un rôle incroyablement difficile. Non seulement, la condition physique de Hawking est tellement à l’antipode de ce qu’on peut s’imaginer et la renommée du célébré physicien met une pression supplémentaire à ce rôle. Connu du grand public pour son rôle dans Les misérables, Redmayne vole la vedette tout au long du film et rend réellement hommage a Hawking.

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Wild , à mi-chemin entre Into the wild et mange,prie,aime.

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Avant même de lire Wild, j’avais le sentiment que j’allais me retrouver quelque part à mi-chemin entre l’histoire de Into the wild et celle de Mange, prie, aime. J’avais raison. Est-ce une bonne chose ? Oui, non, ça dépend.

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Ces livres qui font du bien

Dans cet article, je vais vous partager la lecture de trois romans graphiques. Le point commun de ces trois romans est la présence d’émotions fortes. Ces émotions dont nous avons bien souvent honte mais que nous vivons tous. Ces émotions qui font en sorte que nous nous sentons seul-e-s. Ces trois romans aident à soulager, ou du moins, à se sentir moins coupable. À aider à comprendre ce que nous pouvons vivre, à aider à l’expliquer.

La forme qu’utilise Zviane ressemble plus à une vraie bande dessinée. Nous y retrouvons un personnage féminin qui raconte son retour au travail, les difficultés qu’elle rencontre, etc. Le ton qu’elle utilise est sombre et lourd. Nous sentons le malaise du personnage et avec elle, nous nous sentons mal. Malgré cela, c’est une lecture qui nous fait du bien, parce qu’elle permet de comprendre, de se sentir moins seul.

Les deux romans de Catherine Lepage mettent des mots sur les images et des images sur les mots. Tout semble plus clair, nous sortons de ce brouillard créé par nos sentiments.

APNÉE – Zviane

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«C’est le récit du vide. C’est le récit de l’absence du regard des autres. Ce n’est pas vraiment une histoire, c’est plutôt une sensation, cette sensation d’apnée qui envahit l’individu lorsque, prisonnier de lui-même, l’eau est trop trouble autour de lui pour qu’il s’aperçoive que l’oxygène est tout juste au-dessus de sa tête

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Il semblerait qu’il y ait une suite à ce roman graphique : Apnée 2 : la revanche de l’amour en collaboration avec Francis Desharnais. Je vous avouerais ne pas l’avoir lu, mais je le prends en note!

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12 MOIS SANS INTÉRÊT : JOURNAL D’UNE DÉPRESSION – Catherine Lepage

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Parce que les images valent milles sentiments !

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FINE TRANCHE D’ANGOISSE – Catherine Lepage

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Beauté fatale : être victime des apparences

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Si vous vous êtes promenés le moindrement sur le web cette semaine, vous avez entendu parler du documentaire de Léa Clermont-Dion, Beauté fatale, c’est sûr ! Tout le monde en parlait, Facebook, Twitter, blogues, alouette! Je ne ferai pas changement en vous en parlant ici, aussi ! Ha !

Tout d’abord, si vous ne l’avez pas encore vu, il est disponible juste ICI sur le site de Télé-Québec. Brièvement, il s’agit d’un documentaire sur le culte de la beauté, mais surtout sur la quête de Léa Clermont-Dion face à ses propres paradoxes (et à ceux de notre société) face à la beauté et à l’aliénation de celle-ci.

Plusieurs ont été déçus lors du visionnement, (falloir voir Twitter s’enflammer!) de constater qu’on voyait beaucoup Léa et son histoire. En effet, la première partie du documentaire est réellement consacrée à Léa et à une discussion avec sa mère au sujet de son anorexie. Ayant été atteinte d’anorexie dans son plus jeune âge, (11 ans !) Léa en reparle avec sa mère pour la première fois et essaie de comprendre, je pense, la base même de cette maladie et la perspective de sa mère face à sa démarche.

Pour vrai, je m’attendais à avoir une vision plus complexe, plus actuelle et un peu moins cliché. J’ai l’impression qu’on continue de nous parler de chirurgies plastiques, de cosmétiques et de nous dire que seulement 4% des femmes se trouvent belles. J’aurais aimé ça les entendre ces femmes-là. Peut-être que c’est d’elles qu’on devrait s’inspirer.

Même chose du côté des femmes qu’elle a rencontrées; la grosse majorité travaille dans le milieu de la télévision où l’image devient vraiment un accessoire de travail. J’aurai aimé voir des femmes comme moi, comme toi, comme ma mère, comme les madames à l’épicerie, les femmes handicapées, les femmes malades, les femmes issues de minorités visibles, elles ont toutes clairement quelque chose à dire face à une société qui nous dicte des règles de beauté hyper strictes soit d’être mince, blonde et blanche. J’avais peut-être trop d’attente face au documentaire, parce que j’avais aimé La revanche des moches, mais je suis comme restée sur ma faim. Néanmoins, des aspects fort intéressants se retrouvent dans le docu : l’entrevue avec Micheline Lanctôt, Claire Lamarche, avec la thanatologue, sur le rapport au corps après l’accouchement, etc.

