All posts tagged: Bibliothérapie

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Quel personnage de roman êtes-vous? Les fileuses témoignent

Il y a des livres dont les personnages nous touchent plus particulièrement. Que ce soit par leur attitude, leur situation, leurs traits de caractère, leur histoire… Et si ce personnage, c’était nous? Selon notre état d’esprit du moment, notre propre histoire ou notre vécu, nous allons nous attacher à un personnage en particulier. N’avez-vous pas remarqué? De même que certains nous énervent, nous titillent, nous font sortir de nos gonds, je remarque  pour ma part que je suis souvent attirée par un trait de personnage, parce qu’il renvoie une certaine image de moi, quelqu’un qui me ressemble (ou à qui j’aimerais ressembler!). Cette façon de s’identifier me rassure, me conforte ou a contrario me confronte… Des rôles différents Quand je choisis un ouvrage, je me rends compte que j’ai, bien sûr, tendance à me tourner vers une histoire qui me ressemble, me touche ou me pousse à la réflexion. Il en va de même pour les personnages. Durant toutes mes années de lecture, je me suis vue sous les traits de toutes sortes de personnages, …

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Le goût d’aimer

Dans ce roman, au détour de chaque page on s’enfarge, on relit, on ferme les yeux pour méditer sur une phrase, l’usage d’un mot, sa signification. Christian Bobin a réussi à faire de La plus que vive un recueil de citations sur la vie, la mort, l’amour. Et pourtant, ce n’est pas du tout, avouons-le, une mince affaire. Même aujourd’hui je ne peux t’imaginer autrement que réfractaire, échappée, ton cœur fuyant dans la lumière. Je t’ai toujours sue inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t’ai aimée dans ce savoir. L’éloge de l’authenticité Genre de biographie non linéaire sur une femme connue de l’auteur, on n’entre finalement jamais dans le détail. En fait, il s’agit de l’étalement de ce que cette Ghislaine signifiait pour l’auteur. Signifi-ait parce qu’en fait, Ghislaine décède à quarante-quatre ans. Et ce drame, élément déclencheur de l’écriture du roman, devient dans La plus que vive une raison d’évoquer les plus belles choses de la vie. Avec ce livre, on prend conscience de l’importance des moments ordinaires, anodins, puisque ce sont …

Quand lire nous échappe

Quand lire nous échappe : billet d’humeur

S’il y a une chose dont je suis certaine dans la vie (à part de la mort et des impôts), c’est que je suis une lectrice. Je cherche le sens et les motifs. Je plisse les yeux pour découvrir les fils entre les histoires, les vécus et les savoirs. Dans les livres, je me promène le cœur à l’air, et je suis prête à tout. Dans les livres, je suis toute-puissante, toute-vivante. Je suis une lectrice. Cette prise de conscience, je l’ai eue à l’âge de treize ans. Dans le sous-sol de la maison familiale, j’ai serré contre mon cœur la version abrégée du Roman de Sophie Trébuchet de Geneviève Dormann – la version du Reader’s Digest, avec sa reliure en cuirette et son écriture dorée – avec une ferveur quasiment religieuse. « Moi, dans la vie, je vais lire. » Treize ans, c’est l’âge des absolus et des espoirs de vocation. Du désir plus ou moins secret d’être choisie, d’avoir une mission dans la vie. L’acte de lire, je l’ai reconnu comme mien. Les livres m’appellent, tassez-vous. …

Nancy Huston, l’état du monde et la littérature

C’est par un doux matin de janvier que je me suis plongée dans cette petite palette d’à peine 60 pages qu’est Naissance d’une jungle. Recueil de chroniques écrites par Nancy Huston dans le quotidien indépendant français Le 1, il ne m’a pas fallu plus d’une heure pour passer au travers des cinq textes choisis et réédités dans ce livre. Les opinions tranchantes de Huston Dans chacun des cours textes, Huston donne son opinion sur divers sujets d’actualité, et ce, de manière assez tranchante, appuyée et convaincue. Les textes d’opinion de Huston sont à la fois un cri du cœur pour une société plus humaniste, une prise de parole pour l’engagement et l’activisme ainsi qu’un certain désenchantement face à l’état du monde et de nous tous qui y vivons. Suivant la ligne éditoriale du journal Le 1, l’auteure s’intéresse, entre autres, à l’utilisation de la langue française écrite, en France, qu’elle trouve un peu ankylosée, à la quête d’identité et l’identification à une, ou aucune, nation, à l’élection de Trump et, bien entendu, à la littérature. Toujours …

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Merveilleux et mysticisme : la plume onirique de Carole Martinez

C’est par hasard que j’ai lu Du domaine des Murmures et que j’ai découvert l’écrivaine Carole Martinez. Je choisis normalement scrupuleusement mes lectures en fonction de suggestions trouvées sur des blogues, à la radio, dans le journal, etc. J’ai emprunté Du domaine des Murmures parce que le Moyen-Âge me fascine. Je ne connaissais rien du récit et j’ai été soufflé par ce roman qui se réapproprie le merveilleux pour créer un conte poétique singulier. Par la suite, j’ai lu le Cœur cousu, premier roman de l’auteure, dans lequel j’ai retrouvé ce style, ce rythme, ce souffle et des thématiques semblables malgré deux univers bien distincts. Des personnages féminins marginalisés Du domaine des Murmures raconte l’histoire d’Esclarmonde qui, pour échapper à un mariage imposé, décide de se faire emmurer. Si le geste d’Esclarmonde nous semble tout à fait inusité, ce phénomène existait bel et bien au Moyen-Âge. Certaines femmes décidaient de se reclure pour toujours dans une cellule de quelques mètres contiguë à une église où seule une petite ouverture leur permettait d’avoir un contact avec …