MAIS, une chose que je ne comprends pas c’est le shaming qui s’est fait envers Léa Clermont-Dion. On peut être d’accord ou pas avec le documentaire, mais de là à mettre la faute sur Léa ou pire de dire qu’elle ne peut s’exprimer sur des questions de beauté parce qu’elle est belle, ça me fait frissonner. Interdire à une belle fille de parler de féminisme c’est retourner 100 ans en arrière. Pis penser que les belles filles ne peuvent pas se poser des questions ou pire, souffrir aussi, c’est clairement être encore plus victime des apparences que tout. (#Martineauàmarde, j’ai honte d’avoir mon prénom dans ton nom de misogyne-con fini)

Bref, dénoncer un paradoxe, c’est déjà une façon de le comprendre et pour cela, on ne peut faire autrement que de trouver Léa courageuse d’avoir étalé sa vie personnelle ainsi et d’avoir bien voulu poser ses questions pour susciter des discussions et surtout une réflexion, ce qu’elle a réussi.

Pis là, je m’adresse à vous (pis à moi) au lieu d’attendre des documentaires comme celui là, pourquoi ne pas, à sa manière, demander à la société de changer. Arrêtez de consommer des magazines qui ne vous ressemblent pas (Parce qu’offrir des modèles de beauté différents une fois par année, c’est clairement ridicule). C’est en changeant sa propre conception de ce que c’est d’être belle que socialement, cela changera aussi. Ça passe aussi par arrêter de dire aux petites filles qu’elles sont belles avant de leur dire qu’elle sont intelligentes, drôles, courageuses, inspirantes, etc. Arrêtez de se juger entre filles et d’essayer quotidiennement à s’aimer.

Bref, pour celles qui veulent continuer leur réflexion, je vous encourage à lire l’oeuvre de Nelly Arcan (principalement Folle et À ciel ouvert) qui soulève tous ces paradoxes face à l’aliénation de la beauté, ou à lire l’essai Beauté Fatale de Mona Chollet.

C’est toi ma maman ? : Quand Alison Bechdel me charme encore

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Il y a déjà quelques mois, je vous parlais ICI du roman graphique Fun home : une tragicomédie familiale écrite et dessinée par Alison Bechdel que j’ai complètement adorée. Tout d’abord, il faut savoir que Bechdel est une féministe et une bédéiste engagée, il suffit de penser à La règle de Bechdel qui analyse les films en fonction de leurs rapports avec les femmes. Marjorie vous en parlait ICI. J’ai tellement aimé Fun home que j’étais un peu anxieuse lors de la lecture de C’est toi ma maman ? parce que je souhaitais tant retrouver ce mélange de bonheur et de tristesse qu’avait suscité en moi la lecture de Fun home. Or, je n’ai pas été déçue, ce deuxième roman graphique, traduit en français en 2013 chez les éditions Denoël, m’a tout autant charmé.

Sa façon de travailler reste la même, elle continue de mélanger la bande dessinée au récit autobiographique. Dans Fun home, elle s’intéressait à son rapport avec son père, tandis que cette fois-ci, elle traite de sa relation maternelle. Or, ce que j’adore dans ces deux romans graphiques est la transparence de Bechdel. Elle nous dit clairement que l’écriture est douloureuse, car elle plonge entièrement dans sa vie. Dans le cas de C’est toi ma maman ?, c’est encore plus vrai, car sa mère est encore vivante lors de la rédaction (contrairement à dans Fun home où son père était décédé). Ce n’est quand même pas anodin, à mon sens, d’écrire sur la relation maternelle de manière franche et jamais idéalisée en sachant que le sujet principal – dans ce cas-ci, la mère – lira et analysera le manuscrit, car, oui, une place importante du roman graphique est laissée à la construction du récit. Bechdel nous livre ses discussions avec sa mère, ses craintes, ses réflexions et ses questionnements face à ce qu’elle peux dire et ce que je veux dire.

Dans les deux romans graphiques de Bechdel, j’ai apprécié cette place qu’elle donne à la construction du récit et à l’écriture. La réflexion est d’autant plus intéressante que, comme dans Fun home, Bechdel a recourt à ses lectures précédentes pour maintenir ses propos. Que ce soit Colette, Virginia Woolf et même Freud, elle ajoute à son écriture des références culturelles, historiques et littéraires qui viennent ponctuer ses réflexions liées à sa relation maternelle (et à la maternité), à la place de la femme en écriture et à la place de la psychanalyse.

Effectivement, une bonne partie du roman graphique se passe dans les bureaux de la psychanalyse de Bechdel. Cette dernière fait encore une fois preuve de grande sincérité en nous emmenant directement dans le bureau de sa psychanalyse. Ensemble, elles essaieront de comprendre le rapport complexe entre Bechdel et sa mère. De plus, Alison Bechdel apporte une place importante à l’histoire et à la théorie, et tente de bien expliquer à ses lecteurs ce qu’est la psychanalyse. Ce qui peut sembler lourd à certain moment, car le but de cette lecture est surtout de plonger dans la vie de Bechdel, est tout de même bien ficelé, car elle réussit avec simplicité à vulgariser les grandes lignes de la psychanalyse.

Je dois avouer que j’ai préféré Fun home dans son approche plus rétrospectif et initiatique, car on voyait une Alison enfant, adolescente et jeune femme. Dans C’est toi ma maman ? elle est plus mature et le récit s’apparente moins à celui d’une initiation. Sa relation autant avec sa mère qu’avec son père était complexe et conflictuelle. On sent à travers l’écriture de Bechdel, une transparence face à sa difficulté de raconter et  on sent surtout que l’écriture et le dessin lui servent d’échappatoire et de libération.

Quant au dessin, il est encore une fois, franc, simple, mais tellement joli. Bechdel accorde une importance ultra à la justesse de ses dessins et de ses traits. On sent comme dans Fun home, le côté un peu photographique du dessin et à mon sens, cela apporte une touche de franchise et de sensibilité au roman graphique.

Ces deux romans graphiques se doivent d’être lus, autant pour la réflexion liée à l’écriture et à l’autobiographie que pour l’intelligence des références. On passe de Woolf à Freud dans C’est toi ma maman ?, tandis qu’on passait de Proust à Camus dans Fun home. Le savoir littéraire, tout comme la rigueur théorique et historique de ces deux oeuvres témoignent d’autant plus du travail si rigoureux de la bédéiste. Alison Bechdel a aussi une histoire familiale complexe qui crée des situations de tragi-comédie et de drame comique.

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Décorer son appart à petit prix pour Noël

C’est mon premier Noël dans mon nouvel appart et je n’ai aucune décoration pour le temps des fêtes. C’était une de mes anciennes colocataires qui avait le sapin, alors là je me retrouve pas mal toute nue. Ce ne serait habituellement vraiment pas dans mes priorités de décorer pour Noël, mais moi et mon copain on reçoit des amis à souper le 22 et on voulait avoir une ambiance des fêtes. Lire la Suite

Coeur de premier émoi amoureux

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En lisant Coeur de slush, il faut se replonger dans nos premiers émois et dans nos premiers souvenirs de désirs soft-sexu(els) (je vole ce terme à Sarah-Maude Beauchesne!). Il faut vraiment reconnecter avec la petite adolescente en soi pour retrouver ce désir si fort de goûter et d’avoir un corps contre le sien. Un coup qu’on arrive à se replonger dans ces périodes de nos vies, on comprend Billie, une jeune fille de 17 ans qui travaille dans un parc aquatique, qui veut tant connaître l’amour, mais surtout l’amour physique. Elle tombera donc sous le charme de Pierre, le gars au nom laid et con, mais qui est si beau avec ses cuisses de cycliste.

Comme je connaissais déjà Sarah-Maude Beauchesne parce que je la lisais depuis quelques années sur Les fourchettes (un blog de nouvelle soft-sexu, comme elle le dit si bien!) et que j’avais acheté son premier recueil de nouvelles Les je-sais-pas-pentoute, j’ai comme été surprise de l’écriture qui est un peu moins langagière, érotique et poétique. Mais je suis certaine que la moi de 17 ans aurait adoré Coeur de slush ! En même temps, j’aurais peut-être dû plus me mettre en mode littérature jeunesse pour ne pas être surprise. Bref, les fidèles lecteurs de Les fourchettes retrouveront quand même le ton de Sarah-Maude tout comme ses références contemporaines si vraies. Et ne seront pas déçus parce qu’elle arrive tout de même à accrocher. Il ne se passe pas grand chose, mais il y a des regards, des non-dits, des pensées d’ados, et ça nous charme.

Billie et sa soeur Annette (Allo les beaux noms) nous amènent dans les aventures d’une banlieue des plus normales où les gars sont beaux et où les filles se mettent du lipsil à la RootBeer.  Et on craque pour la naïveté, la sensibilité et l’affirmation sexuelle de Billie.

Coeur de slush, ça me touche pour plein de raisons, principalement parce qu’on y raconte une première fois pas vraiment parfaite, mais si vraie et que pour une fois on ose dire les vraies affaires : une fille de 17 ans ça peut avoir envie de faire l’amour juste pour faire l’amour parce que les désirs d’ados ça ce peut, pas toujours besoin d’avoir des chandelles et du Bon Iver en background pour ça. Aussi parce qu’à 17 ans, j’étais aussi pas mal intense avec la slush bleue (mon chat s’appelle quand même Slushie, #adoaccroàlaslushpuppie)

Bref, j’admire le parcours de Sarah-Maude Beauchesne et surtout son envie de s’adresser aux jeunes filles et ce par la littérature jeunesse, qui est parfois je trouve très moralisatrice. Le personnage de Billie fait du bien en littérature jeunesse québécoise autant par son côté atypique de parler de sexualité de façon honnête et directe que du fait qu’elle s’assume dans ses envies.

À conseiller aux fans des Fourchettes et aux petites cousines de 15 ans et +.

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