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A-t-on jamais fini de découvrir les histoires de la Deuxième Guerre mondiale? L’espionne de Tanger

Je ne me souviens plus quand exactement, mais il y a eu un moment, quelque part pendant mon Cégep, où je suis venue à la conclusion que j’avais fait le tour de ce qui pouvait être raconté sur la Deuxième Guerre mondiale. J’avais acquis le sentiment que, bien qu’étant loin d’avoir tout lu sur le sujet, j’avais fait le tour des thèmes possibles et que je ne trouverais rien de vraiment nouveau après ça. J’avais tort. J’avais tort et il semble que depuis ce jour, le dieu des livres prend un malin plaisir à me le rappeler en mettant chaque année, parfois plusieurs fois dans l’année, sur mon chemin un livre qui présente un aspect de la Deuxième Guerre mondiale que je n’avais jamais soupçonné. Et chaque fois, je suis bien obligée d’admettre que je n’ai certainement pas fait le tour du sujet. Me voilà donc à vous parler de ma dernière découverte en liste abordant le thème de la Deuxième Guerre mondiale : L’espionne de Tanger, par Maria Dueñas. Ce roman prend un détour inhabituel, …

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Fictions et récits de Compostelle (partie 1) : La fois où… j’ai suivi les flèches jaunes d’Amélie Dubois

Marcher le chemin de Compostelle a été pour moi une expérience marquante. Revenue dans la vie quotidienne, j’ai eu de la difficulté à retrouver dans ce qui m’entourait la sensation qui m’a habitée tout au long de mon pèlerinage. Le fait d’aller à la rencontre d’œuvres littéraires dans lesquelles des auteur.e.s racontent leur expérience du chemin a été un moyen de ressentir à nouveau le bonheur de marcher, dans ma tête, la littérature me permettant de combler le vide laissé par mon retour et de revivre l’expérience à travers elle. Dans cette série d’articles, je présenterai quelques-unes des œuvres qui se passent sur le Chemin de Compostelle. Peut-être vous donneront-elles envie de partir, vous aussi, au sens propre comme au niveau littéraire?   Amélie Dubois. La fois où… j’ai suivi les flèches jaunes Pendant l’été 2017, je marche le « Camino del Norte », un des nombreux chemins de Compostelle situés en Espagne. En 2015, Amélie Dubois publie La fois où… j’ai suivi les flèches jaunes, un roman dans lequel elle raconte l’histoire d’une protagoniste …

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Aria de laine – À la recherche de mots aux grandes images

Aria. Ce mot sonne bien aux oreilles. En musique, un aria est un air exprimant l’émotion d’un personnage et démontrant la virtuosité d’un chanteur dans un opéra. C’est l’autrice et professeure Meb qui me l’a appris dans mon deuxième cours de littérature musicale au cégep. L’ayant eu comme professeure pendant un an, quand j’ai su qu’elle sortait son premier livre, j’ai voulu tout de suite en savoir plus. Début décembre 2017, elle nous a annoncé en classe qu’elle lançait un livre de black-out poetry, dont le principe est de raturer des textes — dans son cas  Maria Chapdelaine de Louis Hémon — pour en ressortir des mots qui forment un tout autre sens. Le format me plaisait, j’avais déjà lu du black-out poetry mais jamais un livre complet. Et puis le titre, Aria de laine, m’a aussitôt interpellée. J’ai voulu me procurer ce livre le plus vite possible. J’étais plus que curieuse de savoir à quoi ressemblait l’univers de ma prof, dont j’avais vu des parcelles sur sa page Facebook. Je confirme: un aria tout …

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Gourmandise et autres plaisirs de la table : les plus beaux livres de cuisine

J’adore autant la cuisine que j’adore la littérature, alors je suis aux anges quand je mets la main sur de beaux livres de cuisine. Je suis une grande gourmande et une curieuse insatiable, c’est pourquoi j’ai toujours le nez dans ce genre de livres. Tout ce qui a trait à l’art de vivre me fait vibrer. Je voulais vous inspirer à mon tour en vous proposant mes coups de cœur, ces livres qui m’apportent beaucoup de bonheur. *** Autour de moi, je constate que mes ami.e.s ne possèdent plus de livres de cuisine. Sur Internet, en un clic, on trouve des milliers de recettes pour tous les goûts, et ce, gratuitement. Tant mieux, mais je trouve cela dommage… Je trouve beaucoup de plaisir à feuilleter des livres de cuisine. Le simple fait de laisser un commentaire manuscrit à côté d’une recette en guise d’appréciation ou d’accumuler les post-it aux pages de plats à essayer font de ces livres des objets qui prennent de la valeur, parce qu’ils sont remplis de souvenirs de ces moments éphémères partagés …

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L’amour selon Nicole Krauss

L’histoire de l’amour est un de ces livres qui ne sort pas du lot au premier regard. Une couverture simple, un titre qui semble cliché, rien ne donne envie de le choisir plus qu’un autre. Je ne me rappelle même pas l’avoir acheté, et pourtant, il y a quelques semaines de cela, à la recherche de ma prochaine lecture, je suis tombée sur lui. Ce livre que j’allais refermer quelques jours plus tard, la larme à l’œil et un sentiment de vide m’envahissant. Un vide non seulement parce que jamais plus je ne pourrai le redécouvrir pour la première fois, mais aussi parce que c’est une histoire infiniment triste, mais remplie d’optimisme et d’espoir. C’est un livre coup-de-poing, mais qui le fait tout en douceur. J’ai été chamboulée par la facilité avec laquelle Nicole Krauss nous rend ces deux histoires, celle de ses personnages, mais aussi celle que ses personnages ont créée. Une deuxième histoire qui, elle aussi, est remplie de douceur et qui, grâce à des extraits insérés ici et là, a su apaiser …